La La Land est souvent salué comme un chef-d’œuvre du cinéma moderne, mais en y regardant de plus près, il révèle de nombreuses failles qui en font un film surestimé et artificiellement nostalgique.
D’abord, son scénario est d’une banalité affligeante. L’histoire d’amour entre Mia et Sebastian est un énième récit de rêveurs tentant de percer à Hollywood, sans apporter la moindre originalité au genre. Pire encore, leur relation semble forcée, manquant d’alchimie réelle, et repose sur des clichés éculés du couple d’artistes tiraillé entre ambition et amour.
Ensuite, la mise en scène se veut un hommage aux comédies musicales classiques, mais elle échoue à en capturer la magie. Les numéros musicaux manquent de flamboyance et de spontanéité, souvent affaiblis par une chorégraphie approximative et un manque d’énergie flagrant. La scène d’ouverture, bien que visuellement impressionnante, reste superficielle et peine à susciter une véritable émotion.
Les performances des acteurs laissent également à désirer. Si Emma Stone s’en sort honorablement, Ryan Gosling, lui, manque cruellement de charisme dans son rôle de musicien passionné. Son jeu est froid et mécanique, et sa prestation musicale, notamment au chant et à la danse, est loin d’être à la hauteur d’un film qui prétend revisiter l’âge d’or d’Hollywood.
Enfin, la musique elle-même est étonnamment fade. À l’exception de City of Stars, aucune chanson ne se démarque réellement, et la bande-son, censée être le cœur du film, manque de relief et de mémorabilité. Justin Hurwitz tente d’imiter les grandes compositions des comédies musicales d’antan, mais il en résulte une partition qui sonne plus comme une imitation sans âme qu’un hommage sincère.
Quant à la conclusion du film, elle se veut émouvante et audacieuse en proposant une fin alternative idéalisée, mais elle tombe à plat en raison du manque d’investissement émotionnel dans la relation des personnages. Plutôt que de sublimer leur histoire, elle souligne l’artificialité de tout le récit et laisse une impression de vide.
En somme, La La Land est un film qui mise tout sur une esthétique rétro sans parvenir à en capturer l’essence. Il se veut une lettre d’amour au cinéma et à la musique, mais il finit par ressembler à une carte postale kitsch et sans profondeur. Un film qui brille en surface mais qui, en grattant un peu, révèle un manque criant d’authenticité et d’émotion véritable.