Il est pas frais mon sequel, il est pas frais, qui qu'en veut ?! Dans cette abominable vente à la criée (dont les hurlements proviennent de ses flashbacks infernaux à répétition : pour les jeunes qui n'ont pas connu l'original, ils l'auront quasiment vu en entier, à coups de séquences bruyantes pour les faire sursauter), on retiendra surtout ceci : à 40 minutes pétantes du début, un "indice" est tellement visible (audible, plutôt), que toute la salle (des gamins de 12 ans aux nostalgiques "moins jeunes") ont compris
qui était sous le ciré noir
. Et c'est long, c'est très très long, 1h10 à attendre pour avoir la
révélation qu'on connaît tous
. Pour celles et ceux qui auront le bon goût de s'éviter le visionnage de pareille purge, on vous explique :
une podcasteuse qui enquête sur les meurtres de 1997 se fait lacérer par le tueur qui se démasque, et lâche alors un "Oh, c'est vous..." avant de mourir. Alors donc, elle connaît le tueur. Comme elle n'avait croisé la route que de deux membres de l'équipe principale, qu'elle a tutoyé d'emblée, il ne faut pas chercher ici. Idem si l'on repense au twist de Souviens-toi...3 (le tueur est la victime revenue d'entre les morts), c'est impossible puisqu'elle ne connaît pas la victime "2025". Il faut donc en conclure que c'est un membre de l'équipe "1997" qu'elle connaît via son enquête, or les candidats se portent à 2, dans ce film : Jennyfer Love Hewitt et Freddie Prinze Jr., dont la première n'a pas assez poussé à la salle pour réaliser les levées de corps de chaque meurtre. AH !...
Eh voilà, en une petite phrase qui est surlignée, à la minute 40, toute la salle soupire, râle, s'agite, d'avoir compris la fin du film. Sans surprise : toute la salle a eu raison. Alors on attend, on subit les sursauts bruyants des flashbacks qui récapitulent le premier film, de même que les dialogues-résumés (où est le bouton "Passer le récap" ?), on essaie de s'accrocher dans un scénario qui a des personnages écervelés
(Teddy marche presque sur le pied du meurtrier, le contourne comme s'il disait "pardon, le ciré, je vais fermer la porte", mais ne le voit pas... Soupirs. Il le fracasse, le laisse gisant au sol sans l'achever - pourquoi ? Ne posez pas de question... - mais scène suivante, c'est lui qui est agonisant par terre et le tueur qui le poursuit debout... Qu'est-ce qu'il s'est passé ?!!), fait revivre par miracle des gens qui se prennent des balles / se font éventrer et tombent dans l'océan inconscients (la noyade n'existe pas), affiche un montage hasardeux (qui donne souvent l'impression que les personnages sont partout à la fois), refait bêtement les scènes du premier film (la scène du monte-charge puis des mannequins sous bâches plastique, le rêve de la "Miss Southport" pour caser Sarah Michelle Gellar au forceps, et même la photo de la "Miss" qu'on revoit ad nauseam sur un t-shirt, une pierre tombale... On dit bien "la" photo, car c'est la même, apparemment ils n'en avaient qu'une), et même du deuxième film (Freddie Prinze qui dit que s'enfuir aux Bahamas n'est pas une bonne idée - c'est le scénario du 2 -, la scène post-générique qui fait revenir Karla, la survivante du 2...).
Ce n'est même plus de la nostalgie, au bout d'un moment, c'est un ramassis de scénettes et personnages qu'on agite sous le nez des spectateurs en hurlant des "Tu te rappelles ?!" insupportables, oubliant complètement de faire un film solide de cette version 2025, qui arrive à griller son twist en une réplique. La suite est déjà dans les starting-blocks, mais pas les spectateurs, car des ados qui ont eu une rasade de récap' invasifs, aux nostalgiques qui n'aiment pas les souvenirs forcés, personne n'aime être spoilé, surtout pas par le scénario (d'une fainéantise absolue) lui-même. Il est vraiment pas frais, ce film.