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Un visiteur
1,0
Publiée le 6 novembre 2016
Images et lumière d'un film de pub, ca va 5mn, mais pas tout un film. Porno de pacotille, violence stupide, et connivence du réalisateur avec la perversité des personnages. Bref, c'est nul.
Toutes voudraient bien aller servir de servante pour la jeune et belle Hideko qui vit recluse auprès de son étrange oncle. C'est Sookee qui est choisie, mais par forcément pour la bonne cause, car elle doit arranger, au sein même de la demeure, un mariage entre la jeune-femme et le receleur qui l'a élevée. Voilà un nouveau chef d'œuvre coréen qui, comme beaucoup des films de ce pays, mélange avec habileté, sensualité, intrigue policière, romance amoureuse et épouvante psychologique. Ce "Mademoiselle" est tout à la fois un récit d'amour, qu'un venimeux complot où il est question de lectures sadiennes, de mensonges, de coups de théâtre et de torture. Il faut avant tout saluer la très grande beauté du film. Les costumes, les maquillages, et les décors sont très soignés, plongeant le spectateur dans un palais japonais merveilleusement troublant. "Mademoiselle" est un film en forme d'hommage pour les femmes, écrit pour des femmes. Elles brillent de par leur tendresse, leur vulnérabilité, naturellement leur magnificence, mais aussi leur talent incisif à manipuler le désir et à tromper leurs victimes. Park Chan-Wook est un réalisateur assez inégal. Si son "Old Boy" était incroyable, son dernier "Stoker" était plus décevant. Cette fois, il réalise une mise en scène brillante, sinon sublime, où il parvient à entraîner ses spectateurs dans un long et venimeux labyrinthe de folie et d'amour. On se perd avec lui dans ces dédales de couleurs, dans ces regards désespérés ou cruels, sans jamais sentir le format relativement long du film. "Mademoiselle" est une œuvre exaltante et profonde dont on ne ressort pas indemne.
Visuellement, le nouveau film de Park Chan-Wook est une merveille. Perfection des mouvements de caméra, montage au cordeau, photographie admirable, virtuosité et précision dans tous les domaines, c'est du grand art.
Au niveau du scénario, le film est d'une complexité rare. Il est basé sur un effet Rashomon à étage : alors qu'habituellement, les films basés sur ce principe nous font voir des choses différentes à chaque version de la même histoire, on a ici l'impression que chacune des trois versions est la même que la précédente, mais complétée.
Le maître coréen nous promène donc de faux-semblants en tromperie, pour déboucher finalement sur une version qui fait étonnamment figure de brûlot féministe. Après avoir été martyrisées, humiliées et sous-estimées par toutes sortes de personnages masculins, les deux femmes du film sortent grandies de leur aventure.
Mademoiselle est ponctué de morceaux de bravoure ahurissants (comme les lectures érotiques par exemple). On pourra estimer qu'il est un peu froid pour être vraiment génial, à l'image des scènes de sexe qui ne sont pas d'une folle sensualité, mais le plaisir intellectuel et sensoriel que procure le film en fait un des grands moments cinématographiques de l'année.
Totalement hypnotisé par le nouveau chef-d'œuvre de Park Chan-Wook qui, en plus d'être d'une beauté inégalable, déroule un scénario redoutablement perfide et terriblement sexy ... un (très) brillant exercice de style !
Je ne suis pas sûre d'être capable d'objectivité devant Park Chan-Wook. Old Boy a été le plus grand thriller de tous les temps, un point c'est tout!
Là, nous sommes quand même très loin de l'univers de Mr Vengeance, ou de Lady Vengeance -cette vengeance qui est également au coeur de Old Boy- même si..... Là, le réalisateur flirte avec le porno glam, louche vers un Oshima qui serait aussi un romantique (oui, le film est très romantique) et surtout nous met la tête à l'envers.
Je pense que l'on profiterait mieux de certaines subtilités du film si on connaissait un peu plus les relations entre la Corée et le Japon. Le "protectorat" -c'est à dire la tutelle brutale du Japon sur la Corée qu'il méprisait était peut être un peu moins cruel dans les années 1920 où, il me semble, se déroule le film. Mais les relations entre les deux communautés devaient être terriblement complexes....
Donc, dans la première partie du film, on fait connaissance avec la jolie et douce (quoique déterminée) Sooke (Kim Tae-Ri). Elle vit dans une communauté de voyous coréens; sa mère a été pendue pour vol; la bande vole des bébés pour les revendre aux japonais....
Hikedo (Kim Min-Hee) est une richissime héritière japonaise; après la mort de sa mère elle est recueillie et élevée par le mari de sa tante (coréen devenu japonais par mariage...). La tante est dépressive, et Hikedo est un peu cinglée aussi. L'oncle Kouzuki (Jin-Woong Choo) est un bibliophile forcené, qui s'est fait construire une espèce de château écossais avec des salles contenant des milliers de livres, et qui abrite dans ses sous sol une salle de torture avec dans un aquarium une pieuvre géante digne de celle du capitaine Nemo. En grandissant Hikedo est devenue très belle; elle troque ses jolis vêtements occidentaux pour une tenue de geisha afin de lire aux amis du Tonton, d'élégants messieurs en tenue de soirée, les livres favoris du collectionneur qui, vous l'aurez deviné, tiennent plus du marquis de Sade que de St Augustin.
Parmi ces pornocrates distingués s'est glissé un des voyous coréens, un très beau garçon qui se fait passer pour un Comte japonais (Jung-Woo Ha). Il projette d'épouser Hikedo, que l'affreux tonton convoite aussi et pour cela, compte sur l'appui de Sookee qu'il fait embaucher comme femme de chambre, et qui aura pour mission de convaincre sa maîtresse d'écouter les romances du Comte. Hikedo qui n'est jamais sortie de la demeure et a très peur des hommes (faut dire qu'avec les distingués cochons en frac, les seuls hommes qu'elle ait jamais rencontrée, elle a de quoi être dégoûtée) demande à Sookee de lui montrer ce qui se passe dans un lit au cours d'une nuit de noce...
En voiture Simone! Ah ah ah!! Pas du tout. Je vous l'ai dit, on a la tête à l'envers et le château de carte qu'on venait d'élaborer est écroulé des la seconde partie. Avec les mêmes on va écrire une autre histoire, et encore une autre, et des scènes vont être revues avec un éclairage tout à fait différent. On est sur une planche instable mais elle ne se contente pas d'aller d'arrière en avant; elle part dans tous les sens....
C'est magistral et c'est d'une beauté extraordinaire; la majesté des paysages opposés au côté effrayant de la demeure; avec des moments de pure poésie, comme la fuite des deux jeunes femmes dans la brume, Sookee déterminée, Hikedo soudain arrêtée par un petit muret.... Et c'est, de plus, magistralement féministe!
Ce film somptueux mais inclassable -à la croisée de toutes sortes de genres- est à voir absolument
C''est un très beau film; les scènes sont très bien filmées , mais: 1- l'abondance de scènes érotiques ou à caractère érotique est exagérée, pas injustifiées mais pourraient être raccourcies et prendre moins de temps 2- l'intrigue précisément à cause de cela n'est pas clair:, je m'interroge encore sur la trame de l'histoire qui fautes d'explications, est difficile à comprendre voir à mon avis inutiles; le parcours des deux femmes est bien compris, mais celui des deux hommes est très restreint; on aimerait bien en savoir plus sur eux en résumé: très beau film, mais scénario pas toujours clair et scènes érotiques trop abondantes qui ne se justifient pas toutes par leur longueur
Bien que l’histoire soit d’une simplicité enfantine (un escroc se fait passer auprès d’une belle héritière pour ce qu’il n’est pas) l’œuvre de Sarah Waters foisonne de ramifications inattendues qu’exploite à merveille le réalisateur dans ce qui devient une histoire à tiroirs. Où plusieurs points de vue d’une même séquence constituent le sel d’une intrigue aussi amoureuse que sociale, un thriller érotique pour la belle héroïne qui dans l’inversement de la chronologie opérée par le réalisateur, réussit à mystifier son petit monde. Mais elle n’est pas la seule à tenir les clés de l'arnaque. Kim Min-hie, dont la moindre œillade confine à l’extase, tient le rôle tire avec un rayonnement tout aussi lumineux que celui de Kim Tae-ri, la servante, pour la première fois à l’écran. Elle est surprenante et merveilleuse ! Le film pourrait vous faire le même effet. Pour en savoir plus
Le dernier film de Chan-Wook est annoncé comme érotique : il l’est, explicitement, avec une pointe de sadomasochisme, mais il ne réduit pas à la célébration vénéneuse de l’acte sexuel. Pour mieux comprendre comment la culture japonaise possède un art millénaire de mettre en scène l’attirance sexuelle avec un raffinement qui n’a d’égal que les mille et un moyens de la brider ou de la susciter, il est temps de relire « les belles endormies » de Kawabata. Mademoiselle est aussi une histoire machiavélique, de liaisons dangereuses à l’orientale, un scénario digne des Diaboliques ou de Usual supects. Oui le film est long, et le scénario torturé, mais Chan-Wook ne lâche pas le spectateur qu’il convie à regarder avec délectation des plans plus réussis les uns que les autres, en majorité des intérieurs. Comme chez Kurosawa, les parois glissent furtivement, la vision disparait mais les odeurs et les bruits restent (durant la nuit de « noces » par exemple). Le montage nous fait revivre trois fois l’enchainement de l’histoire telle que vécue par chacun des protagonistes principaux. Le principe n’est pas nouveau mais le génie est de renouveler et de pousser la maitrise du procédé jusqu’à la perfection. On se surprend à imaginer comment l’auteur de Eyes wide shut a pu influencer ce cinéaste coréen ? Ou bien ne s’agit-il que d’une coïncidence, d’une similitude dans la façon de maitriser ainsi son sujet, d’obtenir le meilleur des acteurs, de soigner la lumière et de modeler les atmosphères avec raffinement. Laissons vieillir un peu ce cocktail détonant, pour juger définitivement de son aptitude à être non seulement très bien préparé, mais aussi d’un goût dont on ne lasse pas, une douceur et non pas un poison. Cinéma - février 2017
Pas grand "mais" mais en même temps ça m empêche de l apprécier plus. Pas absolument convaincu par la cohérence/crédibilité du film Pas absolument convaincu par l intérêt du film. Oui c est beau et bien joué, oui il y a une histoire pas si mal, ..., mais au final qu est ce qu il reste du film, de quoi se souviendra t-on ?
Je pense qu au fond, on a un film assez grand public à gros budget, sans grande finalité - comme tant de film.
Je suis sortit un peu déçu par tant pour au final si peu.
Je reconnais quand même une redoutable efficacité de mise en scène, de direction. Je suis estomaqué que le film dégage une telle force érotique avec si peu de montré. C est en grande partie due aux excellentes lectures puisqu on sait qu en matière de phantasmes, les mots sont plus forts que les images.
Pour finir ma petite libre interprétation : ce qui est arrivé à la tante de hideko, il me semble que c est suggéré. Lors de la scène des livres, on voit bien une illustration - je pense la première visible. Et on retrouve plus tard l animal de cette illustration lorsque les deux femmes entrent dans l atelier de reliure J en déduis que ce que montre cette illustration a à voir avec ce qui est arrivé à la tante.
Porno tribadiste soft au "Pays du matin calme" (puis chez le colonisateur nippon), à l'esthétique travaillée. C'est déjà beaucoup, cet atout formel ?.... En fait, non, quand la perfection plastique est au service d'un scénario alambiqué, complaisant, et tournant carrément à vide ! "Mademoiselle" parle de (certaines) moeurs ancillaires, comme, par exemple, notre hexagonal "Journal d'une femme de chambre". Mais là s'arrête la comparaison, car si Mirbeau, par ailleurs, tâtait avec bonheur du registre "chinois" dans son "Jardin des supplices", il s'agit ici pour le Coréen Park Chan-wook d'adapter sans bonheur la prose faussement décapante de l'Anglaise Waters....en la dépaysant, sans profit pour le spectateur, dans son pays (mais dans les années 30). C'est long, mal construit, et bien ennuyeux - au bilan.
Dans un registre inattendu ("l’arroseur arrosé", "tel est pris qui croyait prendre) à l’humour noir et au cynisme soutenus, un film d’un grand esthétisme japonisant où l’érotisme confine au porno « geisha-ique ». Très bon spectacle distrayant pour adultes pas trop bégueules.
Eloges de la perfidie (à peu près tout le monde ment à tout le monde - à escroc, escroc et demi...) et de la paraphilie, et des avanies comme s'il en pleuvait (et d'ailleurs il pleut souvent - en plus...) : voilà comment situer, sinon résumer, ce "Mademoiselle" interminable. Une étude de moeurs pesante et malsaine, façon curiosa d'Extrême-Orient.... La bande-annonce est engageante....Vous pouvez limiter votre approche de cette "Femme de chambre" (cf. le titre anglais) à celle-ci... Car le seul attrait de ce nouvel opus du Coréen Park Chan-wook, de retour au pays après l'américain "Stoker" (2013), c'est son esthétique soignée (mais en remarquant que le style filmique de ce dernier était, lui, bien supérieur !) - et la BA est un excellent concentré à cet égard. 2 h 25 glauques et emberlificotées, on peut s'en passer. Aisément.
C'est son premier long métrage et c'est une véritable réussite . Park Chan-wook non délivre un film mené de main de maitre du début jusqu'à la fin éclipsant la durée de près de 2 H 30. un thriller d'abord, aux multiples pistes, à la fois passionnant et envoutant . Une histoire d'amour, passionnée, envoutante entre deux femmes sans en faire un film lesbien facile et démonstratif. Tout y est dosé, nuancé autant suggéré que montré . Et puis force est de constater qu'au delà de leur jeu impeccable, les trois actrices sont d'une grande beauté. Kim Tae-ri (Sookee) , Kim Min-hee (Hideko) et Moon So-ri (Tante D'Hideko) . Sans oublier (ce serait vraiement une injustice! les deux acteurs masculins . A savoir Jung-Woo Ha (Le Comte) et Jin-Woong Cho (Oncle Kouzuki) . Tiré d'un roman qui à l'origine se passe dans l'Angleterre Victorienne, la transposition dans la corée de la période du conflit avec le japon ne fait qu'appuyer et le contexte et le discours à la fois social sous jacent . Et puis la beauté constante du film qui nous entraine, nous happe. Les décors presqu'en homage à la grandeur et la beauté des deux pays. Courez y ! Car en plus d'être une histoire envoutante, belle et magnifiquement interprétée, le film est beau et d'un estétisme rarement vu au cinéma ces dernieres années.
Cela faisait bien longtemps que Park Chan-Wook, auteur d'un des films les plus influents des années 2000, "Old Boy", ne nous avait pas mis une petite claque au coin de la gueule. 4 ans après "Stoker", honnête thriller réalisé sur les terres américaines, le metteur en scène sud-coréen revient dans son pays natal pour nous livrer une romance-thriller fleurant bon l'étrange et le monstrueux. La grande réussite de "Mademoiselle" est d'être une oeuvre plastique absolument étourdissante tout en étant portée par un scénario implacable qui révèle ses virages déroutants avec une maîtrise digne des grandes heures du réalisateur. De nombreux plans sont tout simplement sidérants de beauté et on se prend très souvent à admirer l'écran comme on observerait la peinture d'un grand maître. Park Chan-Wook réussit l'exploit d'alterner des ambiances malsaines aux frontières du fantastique à des séquences illuminés où on se croirait au beau milieu d'une histoire d'amour idyllique. Et c'est ça aussi la grande force du film, nous emmener au coeur d'une love-story touchante et magnifiée par des scènes d'amour d'une intensité folle tout en gardant en arrière-plan cette histoire faite d'intrigues, de mensonges et de perversité. On rêve d'un dénouement heureux tout en étant noyé dans les démons des personnages principaux. Les rebondissements imposés par le metteur en scène viennent alors décuplés l'intérêt du public qui se retrouve en plein brouillard, ne sachant plus vraiment s'il existe une once de beauté et de confiance dans cet univers dominé par la bestialité des hommes et les manipulations féminines. 13 ans après "Old Boy", Park Chan-Wook prouve qu'il est encore un acteur sur lequel il faut compter dans le paysage florissant du cinéma sud-coréen.