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Un visiteur
5,0
Publiée le 11 mars 2015
Une photographie en noir et blanc clinquante, un sentiment d'apesanteur, une illusion de flottement, le tout couvert par une bande son Claire. Un film doux et brute a la fois qui fait du bien et qui vide la tete.
"In the Crosswind" est tout simplement un chef-d'oeuvre !! Martti Helde a su combiner avec brio le traitement d'un événement historique grave (la déportation des estoniens en Sibérie sous l'ordre de Staline) avec une innovation artistique inédite. Les acteurs livrent une performance époustouflante en restant immobiles dans une grande majorité des plans. Les volontés du réalisateur étaient de mettre en scène les lettres d'une jeune mère de famille estonienne déportée adressées à son mari. Ces lettres sont lues tout au long du film par une voix off, ce qui apporte un aspect plus grave et dramatique (renforcé par le noir & blanc). L'innovation se trouve dans le fait que tous les acteurs sont figés. Le réalisateur justifie ce choix audacieux en expliquant qu'il veut que les spectateurs ne voient que ce qu'il souhaite les faire voir. Pour son premier long-métrage, Martti Helde signe un drame historique particulièrement émouvant et novateur en tous points que je vous conseille vivement d'aller voir !
Comment ne pas être admiratif et reconnaissant à Martii Helde pour cet apport indispensable du cinéma à ce qui s'apparente fortement à des crimes de guerre? Pour se faire, le réalisateur à innové ,non pas en mélangeant documentaire et fiction mais en se servant du style documentaire poussé à son extrême pour évoquer un passé récent longtemps ignoré du grand public. Point n'est besoin d'en faire l'apologie si ce n'est de dire ''Allez y '' mais allez y en étant informé du style plus qu'original de ce qu'il faut appeler un document, voire presque une preuve à charge compte tenu des éléments cités. Helde a choisi de ne pas faire jouer ses comédiens, il leur a demandé d'adopter des positions figées comme si un sculpteur voulait en faire des statues. Une fois cela au point, il a simplement déplacé sa caméra parmi eux. L'effet est garanti : tout d'abord une interrogation (cela va t -il durer longtemps? ) puis une lassitude suivie plusieurs minutes plus tard d'une curiosité. Quarante minutes après le début, tout doucement le spectateur finit par se fondre parmi tous ces personnages immobiles pour se mêler à eux lorsque la vérité se fait jour sur le sort de Heldur. A partir de ce moment, l'émotion bercée par la beauté des images et du texte nous gagne doucement pour nous envahir au point de rester coller au siège, les yeux plein de larmes, le temps que le générique final se termine. Voir un film cela s'apprend, c'est le moment de commencer par ''La croisée des vents" qui est du ''réalisme absolu'' car nous sommes hors du temps qui n'existe plus et hors de l'action qui est figée et là : nous sommes bien obligé de le constater. La plupart des films des grands auteurs sont ainsi, ils nous montrent la profondeur et la gravité de faits réels ou imaginaires passés et le cinéma les rend intemporels mais cela ne saute pas aux yeux comme dans celui ci.
Un chef d’œuvre du cinéma. Un noir et blanc puissant comme un Murnau, une image et une réalisation à couper le souffle. Les textes lus sont mis en valeur avec une immense finesse, et sensibilité, ce qui en décuple la puissance dramatique. L'histoire véridique de ce couple estonien, séparé de force, est ici portée à l'écran par une équipe technique et des figurants qui ont tous pris le contre pied de la facilité. Amateurs de blogbusters, séries et biopics : évitez ce film que vous trouverez ennuyeux à mourir. Mais justement, le film raconte, doucement, la mort de 580 000 victimes du génocide commis par l'U.R.S.S. dans les pays baltes.
Voilà un film étrange et terriblement prenant, du réalisateur estonien Martti Helde, film en noir et blanc ou plutôt noir et gris, terriblement sombre en dehors des paysages de neige et de forêts de bouleaux, la lumière étant réservée pour les jours d’avant, les jours de bonheur familial autour des pommiers en fleurs avant ce 14 juin 1941, où les familles estoniennes sont chassées de leurs foyers et déportées en Sibérie, sur ordre de Staline en séparant femmes et hommes. Les hommes considérés comme des partisans seront rapidement exécutés. Les femmes et les enfants survivants resteront bien après la fin de la guerre et la mort de Staline. Le film est un long poème d’amour, les lettres écrites et lues par Erna à son mari Eldur , lettres écrites ou rêvées, qui ne sont jamais parvenues à son destinataire , fil conducteur du récit, illustré par des plans très lents…aucun dialogue, aucun mouvement à part ces vastes déplacements de caméra et ces arrêts sur les scènes figées où les personnages sont comme pétrifiés…c’est assez déconcertant et plusieurs spectateurs se sont même endormis, mais quel saisissement…
on peut se dire: c’est ennuyeux et le réalisateur « fait des manières »
ou alors, on se dit: j’ai vu un chef d’oeuvre: « un moment important de l’histoire des pays baltes, où la distance qu’arrivent à donner les lettres sur des événements tragiques, empêche toute mièvrerie….
La beauté des images capte notre attention; la lumière étale la palette du noir au blanc, avec toutes les nuances possibles. L’immobilité des personnages autour desquels glisse la caméra, nous « glace le sang » La musique et quelques scènes soulignent l’émotion... Il faut effectivement voir ce film exigeant.
Crosswind, sublime et prodigieux premier long métrage de Martti Helde, relève de la pure création cinématographique magistralement accomplie. Le parti-pris formel et narratif choisi, sans équivalent dans l'histoire du cinéma, débouche sur une puissance évocatrice exceptionnelle entre êtres figés et temps suspendu. Autour de treize plans séquences entre peinture, sculpture et photographie, cet exercice pictural place Martti Helde en digne successeur de Béla Tarr. Au-delà du chef d'œuvre, Crosswind, infiniment marquant et fascinant, repousse les limites du 7ème art. Témoignage et manifeste historiques inestimables, Crosswind marquera l'histoire du cinéma mondial. Plus de détails sur notre blog ciné :
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5,0
Publiée le 28 juillet 2020
Chutes de neige dans un bosquet de bouleaux...une femme jouant avec le ruban de sa robe et fleurs de pommiers sauvages rayonnants au soleil. Les belles images démentent une histoire sinistre dans laquelle des dizaines de milliers d'Estoniens, de Lettons et de Lituaniens ont été expulsés de force de leurs maisons, séparés de leurs proches, affamés et maltraités par l'Union soviétique et Staline. Beaucoup ont été exterminés. Le monde note rarement ceux dont les souffrances ont duré longtemps après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dans ses tableaux vivants en noir et blanc qui sont à la fois beaux et tragiques et avec des passages de lettres réelles le public peut commencer à comprendre ce qui s'est passé. «Je promets que je ne serai plus jamais en colère contre toi» écrit une femme à son mari qui à son insu fait partie des personnes mises à mort. «Dis-moi juste comment te trouver» plaide-t-elle. Le nettoyage ethnique brutal est présenté à travers l'expérience personnelle d'Erna et de sa petite fille Eliide qui est aussi envoûtante que décevante et douloureuse. La leçon d'histoire ne se présente pas sous la forme d'une harangue mais d'une beauté obsédante en requiem pour les larmes et le sang innocent. Dans Crosswind - La croisée des vents brillant film d'un nouveau réalisateur ces voix passionnantes seront enfin entendues et remémorées. On a envie de pleurer tellement c'est beau...
Au-delà des mots, il existe des films qui résonnent comme une évidence absolue dès qu’ils débutent. C’est le cas avec ce Crosswind qui s’impose immédiatement comme un chef d’œuvre du septième art. Il prouve notamment que l’on peut encore être surpris et étonné par un film alors même que l’on n’en attendait rien. Les tableaux figés que le cinéaste propose viennent donner une image atroce d’une période marquée par la mort et l’absurdité, tout en rappelant le génocide pratiqué également par Staline sur les populations de l’aire soviétique. Mais ce qui bouleverse vraiment dans ce long-métrage fabuleux, c’est le sentiment d’amour et de douceur qui émane de chaque plan, même les plus atroces. Il se dégage de l’ensemble un goût pour la vie qui transcende toutes les horreurs traversées. Sans doute le film de l’année.
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1,5
Publiée le 6 avril 2016
L'exercice de style est réussi et parfaitement maîtrisé par le réalisateur qui a vraiment eu du culot de faire ça, mais sur 90 minutes, c'est très redondant et lassant. Ce n'est vraiment pas le format idéal pour mettre en avant une telle histoire qui a du mal à exister et à véhiculer des émotions, Martti Helde aurait du faire une expo photos, un livre imagé ou au maximum un court-métrage, mais pas un film. Les tableaux sont superbes, il y a vraiment quelque chose qui s'y dégage, mais sur un court laps de temps seulement, je trouve qu'on fait vite le tour et je n'ai pas eu envie de connaitre la fin de l'histoire même si je me suis forcé à aller jusqu'au bout. Bref, c'est intéressant, mais je n'ai pas du tout accroché.
Splendeur visuelle, Crosswind enchaîne des plans séquences proches de la photographie. Mais alors, quel ennui! C'est bien dommage. L'histoire d'Erna, Estonienne déportée, aurait mérité plus de vie. Pour une analyse complète:
Une prouesse esthétique qui, à elle seule, mérite le détour. In the Crosswind va à rebours de tous ces films d'action où, s'il n'y a pas une scène d'abattoirs toutes les 15 secondes, on pense qu'il ne se passe rien. Ici l'éloge de la lenteur permet de retourner profondément au coeur de l'émotion, de l'humanité et de la vraie compassion. Ce film a le mérite aussi d'attirer l'attention sur un épisode historique qui concerne des centaines de milliers de personne, et dont on en parle jamais, les déportations soviétiques. Si vous n'aimez pas ce film, c'est que vous êtes Nabila.
Une histoire tragique, les goulags sibériens soviétiques sous Staline. Le noir et blanc et surtout la réalisation super originale est incroyable, du jamais vu. Les gens prennent une position et une attitude fixes et la caméra se balade entre eux avec la lecture des lettres de la déportée en voix off. La performance des comédiens est dingues parce qu'ils restent parfois des minutes entières sans bouger et même en étant 20-30-40 à l'image. Très très belle performance. On est bouleversé par le contenu des missive et hypnotisé par les images dingues, digne de photos en 3D d'époque dans laquelle on peut de mouvoir à volonté. Il faut voir ce film.
Loin des reconstitutions hollywoodiennes, Martti Helde choisit un procédé radical pour mettre en scène les lettres de son héroïne, lues en voix off alors que l'image nous plonge dans un ballet figé photographié dans un noir et blanc contrasté. C'est le parti pris osé du film. (...) Martti Helde impose ce choix avec une grande virtuosité, qui impressionne pendant 90 minutes, sans renoncer au postulat formel de départ, à part quelques séquences plus classiques, avant l'arrestation, en début de métrage. Le film se heurte parfois à un seul écueil, celui de la pose. En effet, il y a quelque chose de "petit malin" dans le procédé de mise en scène, qui nuit un peu à l'émotion, mais ce Crosswind reste tout de même un objet cinématographique assez original pour retenir l'attention.
Vous l'avez compris en lisant les différentes critiques : "Crosswind" propose un traitement formel bien particulier, la caméra circulant dans des "tableaux" où les personnages sont "figés" dans l'émotion. Cela fonctionne grâce au soin minutieux apporté aux plans-séquences et au talent des acteurs. L'enchainement des "tableaux" est en revanche plus laborieux. "Crosswind" c'est donc une approche singulière du cinéma, et malgré quelques réserves, je vous conseille de tenter l'expérience, d'autant que le sujet de fond (la déportation par les soviétiques de familles estoniennes) est passionnant.