Bon d'accord je suis un petit-bourgeois inculte engoncé dans son train-train confortable qui va voter UMP aux prochaines élections (euh, là je m'égare... !!!) et incapable de comprendre le dernier élan poétique d'un jeune cinéaste anarchique au style unique valétudinaire qui ne verra jamais ses trente ans, mais voilà ce film ne me touche pas comme il touche de nombreuses autres personnes. Il y a des idées brillantes comme la scène où les deux époux se font l'amour à distance, Michel Simon est comme à son habitude génial mais je n'ai jamais été vraiment emporté par l'histoire ou par la mise en scène. Histoire de subjectivité sûrement, difficile de balayer avec des arguments fades et peu consistants (si on part du principe que ce sont des arguments !!!) une oeuvre considérée comme un classique.
"L'Atalante", de Jean Vigo, est un voyage cinématographique sous la forme de fable sociale. Réalisme poétique, c'est par ces termes que l'on définit le cinéma du malchanceux Jean Vigo, et c'est loin d'être réducteur, c'est même vrai... Poétique donc, on suit la traversée d'un couple de jeunes mariés, Juliette et Jean, le marinier, à bord de leur péniche, l'Atalante. On y découvre des personnages fascinants, comme le Père Jules, interprété par l'incroyable Michel Simon... "L'Atalante" possède des images juste sublimes. Des images que même des réalisateurs contemporains admirent. Comme Kusturica, qui s'est très largement inspiré de la scène où Jean plonge dans le fleuve, et où la caméra filme le jeune homme sous l'eau, pour son "Underground". Et dire que ce film date de 1934... Et dire que Vigo mourra quelques mois plus tard et ne verra jamais son unique long métrage, son chef d’œuvre, un chef d’œuvre historique du cinéma français.
Dans la nébuleuse du réalisme poétique, l'œuvre de Jean Vigo se distingue par son cadre, la vie sur une péniche, mais aussi par son optimisme. Le point fort du film, c'est bien évidemment Michel Simon, plus truculent que jamais. A cet égard, l'affiche est éloquente. Malheureusement, la pauvreté des dialogues et surtout du scénario vient torpiller la péniche Vigo. Du coup on s'ennuie autant que les passagers de l'Atalante. Si votre passion dans la vie, outre le fait de regarder "Questions pour un champion", tourne autour des péniches, regardez plutôt "Le baron de l'écluse", moins réaliste mais autrement plus jouissif en matière d'échanges verbaux.
L’Atalante est peut-être le film auquel le qualificatif de réalisme poétique s’applique le mieux. Il n’a pas son pareil pour insérer des personnages (le père Jules) et des séquences (le bal) proprement magiques dans un milieu social modeste, un quotidien rude et confiné. Comme dans Zéro de conduite, cette magie est associée à l’esprit d’enfance. Le juvénile n’est jamais mièvre, il est la marque d’un essentiel sans fioriture - la curiosité, l’émerveillement, la jalousie, l’attachement amoureux, le manque charnel - traduit dans des symbole et une intrigue simples et limpides. C’est bien le film d’un homme pris par l’urgence, fauché par la maladie dans sa prime jeunesse.
Social et poétique, ah, si le spectateur pouvait choisir entre la ville et l'Atalante, ça serait l'Atalante, un voyage sans fin à bord, avec comme conducteur Jean Vigo...
L’Atalante vaut par la liberté de son ton et par sa poésie. Reste qu’à mon avis l’histoire manque de liant. Le film navigue (ha ha) entre réalisme - par le milieu choisi - et loufoquerie - avec l’incroyable scène de la guinguette, qui marque d’ailleurs le tournant narratif de l’histoire. Reste que je suis plus sensible aux films qu’il a précédé de Renoir ou Carné. Que demande le peuple ? ‘’C’est tout ?’’ Pour en savoir plus, le mieux et encore de regarder l’interview (en bonus sur le DVD) de Truffaut au sujet du film.
Quelques jolies scènes mais la naïveté, parfois touchante, parfois poétique, domine l'ensemble trop fortement pour élever sa portée au delà d'un film sans prétention.
Totalement unique, et pour cause, c'est le seul long métrage réalisé par Vigo. Le réalisateur décide de raconter la vie de ces "rien du tout" en refusant de romancer, de provoquer la pitié ou l'attachement. Cela donne des personnages criant de vérité, reflets de la misère sociale et humaine, et un quotidien sans aucune trace de confort de quelque nature que ce soit. Dita Parlo a une présence érotique mais jamais fantasmée incroyable, et Jean Dasté est génial dans ce rôle de mari brutal et sensible. Mais c'est bien sûr Michel Simon, plus légendaire que jamais ici, qui emporte l'adhésion. Mais l'Atalante n'est pas qu'un miroir social d'une rare intelligence, c'est également un bijou de magie et de poésie. Vigo réussit ce miracle d'associer toutes ces composantes comme une alliance naturelle, logique. Au final, la modernité du film, qui comme Zéro de conduite n'a en rien vieilli, étonne et subjugue. Et pousse à se demander à quoi aurait pu ressembler la suite de la carrière de cet écorché vif.
2 fois que je le vois, 2 fois que je n'y suis pas sensible. Et pourtant que j'aime le cinéma d'antan. Je trouve tout trés mal joué même michel simon n'est pas à sa place. Je crois que comme beaucoup d'oeuvre mythique, tout le monde est saisi du syndhrome de la joconde, on ne sait pas comment dire que ça nous plait pas. moi ça ne m'a pas plu. Carné, Renoir, et autres ont mieux su me touché. Mais faut dire que dans le cinéma muet il y a déjà tout, sûrement que ce film y aurait gagné à l'être muet.
L'ayant vu il y a quelques mois, j'en garde une excellente image et je me remémore très bien certaines séquences plus que réussies. La réalisation est je trouve efficace notamment la scène du rêve de la jeune fille qui est d'un érotisme sulfureux très certainement pour l'époque. Dommage que Jean Vigo soit mort peu après son premier long métrage, il aurait très certainement eu une très riche filmographie.
Avec des images très belles et des réflexion percutantes le film est étonnant de vitalité. Michel Simon est encore meilleur que dans Boudu, si on peut ne pas aimer le film, on ne peut être que bluffé par son jeu à moins d'aimer la guimauve et le consensuel.
«C’est pourtant vrai qu’on est des riens du tout.» constate un marin dans «L’Atalante» (France, 1934) de Jean Vigo. «Des riens du tout», c’est ce que semble illustrer ce film de Vigo. Le film relate l’histoire de personnages en marge, vivant sur l’eau et en petite communauté. De ce simple prédicat, Vigo fait naître toute la grâce du film. Il y a de la vie, de l’élan, des cabrioles, des rires et des vagues dans cette oeuvre de Vigo. Cette cinétique intrinsèque nourrit le film d’un romantisme allègre, nullement élégiaque. Les fréquentations anarchistes de Vigo peuvent expliquer ses choix esthétiques et thématiques. En vérité, peu importe là d’où viennent les choix de Vigo car l’élégance éphémère embrase le film. Ce quatuor, composé de trois marins et d’une femme, vit sur un bateau, l’Atalante. Au sein de ce monde masculin, non moins tendre, la femme (magnifique Dita Parlo au visage candide) souffre de l’ennui et succombe au charme d’un artiste guignol, angelot agité qui vient égayer ses mornes habitudes. C’est le conte d’une villageoise qui s’introduit dans la marge et qui rêve de centre, de la ville. Lorsque cette-dernière viendra à s’enfuir, le désespoir de son marin d’époux donnera lieu à une scène magnifique où l’homme, plongé dans le fleuve, cherche, les yeux ouverts, le souvenir de sa femme. Vigo lui superpose ladite femme en robe de mariée, aux voilages flottants. La quête de l’amour perdu prend des allures somptueuses au cours de cette scène. Cette scène incarne également la mystérieuse esthétique que Vigo installe dans «L’Atalante», privilégiant les diagonales aux lignes droites, les brumes alanguies à une photographie intelligible, une post-synchronisation ingénue à une parfaite prise de son, un découpage composite et tant d’autres. Cette naïveté liminaire du film procure son charme. Comme une pensée anarchiste, qui concéderait à ne donner aucune importance aux choses, Vigo privilégie la passions humaines.
Une envie qui nous saisit à la vision de ce très beau film, grave et léger, optimiste et mélancolique : se jeter à leau pour y voir celui ou celle quon aime