Derniers Avis : Ma vie avec John F. Donovan - Page 20
Ma vie avec John F. Donovan
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Un visiteur
0,5
Publiée le 4 mars 2019
Vu a TIFF. Adoratrice de Xavier Dolan... je dois admettre que ce film est raté. L'idée était bonne, le casting magistral. La musique est magnifique comme à son habitude, mais le scénario se pert entre les flashbacks et l'interview au présent ( cette dernière semble complètement fausse). Très clairement ce film est sorti et à été distribué grace au super travail des PR, de la production qui ont crée une attente sans précédent ( bon j'exagère un peu) et avec un casting tel, et la notoriété de Dolan, il était facile à vendre. Ne courrez pas le voir, vous serez deçu.
Vu en avant-première en présence de l'équipe du film, le nouveau et très attendu film du petit prodige Xavier Dolan m'a énormément plu, beaucoup plus que son dernier (Juste avant la fin du monde) mais il ne détrônera pas non plus Mommy (ce serait impossible). On sait que c'est du Xavier Dolan quand on voit ce film, son empreinte est présente tout du long tant par les thèmes abordés que par le visuel. Parlons de ce dernier : la photographie et les couleurs sont sublimes, les cadrages en gros plans permettent de saisir toutes les émotions des acteurs/actrices, la réalisation est toujours autant maîtrisée et plus qu'agréable à regarder. J'ai adoré ce film de part son casting : Kit Harrington, Susan Sarandon, Natalie Portman, Katy Bates... et surtout l'incroyable Jacob Tremblay, de plus en plus bluffant surtout pour son jeune âge, ce petit ira loin. Et j'ai adoré d'autre part l'ensemble des thèmes abordés dans cette histoire, des réels sujets de réflexion qui vous perdureront après la sortie de la salle. Dolan reprend des thèmes qui lui sont chers : les relations familiales et plus particulièrement mère/fils, l'homosexualité cachée, la dureté de l'enfance, la poursuite de ses rêves mais aussi le côté néfaste du show business, le faux-semblant pour rentrer dans le moule, quitte à ne plus savoir qui l'on était vraiment.... A t-on réellement besoin de passer par là pour plaire à des gens que l'on ne connait pas, mais perdre ceux qui nous sont chers ? Ce sont de réelles remises en questions, constantes, sur chacun des personnages. Certaines scènes sont d'ailleurs frappantes par ses monologues (surtout une concernant Rupert face à sa mère et une concernant un John plus qu'énervé...) mais aussi par ses moments musicaux que Dolan affectionne tant, et nous aussi. Il arrive également à instaurer une sorte de « suspens » concernant la correspondance de ces lettres car pendant tout le long, on ne sait pas si c'est vraiment réel où si le jeune Rupert a tout inventé, si c'est sa mère etc. Je suis donc extrêmement ravie et séduite par cette réalisation, un grand moment de cinéma.
J’ai assisté ce soir (28/02/2019) à l’avant première au mk2 bibliothèque en présence de Xavier Dolan et de deux acteurs : Kit Harrington et Susan Sarandon. Ce long métrage est pour moi un naufrage quasi total et un douloureux désastre. Ou est passé l'authenticité, le réalisme et la véracité des situations que Xavier Nolan sait si bien mettre en scéne ? ici, presque tout semble factice, artificiel voir ampulé ! Dans la bande annonce, on entend “personne ne comprendra notre amitié ». Et c’est malheureusement tout le problème du film, on y croit effectivement pas du tout ! Le thème principal du lien et de l’adulation d’un enfant pour une star et de l’amitié de cette star pour cet enfant est inconsistant et totalement improbable; le film repose sur cette idée qui ne parvient pas à prendre corps. La correspondance et les liens qui unissent ces deux personnages sont à peine abordés et bien difficilement crédibles, à tel point que j’ai cru quasi jusqu’à la fin à un retournement de situation révélant que toute cette correspondance n’était qu’un phantasmes de Rupert (ou de John F). Seule la scène de la lecture par Natalie Portman du courrier final de John F à son fils Rupert est réussie et poignante. Il y a bcp de scènes maladroites, clichés et même parfois assez embarrassantes qui sonnent faux (doublés de ralentis lourdauds). Les deux personnages principaux ne suscitent que peu d’émotion. Le personnage de Rupert est même assez horripilant; les relations parfois simplettes entre les personnages avec des moments censés être forts sont loupés (la scène trop appuyée de réconciliation entre le personnage de Natalie Portman et son fils Rupert), des thématiques nombreuses mais aucune vraiment aboutie ou manquant cruellement de maturité et de réelle profondeur (theme de la célébrité et d’’être tout à coup adulé, le rôle des idoles pour les fans, le fait de vivre pleinement sa vie et de ne pas s’oublier, l’homesexualite et l’homophobie extérieure / le fait d’assumer sa nature et qui l’on est, le rôle des parents et en particulier la relation mère fils...). Prises individuellement, il y a pourtant des scènes intéressantes mais l’ensemble manque de sincérité et de consistence, il y a des situations traitées de façon déconcertante de maladresse (la bagarre de John F avec un technicien / scène d’acouphènes à laquelle on ne croit pas un instant). Le casting est extraordinaire avec des acteurs pourtant plein de talent mais ils sont ici très mal exploités (Kit Harington surtout, assez monolithique dans le registre du personnage dépressif à côté de sa vie avec un air quasi perpétuel de chien battu). Il y a des personnages inutiles (la journaliste jouée par la pourtant sublime Tandy Newton), des personnages plaqués pour apporter une morale peu subtile (le personnage âgé qui apparaît à la fin dans le bar et qui parle à John F) et à l’inverse des personnages géniaux que l’on regrette ne pas être davantage présents (l’agent interprèté par la geniale Kathy Bates, le frère de John F qui lui sert de confident / support familial). Le film sombre souvent dans le psychodrame et le melo mal maîtrisé cherchant sa voie au fur et à mesure que le film avance avec des scenes finalement ennuyeuses qui ne suscitent pas d’émotion (John F qui veut renouer avec son boyfriend joué par Chris Zylka). Le manque de dramaturgie empêche de vraiment s’intéresser au sort des personnages qui ne suscitent pas de vrai intérêt ou d’empathie,. Meme les musiques ultra populaires desservent le propos car trop appuyées. Pour moi quasi rien ne fonctionne dans ce film qui est un errement narratif dans son propos et dans son fond, voulant parler de tout mais ne réussissant pas grand chose. Seule la forme est parfaitement maîtrisée: photo, lumière et cadrage sont excellents. Franchement j’adore Xavier Dolan ainsi que tous les actrices et acteurs qui jouent dans ce film, c’est donc pour moi totalement incompréhensible que ce soit si raté. Pour cette avant première, les quelques applaudissements timides en fin de séance d’une salle normalement acquise à Xavier Dolan sont malheureusement symptomatiques de l’échec à venir de ce film. J’espère juste que Dolan s’en remettra vite et retrouvera tout son talent pour son prochain long métragea
Un Xavier Dolan comme on les aime dès chaque sortie. Il joue avec les plans serrés ainsi qu’avec les scènes de tension et c’est réussi. Entre émotion et chamboulement intérieur, on est instantanément projeté dans l’histoire au milieu des personnages qui ont toujours une histoire bouleversante à raconter.
Ma vie avec John F. Donovan (en version originale The Death and Life of John F. Donovan) est le premier film américain de Xavier Dolan. C'est déjà son septième film à seulement 30 ans.
Le jeune Rupert vit avec sa mère. Isolé et solitaire, Rupert commence à écrire à l'acteur dont il est fan John F. Donovan, star de la série fantastique Hellsome High. Ils vont entretenir une correspondance, restée secrète pendant de nombreuses années. La révélation de ces échanges va avoir de lourdes conséquences et bouleverser leurs entourages respectifs.
Rupert est incarné à l'âge de 11 ans par Jacob Tremblay, puis à 21 ans par Ben Schnetzer (acteur vu dans la série télévisée La vérité sur l'affaire Harry Quebert). Jacob Tremblay est un acteur incroyable. Révélé dans Room en 2016, avec l'oscarisée Brie Larson, confirme son énorme potentiel. Il est à la fois un fan hystérique devant sa télévision, un adolescent chahuté à l'école, un jeune acteur désireux de courir les castings et un fils qui a des difficultés de communication avec sa mère. Il est dans ce film le double de Xavier Dolan. En effet, l'adolescent québécois avait l'habitude de contacter des acteurs : il a par exemple écrit à Leonardo di Caprio, après avoir vu 5 fois au cinéma Titanic de James Cameron !
J'ai rarement vu Kit Harington jouer au cinéma et je ne regarde pas la série Game of Thrones. Je n'avais donc pas d'avis préalable sur ses performances d'acteur. Il m'a convaincu dans ce rôle, je l'ai trouvé juste dans la retenue de ses émotions. Il campe un personnage qui n'est pas prêt à assumer son homosexualité dans le milieu du cinéma où il travaille. Il dit lui-même "je ne peux pas me le permettre". La question soulevée est : peut-on mentir aux autres mais surtout se sentir à soi-même ? Le fait de se voiler la face remet en cause sa légitimité professionnelle, vis-à-vis des autres mais aussi son estime de lui-même. Et plus largement les thèmes abordés sont : que doit révéler un acteur sur sa vie personnelle ? Où se situe la frontière entre vie privée et vie publique pour une star ?
La bande originale, très pop des années 2000, colle à l'époque du film. Elle est encore une fois signée Gabriel Yared. Elle regorge de sens, par exemple quand le tube Don't let me get me de Pink retentit sur ces paroles "LA told me, you'll be a pop star, all you have to change is everything you are", ce qui est la problématique de John F. Donovan.
Les seconds rôles sont féminins : Natalie Portman incarne la mère du jeune Rupert, Susan Sarandon la mère de John, Katie Bates son agent et Thandie Newton la journaliste qui interviewe Rupert adulte.
Il y a toujours une mise en scène originale, comme la façon de filmer le coup de poing de John dans le mur chez sa mère ou les travellings de la ville de New York vus du ciel. Le film y a été tourné ainsi qu'à Montréal, Londres et Prague.
Après le choc Mommy qui était un drame bouleversant (et ma plus grande claque à ce jour de ce réalisateur) & Juste la fin du monde, dont l'atmosphère instillait le malaise de bout en bout, ce nouveau film m'a beaucoup plu. J'y ai décelé beaucoup de sincérité et d'honnêteté. J'ai aimé les personnages masculins, moins les personnages féminins, malgré deux histoires d'amour mère-fils différentes et très touchantes. Et le dernier plan ne m'a pas convaincue.
Son prochain film Matt et Max est déjà tourné. Sera-t-il dévoilé au prochain festival de Cannes, alors qu'il a développé un lien très fort avec la croisette ? A suivre.
Sans être le meilleur long-métrage du prodige canadien, Ma Vie Avec John F. Donovan s'avère être un très bon film qui ne mérite pas toutes les critiques négatives qu'il a pu recevoir. Au fond, ce qui a peut-être manqué pour beaucoup dans cette histoire c'est le manque de surprise. Xavier Dolan a pour habitude de réaliser des films dont on ne connaît pas vraiment tous les tenants et les aboutissants alors qu'avec ce dernier long-métrage rien ne vient réellement surprendre. Cependant, la fluidité du récit et la capacité qu'a Dolan aidé par Jacob Tierney à écrire des histoires simples, attractives et intrigantes est toujours bel et bien présente. L'ennui n'existe pas dans cette histoire, on se plaît à en suivre les différentes parties et s'interroge sur leurs symbolismes. On pourrait peut-être y voir une représentation de la vie de Dolan poussé sur le devant de la scène très vite, voire peut-être même une certaine représentation de la célébrité que Kit Harington a du affronter ces dernières années. Dans tous les cas, il n'y a pas de vraies fausses notes dans cette histoire et le mélange des lignes temporelles se fait avec facilité et subtilité. Mais la plus grande force du film réside dans son casting. Abandonnant quelque peu ses origines canadiennes ici, Dolan s'entoure d'un casting anglo-américain qui, à l'exception de Kathy Bates peut-être, sait nous transporter tout au long de cette histoire. Kit Harington, Jacob Tremblay, Susan Sarandon, Nathalie Portman, Michael Gambon, Thandie Newton, Chris Zylka, Ben Schnetzer ou encore Katy Breier, les grands noms qui sont présents au générique de ce film ne font que nous émouvoir, nous emmener dans leur voyage avec toute la simplicité que cela mérite. Les jeux alambiqués et intellectuels ont disparus, comme dans les autres films de Dolan c'est la simplicité et l'universalité des personnages et des caractères qui prédomine et que l'on retrouve à chaque instant ici. De même, la réalisation du canadien est toujours aussi intéressante. Qu'elle soit crue ou d'une grande subtilité, chaque seconde est pensée avec intérêt, que ce soit les scènes de fêtes ou les scènes de la vie courante, on retrouve toujours la patte du réalisateur. Et cette vision artistique se retrouve d'autant plus dans ses choix musicaux. Usant quelque peu du stratagème qui avait poussé la bande originale de Mommy au sommet, le choix est fait ici de remettre au goût du jour des morceaux actuels, que ce soit Adele ou encore Florence and the Machine dans une sublime scène. Sans être au niveau des standards auxquels Xavier Dolan nous avait habitué, Ma Vie Avec John F. Donovan reste malgré tout un très bon film qui continue à transporter le spectateur dans la filmographie du jeune prodige.