Alors que les vendanges battent leur plein aux quatre coins de la France, Jérôme Le Maire nous livre un long métrage poétique et rempli de lumières. Il aime la Bourgogne, il apprécie la viticulture, il contemple ses comédiens avec un regard bienveillant et nous emmène dans son univers grandiloquent. Un conseil ? Chaussez vos bottes et sillonnez les vignobles car « Premiers crus » vaut vraiment la peine d’être vu par tous les amateurs du genre.
Dans ce film, tout est pur et authentique. Du jeu des acteurs aux images des vignobles bourguignons, on est emporté dans cette saga familiale et entrons au cœur de l’action en toute décontraction. D'aucuns trouverons que le style se rapproche du téléfilm mais qu'importe, nous optons pour une balade en plein air et un petit moment d'évasion.
Chaque personnage du film trouve sa place avec aisance et magnificence. Gérard Lanvin est rustre, blasé et peu impliqué dans les événements qui le concernent. Son visage est marqué par les traces du passé, sa barbe est épaisse et ses mains calleuses, ce qui lui donne une profondeur magistrale qu’il accentue par un jeu intense. Jali Lespert, lui vient en aide et interprète un fils dépassé par les événements mais désireux de redonner à ses terres, un terroir de prestige. Le jeune comédien et réalisateur (« Yves Saint-Laurent », « Des vents contraires ») est sacrément convainquant : il nous prend par la main et nous entraîne dans cette nouvelle vie de labeur qu’est la sienne. On veut sa réussite, on soutient ses projets, on le relève lorsqu’il chute, bref, on vit à ses côtés. Et dans le film, il peut compter sur l’aide de sa famille et de ses amis. Parmi eux, Laura Smet, sa sœur, qui n’a pas hésité à côtoyer quelques cuisiniers pour être au plus près de son rôle de restauratrice. On retrouve également Lannick Gautry, son beau frère et maître de chais un peu dépassé mais tellement bien intentionné. Enfin, la très belle et naturelle Alice Taglioni qui rayonne à l’écran comme le soleil d’automne. La comédienne fait preuve de talent en toute simplicité. Sa fraîcheur et sa présence dégagent une sensualité et une amitié non feintes et elle est la preuve que le cinéma français possède de belles actrices capables d’endosser n’importe quel rôle avec habileté.
Enfin, à côté de ce casting de choix et de cette histoire enivrante, on trouve des vues magnifiques de la Bourgogne. La vigne étant au cœur du sujet, elle est un personnage à part entière et trouve une place de choix sous la caméra du réalisateur français. Il ne manque qu’un bon verre de pinot noir pour accompagner la découverte de "Premiers crus".
Jérome le Maire propose ici un film de qualité à la hauteur vins de Bourgogne. Après un premier thriller «Requiem pour une tueuse», il se lance dans un tout autre registre et propose un deuxième millésime sacrément bien réalisé ! Nous lui souhaitons de garder cette authenticité et sommes déjà curieux de découvrir ses prochains projets cinés.