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    Northern Soul
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    Fabrice T.
    Fabrice T.

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    4,0
    Publiée le 21 octobre 2015
    Les Anglais sont très doués pour représenter des jeunes travailleurs qui se cherchent dans un mouvement de mode. Quadrophenia des Who, ou This is England sont des modèles du genre. La reconstitution est fidèle et respectueuse de ceux qu'elle représente, pas de condescendance, pas de dérision, pas d'idéalisation non plus, juste le respect des codes d'une époque et d'un milieu, un peu de nostalgie, en tout cas quelque chose qu'on a jamais vu en France, peut-être un peu dans le péril jeune de Klapisch, mais pas tout à fait, car les anglais ont toujours une vision sociologique plus forte que l'anecdotique narratif du film, qui échappe toujours dans le cinéma français où les jeunes 'sonnent' toujours faux et avaient toujours l'air un peu con.

    Avec Northern Soul, Elaine Constantine réalise une peinture dont semble émaner tout le parfum d'une époque et d'un phénomène vraiment original. Au milieu des années 70 les jeunes travailleurs anglais de la région de Manchester ont décidé qu'on ne leur imposerait aucune mode. Ils se sont mis à collectionner des 45 tours américains de soul music, aussi rares que possible, des démos, des galettes dont on enlevait parfois l'étiquette pour être le seul à savoir ce que c'était. Cette musique était une soul au tempo élevé avec des orchestrations chargées hyper rythmiques et des vocals brûlant déclinaient toutes les nuances des peines de cœur, des trahisons, des espoirs vains, tout ça tout ça... Et au grand désespoir des producteurs et des vendeurs de disques de l'époque, tous ces disques avaient été enregistrés 10 ou 15 ans plus tôt. Impossible d'obliger ces jeunes travailleurs à acheter des produits faits pour eux, ils n'en voulaient pas.

    De même ils créent leurs vêtements, leurs coiffures et la codification des signes distinctifs de leur 'movement' était parfaitement horizontale. La ferveur qui les animait était impressionnante. Tapez 'Keep the faith' sur un moteur de recherche et constatez qu'il en reste toujours quelque chose quarante ans après. Le temple de cette jeunesse de 1974 était une salle de bal de Wigan le 'casino'. On y dansait douze heures à suivre le vendredi et le samedi, sous amphé. Les pas étaient difficiles, très précis, spectaculaires et sexy.

    Le film maintenant. Si vous n'êtes pas intéressés, a priori, par la vie nocturne mancunienne (la Northern Soul préfigure tout ce qui se passera ensuite à Madchester), il ne faut pas se cacher que le beau travail de reconstitution d'Elaine Constantine, toute la tendresse avec laquelle elle fait revivre le temps de sa jeunesse risque de ne pas beaucoup vous toucher. Dans Quadrophenia ou dans This is England, les drames sont déchirants, on tutoie le tragique, l'amour et la violence. Dans Northern soul, on danse, on trafique un peu, mais guère plus. C'était une belle époque, c'était avant Thatcher, on avait du boulot, on s'amusait le week end et on communiait avec ardeur dans les lumières blafardes du Wigan Casino. Toute cette jeunesse prolétaire allait, sous amphétamines, confiante vers son avenir. Il ne lui arrivait pas grand chose, on la laissait grandir et on lui foutait la paix.

    Les comédiens sont très bons, la lumière est particulièrement soignée, la musique est bien sûr très présente, et l'OST fait une bonne compil de Northern Soul, dont l'édition sonore aurait pu toutefois être plus soignée et l'emporter sur toutes les rééditions parfois techniquement indigentes des playlists du Wigan Casino.

    L'affiche porte cette exergue 'Si vous y étiez vous savez, si vous n'y étiez pas vous voudrez y avoir été' cette note d'intention est vraiment d'une exquise délicatesse et modestie.
    Gustave Aurèle
    Gustave Aurèle

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    2,5
    Publiée le 27 juillet 2015
    Une histoire pas très captivante, la musique ne l'est pas non plus.
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