"Baby Driver" est clairement un film explosif, et il mérite donc bien l'engouement qu'il a suscité. Réalisé par Edgar Wright, le long-métrage est effectivement un divertissement très efficace. Il a ses faiblesses (nous y reviendrons d'ailleurs), mais si vous souhaitez passer un bon moment, vous pouvez foncer le voir. Dès la scène d'introduction, le réalisateur donne le ton, deux éléments prenant rapidement une place fondamentale dans l'ambiance du projet : la musique et le montage. Cela dit, même si ces deux éléments peuvent être pris à part, à mon sens, il est beaucoup plus intéressant de les réunir. Certes, certains pourraient avoir l'impression d'un film juke-box, avec cette présence très prononcée de morceaux musicaux. Mais pour le coup, je n'irai pas dans cette direction, car on ressent rapidement le fait que toute la mise en scène du long-métrage se fait par là. Et quand je parle de réalisation, je parle évidemment du montage. Chaque changement de rythme de la musique, chaque coupure ou chaque changement de morceaux est toujours superposé à la narration. Et globalement, c'est ce qui donne un cachet énorme aux séquences d'actions, où chaque cascade bénéficie d'un rythme parfaitement ordonné autour du montage et de la musique. Et pour le coup, même dans des séquences de dialogues, on retrouve cette esthétique, ce qui fonctionne plutôt bien d'ailleurs. On se sent emporté par la structure du film, ce dernier ne semblant jamais vouloir s'arrêter. Malgré tout, je ne peux pas occulter le fait que cela a ses limites. Au milieu du film, on sent que cette approche semble un peu plus vaine, et un gros ventre mou se créait. La véritable histoire et les gros enjeux mettent du temps à démarrer, et je ne serai donc pas surpris que certaines personnes trouvent que l'exercice de style dépasse le scénario. Dotant que, il faut bien l'avouer, l'histoire n'est clairement pas le fort de ce projet. Mais malgré cela, je dois dire que je n'ai pas décroché pour autant. Effectivement, l'histoire n'est pas palpitante, mais je me suis quand même suffisamment attaché à notre héros pour en avoir quelque chose à faire. La prestation d'Ansel Elgort est plutôt appréciable, dans son jeu du "héros malgré lui". On se prend donc rapidement au jeu, et même si certaines longueurs se ressentent, je trouve que le film retrouve son cachet dans sa conclusion. Elle est assez forte, bien rythmée et très divertissante. Dans l'ensemble, même si ce long-métrage n'est donc pas exempt de tout défaut, il serait hypocrite de ne pas reconnaître ces qualités. Au vu de ce qu'il propose, on peut être satisfait de ce divertissement très bien exécuté et très plaisant à regarder. Pour conclure, un film très efficace.