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Uncertainregard
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2,5
Publiée le 26 juin 2019
Je m'attendais à mieux de la part de Tobias Lindholm après "Hijacking" mais il reprend le principe de ce dernier en séparant l'intrigue en deux grandes parties avec les mêmes acteurs principaux, ici l'embuscade par les talibans et le procès pour cette erreur militaire. En Afghanistan il ne se passe finalement pas grand chose et l'affrontement judiciaire au Danemark n'a que peu de porté car résolu par un simple témoignage. Bref le sujet aurait mérité d'être davantage approfondi...
Dans la liste finale retenue pour l'Oscar 2016 du meilleur film en langue étrangère A war figurait aux côtés de Mustang et du Fils de Saul, notamment. Le troisième long-métrage de Tobias Lindholm est clairement divisé en deux segments, le premier, un peu ingrat, décrivant avec réalisme et sécheresse le quotidien d'une troupe étrangère dans une guerre lointaine, en l'occurrence l'Afghanistan. Ennemis invisibles et haute technologie mais la décision de faire feu est toujours humaine, donc sujette à caution, et aux circonstances, et susceptible d'entraîner de graves effets collatéraux. Ce sont ceux-ci qui forment l'intérêt d'une seconde partie qui, a posteriori, fait oublier les quelques longueurs ou passages arides de la première. C'est là qu'interviennent des questions de morale et du sens d'un engagement dans la guerre pour un pays pacifique comme le Danemark. Sans parler des conséquences sur la part intime et familiale des combattants qui sont davantage qu'un détail dans A War. Tobias Lindholm, scénariste déjà reconnu (De Borgen à La chasse) acquiert ses galons de réalisateur dans cette oeuvre qui doit beaucoup au fameux Dogma danois même s'il n'en respecte pas toutes les règles. Sur un thème qui rappelle beaucoup de films récents (Démineurs parmi les meilleurs, American Sniper parmi les pires), A War, avec ténacité et pudeur, impose sa marque. Comme une entaille profonde dans la chair quoique difficile à voir à l'oeil nu.
Dans sa première partie, A war ressemble à un film de guerre naturaliste, filmé dans un style quasi documentaire, et centré sur un soldat danois en service en Afghanistan.
La chronique du conflit est entrelardée de vignettes présentant la vie de son épouse et de ses trois enfants au Danemark.
Cette partie n'est pas inintéressante, bien qu'un peu longue. Le style de Lindholm est d'une efficacité extrême, mêlant toute sorte d'effets (gros plans sur les visages, caméra à l'épaule, plans larges). Le réalisateur ne sacrifie quasiment rien au rendu réaliste du film : les dialogues, bourrés d'abrévations, sont parfois incompréhensibles.
Le personnage principal est dans la deuxième partie questionné par un tribunal sur une de ses décisions. A war prend alors une autre dimension, donnant à voir une série de dilemnes moraux agissant sur différentes strates. Cette partie lorgne sans hésitation vers les effets du film de procés (coup de théâtre compris), tout en gardant l'aspect sec, sans affect, presque austère de la première partie.
Tobias Lindholm excelle véritablement dans cette façon de filmer les évènements sans emphase, les épurant jusqu'à l'os, et semblant réduire l'intrigue à sa substanfique moelle. Le jeu des acteurs, dépouillé à l'extrême, parvient cependant à nous surprendre.
A noter à titre de curiosité, et comme souvent dans le cinéma danois, qu'on retrouve dans le casting trois des acteurs principaux de la géniale série Borgen, dont Tobias Lindholm fut le scénariste.
filmé souvent à la façon d'un documentaire mettant en immersion le spectateur dans un conflit où même les soldats ne semblent pas en comprendre le sens, ce film sobre, austère mais puissant interroge sur les choix parfois douloureux, la culpabilité, le traumatisme et l'impossibilité d'oublier. En deux parties, Afghanistan et procès, l'image qui résume à la perfection ce " Krigen" reste les deux petits pieds dépassant de la couverture quand le héros vient dire bonne nuit à son fils. pudique et intelligent.
Après "R" et "Hijacking" où le réalisateur Tobias Lindholm et l'acteur Pilou Asbæk avaient déjà collaboré, le duo revient avec un nouveau film sur un sujet très intéressant et accrocheur car jamais abordé aux cinéma : la justice au sein de l'armée sur la culpabilité des militaires tuant des civils sur un territoire étranger durant leurs missions. La première partie du film se situe en Afghanistan où l'on suit ces hommes exercés leurs devoirs. Jusqu'à ce qu'une attaque survienne et ils doivent s'en sortir. Une attaque est lancée mais fera des victimes civiles. On est alors propulsé, dans la deuxième partie, au coeur d'un procès militaire où le commandant est accusé d'avoir tué des civils pour sauver ses hommes. C'est vraiment prenant car jamais cet aspect de la guerre actuelle nous est présentée. La réalisation de Tobias Lindholm est impeccable, comme toujours. Pilou Asbæk, vu dans Borgen, est parfait. Le rythme du film tient bien en haleine les rebondissements. Un bon film danois qui n'a rien a envié aux productions américaines.
J'ai vu un film... sur les affres de la guerre et sur le poids d'une mauvaise décision prise au coeur d'un conflit qui dépasse de loin les hommes... On est pris au ventre par la peur qui accompagne ces militaires Danois perdus au milieu de l'Afghanistan. On dresse un portrait froid d'un militaire tellement responsable de la vie de ses hommes qu'il se retrouve au coeur d'un engagement et d'un combat où sa vie bascule. On perçoit le traumatisme de la guerre aussi bien pour les soldats que pour les proches. Pilou Asbæk et de nombreux comédiens découverts dans Borgen habitent clairement ce film de leur présence. Une réalisation impeccable, un casting impressionnant, et une structure narrative en 2 temps parfaitement bien orchestrée. A découvrir.
Tobias Lindholm, avec une sécheresse toute scandinave, n’en finit pas d’explorer les réactions de l’être humain plongé dans des situations qui le dépassent. Ici comme dans les films qui ont fait de lui un réalisateur académique qui compte ; « Submarino », « Hijacking », « La chasse » ; il laisse le spectateur se faire son opinion en prenant bien soin de rester à distance des situations. Là, il est question du conflit afghan auquel les danois ont participé. Sur le front le commandant, proche de ses hommes ne va pas toujours faire les bons choix. Mais comment le condamner, il est soumis à une tension et une violence inouïe ; Lindholm, là, ne se place pas en juge, il nous donne à voir, en nous immergeant dans le conflit. Au retour, le procès de ce commandant le met en face de sa conscience, ses incohérences, ses fautes lourdes de conséquences. Là non plus pas de jugement, juste un réalisme froid mais bien utile pour laisser le spectateur faire son propre trajet devant l’inconfort de la situation. Via un savant montage alterné entre le Danemark et l’Afghanistan, on perçoit bien aussi toute la complexité de la situation. Présenté comme cela, de manière formelle, çà fait fortement penser à « American Sniper ». Moi aussi j’y ai songé à une grosse nuance près ; Lindholm explore un terrain depuis longtemps abandonné par Hollywood, la profondeur psychologique des personnages. Il ne tranche jamais et ce jusqu’au bout du film. Il met juste une pique à nos sociétés occidentales ultra policées prêtes à disserter sur un conflit qu’elles souhaiteraient normés. Tout çà bien loin des combats, dans des salons climatisés. Lindholm est assurément un réalisateur brillant et minutieux qui en dit long sur l’humanité. Un film d’une finesse qui fera oublier ses avatars commerciaux, pourtant arrivés bien avant.
Le commandant Claus Pedersen et son bataillon sont affectés dans une province d’Afghanistan, tandis qu’au Danemark, sa femme, Maria, a fort à faire pour faire face au quotidien et élever seule leurs trois enfants. Au cours d’une mission de routine et dans un climat de tension palpable, les soldats sont la cible d’une attaque meurtiére. Pour sauver ses hommes, Claus va prendre une décision qui aura de lourdes conséquences pour lui, mais également pour sa famille…
"A war" est le nouveau film de Tobias Lindholm, auteur d'"Hijacking" qui avait connu un certain succès. Comme son prédécesseur, "A war" se caractérise par un ton réaliste et beaucoup de justesse dans l'analyse. Il n'est pas ici question de manichéisme, les hommes confrontés à des dilemmes cornéliens font des choix difficiles, parfois aux conséquences dramatiques. Alors qu'une famille lui avait demandé protection, le commandant Claus Pedersen s'en lave les mains et la renvoie chez elle. Le lendemain, lui et ses hommes se rendent dans le village où vit cette famille. Ils se retrouvent alors coincés dans ce village, perdus au milieu de nulle part, faisant l'objet de tirs nourris, un homme étant gravement blessé. Le commandant prend alors la décision de faire bombarder la zone 6, normalement peuplée de civils...mais même en temps de guerre, il faut assumer ses actes.
Le problème c'est que ce même capitaine doit motiver ses troupes pour une "sale guerre" où lors des patrouilles, on peut sauter sur une mine, où les rapports avec la population ne sont pas clairs ou les "pacificateurs" demeurent finalement planqués dans leurs camps retranchés inévitablement. Du statut de libérateurs, le bataillon est devenu une armée d'envahisseurs. En creux, Tobias Lindholm aborde avec beaucoup d'intelligence ces problématiques dans son long métrage. De même, se démarquant de tout manichéisme, il démontre avec ce film que certaines situations ne sont ni noires ni blanches...toute décision comportant un revers à sa médaille, ce que démontre le procès du commandant.
Le film repose sur une solide réalisation, un vrai suspense et de très bons acteurs notamment Pilou Asbaek (le commandant Larsen), Tuva Novotny (sa femme) et Dar Salim (l'adjoint du commandant).
Un film qui aborde bien sûr les dommages directs et collatéraux des guerres mais en évitant tout manichéisme; il se dégage aussi l'aspect contradictoire des responsabilités - dans un contexte échappant au droit commun - plus particulièrement quant aux choix moraux assumés (ou pas) en matière de protection, qu'il s'agisse de civils ou de ses propres troupes ... Du grand cinéma de fond qui n'est pas sans rappeler celui de Kathryn Bigelow en un peu moins technique peut-être ...
Si la sobriété du film rend crédible cette banalité de la guerre qui fait oublier dans nos pays si pacifiques qu'on y tue et qu'on y meurt même quand on aime ses enfants et ses copains, on est tout de même déçu d'avoir vu mieux ces derniers temps dans le même registre (série anglaise notamment qui mettait en scène une battling girl, documentaire danois très réalisé, films français et américain assez similaire, du moins pour la partie non judiciaire). Les acteurs sont plutôt bons (dont le protagoniste central, déjà remarqué dans plusieurs séries nordiques de bonnes qualité). La seconde partie est probablement la cause, le scénario rendant l'ensemble difficilement équilibré.
Après R et Hijacking, on attendait beaucoup de la part du danois Tobias Lindholm. Avec A War, le cinéaste fait de nouveau appel à Pilou Asbæk pour le rôle principal. Ce dernier joue un commandant respecté par ses soldats en Afghanistan. Avec sa troupe, il fait face aux dangers de la guerre. Les soldats viennent en aide aux civils, tente de limiter les catastrophes des mines et sont parfois obligés d’utiliser leurs armes. Pendant ce temps, les femmes élèvent leurs enfants en attendant le retour de leur mari, où au moins d’un appel téléphonique. Mais suite à un malheureux événement, le film bascule dans une seconde partie moins spectaculaire mais tout aussi prenante. Nous sommes de retour au Danemark et suite à une éventuelle erreur stratégique, le commandant doit subir un procès. A War n’est donc pas un film de guerre à proprement dit. C’est surtout un film sensible sur la justice et la légitimé des actes de guerre. Il n’est donc pas question de faire dans l’émotion. Tobias Lindholm a su installer une mise en scène sobre pour laisser le spectateur résonner par lui-même. C’est donc à double sens que le titre du film s’impose. Ici, le sujet est surtout la guerre dans un procès. Ce soldat dévoué à ses collègues et son pays, se voit contredit à chaque instant, remis en cause. Que penserez-vous de tout ça, serez-vous en accord avec la décision finale ? En tout cas, le réalisateur réussit pleinement à ouvrir le débat. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Ils sont forts ces nordistes ! L'équipe de l'excellent "Hijacking" revient en force avec ce "A war". C'est bien écrit, bien joué, bien réalisé, bref du cinéma propre sur tous les plans. Cette histoire, entourée de toutes ces qualités cinématographiques, offrira un nouveau sans-faute au cinéma danois. Tobias Lindholm est désormais un nom à retenir.
Film de guerre & drame réaliste scandinave : deux genres dont je suis loin d’être fan, & leur mélange dans Krigen a failli être à la hauteur de ce que sa première partie me faisait attendre de mal. Ce sont même les deux premiers tiers qui m’ont vraiment déplu. Les réalistes auraient voulu plus que ces deux tiers, histoire de nous faire sentir un peu mieux que la guerre, ce n’est pas un sujet qu’on couvre en deux scènes franches.
Dans une parcelle danoise de la guerre afghane, on nous fait voir des soldats mais surtout des hommes – un motto lassant que Lindholm tient à nous faire subir en nous écrasant sous le drame égal de la mort violente & d’une famille déchirée parce que le père est loin. Un écrasement, c’est bien le mot pour qualifier la pression nauséeuse qu’on nous inflige longtemps, comme si la guerre & l’absence d’un père étaient les deux seules souffrances possibles, & qu’on se conseille de mettre sur le compte d’une réalité généralement déformée d’une famille dont le pater – ce barbu nordique de Pilou Asbæk qui ressemble à Ewan McGregor – est parti belligérer.
Mais le fait est que le film s’y prend mal : subjectivement déplaisant (c’est exprès, on est d’accord), il est objectivement forcé dans des scènes intimes trop naturelles pour être vraies, littéralement corrompues par la recherche d’une vérité, sans compter des doutes que j’émettrais sur le confort du tournage pour certains acteurs enfants. Admettons que ça ne soit pas mon problème, voire que ça soit un témoin de qualité.
Quand on comprend, sur le tard, que tout cela n’est que le prétexte à introduire un jugement mixte dans le scénario (comprendre : un jugement civilo-militaire pour déterminer la responsabilité de McGregor dans la mort de 11 civils), on ne regarde pas nécessairement en arrière avec un air de s’excuser, mais on sent que le film se réservait pour être bon dans cette partie-là, une partie qui prend le mot de ”guerre” & le déplace d’un sujet sur l’autre : la guerre d’Afghanistan commanditée par plus grand que soi devient une guerre intestine où l’on se bat contre la justice pour son espoir égoïste, puis une guerre intérieure quand plus personne ne peut servir de cible à ses états d’âme & que la culpabilité (justifiée ou non) prend le dessus.
Il faut au moins connaître Krigen pour ces différentes parties & pouvoir juger l’une avec l’autre. Un peu sobre aussi bien du côté guerrier que judiciaire, il reste relativement impressionnant sur les deux aspects en plus que du côté familial.
Si je tranche en sa défaveur, c’est parce que, pour moi, il a renié l’ensemble de son combat en une phrase : quand le fils du soldat inculpé demande à son père si c’est vrai qu’il a tué des enfants. Guerre, famille, justice, réalisme : tout est trahi parce que le montage dispense le père de répondre. Trop sobre encore, A War passe à côté d’une guerre bien plus étrange dont elle aurait pu faire le nœud de son histoire.
Un film intelligent et subtil sur la guerre : belle accroche ! Un film qui sonne vrai, bien loin des scènes d'action survitaminées auquel Hollywood nous éduque. Un film qui nous plonge au coeur d'une guerre, afin de nous rendre plus conscient des réalités. Quelques plans qui me marqueront ! 1° spoiler: la scène d'ouverture où, dans cette nature aussi sauvage que belle, on voit la troupe filmée de très loin qui est en guerre, bêtise des hommes face à ce sol qui n'a rien demandé à personne 2° spoiler: le parallèle de cette scène avec la scène de fermeture où le "héros", pourtant relaxé, se retrouve seul parmi les siens et dans le silence face à sa conscience ("Aware"). 3° spoiler: ce pied de Julius recouvert par ce papa aimant, ce plan choc si bien composé qui résonne...
A Copenhague, Claus est un père de famille aimant. Et dans l’armée danoise, un officier respecté de ses hommes. Comme dans les montagnes afghanes, à la tête d’une compagnie chargée de protéger la population contre les Talibans. La mission n’est pas simple, car la menace se resserre autour du camp cerné par les mines. Il perd un premier homme, puis en sauve un second de justesse. Pour permettre son évacuation, il fait bombarder une zone d’où il croit voir venir le danger. Le bilan de la bavure est terrible : 11 morts, dont des enfants. Relevé de son commandement, Claus va devoir s’expliquer devant un tribunal. A-t-il perdu son sang-froid pour protéger ses hommes ? A-t-pris une cible civile pour un objectif militaire ? L’angoisse sous la mitraille explique-t-elle le non-respect des procédures ? Peut-on être un officier irréprochable et manquer de discernement ? Et qu’est-ce qu’un père bienveillant, responsable de la mort des enfants des autres ? Comment faire comprendre les tourments des hommes de terrain à des juges à cheval sur le droit ? L’intérêt du film est dans ces questionnements. Et dans la sobre rigueur du procès. Bien plus que dans les rapports familiaux du héros traités sans grande originalité. En revanche, sur le théâtre d’opération d’une guerre moderne, tout est carré et d’une redoutable efficacité. Avec ces soldats qui combattent, quasiment en direct, sous l’oeil de leur état-major et de leurs caméras embarquées. A War, c’est net, mais pas sans bavure… Au fait, le Danemark manquerait-il d’acteurs pour nous en resservir autant tout droit sortis de la série Borgen ?