Avis : La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil - Page 6
La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil
Note moyenne
2,3
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Prad12
122 abonnés
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0,5
Publiée le 2 janvier 2016
Le réalisateur a d'abord voulu faire un film autour de Freya Mavor dont il est sans conteste amoureux car sinon pourquoi la filmer sous toutes les coutures ? Elle devient d'ailleurs assez vite le seul intérêt de ce roman filmé dont l'intrigue est confuse et abracadabrante avec des incohérences et des raccourcis énormes.... il est vrai que ce roman n'est pas facilement adaptable a reconnu le réalisateur Joann Sfar, a-t-il réussi son pari ? non..... et concernant Benjamin Biolaid, faut porter des lunettes pour croire à son jeu d'acteur tellement il est pitoyable.....
Agréablement surprise ! J'avais lu ici les critiques plutôt moyennes mais le thème me plaisait, ainsi que les quelques références à Lynch. Oui, l'ambiance est torturée à souhait : les rapports humains bien tendus (relations entre un patron et sa secrétaire, entre cette femme et son ancienne collègue devenue l'épouse du patron, entre elle et les hommes rencontrés sur la route) qui, à chaque fois, semblent cacher quelque chose de lourd, de glauque... On réalise assez vite qu'il vaut mieux ne pas chercher et se laisser conduire avec elle dans cet espèce de cauchemar : rêve-t'elle ? est-elle malade ? J'ai adoré le contraste entre ses deux personnalités : la timide, femme-enfant, culpabilisatrice, un peu coincée et la femme assumée, débridée qui se la joue femme-fatale et attise tous les regards quand elle avance d'un pas décidé. Ce n'est pas aussi fou et génial que du David Lynch (d'ailleurs, à la différence de celui-ci, on comprend tout à la fin) mais ce film vaut carrément le détour et une bien meilleure note !
Après l'excellent "Gainsbourg" et le très intelligent "Chat du Rabbin", j'ai foncé sans réfléchir après avoir vu l'excellente bande annonce de "La Dame...". Ce qui semble fonctionner en format roman ne passe pas du tout l'écran et l'intrigue est surréaliste, l'histoire totalement capillotractée et les personnages, sans nuance. Et pourtant. La nullité abyssale de ce film n'a d'égale que l'immense beauté de Freya Mavor (Dany) qui fait des jambes et du minois pour nous tenir en éveil. Enormément de faux raccords dont un -ce n'est pas un spoiler- que tous les rouquins ont pu remarquer : Dany, bien que très blanche de peau, ne met jamais de crème solaire. Ca devait être dit.
Contrairement à Biolay qui articule une phrase sur deux spoiler: et qui se fait buter pour le plus grand bien de l'humanité à la fin du film, seul moment jubilatoire Freya Mavor défend très bien les dialogues mais elle est bien la seule. On se lasse et s'agace vite des personnages secondaires, comme celui que campe Elio Germano spoiler: probablement par jalousie et le twist final se voudrait intelligent est juste totalement loupé. D'autant plus décevant que Sfar a été brillant par ses deux précédents films.
Un debut de film original et intrigant mais qui devient un peu confus et meme un peu ennuyeux et la fin tiree par las cheveux n'est pas a la hauteur des espérances du debut.
L’esthétique et belle, très 70’s, l’actrice est magnifique mais le film a du mal à atteindre son but. Il est mal construit et on n’est pris par aucun suspens. Là où Jean Becker nous avait passionnés avec l’été meurtrier du même Sébastien Japrisot et une Isabelle Adjiani elle aussi très sexy et désemparée, Joann Sfar ne fait que faire de belles images. Le film m’a semblé long alors qu’il ne dure qu’une heure et demi. J’ai eu envie de partir avant la fin.
Le film est très stylisé, que ce soit sur le fond ou sur la forme. J’avais le souvenir du film américain, beaucoup plus sobre. Plus mystérieux dans ses silences. Ici la mise en scène épouse les interrogations. Du flou, des bribes de souvenir. C’est pas mal fait quand même mais ça quitte presque le monde du policier pour aller vers un style pop art qui dérange.
Adapter l'inadaptable, c'est le pari qu'avait tenté Anatole Litvak en 1974 avec le roman éponyme de Sébastien Japrisot. Je n'ai pas lu ce dernier et on sent que le film a quelques fois du mal à construire son thriller notamment avec une partie révélations relativement lourde mais ça tenait largement la route, j'avais même trouvé l'ensemble très réussi. En 2015, Joann Sfar tente à nouveau de relever le défi dans une production qui sera cette fois complètement française et... c'est bien raté ! Bon déjà, ce qui participait énormément au premier, c'était son ambiance 70's qui était bien-sûr authentique, en plus de rappeler des genres en vogue à cette période, notamment le giallo. C'était donc une ambiance chaleureuse, surtout si on ajoute à cela la musique enjouée de Michel Legrand. Ici, c'est un thriller beaucoup plus froid qui tente de reproduire l'ambiance des années 70 sans jamais y parvenir. Le thriller français moderne (c'est-à-dire à partir de 2005/2010) est en effet un genre que je n'apprécie pas trop car il se veut toujours trop froid. Des personnages sans âme parlant sur un ton constamment monocorde nageant dans des teintes grisâtres. Ça se veut grave alors que c'est surtout sans relief. Ici, même si le soleil fini par pointé le bout de son nez avec les teintes orangées qui l'accompagnent, le film reprend les codes de ce genre de thriller, ce qui entache profondément l'intrigue qui se rapproche normalement d'une sorte de rêve/cauchemar éveillé lynchéen qui fini par nous faire douter de la réalité. Ici d'ailleurs, rien n'est subtil. Avec des coupes et des plans bien lourdauds qui se veulent malins, le film nous révèle à l'avance une bonne partie de l'intrigue. Ainsi, on ne remet jamais en question le personnage principal ni la réalité qu'elle vit. Et ce ne sont pas ses passages en voix off insupportables où tantôt elle se rabaisse, tantôt elle se remet en question qui vont instaurer un semblant de mystère. D'ailleurs, les acteurs sont das l'ensemble assez mauvais. Tout est très théâtral, pas dans le surjeu mais dans l'articulation. Tout est très mécanique comme s'ils étaient sur scène sauf que dans un film, d'une part c'est ridicule et puis ça sort complètement le spectateur du truc. Et enfin, ce choix de voiture. En effet, la Mercury du premier est remplacée ici par une Thunderbird et ce n'est pas un point anodin puisque la voiture est un personnage à part entière... comme dans "Thelma & Louise" dont la comparaison parait inévitable puisque l'on y retrouve une femme rêvant d'indépendance conduisant une Thunderbird également verte. Et certes, le modèle est fidèle au roman sauf que la voiture est normalement décapotable (et blanche), comme dans la version des années 70. Et c'est dix fois plus intéressant puisque le cabriolet est synonyme de liberté, ce dont rêve Dany et c'est pourquoi c'est également une Thunderbird cabriolet dans "Thelma & Louise". Donc reprendre des codes et faire des clins d’œil, c'est bien, les comprendre, c'est mieux. Et le choix de prendre une voiture moins glamour dans le premier film était également un plus intéressant puisque la Mercury étant une muscle car, Dany s'emparait en même temps, quelque-part, du patriarcat dont elle est la victime durant tout le film. Bref, cette version moderne de "La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil" est donc ratée, froide et ennuyante.
Tout est tellement plat, tellement attendu et tellement premier degré. Joann Sfar que j'avais admiré dans sa rétrospective de Gainsbourg, gâche tout ce qu'on peut gâcher d'un quelconque talent : on ne croit jamais à rien dans ce film, l'ouverture avec les premiers dialogues entre actrices/mannequins est un désastre dont on ne se relèvera jamais. J'ai longtemps cru à un revirement de situation, à un twist qui ferait prendre une dimension supplémentaire au film mais non, tout reste honteusement laborieux, jusqu'à l'explication finale, presque indigne.
Et l'on n'a rien appris du monde, des hommes, de la vie, on ne s'est même pas diverti, pas une seconde, même pas lorsqu'elle était nue.
16 164 abonnés
13 124 critiques
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1,0
Publiée le 9 septembre 2018
C'est en 2015 que Joann Sfar rèadapte un polar inclassable de Sèbastien Japrisot avec en tête d'affiche Freya Mavor et Benjamin Biolay! L'argument, particulièrement confus, c'est celui de Dany, une jeune secrètaire myope qui travaille dans une agence et qui voulait juste voir la mer! Elle va être chargèe pendant un week-end de ramener la Ford Thunderbird de son boss à son domicile alors que lui part à l'ètranger [...] Diable pourquoi le rèalisateur de l'excellent "Gainsbourg (vie héroïque)" va se fixer de telles idèes dans la caboche en se disant forcèment qu'il part avec un inconvènient de taille ? Parce que le mètrage est plein de bonnes intentions mais il est handicapè tout au long de sa dramaturgie et de son èvolution! Etonnant de la part de Sfar qui est tout de même à la base un auteur de romans et de BD! il se dit en tant qu'auteur j'adapte un roman d'un confrère et je sais qu'il a dèjà ètè adaptè au cinèma en 1970 par Anatole Litvak, avec l'inoubliable Samantha Eggar! On n'attendait beaucoup mieux de sa part! Voire un peu trop! Sfar a beau brouiller les pistes avec des dècors et des cadrages qui rendent hommage au cinèma des seventies, rien ne fonctionne ici! La chevelure flamboyante et les tâches de rousseur de Freya Mavor font passer la relative banalitè des situations! Au moins elle aura vu la mer...
10 571 abonnés
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3,0
Publiée le 7 décembre 2015
Un bon film qui nous tient en haleine jusqu'au bout grâce à une ambiance vraiment excellente, à une mise en scène soignée et stylée, à une bonne BO, à Freya Mavor juste parfaite et sublime dans ce rôle et à une histoire très mystérieuse et originale. J'ai vraiment adoré la première heure notamment pour l'ambiance envoûtante qui nous fait oublier une histoire qui fait beaucoup de mystères et qui avance au compte goutte ce qui n'est pas gênant dans la première partie, mais ensuite trop de mystère tue le mystère et on s'en rend compte durant la dernière demi-heure qui perd, selon moi, un peu en intérêt d'ailleurs le dénouement m'a un peu déçu même s'il est bien trouvé. Ce dernier point m'a fait un peu baisser ma note, mais ça n'enlève en rien à la qualité du film et au fait que j'ai passé un bon moment en le regardant.
Pour sa troisième réalisation, Joann Sfar revisite le roman de Sébastien Japrisot, "La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil" dont Anatole Litvak avait proposé une version (le scénario avait été écrit par Japrisot lui-même) cosmopolite en 1970. Le résultat avait été mitigé et on en avait aussitôt conclu que le roman était inadaptable à l'écran. Comment en effet parvenir à rendre la confusion que Japrisot installe entre le rêve et la réalité à partir du détour imprudent que fait une jeune secrétaire au volant de la Ford Thunderbird de son patron après qu'elle l'ait accompagné à l'aéroport d'Orly, dans le simple but d'aller voir la mer ? Si la référence hitchcockienne était de règle dans les années 70, Joann Sfar s'est peut-être dit que c'est du côté de David Lynch qu'il trouverait le moyen de rendre l'aspect onirique et sensuel de cette fugue incontrôlée vers la grande bleue. L'approche visuelle de Sfar, jouant sur tous les effets possibles, est assurément un atout pour envelopper le spectateur dans les méandres de cette intrigue cotonneuse, tout comme le choix de la très longiligne et évanescente Freya Mayor, repérée dans la série britannique "Skins". A elle seule, la belle écossaise compense la faiblesse de certaines scènes à moitié réussies comme celle de l'hôtel que Sfar tente en vain de parer de l'atmosphère absurde et baroque du désormais mythique "Hôtel du Grand Nord" de la série Twin Peaks. Sfar qui a bien compris tout le potentiel érotique de sa jeune actrice ne la lâche pas d'un centimètre de pellicule, quitte à diluer progressivement l'intérêt du spectateur pour le suspense de l'intrigue au profit d'un long clip lysergique, arpenté par les interminables jambes de Miss Mayor. Ce relâchement coupable nous amène un peu en roue libre jusqu'à une conclusion où la clef improbable de l'intrigue qui nous est livrée par un Benjamin Biolay bestial à souhait, nous laisse un peu de marbre. Normal, une heure à admirer la plastique de la dame dans l'auto avec des lunettes mais rarement avec son fusil, nous a un peu ramolli le cerveau. La tentative méritoire de Sfar tout comme celle de Litvak n' a donc pas réussi à trouver l'équilibre parfait, peut-être impossible à atteindre, pour rendre complètement justice au remarquable roman de Japrisot qui se suffit sans doute à lui-même.
Rarement vu un thriller autant tiré par les cheveux, la première partie m’a plu, le charme de Freyda Mavor opère complètement, un joli petit bordel méli-mélo s’installe et l’ambiance 70s rend le film vraiment sympathique, la BO est excellente, j’ai aimé naviguer avec ce parfum de frénésie ascensionnelle, on ne va nulle part et pour le coup c’est intéressant. Par contre la fin est un foutoir pas possible, je crois que j’aurais préféré ne rien comprendre et qu’on nous laisse sur un jeu de pistes quasi indéchiffrable, parce que toute cette tentative à relativiser les faits est complètement abracadabrantesque, surtout quand c’est susurré par Biolay. En gros j’ai trouvé le projet assez ambitieux et je pense que tout était réunit pour produire un bon truc mais ça laisse un goût d’entourloupe assez aigre, c’est dommage, mais ça reste un bon moment concernant les 3/4 du film.
Impeccablement réalisé (un sans faute pour ma part) et retranscrivant à la perfection l'ambiance des films des années 60 (à la limite du Giallo), La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil vaut en très grande partie grâce à la sublime Freya Mavor, dont le charme subjuguant illumine chacun des plans où elle apparait, portée tout en sensualité par une bande son particulièrement réussie.
Techniquement parfait (les décors et l'éclairage sont sublimes), Joann Sfar (dont je suis loin d'être fan) distille ce qu'il faut de mystère pour tenir le spectateur jusqu'au bout, malgré les quelques baisses de rythme que l'onirisme affiché inflige à la narration.
Et quand bien même on reprocherait au film sa proximité avec Lynch (que j'exècre!), là pour le coup, on a une vraie histoire!
Avec "La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil", Joan Sfar tente de créer une atmosphère intrigante sur fond de road movie. En fait, l'ambiance vire vite au bricolage car le réalisateur est constamment dans la recherche de l'esthétique que ni les moyens (les décors seventies sont limités ; les acteurs sont médiocre - Freya Mavor peine à faire exister l'héroïne complexe qu'elle incarne - ou mauvais - Benjamin Biolay qui marmonne) ni son talent ne permet. Surtout, il fait de l'excellent livre de Sébastien Japrisot un scénario bancal alimenté par la faiblesse des dialogues qui s'étire en longueur par manque de tempo et de capacités à faire rebondir son intrigue pour captiver le spectateur. Comme si au fond cela ne l'intéressait pas comme en témoigne une fin bâclée en quelques minutes, où la scène de révélation est rendue totalement incrédible par un Benjamin Biolay en roue libre... Peut-être que la focale de Sfar de filmer sous toutes les coutures son actrice lui font oublier l'essentiel du cinéma, raconter quelque chose. Pas grand chose à retenir de ce film froid et ennuyant (si on excepte la très bonne B.O.).