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desiles ben
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2,5
Publiée le 15 février 2015
Le propos est intéressant mais que de silences, que de longueurs ! On a perdu l'habitude de cette lenteur au cinéma et j'ai dû lutter à plusieurs reprises contre l'envie de dormir.
Le film traite de l'intolérance dans un couple très ancré dans leur religion. Mais le film est l'histoire d'une mère avec enfant et d'un célibataire presque endurci qui, contre toute première apparence, tombent amoureux. C'est assez réussi, original et touchant.
Il est dommage que Félix et Meira souffre d'un problème de rythme, en étant parfois trop contemplatif, car ce conte de fées désabusé nous marque, tant par son casting que par le destins de ses personnages.
Au nez et à la barbe de Dolan (Mommy) et de Cronenberg (Maps to the Stars, Félix et Meira de Maxime Giroux a remporté le Prix du meilleur film canadien au Festival de Toronto. Surprenant et honnêtement incompréhensible à la vision de ce "petit" film, lointain cousin du Witness de Peter Weir et qui nous conte une histoire d'amour pas très crédible entre un oisif athée et une mère de famille juive hassidique. Laquelle semble jouir d'une liberté de mouvement peu probable dans la communauté orthodoxe où elle vit. Les voies de l'amour sont impénétrables mais le couple ainsi formé peine à convaincre de son existence même si l'interprétation est irréprochable. Maxime Giroux est très pudique dans sa narration et si la lumière qui émane de son héroïne ne manque pas de toucher, on peine toutefois à comprendre son cheminement. Il est rare que l'on demande à un film d'être plus démonstratif mais la mise en scène de Félix et Maria reste trop en dedans pour que cette confrontation de deux mondes que tout oppose soit transcendée par la fusion des sentiments.
Le choc de 2 cultures lorsque le hasard les fait se rencontrer. C'est cette approche très lente, trop lente diront certains qui nous est offerte dans ce film, tout en nuances. Pas de jugement, même si la représentation de l'orthodoxie juive paraît plus qu'inquiétante, juste le temps qui passe qui fait que le cours des choses va bouger, mais pas aussi vite que l'on souhaiterait en tant que spectateur. Nous ne sortons pas de nos carcans, surtout ceux là, sans quelques traces...
Dans le cercle très fermé, voire sectaire d’une communauté de juifs hassidiques, où les interdits sont nombreux, (jusqu’à la lumière que l’on économise) une jeune femme, en marge du clan, tente de s’exclure. Elle y réussira au prix d’une patience « religieuse » liée à la méfiance de son entourage, dont l’époux rigide et sans état d’âme, ne facilite pas la compréhension. De ces amours impossibles, le jeune réalisateur retient le portrait d’une femme qui va se découvrir dans le regard de son amant. Sans esbroufe, ni éclat de voix, dans la discrétion d’une mise en scène qui privilégie l’ellipse à la surenchère de scènes trop explicites. Le ton ainsi donné, discret, retenu, joue sur la couleur des sentiments que porte avec une élégance parfaite Hadas Yaron, sublime dans sa tranquille mutation de femme en femme, rayonnante et merveilleuse dans l’affirmation totale de sa personne. Un très, très beau film. Pour en savoir plus
Leurs mondes sont aux antipodes l'un de l'autre et rien ne devrait autoriser leur rencontre. Félix est un québecois qui revient à Montréal pour accompagner les derniers instants de son père à l'agonie. Mais, très vite, il apparaît comme un être plutôt frivole et ne songeant qu'à profiter de l'existence sans s'encombrer de soucis. Après le décès de son père, rien ne lui importe davantage que de dépenser son compter sa part d'héritage. "J'aime vivre dans le luxe", avoue-t-il à sa soeur. Le monde de Meira, c'est tout l'opposé. C'est une jeune femme juive hassidique, mariée et mère d'une fille. Son mari est un juif pieux, rigoriste, portant tous les signes de l'orthodoxie juive la plus intransigeante. A la maison, pas question de transiger avec les préceptes du judaïsme. Mais il ne faut pas se fier aux apparences: chez Meira comme chez Félix, il existe des fêlures que le réalisateur de ce film se plaît à révéler. Meira en vérité s'ennuie au point qu'en cachette de son mari elle écoute de la musique interdite; elle renâcle quand il s'agit d'observer les préceptes de sa communauté, elle prend la pilule pour ne pas avoir une ribambelle d'enfants comme les autres femmes de son groupe, etc. Félix, lui, malgré ses airs de ne se soucier de rien, révèle très vite ses questions profondes. Et c'est d'ailleurs à cause de ses inquiétudes mal dissimulées que commence de se nouer un lien entre lui et Meira. Quand il l'aborde la première fois, il le fait parce qu'elle porte les signes d'une femme croyante et que, peut-être, elle sera en mesure de répondre aux questions qui le taraudent depuis la mort de son père. spoiler: Et l'improbable se réalise sous nos yeux de spectateurs ébahis: entre Félix et Meira, au fil de rencontres clandestines, naît et grandit un amour interdit. Félix le frivole, lui qui ne voulait que profiter égoïstement des plaisirs de la vie, se trouve contraint de prendre des responsabilités dont il ne voulait pas. Et Meira, qui ne connaissait que les devoirs corsetés d'une épouse et d'une mère sans joie, découvre une autre façon d'aimer. Une superbe scène nous la fait voir, un soir, assistant, interloquée, aux ébats de deux amants qui ont oublié de fermer leurs rideaux, tandis que se fait entendre une chanson de Léonard Cohen.
C'est un film délicat, beau, émouvant, qu'a réalisé le québecois Maxime Giroux. Il était facile et tentant, avec un tel sujet, de s'autoriser des excès et des caricatures. Ce n'est jamais le cas. Toutes les scènes sonnent juste et tous les personnages sont observés avec douceur et respect. Même le mari juif de Meira, bien qu'il soit le prisonnier de ses préceptes rigides, attire la sympathie: il fait preuve, lors d'une des dernières scènes du film, d'une grandeur d'âme peu commune. "En filmant, explique le cinéaste, (...) je voulais que la caméra aille chercher l'humanité des personnages". Cette quête a été pleinement réalisée. 7,5/10
Film plein de délicatesse A difficile à voir pour tout le monde Mais quel tendresse une scène d'amour qui se résume à caresser un visage. Magnifique La scène entre les 2 hommes qui se termine par le mari lisant la lettre du père écrite à son fils , Je suis sorti enchante
Avec Félix et Meira, le réalisateur Maxime Giroux rafle le prix du meilleur film Canadien de l'année 2014, devant Mommy, de Xavier Dolan. Une histoire d'amour hors normes, loin des clichés romantiques, qui nous plonge dans l'univers très fermé des Juifs hassidiques. Félix et Meira vivent dans le même quartier mais il y a une frontière invisible entre eux, subtilement dessinée par Maxime Giroux. Un amour impossible a priori entre ces deux rebelles, le solitaire qui dilapide son héritage et la mère de famille qui voudrait plus de couleurs et de rires dans son monde. On sent d'ailleurs son émotion lorsqu'elle observe un couple d'amoureux passionnés. Leur comportement est aux antipodes de la vie de Meira, carrée, silencieuse, comme décidée à l'avance. Montréal n'est pas Hollywood. La liberté n'ouvre pas sa porte directement sur le bonheur, mais sur les sacrifices et la difficulté. Malgré les gondoles à Venise, stéréotype ô combien érodé, il n'y a pas de jolie musique de happy end. Le film ne s'embourbe pas dans le rose bonbon et nous laisse même un petit goût amer au moment du générique. Rien ne coule coule de source dans Félix et Meira. Des trottoirs gelés de Montréal aux lumières de Time Square, laissez-vous emporter par Félix et Meira, des amoureux bien réels.
En Bref : 16/20 pour cet anti conte de fées signé Maxime Giroux
Félix est un homme sans attaches qui vient de perdre son père. Meira est une femme mariée, mère de famille appartenant à la communauté juive hassidique. C'est donc une histoire d'amour classique que nous raconte Maxime Giroux, celle de deux êtres que tout oppose. Mais loin des clichés, son film est écrit avec une telle subtilité qu'il touche parfois à la grâce. Lent, sans beaucoup de dialogues, "Félix et Meira" repose énormément sur les gestes et les regards des personnages, que ce soit Félix, Meira ou même le mari de celle-ci que l'on en vient à comprendre. Grâce au charme fou des acteurs (Hadas Yaron est superbe) et à une bande-originale très bien choisie (qui va de Wendy Rene à Leonard Cohen), le film s'avère être magnifique et loin d'être ce qu'on attendait de lui, s'éloignant du registre de la romance pour adopter un ton plus grave et plus mélancolique qui ne fait pas tenir le bonheur à grand chose.
J'ai découvert un très beau film canadien délicat, extrèmement bien joué, et réalisé par un jeune homme qui a beaucoup d'avenir. Le regard posé sur ces 2 communautés, dénué d'aprioris; fait du bien. Surtout en ce moment
"présenté en première au Festival international du film de Toronto en septembre dernier, Félix & Meira y a remporté le prix du meilleur long métrage canadien au nez et à la barbe du favori Mommy. Puis, quelques semaines plus tard, au Festival du nouveau cinéma à Montréal, il a décroché la Louve d’or du meilleur film de la compétition internationale…
Maxime Giroux qui s’était imposé avec son précédent long métrage, Jo pour Jonathan, confirme cette fois avec une réalisation empreint de pudeur quant au traitement de sa problématique, de l’exutoire de la communauté juive. Fidèle à sa sensibilité, il retraite du mal-être de personnage en imposant uniquement sa curiosité et sans jamais sembler prendre parti envers l’un ou l’autre de ses personnages..."
Le film s’est fait une réputation grâce à ses passages remarqués dans plusieurs festivals renommés tels que Chicago, Varsovie, Namur, Sarlat, San Sebastien, Hambourg, Sao Paulo et encore Toronto, où le film s’est permis de remporter le « Canada Goose Award for Best Canadian Feature Film » face au favori, le « Mommy » de Xavier Dolan. C’est donc curieux que je découvrais le film. D’autant plus qu’il s’agissait pour moi d’une découverte, n’ayant jamais entendu parler des deux premiers long-métrages du réalisateur : « Demain » et « Jo pour Jonathan » respectivement datés à 2008 et 2010 qui n’avaient pas eu le droit à des sorties françaises.
Maxime Giroux a emménagé à tout juste trente ans dans le quartier de Mile-End à Montréal où se déroule le film. C’est un lieu multi-ethnique où l’on retrouve la plus grande communauté de juifs ultra orthodoxes au monde après Jérusalem, New-York et Londres. Il confie avoir été très vite intrigué par les allers et venues, les coutumes de cette communauté dont il est quasiment impossible d’en questionner les membres. Même s’il admet avoir reçu à plusieurs reprises des accueils chaleureux lors de sa recherche de documentation afin d’accumuler de la matière pour en faire un film, l’ultra radicalisation récente du milieu à du rendre la chose difficile. Cette radicalisation dont le roman de Deborah Feldman avait fait office de témoignage lors de sa sortie. L’histoire suit cette femme racontant sa vie au sein de la communauté juive hassidique de Williamsburg, jusqu’au jour où ne supportant plus cette vie, elle réussit à s’en libérer. Mais « Félix et Meira » n’est pas l’adaptation de cette histoire.
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Une des caractéristiques du film est cet habit élégant du silence. Représentatif de la vie de la jeune fille rythmée par les rituels de sa communauté, il illustre cette austérité que l’on retrouve à la fois dans les dialogues et dans l’image. Les prises de parole courtes et lentes posent une atmosphère particulière.
Meira est touchante et enfantine. Le personnage de Félix quant à lui, ne brille pas particulièrement aux yeux du spectateur : amoureux mais peu responsable, il apparaît comme un adolescent qui se voit gérer son premier coup de foudre…
Plus qu’une réelle histoire d’amour, et c’est en ce sens que le film montre son originalité, Félix représente simplement le déclic dont celle-ci avait besoin pour réussir à s’extirper d’un monde qui ne lui correspond pas. A ses côtés, elle ose.
Le mari de Meira apparaît comme l’un des personnages les plus forts et les mieux interprétés du film. Derrière sa froideur et sa sévérité, il nous touche et apparaît comme un homme d’honneur, profondément humain, courageux et finalement bienveillant à sa manière.
D’une esthétique sobre et délicate, sans être austère, la lumière et les plans très travaillés nous donnent l’impression d’être à un coin de porte, témoin de tout ce qui se passe…
L’atmosphère enveloppant des acteurs et un sujet traité de façon peu commune, donne à ce film une aura particulièrement surprenante et très agréable.