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Un visiteur
5,0
Publiée le 11 juillet 2018
Ce film est un chef d'oeuvre, avec lequel la critique a été particulièrement injuste. A la fois puissant et tout en finesse, terriblement bouleversant, c'est un morceau de poésie avec un brin de fantaisie qui se termine en vous laissant une boule dans la gorge. Spectateurs guindés que le thème (amour incestueux) choque ou que la beauté poétique laisse de marbre, s'abstenir
Tres beau duo d acteurs sous la mise en scène de Valerie Donzelli qui a son unicité bien a elle. Pendant la conférence de presse à Cannes elle dit qu'elle voulait faire un film plus ambitieux visuellement , c'est très réussi.La chef costumière lui ressemble, c'est très français. Les décors sont enchantants...Du château de Tourlaville et sa serre a la région et surtout la forêt environnante... les lieux s'animent et produisent cet effet légendaire , un peu emprunt de sorcellerie, recherché par le procédé narratif qui est bien pensé . C'est bon de voir un peu plus de Jeremie Elkaim. Et C'est intéressant de découvrir comment V.Donzelli et Lui même perçoivent la passion amoureuse chez un homme, c'est verbalement très retenu...mais c'est pas ça un homme amoureux ... c'est plus une femme qui est retenue, l' homme il extériorise ! De toutes sortes de manières , mots beaucoup et actions .De toute façon , ses actions le rattrapent dans un deuxième temps mais c'est Marguerite de Ravalet qui n'a ni la langue ni les mains dans sa poche, c'est très féministe , et c'était un désir de la réalisatrice de faire du personnage d'Anais Desmoutiers une passeuse de message . Néanmois le bémol c est que l' histoire est contée de manière beaucoup trop saine pour un inceste... ce n est pas très réaliste, mais ce n'est peut être pas le but du cinéma, surtout celui de V. Donzelli et Jeremy Elkaim . Et en même temps survoler l'inceste est aussi un parti pris intelligent du point de vue de l'inceste même parce que d'une part ça évite bien des équivoques et ça maintient l'aspect taboo , plus ou moins .Le film se concentre plus sur l'impossibilité de cet amour, impossibilité qui captive les deux protagonistes au son d'une bo que j'ai du mal à qualifier . Je dirai déroutante et l'électro est finalement la musique qui personnifie acoustiquement le mieux le pervers non abordé et inabordable de cet inceste . La réalisation de V.Donzelli et la prise de risque qui la caractérise crée un genre nouveau et je suis plus qu' impatiente de voir le prochain film qu'elle nous mijote ! Le spectateur n'est jamais déçu !! Cependant, la presse a été drôlement déçue par ce film qui ressemble pourtant aux trois précédents . Pourquoi? Ce qui a changé c'est la source d'inspiration . C'était la premiere fois que Valerie Donzelli adaptait un scénario et surtout de jean Gruau .Fo croire qu'elle s est prise dans la "gueule" toutes les critiques que personne n'osait faire au très respecté scénariste de Truffaut ... qui etait sans doute protégé par l'aura de Truffaut et surtout son incroyable hargne . Valérie Donzelli avec sa douceur et sa pureté à tout encaissé et je lui souhaite qu'elle sache tout transformer en Bien , elle sera alors plus grande que Truffaut . Qu'elle retourne aux scripts de Jeremy elkaim , il est bien plus doué que Truffaut et gruau réunis et il ne s 'en rends même pas compte...pourquoi? Pourquoi donner tous ses dons à sa compagne ? Comme une ultime alliance qu'elle rejette ... ce qui a changé aussi dans ce film par rapport aux autres c'est l'argent ... fo croire que ça aussi elle Le rejette . En deux mots gare à la copie !!!! Tu voles mais en même temps tu voles tout les défauts de l'artiste original sans recevoir ses capacités de défense contre ses défauts ... j ai envie de dire Bien fait ! Jusqu'à preuve du contraire. Elle aurait dû jouer Dans Le film , Le rendre sien et la , il n y aurai eu aucun problème .
Je ne suis pas un fervent supporter du cinéma de Valérie Donzelli, j’avais (comme beaucoup) aimé “La guerre est déclarée”, mais j’avais a contrario détesté “La reine des pommes”. Alors, avec ce nouveau film au sujet un peu scabreux, il faut l’avouer, et une réaction très froide de la critique, je n’étais pas vraiment des plus motivés pour regarder son dernier long-métrage. Tiré d’un lointain fait-divers, scénarisé à l’origine pour François Truffaud, Donzelli reprend donc à sa sauce cet amour impossible et criminel, parce qu’étant l’amour incestueux d’un frère et d’une sœur. Le sujet prêtait donc, on le voit, le flanc au scabreux, mais grâce à une belle réalisation et à un scénario bien écrit, la réalisatrice est parvenue à éviter cet écueil. D’abord, elle évite de trop montrer le côté charnel de l’affaire, se concentrant sur les obstacles qui se dressent devant ce couple et sur les sentiments qui les unissent. Ensuite, elle ne se place pas dans une temporalité définie, au contraire elle mélange allègrement le XVII, le XVIII, le XIX et le XXème siècles, et ce, en faisant se côtoyer, costumes, moyens de transports et régimes politiques de ces différentes époques au point de créer un univers qui tient plus du conte fantastique que de la reconstitution historique, rendant le “tiré d’une histoire vraie” presque caduque. Cette façon de conter l’histoire et de la mettre en images nous fait - presque - oublier le côté inconvenant de ce qui est raconté pour nous laisser avec une histoire plus classique d’amour impossible. Le film, n’est jamais ennuyeux et les péripéties se succèdent tenant en haleine un spectateur qui à son corps défendant prend parti pour ce couple maudit. Une oeuvre au sujet risqué, dont la réalisatrice a réussi à tirer un film déconcertant où le spectateur, quelle que soit son opinion sur cet amour incestueux, peut suivre le film sans être choqué par ce qui est dit ou ce qu’il voit. Un beau tour de force. À voir par curiosité.
Intéressant de voir à quel point ce film s'est fait démonter à Cannes alors qu'il mérite selon moi de bien meilleurs égards. De vraies idées de mise en scène. Des personnages touchants. Un très bon rythme, une bande sonore et musicale très soigné. Décidément, Valérie Donzelli n'a pas fini de nous étonner. Et c'est tant mieux... Le festival de Cannes finira comme caricature de lui-même.
Le film raconte l'histoire de Julien et Marguerite de Ravalet, enfants de Jean III de Ravalet, Seigneur de Tourlaville, qui ont été exécutés le 2 décembre 1603, en place de Grève, pour adultère et inceste. Julien avait 21 ans et Marguerite, mariée à 14 ans à un homme qui en avait 46, en avait 17 et venait d'accoucher de l'enfant de son frère. C'est un effroyable drame humain !! Une histoire qui aurait dû être traiter par un réalisateur talentueux et certainement pas par Valérie Donzelli totalement à côté de la plaque !! Rien de peut justifier une telle profanation. Rien n'est crédible, rien n'est bien joué, rien n'est beau et rien est à sa place. Il faudrait peut être que ces pseudo réalisateurs arrêtent de travailler sous ecstasy, ou autres substances illicites, car cela devient vraiment calamiteux. S'ils n'ont même pas cette excuse c'est encore bien pire !! Valérie Donzelli, Jérémie Elkaïm le père des ses 2 enfants et Anaïs Demoustier la nouvelle compagne de ce dernier... le décor est posé. Pour le coup, ce n'est pas le sujet qui est malsain mais cette réalisation totalement schizophrénique et corrompue à tant d'égards. Totale imposture !!
Librement inspirée d'une histoire vraie, cette romance sur le thème de l'inceste réalisée par Valérie Donzelli est intéressante et instructive, et portée par de bons comédiens malgré de grossières (ou volontaires ?) erreurs dans la reconstitution (Que font cet hélicoptère et cette voiture dans une histoire se déroulant au XVIIème siècle ?). Pas mal dans l'ensemble mais pas inoubliable non plus.
L'univers Donzelli / Elkaïm ... il faut accrocher. Ici, le sujet est intéressant et plutôt bien traité. L'ambiance est intéressante mais parfois il manque (un peu) de captation du spectateur. On a tendance à s'ennuyer. Mais... l'ensemble est correct. A voir.
Un sujet qui ne donne pas du tout envie ! Heureusement le film est raconté comme une histoire à des enfants , avec un beau visuel ,des bons acteurs , un romantisme, et toujours un coté atypique. Autre intérêt du film ; l'histoire est ancienne et vraie , et apparemmment tournée sur les lieux. Difficile malgré tout d'y accrocher pleinement .Sujet trop difficile.
Un très beau film. Créatif, une véritable prise de risques. Beaux décors, beaux acteurs. Alors bien sur c'est un sujet compliqué mais l'angle est intéressant.
Joli conte hors du temps, une belle histoire d'amour romantique truffée d'anachronismes et j'ai de suite adhéré. Beau casting avec notamment Géraldine Chaplin et Sami Frey dans des seconds rôles. Anaïs Demoustier livre une belle prestation, quant à Jérémie Elkaïm, il est fade c'est dommage.
Bouleversant, ce film retrace un amour impossible entre frères et sœurs, malgré cela, l'amour pur qui se découle de ces deux êtres pourvu de tendresse, on ne peut être que touchée, émerveillé et "choqué"...
Ce film marque par sa profondeur, on y lit de manière brutale, l'attraction entre les personnages principaux, qui au passage, sont très convaincants, d'une extrême justesse... On ne peut s'empêcher d'éprouver une certaine empathie. L'inceste est affreux, mais étrangement, ce film nous touche car cet amour est pur, consentant, et l'erreur, c'est que ces deux jeunes gens sont nés dans le mauvais corps familial, si l'on oublie outre le fait qu'ils soient frères et sœurs, cet amour dépasse toutes les frontières, même la mort, dévoués l'un pour l'autre jusqu'à la fin, ils sont entrelacés, comme des ronces....
Dans ce film, on tente de nous apitoyer sur un couple incestueux, un frère et une soeur. C'est traité comme une bluette et un conte mâtiné du vieux mythe de l'amour romantique, éternel. Sauf qu'il ne s'agit pas d'un amour banal mais d'un inceste précisément.
C'est la ruse que de faire passer un tel thème sous une forme lisse, remplie de clichés esthétisants. Il passe comme un amour impossible, beau, lyrique, pur, sacrifié sur l'autel des forces réactionnaires de l'époque mais transposé aujourd'hui, comme si cet amour avait une quelconque légitimité et restait éternel même de nos jours. Le thème est déjà éculé tant il a déjà été traité..
On pourrait évidemment retrousser ce vieux mythe, non seulement de l'amour beau et malheureux qui ne peut pas se vivre car la société est méchante (il n'existe pas dans le temps, illusion romantique), mais surtout l'amour entre un frère et une soeur, précisément qui n'existe qu'à cause de l'interdit qui le touche. De la fascination du même pour le même et non vers l'autre). Mimétisme du même. Amour incestueux donc qui se nourrit d'une infamie plus redoutable que la morale :il n'est pas tourné vers l'autre (en dehors de la tribu) mais vers un membre de sa famille, de cette même tribu. Amour endogamique et non exogamique.
L'histoire a réellement existe en 1603 et le film mélange l'époque ancienne et l'époque moderne. Autre ruse que de montrer cet amour interdit (spoiler: les amants furent châtiés) et de l'incarner avec tous les clichés qui n'ont plus cours de nos jours mais qui sont comme réactualisés pour que cette histoire puisse s'incarner à travers le temps : le prêtre, le mari violent, l'interdiction morale etc. Ils règnent toujours... Leur amour d'ailleurs est vécu sans culpabilité, ce qui est quasi impensable à cette époque au niveau de la morale : spoiler: ici ils font l'amour comme s'ils étaient au paradis, et ont même un enfant qui sera sauvé, indiquant l'éternité du fruit de cet amour .
Si le film est un naufrage, tic habituel de Valérie Donzelli qui a le don de tout traiter sur le mode cucul et faussement midinette, il n'est pas si "innocent" que cela dans notre époque qui voit toutes valeurs bousculées les unes après les autres. Après La guerre est déclarée qui voyait des bobos repliés sur leur ego ou sur eux-mêmes, ne trouvant qu'un enfant malade pour les sortir de leur hébétude, la réalisatrice franchit une étape "supérieure" : la farce post-moderne de la liberté absolue de l'individu avec les clichés romantiques de l'ancien temps : l'amour et l'union éternelle des âmes mais le mode incestueux. Tristan et Isolde sur les bobos. Sauf que l'un comme l'autre n'existent pas. Peu importe il s'agit de faire passer l'inceste comme une lettre à la poste. Faire dans le sulfureux kitsch à défaut de traiter une histoire réelle.
Ce projet de Valérie Donzelli a connu un parcours chaotique. En effet, le texte devait voir le jour sous l’œil de François Truffaut, le tournage fût assez douloureux et la presse a été très dure avec le film. Pourtant, la cinéaste nous propose une œuvre touchante. Filmer une histoire d’amour impossible car incestueuse, n’est pas à la portée de tous et elle le fait très bien. Si Jérémie Elkaïm n’est pas très à l’aise dans le rôle, il est soutenu avec poigne par Anaïs Demoustier. Marguerite & Julien est un conte assumant pleinement ses doubles choix temporels. On y trouve les couleurs et costumes des années 1600 avec la mise en scène et les musiques d’aujourd’hui. Apologie ou dénonciation, le film ne cherche pas à prendre part et laisse sans arrêt planer le questionnement chez le spectateur. Ainsi, nous ne sommes nullement manipulés et c’est ce qui fait de ce drame un projet ambitieux et dérangeant. Marguerite & Julien rencontre quelques baisses de rythme et manque parfois de charisme, mais dans sa globalité c’est une œuvre forte à prendre en considération. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Inspiré de faits réels arrivés au tout début du 17e siècle, sous le règne de Henri IV, ce "Marguerite et Julien" est une histoire, pour Valérie Donzelli (reprenant et développant, avec son habituel complice et ex-compagnon Jérémie Elkaïm un script des années 70 signé Jean Gruault et destiné à... Truffaut), uchronique (reconstitution cultivant les anachronismes, quelque part située entre les romans de cape et d'épée, ceux de Barbey d'Aurevilly - l'écrivain normand écrivit d'ailleurs sur le sujet - alternant électricité, chandelles et lampes à pétrole, coches et voitures de notre temps, avec paysages survolés en hélicoptère...), poétique (langage et prises de vue), épique, romantique, tragique (trois registres bien illustrés par une mise en scène démonstrative)... Cet habillage fantaisiste visant évidemment à rendre intemporelle la passion interdite des deux héros (13 et 16 ans "en vrai" - quand Anaïs Demoustier en a 27, et Elkaïm 10 de plus.... passons..) - pour un résultat plutôt réussi, visuellement surtout (et même, parfois, dramaturgiquement - même si cela pêche un peu à cet égard). Rappelons quand même qu'en droit positif français, l'inceste entre adultes consentants n'est absolument pas pénalement répréhensible (s'il empêche cependant le mariage entre personnes trop proches en parenté – et même en alliance).... ce qui gâte singulièrement cette pérennité voulue. Le sort des jeunes Ravalet est en fait très ancré dans le contexte historique - le "Vert-Galant" ayant d'ailleurs été enclin à gracier les amants fraternels, mais ayant dû y renoncer, en raison de l'adultère derrière l'inceste, la toute jeune Marguerite étant mariée, et le mariage étant un sacrement....