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philmon2
40 abonnés
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3,5
Publiée le 12 octobre 2015
Ne jamais se fier aux préjugés. Je m'attendais à un film militant bien lourd sur fond de bien-pensance antiraciste à deux balles, et je me retrouve à regarder un film intelligent, qui relate d'une manière assez crédible le parcours d'un jeune nationaliste un peu paumé, qui en chemin prend conscience de certaines réalités occultées auparavant par son militantisme acharné. Au final un film plutôt juste, même touchant, admirablement servi par le jeu d'acteur d'Alban Lenoir. Loin d'être le film de l'année, mais à voir tout de même si le sujet vous interpelle.
Loin d'être à la hauteur de sa polémique, "un français" m' a déçu car trop ambitieux. Le film sonne trop comme un condensé des témoignages que Diastème a recueilli pour faire son personnage qui ne tient plus la route au final. La mise en scène et le montage ne m'ont pas n'ont plu convaincu puisqu'on passe d'une période à une autre sans savoir ce qui s'est passé entre les deux. Le personnage évolue mais sans que l'on connaisse les raisons: qu'est ce qu'il l'amène à changer, quels événements, quelles rencontres, quelles paroles lui font prendre conscience de la bêtise du mouvement skinhead???spoiler: Mis à part le regard de cette dame dans le bus qui le déstabilise et qui lui file une crise d'angoisse on en saura pas plus. .. C'était l'idée de Diastème probablement: laisser le spectateur se faire son idée mais j'aurai apprécié un peu plus d explications. Malgré tout, le film se regarde plutôt facilement grâce à l'interprétation remarquable de Alban Lenoir. Les autres sont par contre nettement moins convaincants car trop caricaturaux à mon goût, particulièrement son hystérique petite copine fasciste! Il y a quelques images chocs mais rien d 'insupportable en tout cas, pas suffisamment pour expliquer la frilosité des salles à son encontre.
Très belle histoire de rédemption et beau portrait d'un skinhead néo-nazi qui s'humanise en trois décennies au fil des rencontres et des accidents de la vie. Le réalisateur posse peut-être la catharsis un peu loin mais l'humain est imprévisible...
Un drame fort, puissant et très violent sur un thème rarement abordé, celui de la quête de rédemption d'un skinhead devenant homme de bien, servi par une réalisation aux nombreux plan-séquences et porté par l'excellente prestation d'Alban Lenoir. Un film nécessaire.
Bon film coup de poing au début mais qui perd son souffle au fur et à mesure à cause de poids de son thème : balayer 30 ans d'une vie de haine et de rédemption, à travers le prisme de la politique en fond (et du FN). Mais c'est un film utile et bien vu! Pas besoin d'explications sur les origines de la haine du personnage principal (un choix? une obligation pour s'en sortir ? une route tracée ?). Quelques éléments (basiques?) suffisent (alcoolisme du père, logement dans les cités etc.). L'interprétation de Alban Lenoir est juste et forte. On ressent avec lui profondément sa mue. Il en paiera très cher le prix. Mais le regard du réalisateur reste sans appel, y compris pour lui j'ai trouvé. Il ne juge aucunement mais sa route initiale de haine et de violences et la bifurcation vers la paix sont au final toutes sans avenir ni bonheurs concrets. C'est d'une tristesse que cette vie de cet homme, replié pour échapper à son passé, presque seul au monde pour couper de sa jeunesse. N'y a-t-il pas alors de rédemption possible en dehors de la haine que le sacrifice du bonheur ? Vision donc bien sombre... Le reste du casting est intéressant, quelques jeux théâtraux par contre (comédien qui interprète le leader qui devient chef d'un parti politique, la femme du "héros"), des scènes limite téléfilm aussi (surtout celles avec les parents dans l'appartement). Les ellipses sont parfois brutales et on peut mettre du temps à comprendre où le récit en est mais elles restent judicieusement bien faites et pas si gênantes par rapport au fil de l'Histoire. Les bons éléments/événements sont relatés ou cités comme exemple pour replonger dans le rythme. La reconstitution est bien faite également. Ce rythme se perd donc en route, 30 ans cela reste trop long (ambitieux?) et le vieillissement des personnages un peu mal envisagé et donc peu crédible. Reste un message fort et d'utilité publique. Bravo pour ce courage, sans "leçons" données, ni jugements. Les liens sont faits entre le "Touche pas à mon pote" des années 80 au mariage pour tous de ces dernières années, ce sont les mêmes qui prônent l'intolérance et le racisme, aucun espoir en eux ; ou ils ont passé le flambeau (involontairement) à leur progéniture (voir le héros). Changer reste bien possible et heureusement (et dans le bon sens!) mais pour gagner en échange une vie morne et sans combats, sans éclat en reniant ses convictions au moment de devoir se battre pour elles (comme récupérer son enfant - ou alors le réalisateur n'a pas insisté dessus) ? La déchéance des autres protagonistes, restés dans le vivier haine, est tout autant spectaculaire, quoiqu'un peu didactique. Film à voir, pour l'exemple et suivre en 1h30 ce que devient la France humainement.
Je ne vais pas en rajouter car je ne ferai pas mieux que les autres rédacteurs ici, mais je dirai malgré tout 2 choses : tout d'abord, bravo à Mars Distribution d'avoir eu le cran – pour ne pas dire autre chose – de distribuer ce film, car ça n'a pas été une mince affaire ! En gros, "Un Français" a bien failli ne pas sortir en salles, tout simplement. Du fait de la frilosité de nombreux programmateurs, qui doivent hélas pour certains confondre leur métier avec celui de censeur. A part ça, que l'histoire vous attire ou pas, ça vaut le coup d'y aller ne serait-ce que pour la prestation d'Alban Lenoir, qui crève l'écran et mérite à mon sens un César pour ce rôle.
Même si le Front National est directement nommé par l’auteur, Un Français n’est finalement pas tant un film politique qu’un parcours personnel d’un paumé au cœur d’un courant dont l’unique philosophie consiste en la haine de l’autre. Certes, Diastème ose montrer les débordements de ces milices fascistes et toute la première partie du film est assez énervante, voire éprouvante pour qui ne cautionne pas ces idées d’une pseudo-aristocratie qui s’autoproclame française de pure souche. Diastème arrive toutefois à conserver une forme d’empathie envers son personnage principal que l’on sent surtout en rage envers son père et sa situation personnelle plutôt que convaincu par une idéologie totalitaire. La suite confirme cela par une longue phase de rédemption qui a le mérite d’évoquer la normalisation politique d’une extrême-droite entrant dans le rang, alors que ses militants cherchent toujours à en découdre. Si le film est inégal en voulant brosser trop d’années en peu de temps, il faut saluer l’incroyable prestation d’Alban Lenoir, la vraie révélation du film. Il est totalement investi dans ce rôle pourtant pas évident. Le résultat est donc intéressant, à défaut d’être un grand moment de cinéma.
un film dur et bouleversant. On arrive bien à ce situé dans l'époque grâce à une narration historique respectée et le jeu d'acteur d'Alban Lenoir est remarquable. Au final le spectateur ne sais pas qu'elle est l'élément déclencheur de sa rédemption mais ce n'est pas plus mal. à découvrir d'urgence.
Un Français c’est un portrait poignant du pays à travers d’un parcours initiatique d’un skinhead dès années 80 jusqu’au nos jours. Un film sobre, subtil, fort, vaste, métaphysique. Trop honnête et trop sincère pour attirer des foules, mais ça fait du bien un film sans complaisance, sans parti pris sur un thème aussi épineux, qui raconte des chemins faciles de la haine et de la violence et des pistes rocailleux de la rédemption et du pardon. Sans juger, le réalisateur nous laisse suivre l’itinéraire d’un être humain en lui laissant sa chance d’évoluer. Une vision somme tout assez christique qui nous renvoi vers l’essentiel en dehors de l’opportunisme politique, du populisme électoral et du conservatisme religieux. Mériterait largement d’être présenté à Cannes. Dommage, on aurait eu moins honte de notre cinéma. Bravo au réalisateur, aux producteurs et aux comédiens formidables. Un Français est un film français de l’année. Rare, profond, émouvant. A voir absolument.
Je suis tout de même un peu déçu car je m’attendais à une mise en scène plus brut (pour se démarquer de "American History X"), ça reste insuffisant, on frôle parfois le téléfilm France Télévision, même si l’évolution du type ne s’engage pas toujours dans des facilités narratives (tout est lié à son environnement et le réalisateur laisse le temps passer tout en profitant du contexte social) mais on n’évite malheureusement pas les clichés, et le film ne fait pas illusion longtemps puisque ça démarre avec des séquences violentes totalement gratuites qui stigmatisent les skins sous un aspect que n’importe qui peut identifier, selon moi ça n’était pas nécessaire (ou à la limite une, mais une seule). Ce qui est intéressant c’est de voir ce type galérer comme les autres dans son HLM avec ses parents, dans les transports en commun, la violence peut se passer de répliques maladroites, il suffit d’un regard, le metteur en scène ne s’en sert pas assez, c’est dommage car je pense que le casting était à la hauteur de l’ambition du projet. En fait ce qui m’a vraiment plu c’est le traitement de ce personnage dans la seconde partie, où malgré sa propre évolution morale il ne fait que constater le malheur autour de lui, la destruction, il ne tire aucun profit de son progrès personnel, c’est triste et c’est bien capté. Bref, mitigé, c’est à la fois naïf et sincère, en tout cas c’est un film bien plus piquant que des bouillies moralistes à la française dont on a eu droit ces derniers temps.
Surfant sur un sujet d'actualité fort, tout en y ajoutant de "savoureuses" gouttes de cliché, Un Français est ce qui s'approche le plus d'un récit tourmenté dont la finalité teintée de happy endisme ne se savoure qu'avec indifférence. Certes, même s'il faut saluer la prestation d'Alban Lenoir, cette production française n'en reste pas moins qu'une succession de séquences amenant le spectateur vers une fin qu'il imagine rapidement, sans réelle surprise. Adoptant le même ton qu'un American History X, avec beaucoup moins de classe, le film se cantonne à ses acquis, et prendra la poussière dans les oubliettes des réalisations inabouties.
Mwhouai sans avis quelconque pour ce film qui ne m'a fait ni chaud, ni froid. Il aurait du faire tomber le skin dans une autre religion, cela aurait fait scandale, et m'aurait fait rire. ----Novembre 2015----