Au lendemain de la 1ère Guerre Mondiale, un comptable et un artiste défiguré s'associent pour monter une arnaque aux Monuments aux Mort. "Au revoir là-haut" est un film ambitieux. Outre le fait que le sujet en question soit assez peu traité au cinéma, les thèmes abordés sont très sérieux (ravages de la guerre dans les familles, profiteurs en tout genres, exploitation des morts...). Mais Dupontel gagne son pari, grâce en premier lieu à une photographie et une réalisation très personnelles. Celles-ci exploitent les décors reconstitués de l'époque pour livrer des scènes à l'atmosphère singulièrement triste (la séquence de l'hôpital, le dîner dans l'hôtel particulier, la fête...) et souvent poétique, osant parfois quelques touches d'humour. S'il est un peu dommage que le conflit en lui-même ne soit pas davantage montré (la séquence d'introduction est réussie néanmoins !), Dupontel livre donc une approche intéressante de l'après-guerre. Côté acteurs, on retient surtout Laurent Laffite en grand salaud, mais Nahuel Pérez Biscayart est touchant en gueule cassée, Niels Arestrup est impérial en homme d'affaire désabusé, et Albert Dupontel est touchant en vétéran qui a tout perdu. Ainsi, "Au revoir là-haut" est un drame qui a le mérite de secouer le paysage cinématographique français. On lui fera plusieurs reproches (entre autres, un final artificiel, et un scénario qui s'éparpille par moment), mais globalement il s'agit d'une réussite.
Une histoire fantastique, des personnages vraiment excellents, des arnaques comme il y en a temps, dans tellement de milieux, même les plus invraisemblables. L'adaptation du livre est bonne, évidemment il y a des différences inhérentes au passage de la lecture à l'image. Pourquoi certains choix comme le destin du dessinateur ?!? Dupontel est toujours en encore un grand acteur, un grand réalisateur et un très bon directeur d'acteurs. Ce n'est pas aussi extraordinaire que ce que j'en avais entendu, mais c'est très bon.
Un très bon film, bien construit et très bien joué. Mais il y a quelques chose qui dérange et terni un peu la cohérence du film : le comportement de cette gueule cassée qui veut mourir puis changer de personnalité puis qui part en sucette dans des délires artistiques, Que veut-on nous faire comprendre ? La dure réalité de l'après-guerre des soldats brisés dans leur chair ou glisse-t-on finalement vers un divertissement un peu moins crédible car exagéré pour donner de l'intensité au film ? J'ai noté quelques longueurs aussi en première partie. Un film a voir.
Dans « Au revoir là-haut », Dupontel se montre toujours aussi fou, virtuose et drôle qu’auparavant, tout en étant encore plus spectaculaire. Quelque que soit le prisme choisi pour analyser le film, « Au revoir là-haut » apparaît comme une réussite. Son scénario retranscrit le foisonnement de péripéties et de personnages du roman sans embrouiller le spectateur ni paraître compliqué. L’image est somptueuse. Les cadrages virtuoses dont est adepte Dupontel s’enchaînent ici sans virer à l’épate, tant l’on est profondément happé par la narration.La direction artistique, qui s’exprime notamment à travers les masques portés par la gueule cassée Edouard Péricourt, apporte une forme poétique inespérée à l’image, très émouvante. Les acteurs composent de formidables numéros, des premiers aux seconds rôles, même les plus éphémères (Michel Vuillermoz, épatant). Seule facilité, l’interprétation par Dupontel de son personnage doucement ahuri manque d’originalité. Mais on comprend que le réalisateur n’ait pas eu l’énergie de se lancer dans une nouvelle performance alors qu’il réalisait le film.
Au revoir la haut ! Pierre Lemaître et Albert Dupontel nous offrent un grand moment de littérature et probablement le meilleur film de l'année. Quelle créativité, tragédie, poésie, émotion. Un superbe casting, à la hauteur du propos. Nahuel Perez Biscayart, déjà remarqué dans «120 battements» est juste fantastique. Bravo à toute l'équipe, et Merci Monsieur Dupontel ... continuez !!
Albert Dupontel à toujours montré un certain sens de la mise en scène et de l'esthétisme au travers de son cinéma. Travaillant ses cadrages et les mouvements de caméras avec soin, il a développé un regard que n'aurait pas à envier un cinéaste comme Jean-Pierre Jeunet par exemple. Une affinité qui transparaît assez avec le dernier né de Dupontel, Au revoir là-haut. Tiré du roman éponyme de Pierre Lemaitre, le cinéaste français opère un tournant notable dans son cinéma, s'attaquant pour la première fois au film d'époque et à l'adaptation. Avec un budget confortable et une ambition rare pour une production française, il offre un rafraîchissement délectable, imparfait mais au combien attachant.
On se rend très vite compte que ce Au revoir là-haut ne sera pas aussi transcendant qu'on avait plus l'espérer malgré sa réalisation léchée. Techniquement, Dupontel déploie un savoir-faire qui laisse pantois entre l'excellence de la reconstruction d'époque à des trouvailles visuelles virtuoses comme une scène de bataille dantesque qui ouvre le film. Avec pudeur et gravité il présente l'horreur de la guerre sans trop en faire et surtout sans la dénaturé, là où certains cinéastes plus renommés avaient pu échouer à la tâche comme Nolan qui aseptisait la guerre dans son Dunkirk. Ici, le maître mot est clairement virtuosité avec ce sens du cadrage impressionnant qui sert plus souvent pour exprimer les rapports de force que l'écriture en elle-même. Ici, Dupontel offre un pur film de mise en scène en tombant dans ses plus grandes qualités comme ses quelques défauts. Visuellement l'ensemble est donc riche et délectable, mais le cinéaste à peut être tendance à en faire trop. Les plans séquences, les travellings complexes, etc. Il abuse de la performance, pour la performance. Même si cela fait plaisir de voir un réalisateur français autant s'amuser derrière sa caméra et même si l'ensemble est toujours très maîtrisé, on reste face à un aspect "démonstration de force" un peu vain.
L'histoire se situe ici entre l'adaptation fidèle et des ajouts originaux dans un parfait équilibre. A la fois drôle et touchant, l'intrigue nous emporte sans trop de difficultés même si elle n'atteint pas des sommets de dramaturgies. Plus accessible que le roman, mais aussi moins profond, le film trouve un juste milieu convenable mais qui manque véritablement d'une prise de risque notamment dans la critique de la société moderne à travers cette étude de l'époque. Cette dimension est bien présente mais trop discrète, que soit dans la satire acidulé ou le drame plus classique. Le récit se montrera finalement jamais pleinement poignant mais fonctionne relativement bien surtout grâce aux talents des comédiens. Même si il est plus discret qu'on aurait pu le penser, Nahuel Pérez Biscayart offre une performance bluffante. Tout dans la gestuelle et le regard, il marque chaque scènes de sa présence élégante et incroyablement sensible. Albert Dupontel fait ici office de personnage principal, il reste dans son registre habituel mais apporte suffisamment de subtilité et d'énergie pour qu'on prenne plaisir à le suivre tandis que Laurent Lafitte offre une prestation de parfait salaud absolument délectable. On regrettera une sous-exploitation du casting féminin mais tout le monde se montrent justes et impeccables.
Au revoir là-haut est un très joli film. Une adaptation parfaitement dosée et un exercice de mise en scène parfois un peu trop appuyé mais toujours impressionnant. Albert Dupontel signe incontestablement son meilleur film, peut être son plus classique aussi, mais il gagne une ampleur et une ambition qui fait plaisir à voir au sein d'un cinéma français qui à une tendance à être bien trop frileux. Ce Au-revoir là-haut n'est donc pas le chef d'oeuvre promis, ou attendu, la faute aussi à une histoire pas si transcendante mais il reste un objet de cinéma saisissant et totalement maîtrisé qu'on ne peut qu'aimer à défaut de vraiment l'adorer.
Véritable bonne surprise, Au revoir là haut est un coup de pied dans le cinéma dramatique français. Les décors sont somptueux, l'ambiance authentique des heures de la Première Guerre est fabuleuse, on s'y croirait, le spectateur est happé dans l'époque... Les acteurs sont eux aussi très bon avec une mention honorable pour Mr Dupontel qui crève l’écran, son film est une grande réussite . L'histoire, dramatique, mêlée d'émotions et de sourires est étonnante, presque magique. Reste une fin facilement devinable et une intrigue en demi teinte subjuguée par un récit "poétique" cousu de fil blanc, dommage. Un bon film qui mérite ses récompenses !
Adaptation du roman éponyme de Pierre Lemaitre, "Au Revoir Là-haut" est réalisé par Albert Dupontel. Le roman de Lemaitre, qui avait obtenu le prix Goncourt, était une formidable réussite. Le film disposait donc d'un matériau initial assez solide sur lequel s'appuyer. Néanmoins, la difficulté était de transposée cette superbe mais complexe œuvre écrite, et notamment son univers d'après la Première Guerre mondiale. Le réalisateur y parvient avec brio. Albert Dupontel retranscrit très bien la France des années 20, ajoutant une touche très colorée. Les costumes et les décors sont vraiment très soignés. Le personnage principal, Edouard Péricourt, défiguré lors d'une dernière bataille, porte des masques pour ne pas montrer sa figure arrachée. Les masques sont tous très créatifs et contribuent à l'univers coloré du film. L'intrigue, comme celle du livre, est vraiment très prenante et amusante. C'est l'une des forces du film, qui sait être drôle et irrévérencieux avec un sujet aussi dur que celui de la guerre. Les acteurs sont très bons, Laurent Lafitte et Niels Arestrup en tête mais aussi Albert Dupontel en personne. Le film sait également être touchant. Cette adaptation a vraiment su utiliser tous les points forts du roman, ce qui en fait une adaptation très réussie, et cela fait plaisir venant du cinéma français de prendre des risques comme celui-ci.
Albert Dupontel a toujours été un réalisateur au ton irrévérencieux et son sixième long-métrage sait garder le même état d'esprit tout en gagnant en maturité et en maîtrise technique, trait remarquable sur bon nombre de plans et de mouvements de caméra absolument superbes. Basé sur le roman éponyme de Pierre Lemaître et avec en toile de fond le Paris au lendemain de la Première Guerre Mondiale, un film qui livre à la fois un touchant drame intimiste et une récit d'une plus grande ampleur émotionnelle. Un scénario sans temps mort, impeccablement écrit et servi à la perfection par un casting français magistral, de Niels Arestrup à Laurent Lafitte en passant par la révélation qu'est Nahuel Perez Biscayart. Splendide.
Adapté du roman éponyme de Piette Lemaitre, Au revoir là-haut raconte l’histoire de deux anciens Poilus qui, à la toute fin de la première guerre mondiale, faisant face à l'incapacité de la société française de leur ménager une place, s’entraident et s’associent dans la production de faux monuments aux morts. Réalisé par Albert Dupontel (Bernie, Enfermés dehors, Président), le film prend la forme d’une comédie dramatique dépeignant la France des années 1920 de manière magistrale avec une photographie de très grande qualité et une bande originale mémorable aussi enjouée que mélancolique. Le soldat Maillard brillamment incarné par Dupontel joue parfaitement le rôle du modeste comptable qui cherche sa place tout en prenant soin de son ami Édouard Péricourt, dessinateur de haute bourgeoisie, rejeté par son père pour son homosexualité et obligé de porter toutes sortes de masques abracadabrantesques après s’être fait exploser la mâchoire lors de la guerre. Difficile à suivre, la trame scénaristique est pourtant fort intéressante avec sa multitude de personnages plus ou moins fourbes comme le lieutenant Pradelle et Marcel Péricourt, spoiler: promettant une scène particulièrement émouvante avec son fils sur la fin . Assez complexe à cerner, Au revoir là-haut a tout du film intrigant et profondément marquant pour sa réalisation artistique.
Après avoir fait beaucoup de bruit, je me décide enfin à regarder “Au-revoir là-haut”, surtout que “Couleurs de l’incendie” est visiblement lié au film d’Albert Dupontel. Et pour le coup, je pense que ce film est vraiment à découvrir en salle de cinéma car il est littéralement très bon.
Albert Dupontel a une excellente mise en scène ; il arrive à être ambitieux, d’autant plus qu’un film d’époque est complexe à réaliser. Surtout que les décors sont impeccables et crédibles ; le cadrage réagit avec les décors et même modernité des mouvements avec l’ancienneté des accessoires très réussis. Un autre point sur lequel Albert Dupontel peut être fier, c’est évidemment et sans grande surprise la musique : je trouve qu’elle rythme le film et elle est très dansante et réagit toujours parfaitement avec les masques d’Edouard. Superbe transition pour évoquer les costumes ; ils sont superbes, notamment les fameux masques d’Edouard qui sont très originaux. Il faut évidemment préciser que la direction photographique est carrément géniale.
Le scénario même comédie et drame ; je trouve que sur le plan dramatique, le récit est vraiment parfait ; par contre, je trouve que l’aspect de la comédie est trop peu nécessaire. D’autant plus qu’Albert Dupontel (principal acteur qui amène l’humour dans ce film) ne joue pas très bien et à un humour très particulier qui ne me touche pas ; sinon Laurent Lafitte joue incroyablement bien. Concrètement, l’histoire est prenante et intéressante bien qu’un peu trop manichéenne, la narration nous porte quand même du début jusqu’à la fin. Sans compter que le final est très bouleversant et satisfaisant.
Pour faire simple, je ne peux que conseiller ce film dans les meilleures conditions possibles. Je ne suis pas fan des dialogues écrits par Albert Dupontel mais sa mise en scène est irréprochable.