L'Idiot !
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Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juillet 2018
Le cinéma russe n'en finit pas de démontrer sa vitalité. Après "Leviathan" l'an passé et "Classe à part" cette année, "L'idiot" vient d'être couronné au Festival du film européen des Arcs.
Récompense méritée pour ce film de Yuri Bykov qui dénonce les failles, au sens propre et figuré, de la société russe.

Dans une petite ville de province un plombier employé municipal découvre qu'un HLM est menacé d'effondrement. Sa conscience le pousse à sonner l'alerte mais il se trouve bien vite confronté à l'inertie bureaucratique et à la lâcheté.
"L'idiot!" - en russe Durak - n'est pas, on l'aura compris, l'adaptation du roman de Dostoïevski - en russe Idiot.
Il peut se lire à deux niveaux. Au premier, l'espace d'une nuit, c'est la tentative désespéré d'un individu de prévenir une catastrophe. Au second, c'est une métaphore de la société russe qui serait au bord de l'éclatement mais que personne, par lâcheté ou par impuissance, ne serait capable de sauver.
La conclusion du film, d'une lucide noirceur, n'incite pas à l'optimisme.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 31 août 2017
Une plongée dans l'univers corrompu des notables d'une petite ville russe, du point de vue d'un plombier fonctionnaire, seul personnage au semblant d'humanité, au point de se battre pour sauver une barre d'immeuble d'une catastrophe qu'il juge imminente. Sa hiérarchie, qu'il rencontre très courageusement, ne semble prête à le soutenir que pour sauver sa propre peau. Une fable si criante de réalisme que le spectateur s'immerge sans filtre dans les tortures mentales et sociales d'un héros qui semble ne pouvoir rencontrer que des murs de monstruosité. Une noirceur telle que l'on en vient à prier que cet apologue verse davantage dans l'hyperbole que dans l'authenticité. Un chef d'oeuvre kafkaïen, à ne mettre sous les yeux que de ceux qui sont prêts à essuyer une claque de cruauté morale, mais aussi une esthétique cinématographique captivante et une narration prenante.
CC30
CC30

3 abonnés 7 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 novembre 2015
Avec ce film remarquable d'intelligence et implacable, le jeune Yuri Bykov semble aller plus loin encore dans la dénonciation de la corruption que son confrère Zviaguintsev.
Et pour les amoureux de la culture russe : spoiler: ah ce faux plan-séquence/travelling dans la nuit avec "spakoïnaïa nochi" du groupe Kino !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 novembre 2015
Un film fort en émotion, sincère et effrayant ! Yuri Bykov a le talent particulier de montrer la réalité d'aujourd'hui. Absolument à voir!
mazou31
mazou31

130 abonnés 1 361 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 janvier 2016
Un magnifique film tragique, noir et palpitant. Un vrai coup de poing devant la misère du sous-prolétariat russe. Pas de diatribe, de message subliminal ; juste des faits à forte ressemblance avec la réalité sur la corruption et la décadence d’un système qui ne vaut pas mieux pour certains que le communisme d’antan. À cela s’ajoute une intelligente parabole sur le courage de ceux qui dénoncent et la lâcheté de ceux qui se résignent et s’accomodent. Interprétation magnifique de tous, dialogues percutants (a priori car sous-titrés). Nerveux, sobre, sec, c’est un sacré film dont on ne sort pas indemne. À quand le tour des démocraties européennes ?
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 896 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 décembre 2015
Vous aviez aimé le Léviathan de Zviaguintsev?

Vous ne pensez pas que la vie sous l'ère sous l'ère Poutine soit celle dont vous rêvez?

Eh bien, Youri Bykov, jeune metteur en scène ne va probablement pas vous faire changer d'avis.

C'est tourné avec peu de moyens, c'est plutôt bien joué (le rôle de la "mairesse-femme" par exemple). Bykov aime sa Russie et ses habitants, pris dans un système corrompu. Même les petits notables locaux, qui se servent comme ils peuvent, à leur modeste niveau, ne sont pas complètement insensibles à la détresse humaine - à une exception près, une vraie incarnation du diable!

Face un lui, voilà un plombier naïf, Don Quichotte sympathique, plongé dans un univers sans espoir, nocturne et frigorifiant. Un environnement dont on devine qu'il comporte des éléments autobiographiques de la part de Bykov.

Ce dernier n'est pas censuré à Moscou, mais va avoir du mal à trouver des financements publics pour ces prochains films... Et pourtant , il ne manque pas de qualité derrière la caméra.

Voici un article sur lui pour mieux connaitre son parcours atypique.

Le courrierdeRussie

J'ai fait une bonne cure de cinéma russe cette année. Des films trop peu nombreux, alors que la Russie ne manque pas de vrais créateurs, mais franchement on n'y va pas pour se remonter le moral! Quoique, en y réfléchissant, il y a pas mal de choses qui marchent bien en France...
NewBoorn
NewBoorn

70 abonnés 576 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 juin 2016
"L'idiot" porte plutôt bien son nom. On aurait pu l'appeler également "le courageux" ou "l'intrépide", comme son fameux héros, prêt à tout pour sauver des vies au détriment de la sienne. Une merveille de thriller noir censé soulever une nouvelle fois la corruption russe et le déséquilibre de la répartition des richesses, dans un ville où les quartiers foisonnent de bâtiments délabrés alors que d'autres s'en mettent plein les poches au détriment de ses derniers, carrément oubliés. Un film important et surtout véridique.
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 janvier 2016
« L’idiot » est le second long-métrage de Yuri Bykov après « The major » sorti en 2013. Il raconte l’histoire de Dimtri Nikitin, un jeune plombier qui suit par ailleurs une formation pour devenir architecte. Dimtri dont le père est surnommé « le con » car il a toujours travaillé de façon consciencieuse et n’a jamais profité du système en « chouravant du matériel sur son lieu de travail », va découvrir dans le bloc H32 d’un grand ensemble d’imeubles une fissure pouvant provoquer l’effondrement de cette immense bâtisse construite il y a 40 ans et où résident 820 personnes dans des conditions sociales très précaires (alcool, drogue, chômage, violence conjugale…). Dimtri va oser s’affronter à la maire de cette petite ville russe qui est en train de fêter avec tous les notables de la ville et de la vodka qui coule à flots, ses 50 ans et sa réussite soicale et politique. Cette confrontation nous tient en haleine pendant tout le film avec des rebondissements fort bien amenés tel un vértialbe thriler noir.
Ce film dépasse la simple critique politique d’un système corrompu et vieillissant car il aborde une réflexion sur le bien pour le peuple et montre l’impact de la volonté de ce jeune Don Quichotte sur sa vie personnelle. Est-ce un hasard ou non mais Dimtri est un plombier … ce qui n’est pas sans rappeler le scandale du Watergate. Ce film est pour moi un véritable Watergate vis-à-vis de la société non seulement russe mais mondiale car il remet en question la relation entre le pouvoir et le peuple.
Un très grand film qui avec « Léviathan » d’Andrey Zvyaginstev qui m’avait ému en 2014, montre que le cinéma russe reprend la place qu’il se doit d’avoir quand on se souvient des films d’Eisenstein et de « Quand passent les cigognes » de Mikhaïl Kalatozov (1957), film qui a une grande valeur sentimentale pour moi !
Gustave Aurèle
Gustave Aurèle

184 abonnés 2 626 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 février 2017
Un très bon film sur une certaine société russe qui se déchire par le prisme d'un immeuble fissuré...
Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 juillet 2022
Une farce cynique et percutante qui démontre avec une logique accablante le système corrompu de la Russie d'aujourd'hui.
fcaponord
fcaponord

18 abonnés 96 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 décembre 2015
il semble bien que l'idiot ait trouvé son souffle dans l’œuvre de Dostoïevski, bon j'ai pas eu le tps de lire ce pavé, mais j'en retiens "sauve toi et le ciel t'aidera".....ou "si tu veux sauver le monde, commence par toi mm" !!!
l'élan humaniste de ce personnage désespérément isolé tant vis à vis des habitants de ces lugubres hlm que des notables de la ville qu'il alerte sur le danger imminent menaçant ce vieux bulding, fini par toucher au cœur.....on sent la gangrène à tous les étages dans cette histoire, la séparation d'avec sa femme et son jeune fils est déchirante, car le personnage central continue sur sa route en préférant l'honnêteté avec lui mm plutôt que la compromission pour un bonheur oh combien illusoire.....luttant contre le laisser aller généralisé de ses contemporains.....
bref c'est un film magistral où il y a des fuites partout, autant à l'intérieur (sa famille) qu'à l'extérieur (...) mais notre héros ne perd pas la tête et vit sa conviction jusqu'au bout !
ce film ressemble il a un mauvais conte de fée.....où à une lueur d'espoir par le questionnement que suscite cette tragédie dans une Russie au prise avec ses vieux démons ?
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 novembre 2015
Ce film pourrait former un diptyque avec "Léviathan" de Zviaguintsev, sorti il y a quelques mois. Deux films qui donnent de la Russie d'aujourd'hui l'image affligeante d'un pays livré aux mains de notables corrompus. Le constat fait par Yuri Bykov dans "L'idiot" est encore plus terrible que celui qui est exposé dans "Léviathan". Dans "L'idiot", c'est un homme seul qui doit affronter non seulement les notables d'une ville mais également ceux qui en sont les victimes. Du côté des premiers, on a affaire à des êtres corrompus qui ne pensent qu'à s'en mettre plein les poches en détournant tout l'argent qu'ils peuvent. Du côté des victimes, c'est-à-dire des pauvres qui habitent en H.L.M., on a affaire à des désoeuvrés totalement abrutis par l'alcool et incapables de concevoir qu'on puisse avoir de la compassion pour eux. Dimitri, l'idiot qui donne son titre au film, seul à se battre pour sauver les habitants d'un immeuble qui menace de s'écrouler, en fait les frais. Un seul homme honnête contre des dépravés et des alcooliques: voilà le tableau qu'offre ce film! C'est ce qui en fait la force mais aussi la faiblesse, car on a tout de même le sentiment que le réalisateur en fait un peu trop, qu'il est quelque peu dans l'exagération. 7,5/10
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 19 août 2019
Avec un point de départ à la Capra (l’homme ordinaire en mission contre la corruption), ce petit film russe met tellement d’énergie à démontrer l’impasse dans laquelle se trouve un pays entier qu’il prend des airs de thriller et laisse même un peu étourdi, signe d’une franche réussite à laquelle le talent des acteurs n’est pas non plus étranger. Le revers de la médaille, c’est un côté un peu démonstratif, notamment dans les répliques du personnel politique, qui détaillent les abus de pouvoir et malversations avec un peu trop d’insistance pour être crédibles. A part cette réserve, c’est une très bonne surprise et un réalisateur à suivre.
cyclo86
cyclo86

15 abonnés 129 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 février 2016
Un très grand film. On pourrait le prendre pour une adaptation de Dostoievski (même titre, même type de personnage, un innocent plongé dans un monde de corruption et de pourriture). Du très grand art. On est plongé dans cette ambiance de la petite ville où tout le monde se sucre aux dépens du bien public, où tout le monde boit à outrance, où les jeunes se droguent... Impressionnant !
Cyril J.
Cyril J.

33 abonnés 625 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mai 2018
Un idiot, une sorte d’anomalie suicidaire et catastrophique, perçu comme un malade simplet et dangereux qui empêche le monde de tourner rond, voilà ce qu’on devient quand on est seul au monde à s’agiter pour le bien et la responsabilité en Russie. C’est ce qui arrive à ce plombier, étudiant en 2ème année d’ingénierie, quand il réalise lors d’une intervention dans un immeuble de banlieue populaire qu’il s’agit d’un taudis insalubre, dont la périlleuse vétusté, due aux fonds sempiternellement détournés, n’a jamais bénéficié de la moindre réhabilitation depuis 40 ans, et qui menace de s’écrouler et de tuer les 820 occupants peut-être dans les 24H. L’alerte qu’il donne auprès des autorités urbaines et municipales déclenche une prise de conscience des conséquences d’une corruption généralisée et une panique totale à tous les étages. Mairie, pompiers, hôpitaux, Logement, Police, assainissement, fonctionnaires et employés à tous les échelons, voient soudain le masque de leur forfaiture sur le point de tomber. Loin d’éveiller un sursaut de bon sens ou de responsabilité, ce panier de crabes explose de trouille hiérarchique, de lâcheté administrative, de déni de réalité et de culpabilité, de retranchement, de rejet de la faute, d’égoïsme et de mépris de son prochain, suscitant stratégies abjectes et échappatoires les plus extrêmes.
Youri Bykov glace le sang et témoigne, dans la solitude et l’absence d’espoir, de la crasse morale comme physique de tout un pays encroûté dans une médiocrité auto-entretenue. La dénonciation d’un système pourri du cœur aux extrémités, atteignant le pauvre héros jusque dans l‘intimité de sa propre famille, d’une suprématie de la corruption et de la brutalité, autant dangereuse que pathétique, est évidement au cœur du film, tant de la part d’une populace barbare peuplée de casseurs, d’alcooliques, de voleurs et de menteurs, que des pouvoirs publics dont le même esprit s’applique à un autre niveau. Ce drame russe est un pamphlet sociétal incroyablement affolant de vraisemblance. Au-delà d’une nomenclature dégoulinant d’autosatisfactions, de politesses professorales et d’autorités cravataires, se cache une pègre populaire totalement gerbante qui permet au film de nous éviter le piège d’une lutte de classes périmée mais bien de cibler l’accusation de toute une culture.
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