A War
Note moyenne
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btravis1
btravis1

127 abonnés 529 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 juin 2016
Film en 2 parties qui bouscule le spectateur en soulevant des questions sur la justification de certains comportements humains pendant une guerre, sans forcément prendre partie, mais en exposant bien les éléments. Le premier défaut du film est peut-être son côté documentaire qui fait que la réalisation est un peu molle; le second concerne la première partie qui suit le quotidien d'un commandant et de sa patrouille ainsi que la famille de celui-ci, car trop légère et déjà-vu. D'autres films ont en effet déjà mieux traité ce sujet, mais ce passage était obligatoire pour le reste de l'histoire. La seconde partie, le procès, est un peu austère mais efficace, pas manichéenne et trouve des axes de réflexion fort intéressants.
Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 juin 2016
Plutôt déçu par ce troisième long métrage de Tobias Lindholm, ce cinéaste prometteur. "A Wa" est un film honorable mais on peut déplorer la présence de quelques faiblesses.
L'intrigue se découpe en deux parties. L'action de la première (environ les 3/4 du film) se situe en Afghanistan, théâtre des opération de l'armée danoise. L'immersion du spectateur au sein des troupes militaires fonctionne bien mais le propos comme la mise en scène et le scénario souffrent d'un sentiment de déjà-vu. De ce côté là, "A war" n'apporte pas grand chose de neuf ni de consistant et ressemble aux nombreux autres films sur le sujet. La seconde partie, spoiler: celle du procés
, est plus intéressante et montre les conséquences tant en amont ( spoiler: mort de civils
) qu'en aval ( spoiler: poursuites judiciaires
) que peuvent provoquer une décision ou une action militaire. Cette partie est cependant trop froide et il est compliqué de ressentir la moindre empathie pour le commandant comme pour ses victimes. Si la réflexion est bien là, le réalisateur ne réussit pas à insuffler ce qu'il faut d'émotions pour porter ce message.
Le résultat est correct mais pas au niveau de ses précédents films que sont "R" est "Hijacking".
DestroyGunner
DestroyGunner

27 abonnés 922 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 juin 2016
Si la sobriété du film rend crédible cette banalité de la guerre qui fait oublier dans nos pays si pacifiques qu'on y tue et qu'on y meurt même quand on aime ses enfants et ses copains, on est tout de même déçu d'avoir vu mieux ces derniers temps dans le même registre (série anglaise notamment qui mettait en scène une battling girl, documentaire danois très réalisé, films français et américain assez similaire, du moins pour la partie non judiciaire). Les acteurs sont plutôt bons (dont le protagoniste central, déjà remarqué dans plusieurs séries nordiques de bonnes qualité). La seconde partie est probablement la cause, le scénario rendant l'ensemble difficilement équilibré.
rogerwaters
rogerwaters

168 abonnés 1 089 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 juin 2016
Après un début un peu banal qui suit le quotidien morne d’une compagnie militaire danoise en plein dans le conflit afghan, A War prend peu à peu tout son sens et pose des dilemmes moraux particulièrement difficiles avec une vraie finesse dans le traitement. Jamais antimilitariste, mais pas non plus bassement nationaliste ou cocardier, le film se fait fort de poser les données du problème sans jamais imposer une vision toute faite au spectateur. Celui-ci est donc parfaitement libre de comprendre le long-métrage en fonction de sa sensibilité personnelle et de ses convictions morales. On en retire surtout l’absurdité de toute forme de guerre qui oblige les hommes à prendre des décisions qui pèseront toujours sur leur conscience. Loin des clichés sur l’armée et sur la forme que prennent les conflits d’aujourd’hui, A War interroge chacun d’entre nous sur nos responsabilités à l’heure où la sécurité de nos enfants est également en cause par la menace terroriste. Le film, en tout cas, pose les bonnes questions et interpelle le spectateur de manière très intelligente et mesurée.
Marcel D
Marcel D

113 abonnés 212 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 juin 2016
Un film intelligent et subtil sur la guerre : belle accroche ! Un film qui sonne vrai, bien loin des scènes d'action survitaminées auquel Hollywood nous éduque. Un film qui nous plonge au coeur d'une guerre, afin de nous rendre plus conscient des réalités. Quelques plans qui me marqueront ! 1° spoiler: la scène d'ouverture où, dans cette nature aussi sauvage que belle, on voit la troupe filmée de très loin qui est en guerre, bêtise des hommes face à ce sol qui n'a rien demandé à personne
spoiler: le parallèle de cette scène avec la scène de fermeture où le "héros", pourtant relaxé, se retrouve seul parmi les siens et dans le silence face à sa conscience ("Aware").
spoiler: ce pied de Julius recouvert par ce papa aimant, ce plan choc si bien composé qui résonne...
Jonathan M
Jonathan M

163 abonnés 1 528 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 janvier 2017
Le film sous-tend une multitude de sujets. C'est le soldat qui a une responsabilité au front : rétablir la cohabitation entre civil et force Armée occidentale, lutter contre les talibans tout en protégeant ses hommes. Des rondes remises en question, une autorité qui empathie. Tout cela sur le regard vaillant d'une famille qui ne souhaite que son retour imminent. Un homme, ce n'est rien qu'un homme. On a beau être monsieur super héros pour ses enfants, il faut savoir gérer un certain nombre de paramètre lorsque le danger fait subitement son apparition. Le soucis du travail bien fait, le commandant va être remis à rude épreuve dans un procès qui frise l'indigeste. Pourtant, il le faut. Un pays qui envoi ses hommes au combat, permet de juger à distance des actes de terrain. Le paradoxe est total. La victoire est d'un goût amer, car quand il y a mort d'hommes, il n'y a jamais vraiment victoire. Le metteur en scène danois tire une maîtrise totale du récit. Bande sonore viscérale dans le désert Afghans, qui sait se faire muette quand la situation est critique. Écriture riche et profondément cynique à l'égard de son pays, c'est un coup de poing. Subjuguant. *TOP 6 FILM 2016*
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 7 juin 2016
Film puissant au réalisme remuant. Peinture au vitriol des dilemmes moraux que toute guerre pousse à vivre. Les acteurs sont justes et la caméra donne à voir et ressentir l'indicible de la violence de toute guerre. À voir dès 16 ans.
Pauline_R
Pauline_R

194 abonnés 398 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 juin 2016
Un très bon film de guerre, à la fois intense et réaliste, abordant de façon quasi documentaire toute l’ambiguïté de la guerre, des choix à prendre, de la culpabilité qui en résulte. A l'inverse d'un très patriotique et parfois énervant American Sniper, A War se veut plus objectif et réfléchi, les soldats ne sont jamais "héroïser" mais vus et montrés comme des hommes confrontés à une situation qui les dépasse. Malgré quelques longueurs dans sa première partie, le film reste captivant de bout en bout, pose beaucoup de questions morales en montrant différents points de vue et de vie, celui du personnage principal, de sa famille et de différentes parties prenantes. Vraiment à voir.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 juin 2016
Dans sa première partie, A war ressemble à un film de guerre naturaliste, filmé dans un style quasi documentaire, et centré sur un soldat danois en service en Afghanistan.

La chronique du conflit est entrelardée de vignettes présentant la vie de son épouse et de ses trois enfants au Danemark.

Cette partie n'est pas inintéressante, bien qu'un peu longue. Le style de Lindholm est d'une efficacité extrême, mêlant toute sorte d'effets (gros plans sur les visages, caméra à l'épaule, plans larges). Le réalisateur ne sacrifie quasiment rien au rendu réaliste du film : les dialogues, bourrés d'abrévations, sont parfois incompréhensibles.

Le personnage principal est dans la deuxième partie questionné par un tribunal sur une de ses décisions. A war prend alors une autre dimension, donnant à voir une série de dilemnes moraux agissant sur différentes strates. Cette partie lorgne sans hésitation vers les effets du film de procés (coup de théâtre compris), tout en gardant l'aspect sec, sans affect, presque austère de la première partie.

Tobias Lindholm excelle véritablement dans cette façon de filmer les évènements sans emphase, les épurant jusqu'à l'os, et semblant réduire l'intrigue à sa substanfique moelle. Le jeu des acteurs, dépouillé à l'extrême, parvient cependant à nous surprendre.

A noter à titre de curiosité, et comme souvent dans le cinéma danois, qu'on retrouve dans le casting trois des acteurs principaux de la géniale série Borgen, dont Tobias Lindholm fut le scénariste.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 7 juin 2016
A Copenhague, Claus est un père de famille aimant. Et dans l’armée danoise, un officier respecté de ses hommes. Comme dans les montagnes afghanes, à la tête d’une compagnie chargée de protéger la population contre les Talibans. La mission n’est pas simple, car la menace se resserre autour du camp cerné par les mines. Il perd un premier homme, puis en sauve un second de justesse. Pour permettre son évacuation, il fait bombarder une zone d’où il croit voir venir le danger. Le bilan de la bavure est terrible : 11 morts, dont des enfants.
Relevé de son commandement, Claus va devoir s’expliquer devant un tribunal. A-t-il perdu son sang-froid pour protéger ses hommes ? A-t-pris une cible civile pour un objectif militaire ? L’angoisse sous la mitraille explique-t-elle le non-respect des procédures ? Peut-on être un officier irréprochable et manquer de discernement ? Et qu’est-ce qu’un père bienveillant, responsable de la mort des enfants des autres ? Comment faire comprendre les tourments des hommes de terrain à des juges à cheval sur le droit ?
L’intérêt du film est dans ces questionnements. Et dans la sobre rigueur du procès. Bien plus que dans les rapports familiaux du héros traités sans grande originalité. En revanche, sur le théâtre d’opération d’une guerre moderne, tout est carré et d’une redoutable efficacité. Avec ces soldats qui combattent, quasiment en direct, sous l’oeil de leur état-major et de leurs caméras embarquées. A War, c’est net, mais pas sans bavure… Au fait, le Danemark manquerait-il d’acteurs pour nous en resservir autant tout droit sortis de la série Borgen ?
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 juin 2016
Ce film possède une qualité principale, celle de nous faire découvrir la difficulté de concilier les opérations de guerre et la conformité aux lois d'un état démocratique, en l’occurrence le Danemark, dont on se plait à la fois à envier le strict légalisme et à déplorer les lourdeurs administratives. Les acteurs sont tous si véridiques et talentueux que la différence entre un documentaire sur le même sujet (Armadillo) est plus que légère. A war nous plonge littéralement dans le vif de l'action en mettant en lumière, comme en passant, la difficulté de l'exercice de lutte contre des ennemis invisibles - on ne les verra jamais - tout en instaurant des relations amicales avec des populations supposées amicales. Les relations familiales du commandant envoyé en opérations, exposées sans effets larmoyants, sont la toile de fond qui explique et sous-tend les réactions humaines d'un militaire envoyé dans un pays hostile.
On sera un peu moins enthousiaste à l'évocation du procès plutôt long - une bonne moitié du film - dont le rythme, lent, est en opposition avec la phase guerrière du film. Il a pourtant le mérite de nous montrer une justice de qualité mais dépourvue de robe, de perruque ou de serment !
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 juin 2016
Un officier danois commande une compagnie en Afghanistan. Il a laissé sa femme et ses trois enfants derrière lui. À la tête d'une patrouille, pris sous le feu des talibans, il demande un soutien aérien pour évacuer un de ses hommes gravement blessé. Le bombardement provoque douze morts civils. Renvoyé au Danemark, mis en accusation devant un tribunal militaire, dira-t-il la vérité ?

Après "Brothers" de Susanne Bier (2004), "Everything Will Be Fine" de Christoffer Boe (2010) et "Armadillo" de Janus Metz (2010), le cinéma danois évoque à nouveau, avec toujours le même bonheur, le conflit afghan. Quel contraste avec le cinéma français qui ne lui a guère consacré que l'inabouti "Ni le ciel ni la terre" de Clément Cogitore en 2015 !

Mais c'est moins l'Afghanistan en tant que tel qui intéresse Tobias Lindholm, le scénariste de "Borgen", que les dilemmes que la guerre qu'y a menée l'Occident suscite. Comme dans son précédent film, l'excellent "Hijacking" (2012) dont l'action se déroulait au large des côtes somalies, le rôle principal est interprété par Pilou Asbaek, qui, depuis son apparition dans la dernière saison de "Game of Thrones", commence à se faire un nom - pour le prénom, c'est plus délicat.

Premier dilemme : celui du jus ad bellum ou, pour faire moins cuistre, celui du sens de la guerre menée en Afghanistan (ou en Irak ou en Libye ou au Mali). Quel ennemi combattre ? Comment mener à bien une impossible pacification ? Comment gagner la confiance des civils ?

Second dilemme : celui du jus in bello, du droit applicable à la conduite des opérations. Le commandant Pedersen est accusé d'avoir causé la mort de civils. Du point de vue des règles d'engagement, sa culpabilité ne fait guère de doute : la cible n'avait pas été correctement identifiée lorsqu'il a donné l'ordre de la bombarder. Mais les circonstances peuvent-elles atténuer sa responsabilité voire l'en exonérer : le souci de sauver l'un de ses hommes ? le "brouillard de la guerre" qui a altéré son jugement ?

Tobias Lindholm pose ces questions cornéliennes. Il nous laisse le soin d'y répondre avec un faux happy end qui laisse un goût amer.
dagrey1
dagrey1

107 abonnés 655 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 juin 2016
Le commandant Claus Pedersen et son bataillon sont affectés dans une province d’Afghanistan, tandis qu’au Danemark, sa femme, Maria, a fort à faire pour faire face au quotidien et élever seule leurs trois enfants. Au cours d’une mission de routine et dans un climat de tension palpable, les soldats sont la cible d’une attaque meurtiére. Pour sauver ses hommes, Claus va prendre une décision qui aura de lourdes conséquences pour lui, mais également pour sa famille…

"A war" est le nouveau film de Tobias Lindholm, auteur d'"Hijacking" qui avait connu un certain succès. Comme son prédécesseur, "A war" se caractérise par un ton réaliste et beaucoup de justesse dans l'analyse. Il n'est pas ici question de manichéisme, les hommes confrontés à des dilemmes cornéliens font des choix difficiles, parfois aux conséquences dramatiques.
Alors qu'une famille lui avait demandé protection, le commandant Claus Pedersen s'en lave les mains et la renvoie chez elle. Le lendemain, lui et ses hommes se rendent dans le village où vit cette famille. Ils se retrouvent alors coincés dans ce village, perdus au milieu de nulle part, faisant l'objet de tirs nourris, un homme étant gravement blessé. Le commandant prend alors la décision de faire bombarder la zone 6, normalement peuplée de civils...mais même en temps de guerre, il faut assumer ses actes.

Le problème c'est que ce même capitaine doit motiver ses troupes pour une "sale guerre" où lors des patrouilles, on peut sauter sur une mine, où les rapports avec la population ne sont pas clairs ou les "pacificateurs" demeurent finalement planqués dans leurs camps retranchés inévitablement. Du statut de libérateurs, le bataillon est devenu une armée d'envahisseurs. En creux, Tobias Lindholm aborde avec beaucoup d'intelligence ces problématiques dans son long métrage. De même, se démarquant de tout manichéisme, il démontre avec ce film que certaines situations ne sont ni noires ni blanches...toute décision comportant un revers à sa médaille, ce que démontre le procès du commandant.

Le film repose sur une solide réalisation, un vrai suspense et de très bons acteurs notamment Pilou Asbaek (le commandant Larsen), Tuva Novotny (sa femme) et Dar Salim (l'adjoint du commandant).
virnoni
virnoni

109 abonnés 578 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juin 2016
Film coup de poing. J'avais bcp aimé le précédent film (époustouflant) de ce réalisateur danois Tobias Lindholm, "Hijacking" (sur une prise d'otage de pirates somaliens). Il frappe une nouvelle fois assez fort et de cette même manière où rien n'est si simple dans le monde réel (ni tout blanc ni tout noir), avec, cette fois-ci, le thème dérangeant des soldats risquant leur vie en d’Afghanistan, mais susceptibles également d'être accusés de tuer des civils. On retrouve 2 acteurs de Hijacking : Pilou Asbaek (commandant héros malgré lui de ce drame humain) et Søren Malling (avocat). Cet acteur (Pilou) est de nouveau formidable, pris dans un dilemme psychologique intense où il n'y a aucune (bonne) solution.
Tuva Novotny et Dar Salim (respectivement épouse et meilleur ami/second du héros) sont charismatiques également. Ce film traite, dans une 1ère partie âpre et violente, autant du terrain que du quotidien des femmes de soldat. Il y a donc d'autres "victimes" collatérales à la guerre : les épouses, mères et enfants, laissés à la maison, devant se bagarrer au quotidien pour garder la famille soudée et la tête hors de l'eau. Ce personnage de femme est bouleversant, courageuse dans un autre domaine, portant tout sur ses frêles épaules, y compris son mari jusqu'au tribunal.
La 2ème partie est celle du jugement du commandant, accusé de n'avoir pas respecté le code militaire pour sauver sa vie et celle de ses hommes. Comment voir ce tribunal constitués de professionnels du droit mais éloignés du terrain et de sa dure réalité ? Est-il moralisateur ? Humain ? Légal ? Comment rester digne et humain dans une guerre ? Le sujet pourrait sembler paradoxal s'il n'était concrètement envisagé par ce tribunal. La réalisation ne permet aucune prise de partie et c'est tout à son honneur. Au spectateur de trancher mais il est évident que vivre et ressentir le quotidien de ses hommes, leur bravoure, leurs sacrifices de la 1ère partie, ne laisse aucun doute sur le choix dans le "verdict" du public : on est pour ses soldats. On ne voit presque jamais ses civils afghans (sauf une famille qui demande l'aide mais qui finira sacrifiée par l'immobilisme des soldats, pris par leur règlement interne et missions). Comment alors créer de l'empathie pour ces 11 civils "tués" par la décision de bombardement du commandant ? C'est inhumain, triste...mais n'est-ce pas la guerre ? Tout le débat proposé par l'avocate adverse est justement d'y insuffler de la moralité, dans un acte qui n'en a pas ! C'est là que le film perturbe nos codes et petits conforts. Faire la guerre nécessiterait une certaine morale, même au seuil de sa mort (c'est clairement "moi ou eux") et le risque de rentrer chez soi plus en tant que bourreau et accusé, que héros (alors qu'il a clairement sauvé son unité et surtout l'un de ses soldats blessé). La scène finale est à l'image du reste de ce film : réflexif, intelligent, bien construit, à distance mais sans être froid, direct, glacial dans certains dialogues. Je recommande plus que vivement pour réfléchir à nos guerres (humaines) et ses conséquences sur chacun.
SebLefr3nch
SebLefr3nch

220 abonnés 691 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 juin 2016
Après "R" et "Hijacking" où le réalisateur Tobias Lindholm et l'acteur Pilou Asbæk avaient déjà collaboré, le duo revient avec un nouveau film sur un sujet très intéressant et accrocheur car jamais abordé aux cinéma : la justice au sein de l'armée sur la culpabilité des militaires tuant des civils sur un territoire étranger durant leurs missions. La première partie du film se situe en Afghanistan où l'on suit ces hommes exercés leurs devoirs. Jusqu'à ce qu'une attaque survienne et ils doivent s'en sortir. Une attaque est lancée mais fera des victimes civiles. On est alors propulsé, dans la deuxième partie, au coeur d'un procès militaire où le commandant est accusé d'avoir tué des civils pour sauver ses hommes. C'est vraiment prenant car jamais cet aspect de la guerre actuelle nous est présentée. La réalisation de Tobias Lindholm est impeccable, comme toujours. Pilou Asbæk, vu dans Borgen, est parfait. Le rythme du film tient bien en haleine les rebondissements. Un bon film danois qui n'a rien a envié aux productions américaines.
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