S'il y a un film qui a attiré les regards à l'été 2025, c'est bien lui. "Superman" ne signe pas simplement le retour du super-héros au slip rouge au cinéma, car il est aussi le premier volet du nouvel univers étendu de chez DC : le DC Universe. Après que la Warner ait saccagé leur première tentative via un nombre incalculable de mauvaises décisions, l'arrivée de cette nouvelle approche était donc attendue. Personnellement, il est vrai que j'étais extrêmement pessimiste à l'annonce du projet, pour la simple et bonne raison que les risques semblaient avoir été limités au maximum. Notamment avec l'arrivée de James Gunn à la tête du projet, il semblait désormais impossible d'espérer autre chose qu'une ambiance à la Marvel pour ce film. Pourtant, j'ai vraiment essayé d'y croire. Au vu des premières bandes-annonces, le long-métrage avait quand même l'air d'être très beau et ambitieux, malgré tout ce que je pouvais avoir de négatifs à dire sur son réalisateur. Par conséquent, quand je suis entré dans la salle de cinéma pour le visionner, j'ai véritablement espéré passer un bon moment ! Malheureusement, en ressortant, j'ai bien dû me faire une raison. Pour être clair, et de manière totalement subjective, je n'ai pas du tout apprécié ma séance. Certes, il m'est impossible de dire que ce film est un ratage complet, car il possède beaucoup de points forts. Mais avec ce que je viens de voir, je ne comprends pas comment nous avons pu en arriver là. Cependant, pour commencer par ce qui fonctionne, je dois dire que la direction artistique globale de l'œuvre est une vraie réussite. Bien aidé par des effets spéciaux de grande qualité, le long-métrage ne manque pas d'idées pour vous en mettre plein la rétine. Via des décors riches et colorés, nous sommes plongés dans un univers où la photographie très chaude diffère avec la précédente version du super-héros. Et honnêtement, je n'ai rien contre ce changement. James Gunn sait tenir une caméra, et il réussit totalement à donner vie à son personnage via cette idée d'ambiance. Dans les approches que j'ai aimées, je note notamment la manière dont la violence des coups est retranscrite. On y ressent réellement la force de Superman, car la caméra ne se prive pas d'enchaîner les mouvements violents et les déplacements extrêmement rapides dans l'espace. Et finalement, si c'est ce que vous regardez en premier au niveau d'un film, je ne pense pas que vous serez déçu des idées visuelles de celui-ci. C'est vraiment beau et cela fait plaisir de voir un projet de divertissement bénéficier d'une véritable patte visuelle. Malheureusement, une fois que cela a été dit, nous en arrivons au problème. Comme d'habitude, j'ai retrouvé tout ce que je déplore chez James Gunn, et c'est globalement le souci de ce film. S'il me plaît assez en tant que metteur en scène, il ne fait cela dit que m'énerver en tant qu'auteur. Sur le papier, je comprends tout de même ce qu'il a voulu faire, à savoir le fait de développer une version bien plus humaine du personnage de Superman. Par chance, David Corenswet remplit parfaitement ce rôle et il est l'incarnation de ce que James Gunn voulait en faire. Mais concrètement, le réalisateur nous a encore reproduit son schéma habituel, et c'est donc ahurissant de voir autant de gens acclamer cela ! Pour le coup, je n'ai rien contre l'idée de rendre Superman plus humain, mais, à mon sens, cette approche ne devait en aucun cas servir à le rendre aussi ridicule. Via un humour très envahissant, notre héros est ainsi sans cesse pris à partie au milieu de nombreuses séquences comiques qui vont beaucoup trop loin. Celles-ci brisent d'ailleurs clairement le rythme du projet, car on se retrouve parfois à suivre une seule et même blague sur plus de 2 à 3 minutes ! Et globalement, à force de toujours prendre cela par le prisme de la blague, je n'arrive jamais à m'attacher à ce héros. Donc, logiquement, quand les séquences plus émotionnelles arrivent, je n'ai aucune crainte ou angoisse envers ce Clark Kent. Je me fiche totalement de lui, et je n'ai pas spécialement envie de le voir réussir. Et cela tombe bien, car apparemment James Gunn non plus !
Si je veux bien admettre le fait qu'il soit plus humain, j'estime que cette façon de penser ce héros n'était pas censée le rendre plus incompétent. Hormis au moment de la scène de fin, où on le voit enfin battre un adversaire (et encore, il a besoin de Kypto pour s'en sortir (le chien étant d'ailleurs le seul véritable bon élément comique du projet), Superman n'arrive à régler aucun problème à lui seul. Et à ce niveau, le souci est le fait que ce héros est justement Superman ! Si je comprends la base de l'argument disant que c'est parce que c'est l'homme le plus fort du monde que cette approche est viable, je ne peux pas en accepter l'exécution. Déjà, car elle ne diffère jamais des héros habituels de James Gunn, ce qui créait une redondance dans sa façon d'écrire qui commence à m'ennuyer. Et ensuite, car, même en essayant de toutes mes forces, je n'arrive pas à croire qu'il ne soit pas en possibilité de faire mieux. En sachant pertinemment ce qu'il est capable de faire, le voir être aussi ridicule sonne comme un décalage trop important pour fonctionner. Qu'il soit kitsch à la manière de la version de Christopher Reeves, ce n'est pas un problème, mais qu'il en devienne aussi burlesque apparaît simplement comme un refus de changer sa formule en ce qui concerne le réalisateur. Et en plus de ça, je vois bien qu'il a voulu faire passer un message à travers celui-ci, ce dernier étant porté sur un sujet très politique, en considérant Superman comme un étranger. Cependant, exposer ce sujet pendant seulement 2 petites minutes en fin de film ne peut suffire à en faire quelque chose d'intéressant.
Maintenant, comme si cette idée ne suffisait pas, je tiens à dire que le film en devient également assez énervant en matière d'écriture. Et si je passe évidemment sur toutes les facilités scénaristiques qu'il contient, je tiens simplement à les résumer en un point : le récit semble agir comme une suite.
Dans la globalité, on a la sensation d'être plongé au sein d'un univers qui marche déjà. Et honnêtement, cela pouvait être une bonne idée sur le papier. Nous ne sommes effectivement pas obligés de redécouvrir l'origine du héros, car on serait simplement sur des redits des versions précédentes. Mais à l'inverse, cette approche ne doit pas nous donner la sensation d'avoir loupé des éléments importants, ce qui est un peu le cas ici. Trop de nombreuses informations sont ainsi introduites de manière aléatoire, et le long-métrage va continuellement justifier cela par le fait que "c'est comme ça". Le scénario se sert donc du fait que ce monde existait déjà avant le lancement du film afin de tenter de faire passer énormément de choses sous silence. Par exemple, les parents de Clarke sont complètement fantomatiques, car ils ne sont présents que pour deux scènes. Si Krypto est une belle réussite, son origine reste inconnue. On nous explique également que Lex Luthor possède des moyens très avancés en matière de technologie, et on se permet donc de faire tout et n'importe quoi grâce à cela, mais sans aucune explication logique ! Et à ce niveau-là, j'ai la sensation d'être dans mon droit de dire que je suis énervé face à ce scénario. En sachant que ce film est le lancement d'un univers, j'estime que James Gunn avait le temps pour développer tous ces éléments. Il n'était clairement pas obligé d'introduire autant de choses en si peu de temps, ce qui est vraiment regrettable !
Mais finalement, le pire dans tout ça, c'est que je n'en veux même pas à James Gunn, car pourquoi devrais-je lui en vouloir ? Très clairement, je n'aime pas son style, mais ce n'est pas complètement de sa faute si DC Comics est dans cette situation à l'heure actuelle. Si on demande à un réalisateur de faire ce qu'il sait faire, il va le faire, et c'est ce qui s'est passé ici. Alors qu'elle avait la possibilité de créer une véritable concurrence à Marvel, de partir dans une direction réellement concurrente et d'amener une contre-proposition, la Warner a finalement choisi de revenir en arrière afin de proposer un univers étendu dans la même veine que le MCU. Et à ce propos, je sais très bien que certains spectateurs pourront me reprocher mon grand attachement à la version de Zack Snyder. Et à cela, je leur répondrai que ce n'est même pas le cas, car quand on regarde la qualité plus que moyenne des derniers films du bonhomme, on se rend compte qu'il n'était clairement plus l'homme de la situation. Alors, même si j'ai aimé son travail, je n'étais pas contre le recommencement de cet univers. Certes, c'est la Warner qui l'a bêtement détruit, mais une seconde chance était possible. Cela dit, comme nous l'avons vu, réclamer une seconde chance et se contenter du strict minimum en recopiant le voisin, ce n'est pas une bonne façon de faire. Ce premier film vient simplement prouver que la Warner ne cherche qu'à proposer des films qui marchent, et ce, sans aucune véritable idée artistique propre. Et au vu du résultat plus bancal de ce premier épisode, il est donc clair que j'ai très peur de ce qui viendra ensuite. Pour conclure, pas merci à la Warner.