Derniers Avis : Les Premiers, les Derniers - Page 5
Les Premiers, les Derniers
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joevebulle
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4,0
Publiée le 12 juillet 2016
Un western belge (ou franco-belge). Je ne sais pas si c'est nouveau, en tout cas, c'est réussi. Images dépouillées, personnages atypiques, musique intégrée, histoire simple et efficace. Un de ces films qui mériterait d'être plus largement plébiscité et diffusé.
Les premiers, les derniers est un film noir où deux chasseurs de primes inséparables sont à la recherche d’un téléphone volé censé comporter des informations sensibles. En parallèle, un couple est en cavale et on apprendra tardivement pourquoi. Bouli Lanners signe ici un film ombreux à la photographie grise et anxiogène. Ce climat pesant joue sur une intrigue cabossée qui ne nous fait pas vibrer. Parfois dans un polar, parfois dans un western contemporain, le cinéaste ne sait sur quel ton danser. Ainsi, même les performances indiscutables d’Albert Dupontel ou de Bouli lui-même en tant qu’acteur n’apposent pas cette volonté de faire paraître la quête de rédemption. On prend néanmoins plaisir face à quelques saveurs d’humour macabres ou devant le duo quelque peu touchant du couple qui s’aime sans trop savoir dans quel monde il vit. Mais le chaos simulé manque de fond pour transparaître complètement. Les premiers, les derniers est un récit mystique, sombre mais peu abouti dans son message purgatoire. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
il faut avouer qu'il s'agit d'un film assez spécial... mais je pense que cela fait parti du délire du réalisateur. Je ne cache pas mon ennui pendant une bonne partie du film. Le casting est pourtant au top! à voir...ou pas!
Bouli Lanners a bien l'art de nous maintenir à son asphalte poussiéreux façon North Terne, par une orchestration toujours méthodique et soignée, mais le récit décontenance plus qu'il n’interpelle. L'expérience reste pourtant profondément sincère et humaine.
L’enfer est pavé de bonnes intentions : le nouveau film de Bouli Lanners navigue à vue entre une complaisance niaise pour les exclus et un formalisme tout aussi artificiel. Malgré quelques heureux dérapages (Jésus) et le beau regard las de Dupontel, le récit s’enlise dans une mélasse de bons sentiments à la limite de la démagogie.
Dans « Les Premiers, les Derniers » Bouli Lanners nous emmène en voyage, en terre hostile, un no man’s land. Deux chasseurs de prime, au bout du rouleau et un contrat qui ressemble au dernier pour Gilou, car son coeur s’essouffle. Il traine sa carcasse et se pose les bonnes et les mauvaises questions. Bouli Lanners est sublime.
Cochise (Albert Dupontel) l’accompagne dans ce périple improbable à la recherche d’un téléphone portable. On suppose que des informations importantes y sont stockées. Ils sont à la poursuite de deux jeunes paumés qui, par mégarde, ont volé le smartphone.
Deux cas sociaux : Esther et Willy (Aurore Broutin, David Murgia), ces deux là s’aiment d’amour et vivent de menus larcins, ils semblent désorientés, deux anges au milieu de nulle-part.
Et puis Jésus (Philippe Rebbot) qui semble vouloir les guider : un sans abri ? Un dingue? Une bonne personne.
Et puis Jean-Berchmans (le grand Michael Lonsdale) et son motel déserté, son jardin et sa gentillesse.
Et puis Clara (Suzanne Clément), mère célibataire, qui sait donner et recevoir. Et pour finir une bande de chasseurs teigneux.
Des âmes tourmentées, qui vont se croiser pour se battre ou s’entraider. C’est triste, étrange, c’est la Belgitude qui s’impose avec sa différence et ses personnages déglingués. Un beau film plein de mélancolie, de poésie, de générosité et de lumière.
Le casting est parfait aucune fausse note, chaque comédien joue sa partition avec simplicité et justesse. La photo est superbe.
Ce film vaut essentiellement par son esthétique, les looks des personnages - Lanners en biker et Dupontel en Mesrine - et les paysages choisis tentent de créer un impression surréaliste typique des films de Dupontel, bien que ce soit Lanners qui le réalise. Sur le fond, il s'agit d'un simple film d'action tourné dans la Beauce qui se donne des airs de road-movie américain, avec une chasse à l'homme, quelques cadavres, et des acteurs patibulaires. Omniprésente dans tout le film, la voie désaffectée de l'aérotrain de l'ingénieur Bertin située dans le Loiret sert décor pour exprimer la déchéance finale. Est-ce anodin, car c'est un des symboles de l'innovation technologique française des années 70 ?
"Les Premiers les Derniers" commence très mal : par une esthétique post apocalyptique qui caresse le public actuel dans le sens du poil. Dans des paysages ravagés, au milieu de bâtiments laids et décrépis, des êtres fatigués ou débiles courent sans conviction après de vagues "McGuffins" qui servent à Lanners à justifier à peu près n'importe quoi, pourvu que ça soit lent, décati, sinistre... et filmé avec une indéniable élégance. Le pire arrive quand Jésus débarque (je me souviens d'une citation des 70's : "Tout bouquin (ou film) où il y a Jésus, c'est forcément mauvais...") : là on se dit que Lanners se fout vraiment de notre tronche. On est prêt à abandonner devant une telle accumulation de poncifs, devant ce faux geste artistique qui sent la frime et le manque d'inspiration. Et puis quelque chose arrive, à peu près à la moitié du film : d'abord une femme, puis Lonsdale - l'acteur qui peut transcender n'importe quel film pourvu qu'on le laisse 5 minutes à l'écran -, puis Max Von Sydow, éternellement vieux. Ainsi renaît l'humanité - sujet du film, ok, ok... -, et les personnages ont quelque chose à dire, à faire, et "les Premiers les Derniers" dépasse - enfin - le stade de la pose artistique pour devenir du vrai cinéma. Lanners a alors l'intelligence de laisser hors champs ses "méchants" stéréotypés s'entretuer loin de nos regards, pour filmer des gens qui ont quelque chose à vivre ensemble. Parce que "Vivre, c'est plus que respirer" (Lonsdale) : le film devrait commencer là. Malheureusement il se termine.
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3,0
Publiée le 11 juin 2016
Un film pour le moins étrange. J'ai d'abord cru à un truc autour de la fin du monde puisque l'un des personnages y fait mention au début, mais on remarque que ce n'est pas le cas et que si c'est si austère, c'est parce que cette ville l'est du moins si l'on peut appeler ça une ville, c'est plutôt un no man's land qui regroupe le strict minimum. Comme dans un film choral, il y a de nombreux personnages et pas mal d'histoires en parallèle qui finissent par se croiser et se retrouver. L'histoire est très mystérieuse et intrigante, on se demande longtemps ce qui motive ces deux hommes ainsi que ce couple qui semble perdu. Le film est à la fois glauque par rapport au cadre et touchant par rapport aux actes et histoires des personnages. C'est un bon petit film, le rythme est lent sans que ça ne soit jamais ennuyeux, l'ambiance est très bonne et c'est remarquablement interprété.
Thriller un peu trop spécial pour être vraiment séduisant. C'est particulier à cause du fait qu'on ne visualise pas complètement le vrai enjeu du film. Un téléphone à retrouver, un couple qui veut rendre visite à une jeune fille en fuyant une "fin du monde"... Rien de vraiment fort pour nous captiver dès le départ. Mais on se laisse finalement prendre par les différentes actions qui se suivent et les petits rebondissements, même si l'on garde un sentiment mitigé. Le duo de quinquagénaire est assez agréable, mais on peut avoir plus de mal à s'attacher au jeune couple. Film pas désagréable, mais qui laisse perplexe (je cherche encore où voulait en venir les scénaristes avec ce film).
Belles prises de vue. La grisaille devient esthétique. Acteurs valides. Quel plaisir de revoir Michael Lonsdale, sa sobriété et ses rares apparitions marquent les esprits. Son rôle me fait penser à celui dans Ronin. Il influence les autres personnages et nous rend perplexe. Dupontel est sobre et crédible.
Complètement barré...marche à quoi là dedans ??? On n'arrive même pas à situer ce monde ..on a l'impression qu'il n'y a plus de lois ni de population d'ailleurs ...Pays vidé et triste ... a voir pour l'audace !!
Une histoire atypique, un faux rythme, une BO parfaite, une météo plombée avec grâce, des personnages attachants, des cadrages parfaits, un décor désincarné, un Dupontel éblouissant (comme d'hab') et, in fine, un culot monstre... Voilà le genre de choses que j'aime bien voir, quelque chose qui vous transporte. Let's continue !