A la suite des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis (plus de 3 000 morts), la plupart des pays de l’Union Européenne se sont engagés militairement, aux côtés des Etats-Unis, en Afghanistan (jusqu’en 2021) qui était sous la coupe des Talibans, eux-mêmes en lien étroit avec les terroristes d’Al-Qaïda. Les films traitant de cette période sont peu nombreux et surtout américains. D’où l’intérêt du point de vue danois, pays n’ayant jamais eu de relations historiques avec ce pays mais qui a connu, à cette occasion, 44 morts et 233 blessés parmi ses militaires. Le titre, une guerre, est à la fois vague et précis. Dans une guerre, même moderne, il y a des bavures et des dommages collatéraux, y compris lorsque les militaires sont chargés du maintien de l’ordre parmi les populations civiles. Le réalisateur a su donner un côté documentaire, réaliste, au film (tournage en Jordanie, Turquie et Espagne) : il décrit le quotidien d’une base danoise dirigée par le commandant Claus Pedersen (Pilou Asbæk, 33 ans, 3e collaboration sur 4 avec le réalisateur). Il montre bien le décalage entre le terrain hostile (mines anti personnelles, attaque de talibans se cachant parmi les civils) et la prise de décision dans le feu de l’action, où le respect du droit de la guerre n’est pas toujours facile, son non-respect faisant l’objet de jugements, ex cathedra, par des personnes confortablement assises dans leur tribunal. D’autant qu’ici, bien qu’il s’agisse de crime de guerre (
11 civils afghans tués
), cela est loin des crimes de masse qui ont fait l’objet de procès retentissants et pour l’Histoire (Nuremberg et Tokyo pour la 2nde guerre mondiale et La Haye pour la guerre en ex-Yougoslavie), et même du massacre de Mŷ Lai (entre 300 et 500 morts), le 16 mars 1968, pendant la guerre du Vietnam. Sans manichéisme, le réalisateur montre bien les tourments du commandant Pedersen, voulant protéger ses hommes, n’hésitant pas à les accompagner sur le terrain, appliquant le règlement à la lettre (
refus d’accueil d’une famille afghane dont la fillette a été soignée par les Danois
) et
meurtri par la mort des 11 villageois, dont des enfants à la suite d’un bombardement
. La partie se déroulant dans sa famille (femme devant vivre et travailler seule, avec ses 3 enfants, impactés par l’absence de leur père) aurait pu être écourtée (les répercussions psychologiques sur les enfants de militaires sont bien réelles mais, ici, hors sujet).