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Eowyn Cwper
163 abonnés
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2,5
Publiée le 12 août 2022
Ça fait du bien de voir que Marceau peut tenir des rôles de cette intensité. La Taularde n'est pas qu'un film qui se veut réaliste, féministe ou engagé : c'est un film qui n'a pas peur de ne donner aucun répit, de risquer de devenir insoutenable. Le mal-être et la violence tournent légèrement à la monoculture mais le scénario est dévoué à les montrer dans toute leur oppression, ce qui était nécessaire pour accomplir la mission d'Estrougo : distraire et choquer à la fois.
Malgré un univers carcéral qui semble bien retranscrit, La Taularde pèche par un scénario sans relief et sans poigne, où la quasi absence d'intrigue et de progression dramatique pèsent lourd. Le film s'apparente plutôt à un collage de situations et d'ambiances, dont la distance et la passivité font penser à un documentaire. Le choix de Sophie Marceau pour le rôle principal est plus que discutable.
La Taularde est assez inégale. Une distribution plutôt solide dans son ensemble, mais des prestations assez irrégulières. Un prétexte pour retrouver Mme Marceau en prison assez léger pour une histoire de fonds plutôt sérieuse. Des scènes anecdotiques, celle du téléphone notamment, qui interrompent les envolées des scènes plus dramatiques. Une première partie qui installe l’histoire dans une certaine lenteur, pas désagréable, mais pas remarquable, et une deuxième partie beaucoup plus prenante et appréciable. Bref, il m’a manqué un certain fil conducteur auquel me rattacher durant le nouveau long métrage d’Audrey Estrougo, ce n’est pas si grave. N. B. Suzanne Clément et Sophie Marceau toujours au top + une étoile pour le personnage de Carole Franck.
Sophie Marceau est courageuse. Elle se livre au public sans maquillage, au film sans économie, au sujet sans réserve. Elle est bien entourée: la plupart des seconds rôles sont d'un réalisme étonnant. Le scénario, lui, est moins exempt de reproches. Histoire secondaire (le mari ) en fil rouge sans intérêt, un certain manque d'ambiance et de réalisme "prison" que souvent seul rattrape le jeu des actrices.
Un film assez proche du documentaire qui rappelle les nombreux dysfonctionnements et lacunes de l'administration pénitentiaire et de la magistrature, la pauvreté intellectuelle et morale d'une civilisation décadente, d'êtres humains qui sont, ou sont devenus, de véritables bêtes féroces sans foi ni loi qui sombrent dans la folie et la psychopathie s'ils ne le sont pas déjà. On ne le savait déjà puisque c'est gens là sont, pour la plupart, dans les rues ou en bas de chez nous !!! Belle performance de toutes les actrices.
Pour moi c'est un bon film dramatique, le seul défaut que j'ai trouvé c'est qu'on est vraiment concentré sur le personnage de Sophie Marceau et qu'on ne s'interesse pas en profondeur à ces autres détenues, leur passé,leurs blessures etc. L'univers carcéral dépeint dans ce film me parait plutôt réaliste. Ici on suit Sophie Marceau, prof à la base qui est emprisonnée par amour et qui ne veut rien divulguer par rapport à son mari pour des raisons politiques... elle est confrontée à la dure vie en prison... mais toutes les déténues ne sont pas enfermée pour des raisons aussi "nobles", on trouve des assassins, des pédophiles ou des femmes brisés par la vie... (drogues etc) et toutes ces personnes sont réunis dans un seul endroit tentant de survivre à leur peine.
Sans être un grand film sur l'univers carcéral, "La taularde" se laissera regarder afin de découvrir l'envers du décor de ce quartier exclusivement féminin, atout majeur du film. En effet, les films traitant de l'incarcération étant principalement dans un environnement masculin ("Bronson", "Les poings contre les murs", "Les évadés", "Un prophète", "R" etc...), il sera intéressant de découvrir cette nouvelle approche de la prison. On tente donc l'aventure "La taularde" davantage pour l'aspect découverte et immersif sur le milieu, que pour son scénario peu intéressant.
Pendant féminin des "Felon", "Les poings contre les murs" et autre "Dog Pound", "La Taularde" rejoint ses derniers au moins au niveau de l'efficacité, ça tranche dans le vif et c'est sans concession. En outre, le choix de Sophie Marceau dans le rôle principal s'avère payant, on l'y découvre sans maquillage, sans artifice et plus vraie que nature, elle semble également particulièrement concerné par son rôle. L'univers carcéral semble une nouvelle fois bien retranscrit et la jeune réalisatrice aux commandes met parfaitement en relief les dysfonctionnements apparemment courant dans ce milieu et il faut bien avouer que le casting hétéroclite et percutant donne un certain cachet au métrage. En revanche, et c'est un peu là que le bas blesse, le scénario est assez léger et les enjeux s'en trouvent amoindris, on n'en sait bien trop peu sur l'histoire de Mathilde et il est assez difficile de s'y attacher. Pour autant le film demeure intéressant et même s'il n'a pas vraiment ni début ni fin, il maintient l'intérêt du spectateur grâce à un traitement clinique et des scènes bien senties. Je ne regrette pas de l'avoir vu mais je reste un tant soit peu sur ma faim.
En dépit de quelques erreurs surprenantes, par exemple la question de l'argent en prison et le fait que soient mélangées Maison d'arrêt (préventive et courtes peines) et Centrale (longues peines), La taularde donne une image relativement juste de l'univers carcéral au féminin, Ce film est bien meilleur que Le prophète que certains encensent, alors qu'il montre une prison française comme si elle fonctionnait à la manière des prisons des Etats Unis. L'ignorance de la réalité du système pénitentiaire est sans doute à l'origine de ces avis. Néanmoins, La taularde n'est pas au niveau de grands films tels que Prisons de femmes de Ida Lupino ou Le trou de Jacques Becker. Le manque de moyens se fait cruellement sentir car on ne voit jamais plus qu'une quinzaine de détenues et une demi douzaine de surveillantes. Un scénario mieux construit et plus subtil aurait changé la donne. Néanmoins, Sophie Marceau, à contre emploi de ses rôles de séductrices, donne beaucoup de présence à son personnage. Dans l'ensemble son jeu sonne assez juste de même que celui de plusieurs excellentes comédiennes dans les rôles de surveillantes.
Ce film est difficile à définir. Tout d'abord, j'avoue que je l'ai vu à reculons, peu emballé par cet univers et les films français de ce style. Première bonne surprise, la prestation de Sophie Marceau. Certains la critiquent fortement, estimant que c'est un mauvais choix, trop lisse, pas assez dure. Mais c'est justement l'intérêt ! Le personnage est une femme qui se transforme au fil de son expérience, femme "normale" commettant un délit par amour spoiler: et s'enfonçant dans les conséquences finalement criminelles de son acte (une personne tuée par son mari à cause de l'arme qu'elle a fourni naïvement pour l'évasion) . Autre surprise, il ne semble pas y avoir trop de manichéisme, ceci étant aucun des personnage n'est exploré profondément sur sa psychologie. Les gens sont en révolte, aussi bien les incarcérées que les surveillantes, mais tout n'est qu'effleuré, jamais approfondi. Au final, le scénario et l'histoire du mari de Sophie Marceau n'est qu'un prétexte pour aborder l'univers carcéral, mais voilà, ce n'est qu'effleuré, abordé, sans être véritablement traité.
Le film vaut surtout par son ambiance sonore. Ce qui ajoute un côté malaisant à ce récit carcéral. A cela s’ajoute en sous-texte : le sous-effectif de personnel. Les gouvernements successifs rabotent de plus en plus sur le financement de la fonction publique. On perçoit de-ci de-là que les surveillantes sont assez vite débordées. Concernant le casting, on peut toujours ergoter sur le portrait des prisonnières. A commencer par Sophie Marceau, l’intellectuelle. Je la trouve pourtant convaincante et audacieuse comme artiste en acceptant de se dénuder même si le corps est partiellement visible. Sa nudité est bien composée. Audacieuse en tant que personnage, Mathilde préfère subir la prison à la place de son mari. L’homme, justement, est pratiquement absent du récit. On le voit à peine au début du film, énoncer pendant la mise sous écrou signifier à Mathilde qu’elle sera un numéro ; il aura les traits du fils de Mathilde ; un fils qui lui rendra visite et qui déteste son père, lequel sera juste un nom ; l'homme sera aussi évoqué par une détenue comme mari violent ; et enfin l’homme se devinera sous la corpulence d’une cohorte de CRS. Le film fait la part belle aux femmes. Je regrette l’emportement de Mathilde envers l’infirmière que je trouve un peu surfait. Pour le reste, cet univers carcéral est relativement bien restitué avec ce point de vue sonore déprimant et anxiogène pour ma part. La prison est un thème qui m’impressionne plus que les films d’horreur. La hantise de la fréquenter ! Il n’y a aucune raison, mais sait-on jamais, une erreur judiciaire… Bref, « La taularde » m’aura foutu le bourdon ! C’est bien la preuve que le réalisme sonore de la réalisatrice Audrey Estrougo m’a dérangé. Ce qui n’en fait pas pour autant un grand film. Il est à découvrir tout de même.
Un film intrigant, les prisons pour femmes ne sont pas de tout repos, un scénario sensible, les histoires sont diverses pour comprendre pourquoi elles sont enfermées, la raison de leur mauvaise nature, des drames touchants, des prestations surfaites et des révélations intéressantes, les criminels féminins sont aussi féroces que les hommes, bien mal lui a pris pour la prisonnière joué par Sophie Marceau.
Sombre, terriblement réaliste, l'univers carcéral dans tout ce qu'il a de plus inhumain. "La taularde" est un film juste qui ne masque rien de la détresse humaine dans ce qu'elle a de moins honorable. La prison n'a d'effet positif que sur de très rares individus. Elle ne sert qu'à donner l'illusion d'une prise en charge de la délinquance. Elle détruit les êtres humains, tant les détenus que les gardiens. Et ici ce sont les mots d'un ancien visiteur de prison. Ces images, tournées dans la maison d'arrêt des femmes de Rennes, m'ont ramené à ces quelques passages faits pour rendre visite à des femmes prisonnières. Je rêve du jour où l'humanité ouvrira les yeux sur les dégâts de cette "solution".
Une prestation exceptionnelle de Sophie Marceau dans un rôle éprouvant, bien loin de l'image de sexe symbole de cette immense actrice française intemporelle. Elle déploie une énergie incroyable, ne ménage pas ses efforts pour paraître cassée, enlaidie, brisée, à fleur de peau avec un film en totale immersion dans le milieu carcéral français et en particulier féminin. On aimerait presque que ce que l'on voit soit une caricature, tant au niveau des conditions de détention, des relations entre détenues et gardiennes, les conditions de travail du personnel pénitentiaire et le délabrement du système carcéral français. Hélas ce film sonne totalement vrai, est le reflet sans beaucoup d'exagération de la réalité et a été tourné dans des lieux existants ,pas des studios reconstitués, et avec pour une part, de vraies détenues. L'ensemble des actrices apportent une force et un talent incroyables à l'ensemble, Alice Belaidi, Eye Hedara, Naila Harzoune ,entre autres, pour un film prenant, émouvant, en tension permanent, très dur ,très fort. Un très beau film avec une étonnante Sophie Marceau.