Avis : La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil - Page 4
La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil
Note moyenne
2,3
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Christophe S
8 critiques
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3,0
Publiée le 7 août 2015
Une très belle héroïne, une très belle photo, une bande son sympathique, une ambiance 'seventies' très réussie. Cela suffit-il à en faire un bon film. Affirmatif. La qualité des dialogues et les quelques longueurs n'ont pas eclipsé mon plaisir de voir ce film.
La Dame dans l'auto... souffre d'un excès de maniérisme qui au final tue l'esthétisme de ce film un brin prétentieux. On a parfois l'impression d'assister à un défilé de mode quand trop souvent la caméra de Joann Sfar décortique sous toutes ses coutures la démarche chaloupée de Freya Mavor. On en oublie alors la trame, on jette un oeil distrait sur sa montre, on baille, bref on s'ennuie. Finalement La Dame dans l'auto... aurait du s'appeler La Mannequin dans l'auto...
« J’ai jamais vu la mer ». C’est la première phrase de La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil, le meilleur livre de Sébastien Japrisot. On a pas encore trouvé à ma connaissance d’amorce de roman plus captivante et exotique. Je sors de l’adaptation cinématographique de Joan Sfar sorti mercredi dernier sur les écrans. L’intrigue est infernale, comme la plastique de Freya Mavor. Mais on ne peut s’empêcher d’imaginer ce qu’une Marlène Jobert ou une Annie Girardot aurait pu tirer d’un tel personnage. Et la réalisation manque de vigueur, de fluidité, de naturel. Il est vrai qu’aucun réalisateur n’a réussi à tirer un film pleinement convaincant d’un récit de Japrisot. Merci à toute l’équipe du film d’avoir essayé. On passe un bon moment somme toute.
La mise en scène stylisée rend hommage à l'esthétique des années 70, époque de l'action, avec robes évoquant Courrèges, grosses lunettes, sténodactylo, déco seventies et voiture américaine classieuse (une Thunderbird). Sfar utilise un cadre très marqué par le découpage précis de la bande dessinée et des split screens travaillés. Mais cette audace formelle finit par se perdre au fil du récit. (...) Le film, porté par les trop frêles épaules de la jeune Freya Mavor, s'enferre dans des revirements très prévisibles avant un final bâclé. En dépit d'un beau travail sur les décors, cette adaptation manque trop de mystère pour prétendre à son modèle (David Lynch) et s'avère inutilement tortueuse pour emporter l'adhésion.
La bande sonore de ce film était pour moi d'une telle qualité qu'elle a un peu gâche l'oeuvre. L'histoire est racontée avec une certaine naïveté, une grande partie du film est selon moi consacré à faire baver le spectateur à l'aide de la plastique hallucinante de Mademoiselle Freya Mavor, tout à fait dans les canons de beauté... Il faut le reconnaître. Cependant l'ennui est arrivé, je suis sortie en fin de séance avec l'impression d'avoir vu un film un peu... Amateur.
la bande annonce ma complètement leurre naïvement je pensais voir un road movie à la tarantino hélas ce n'est qu'une purge à la française. scénario hallucinant. n'y aller pas
Spécialisé dans le dessin et les scénarios de BD, Joann Sfar a lancé sa carrière cinématographique il y a 5 ans avec le très sympathique Gainsbourg, vie héroïque, un biopic esthétiquement réussi mais qui manquait de folie et de profondeur. Après ça il enchaîna avec l'adaptation d'une de ses propres BD, Le Chat du rabbin, un film d'animation qui reçu de très bonnes critiques malgré un succès en salle plus frileux. Et voilà qu'il revient pour mettre en scène son troisième long métrage, adapté d'un roman de Sébastien Japrisot qui connait ici sa deuxième adaptation au cinéma. Sauf qu'ici Sfar décide de rester assez libre quand à l'adaptation du roman, pour offrir un film sous influence qui se perd en cours de route et qui laisse derrière lui tout le potentiel fascinant de l'histoire mais surtout de l’héroïne. Le principal problème viendra donc du scénario et de son traitement, qui viendra handicaper à la fois la mise en scène mais aussi le jeu des acteurs. Car au final toute cette histoire ne tient sur pas grand chose parce que cette réadaptation enlève toute dimension psychologique à ses personnages. Ici ce ne sont que des âmes errantes, des ombres qui n'ont d'existence que par leurs formes ainsi on sera totalement déconnectés du personnage principal. On l'a regarde faire son voyage mais jamais on ne fait ce voyage avec elle ou à travers elle. Le film utilise même des moyens assez feignant pour que l'on s'identifie à elle, en la faisant parler toute seule pour faire un point sur son état psychologique et émotionnelle. Non seulement le film préfère le dire que le montrer, car à aucun moments on ne ressent vraiment le basculement du personnage dans la détresse et incompréhension, que ce soit par la mise en scène ou la direction des acteurs, mais en plus ses monologues se répète et il n'y a au final aucune vraie progression du personnage. Elle même semble déconnecter de ce qui lui arrive et son véritable objectif est au final assez ridicule. D'ailleurs le film mise sur une narration alambiquée et un scénario faussement complexe pour créer une sorte de mystère qui se révèle assez vain car non seulement le film est prévisible mais quand il met en lumière les tenants et aboutissants des événements tout cela semble ridicule. La révélation est bien plus stupide que j'avais pu l'imaginer mettant en lumières l'inertie et la stupidité des personnages. Heureusement certains personnages secondaires sont là pour apporter un minimum d'intérêt et d'épaisseur à l'ensemble et le début du film est plutôt bien troussé arrivant à nous captiver. L'ensemble s’essouffle par la suite n'arrivant jamais à atteindre ses ambitions de film noir ni même d'offrir une base symbolique suffisamment solide, car les contours de libération sexuelle et d'émancipation de la femme manque de subtilité et on déjà été traitée de la sorte. Après il y a aussi de gros problèmes dans la direction des acteurs, qui fait généralement les mauvais choix. Benjamin Biolay et Stacy Martin seront les premiers à en faire les frais. Même si dans leurs rôles ils veulent se rapprocher des figures énigmatiques et froides des films des années 40, ils n'ont ni le charisme ni la prestance pour de tels rôles. Ils sont justes inertes et n'arrive jamais à être ni angoissant ni attirant. Par contre Freya Mavor s'en sortira bien mieux même si le film exploite son personnage maladroitement. A aucun moment il ne s'intéressera à sa dimension étrange et mystérieuse, préférant tout miser sur la plastique de l'actrice. Néanmoins elle s'impose par la fraîcheur de son jeu et par son charisme indéniable, on comprend la fascination qu'a pu avoir Sfar pour elle même si il passe totalement à côté dans son film. C'est dommage car elle avait clairement la prestance nécessaire pour être une grande héroïne de film noir, malheureusement ici on n'exploite pas son plein potentiel et malgré son talent, elle ne parvient pas à tenir le film sur ses épaules ni l’élever. La vraie surprise viendra de Elio Germano qui se montre ici excellent dans un rôle trouble qui arrive à créer à la fois le mystère, l'attirance et l'angoisse. Sinon la véritable force du film viendra de son aspect technique, que ce soit la photographie très esthétisée qui se montre du plus bel effet ou encore le montage millimétré qui assure un bon rythme à l'ensemble malgré quelques errances en passant par une sélection musicale enivrante et mémorable. Tout est d'une maîtrise et du cinégénie incroyable. Il est juste dommage que la mise en scène en face un peu trop, se montrant au final trop superficielle malgré des tentatives intéressantes mais qui ne sont pas tenu. A l'image de l'envie de faire une ambiance très lynchienne mais par manque d'audace et d'inventivité cela se montre très fade, et peine à créer un véritable aura de mystère. Sfar a aussi trop tendance à réemployer les mêmes astuces de mise en scène que ce soit dans les montages psychédéliques ou dans la manière de filmer sont actrices. Pour les premiers, on a une emploi systématique de split screens, de fondus enchaînes et de superpositions d'images qui finissent par tourner à vide et montrer l'absence d'idée d'une mise en scène certes maîtrisé et esthétique mais vaine et tapageuse. Ensuite la manière qu'a Sfar de filmer son actrice pose aussi problème, car il filme l'actrice et non le personnage. On a une impression de voyeurisme à défaut d'avoir une sensation de mystère et de sensualité. Car filmer le corps de l'actrice sous toute les coutures et dans des positions lascives ne suffit pas à rendre le personnage iconique et fascinant, parce que certes l'actrice est très jolie, on a compris que Sfar l'appréciait beaucoup mais à aucun moments le personnage n'en ressort grandit ou plus mystique. Après le film aurait pu exploiter une forme de fétichisme érotique pour dynamiser son film et le rendre plus sensuel, car ici Sfar passe énormément de temps à faire des gros plans sur les jambes et les pieds de son actrice ( j'ai arrêté de les compter tellement il y en a ) mais au final, là aussi ça ne même à rien car ce n'est qu'un prétexte pour s'attarder sur cette partie de l'anatomie de l'actrice sans servir le film de cette "fascination". En conclusion La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil est un film superficiel et assez vain mais qui sait par, de rares occasions, se montrer accrocheur et charmant quant il n'est pas tout simplement fade et un bête. Au final toute cette joyeuse bande a voulu prendre la route mais s'est trompée de voie passant ainsi à coté de son film. La plupart des intentions sont ratés, le scénario se révèle stupide et habité par des personnages inconsistants tandis que la mise en scène ne se montre pas aussi puissante que prévu. Reste que le film est conduit par une actrice ravissante et qui à un fort potentiel, grâce à son charisme, son naturel de jeu mais aussi son charme étrange et fascinant qui va bien au delà de son physique ( chose que n'a malheureusement pas compris le film ). Sans parler aussi d'une technique irréprochable qui nous offre quand même un film très esthétique et plaisant à écouter. Mais voilà de belles images, une bonne bande son et une très jolie actrice ne suffisent pas à faire un bon film car ils ne sont en aucun cas utilisés de manière pertinente faisant que le film passe à côté de ses belles promesses. En tout cas le film révèle quand même Freya Mavor, actrice talentueuse à suivre de près, ce qui fait que toute l’entreprise n'aura pas servit à rien.
Godard l'avait dit, faire des films, c'est quand même avant tout pour séduire les filles qu'on fait jouer dedans. Je ne sais pas si l'ami Joann Sfar a réussit à "choper", comme disent les plus jeunes d'entre nous, mais nul ne peut nier que sa caméra ne se lasse jamais de caresser Freya Mavor, d'exhiber son corps, ses jambes, ses yeux, sa bouche à chaque plan de "la Dame dans l'Auto..", et qu'il faudrait être bien pisse-froid pour ne pas applaudir à cette mise en scène parfaite d'une "attraction fatale". Après, nombreux sont ceux qui se sont plaints que Sfar - auteur de BD plus que respectable, rappelons-le - n'ait pas fait un film "lynchien" aussi impressionnant que ceux de David Lynch, se soit trop amusé visiblement à recréer la fin des sixties, couleurs, ambiance et musiques comprises, et ait au final pris des risques démesurés à entremêler flashbacks, visions, flash forwards pour complexifier encore l'intrigue capillotractée d'un roman généralement jugé inadaptable (même si c'est quand même la seconde fois qu'on s'y risque, après la version d'Anatole Litvak en 1970) de Sébatien Japrisot, écrivain et scénariste de polars à la réputation flatteuse. Paradoxalement, même si on se passerait volontiers de la tentative lourdaude d'explication rationnelle qui arrive à la fin, et qu'on aimerait plus une version totalement non-sensique et paranoïaque du scénario, j'ai du mal à comprendre ce rejet frileux d'un cinéma aussi ludique, aussi pétillant, peut-être en effet plus au diapason des recherches formelles de la BD que des histoires "bien bouclées" qui attirent les spectateurs dans les salles. Personnellement, j'ai aimé jouer avec Joann Sfar, et je le suivrai bien volontiers dans ses prochaines tentatives cinématographiques !
. Très bonne ambiance 70's, esthétique (décors, cadrages...) , musicale. La dame à l'auto fantasme beaucoup d'une vie meilleure. Ce qui est narré à l'écran est il la réalité ou un délire rêvé ? On est un peu perdu dans une histoire aux événements incohérents. Même si la fin nous explique tout cela, on en sort un peu décu alors qu'on espérait de cette dame partant dans la folie encore plus de folie...
Un certain style, une tentative d'ambiance (plutôt réussie), une France évidée (celle de l'époque) dont il nous reste une coquille rétro-flashy. De l'ennui, dès la moitié du film, aussi. Des scènes longuettes, des flash-forward censés intriguer le spectateur et le faire glisser sur des fausses pistes, mais c'est raté. Et puis, le réalisateur et les scénaristes, à 10 minutes de la fin, semblent dire "bon, assez joué avec tout ça, il faut en finir, on vous explique tout et vous vous barrez de cette salle". Ce qu'ils font, et ce qu'on fait. Plutôt décus.
Un thriller sous forme de road moovies avec un subtile mélange de sensualité, d'esthétisme et d'angoisse qui rend attentif, qui tient en haleine, qui fascine par l'intrigue et qui rendrait presque schizophrène le spectateur lui même tant le scenario et le montage sont hypnotisants et parfaitement réussis. La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil, est un film original qui sort du thriller traditionnel, Si Benjamin Biolay est quelque peu décevant dans son jeu, Freya Mavor est tout le contraire. Elle est surprenante, rayonnante, effrayante et captivante. Elle tient le film du haut de ses 22 ans. Une vraie belle surprise que ce film, certes décalé et original, ce qui peut faire fuir un certain public, mais c'est un film qu'il faut aller voir parce qu'il en vaut vraiment le détour. Du vrai beau et bon cinéma. Allez-y, vous ne serez pas déçus, et au pire, tout comme l’héroïne, vous irez voir la mer ! Très beau film. Très belle surprise.
Attention, ne vous attendez pas à un film d'action mais à un thriller qui va mettre votre esprit à l'épreuve. Joann Sfar nous met dans le doute de ce que l'on voit. Benjamin Biolay joue très bien et met une note de noirceur.