4100 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
389 critiques spectateurs
5
30 critiques
4
133 critiques
3
120 critiques
2
72 critiques
1
23 critiques
0
11 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Bertie Quincampoix
142 abonnés
2 053 critiques
Suivre son activité
2,5
Publiée le 23 septembre 2015
Palme d'or à Cannes en 2015, Dheepan suit le parcours chaotique d'une homme, d'une femme et d'une jeune fille depuis leur Sri Lanka natal, où ils « choisissent » de se faire passer pour une famille, jusqu'à leur arrivée en France, où ils se retrouvent en banlieue parisienne, dans un quartier sensible. Bien loin du havre de paix qu'ils pensent trouver dans leur pays d'accueil, il y expérimentent une nouvelle forme de désintégration. Car la cité entière est une zone de non-droit, totalement tenue par des dealers de drogue. Malgré des tensions récurrentes et des coups de feux tirés par ci par là, la police ne s'aventurera pas une fois dans cet univers clos de barres d'immeubles imaginé par Jacques Audiard. Certes, la description d'un quartier « difficile », si elle est sans concession, correspond hélas à une réalité souvent minimisée. Il n'empêche, si le film possède des qualités cinématographiques indéniables, il souffre de deux défauts majeurs. Sur la forme tout d'abord. Le cinéaste aborde de front deux sujets forts et complexes – le drame des réfugiés arrachés à leur pays en guerre et la situation dramatique dans laquelle se trouvent certaines banlieues françaises – mais ne parvient jamais réellement à tisser le lien entre ces axes constitutifs. Ensuite, sur le fond, la conclusion du film est au mieux désespérée, au pire fortement gênante. Ainsi, en extrapolant (à peine), la seule solution pour résoudre la problématique des « quartiers » spoiler: serait de prendre les armes et d'éliminer la « vermine » ... Un message quelque peu dérangeant, voire légèrement fascisant. Enfin, le film se clôt spoiler: de manière assez étrange sur une scène de bonheur familial, dans une agréable banlieue anglaise, où l'on retrouve les protagonistes quelques années plus tard autour d'un barbecue entre amis. La déliquescence et la misère françaises s'opposeraient ainsi à la bienveillance et à la tolérance britanniques, pays capable – lui – d'accueillir décemment des immigrés et leur proposer un avenir digne de ce nom. La réalité est certainement bien plus complexe.
Je sous-note un peu le film au vues des critiques globales trop généreuses. Les personnages sont bien joués, c'est parfois profond, intense, beau, triste ou drôle....mais le scénario de la 2eme partie du film n'est pas crédible et malheureusement, nous sort du film.
Bof ! C'est "çà" la Palme d'Or 2015...?? Certes Jacques Audiard est un "sacré" réalisateur... (pas seulement consacré) mais franchement quel scénario ?! avec des raccourcis qui confinent à la facilité : Pouf ! par magie Dheepan et sa fausse famille se retrouve en France: pas très "réaliste" pour un film qui se veut décrire une réalité, mais celui-là passe encore... Mais le Happy End façon Série B décrédibilise le discours global (qui reste intéressant, il faut "quand même" le dire)... Esprit de José Giovanni es-tu là (je pense par exemple aux Grandes Gueules...) ?
Avec un sujet pareil, je m'attendais à un film moralisateur, c'était plutôt agréable de ne pas avoir à endurer ça. Le film, dans une première partie plutôt classique, traite de l'assimilation des protagonistes, leurs efforts pour apprendre la langue et les difficultés rencontrées pour s'intégrer dans une banlieues où ils arriveront à vivre grâce à l'argent de la drogue. La trame dérape dans le contexte d'une zone de non droit, où les souvenirs de guerres et de violences refont surfaces. Cependant la mayonnaise ne prend pas. Les personnages ne sont pas assez creusés, celui du père notamment : Celui-ci nous inspire de la dignité, mais à aucun moment, ou presque, il n'est évoqué chez lui des troubles justifiant un tel final. La construction du modèle familiale, qui est pourtant, l'axe principal du film, est également tiré par les cheveux, le rythme du film alternant routines et péripéties, rend les relations floues entre le "couple". La banlieue quant à elle (quand bien même elle existerait en vrai) est présenté de façon caricaturale. Pour conclure, un film qui ne mérite pas vraiment un prix, mais qui reste un divertissement sympathique. Du moins, il a le mérite de nous raconter l'histoire d'une famille clandestine dans les banlieues française sans nous imbiber d'idéologie, et ça c'est vraiment agréable.
Moyen. déception. Quel est le message ? Beaucoup de bruit autour de ce film. Restera t'il un film majeur du réalisateur qui nous a habitué à un certain réalisme, à une poésie, et une certaine clarté dans le message délivré. Projeté dans la salle d'Art et d’Essai du Mans, je pensai rentrer chez moi avec un contenu réaliste de la vie d'un migrant aujourd'hui, ayant moi-même été réfugié politique. Tel n'en fût pas le cas. Un scenario improbable, irréaliste est venu heurté ma représentation de l'intégration en France. Les scènes de violence dans les banlieues ne font qu'apporter confusion au message au sujet du migrant. Travaillant dans des quartiers dits "difficiles" du fait (certes) de la concentration des populations migrantes, je conviens que les qualités d'accueil en France peuvent parfois être la conséquence de catastrophes humaines. Mais, pourquoi donc avoir choisi de décrire avec autant de violence, d'inhospitalité les banlieues françaises comparativement à la description du cadre feutré de l'accueil anglais. Peut-être Mr Audiard dénonce t'il ici l'héritage colonial français, auquel cas les imprécisions et les scènes irréalistes tombent d'elles-mêmes pour rendre cet héritage plus acceptable au spectateur français... ?? En effet, l'histoire coloniale anglaise a été un exemple mondial de respect du peuple colonisé, notamment vis-à-vis des peuples d'Orient (Inde et pays voisins) J'ai donc été perdu par ce double message : le parcours d'un "migrant pas comme les autres", la vie en cité en France. Cela appelle à une autre migration moins neutre, celle des personnes venant des pays de l'Est, de Tchétchénie par exemple. Nombre de personnes ont vécu la guerre et leur arrivée en France s'est faite et continue à se faire dans des conditions déplorables. Les personnes venant d'Afrique continuent à souffrir de nombre de maux en vivant en France. Le film "Hope" fut une très belle réalisation et le regard les yeux ouverts sur une situation rencontrée par nombre de femmes venus d'Afrique.
Les personnages présentant la famille sont très bien joués. Les jeunes des banlieues semblent réalistes.
Je pense que je vais lire les autres critiques afin d'envisager peut-être sous un autre angle le film
On est loin de tous les précédents films (un prophète, de battre mon coeur s est arrêté...). L'intention est bonne mais on ne crois pas vraiment à ces personnages si froids entre eux. On a ensuite un passage d'une lenteur... La fin n'est pas mieux, une sorte de chevalier qui attaque sa tour (HLM !!
Non vraiment la palme il fallait la donner pour les autres films d'Audiard
La France , Terre promise, terre d'accueil !?? Quel sujet d'actualité brûlant !! Et pourtant, c'est sans compter les gangs et les racailles qui sévissent et qui augmentent considérablement les difficultés de ces gens qui essaient de faire au mieux pour s'intégrer ! Ces acteurs que je ne connais pas pour ma part, interprètent avec tant de réalisme cette "famille"! C'est très efficace et ça donne à réfléchir , dans le bon sens !
Un début assez enthousiasmant par la proximité avec les personnages d'un peuple méconnu. Mais le fil conducteur reste un peu brumeux comme l'image dont le réalisateur abuse d'effets de flou et de fumée, et on finit un peu perdu...
Je trouve que le thème du film est important, grave et actuel. On y voit un quotidien qui fait froid dans le dos... Malheureusement c'est un film lourd et pesant qui m'a mis mal à l'aise, et ces 2 heures de film ne m'ont pas plu... Dommage !
Une fois n'est pas coutume, Jacques Audiard parvient avec Dheepan à plonger le spectateur dans l'atmosphère authentique du Sri Lanka en pleine guerre civile. Les protoganistes sont poignants de sincérité et de complexité émotionnelle. Il faut voir ce pur jus Audiard
tres bon film,DHEEPAN ,la Palme d'Or de Jacques Audiard. Certains disent qu'Un Prophète l'aurait méritée davantage. Peut-être, sans doute… Personnellement, je trouve à son nouveau film tellement de qualités que l'idée ne me serait même pas venue à l'esprit. Quel réalisateur en France, aujourd'hui, fait preuve d'autant d'audace et de maîtrise ? Qui manie aussi bien que lui la finesse et la puissance ?
Le film s’ouvre au Sri Lanka avec une première scène qui nous saisit immédiatement : Dheepan s’apprête à brûler les corps de tous ses compatriotes tués aux combats durant la guerre civile qui sévit dans le pays. On se retrouve ensuite plongés en plein coeur d’un camp de réfugiés : une réalité difficile et qui fait forcément écho à l’actualité européenne du moment. Au milieu de ce chaos, Yalini est à la recherche d’une fillette afin de pouvoir prétendre à l’asile politique avec Dheepan en faux père de famille. Elle va donc échanger de l’argent contre une petite fille avec laquelle ils vont former une fausse famille tamoule. Ils embarquent ensuite tous ensemble dans un bateau en direction de la France… Une émotion qui nous laisse présager d’un film prenant…
[...]
Le contraste est très vite saisissant entre ce qu’ils imaginaient de l’Europe et la réalité de leur quotidien. Ils pensaient fuir la guerre, la violence et les drames mais sont plongés dans un territoire de non-droit effrayant. Ils se retrouvent enfermés au sein de cette cité hostile. Le hic, c’est que leur dilemme personnel est totalement éludé pour nous confronter au quotidien et aux enjeux de la vie de cette cité. Les traits sont volontairement grossis dans cette banlieue où on ne voit ni femme ni enfant. Tout est caricatural au possible et vu de France, semble totalement irréel. Dheepan vit une vraie lutte intérieure et ne souhaite pas capituler cette fois-ci face à l’ennemi contrairement à ce qu’il a vécu au Sri Lanka. Il y projette sa volonté de vengeance, ce qui aboutira à une scène finale d’une violence extrême. Cette scène a d’ailleurs été pour moi également une grande déception puisqu’Audiard y est radical au possible et y perd toute cohérence. Dheepan est élevé au rang de héros dans une séquence qui tranche totalement avec le drame social auquel on assistait et qui lui fait perdre toute sa consistance.
[...]
J'ai au final l'impression que Dheepan est le film le plus surestimé de l'année. Bien loin du niveau d'Un Prophète, Audiard nous offre ici une oeuvre caricaturale et inégale qui sombre trop vite dans une violence gratuite et inutile en oubliant son thème principal : le drame social vécu par cette famille de réfugiés tamoule.
Palme d'or à Cannes (2015) Dheepan était attendu sur les écrans comme ..." un prophète" ! Jacques Audiard, réalisateur exigeant et habitué des récompenses revient avec l'histoire de ce réfugié tamoul, qui fuit la guerre au Sri Lanka et débarque comme gardien d'immeuble dans une cité aux trafics bien rodés ! Que l'on adhère ou pas au cinéma de Jacques Audiard, nous devons lui reconnaître une réalisation ciselée et exigeante, un montage sans lenteur qui frôle la perfection et des plans magistraux qui mettent en lumière le contexte ou la personnalité profonde de ces âmes errantes inadaptées à une société sans compromis et souvent intransigeante ! je ne suis pas particulièrement fan de son cinéma, même si je le trouve intéressant, mais sous fond d'un réalisme exacerbé se cache un effort d'esthétisme, comme pour adoucir la dureté du scénario. Dheepan nous montre comment une jeune femme, un ancien soldat et une orpheline de 9 ans vont tenter de construire un foyer dans une cité sensible ! C'est un nouveau combat qui commence car en voulant offrir un peu de paix à cette cité sous pression, il se confronte aux caïds des halls d'entrée, transformés en distributeur ambulant de came et de poste de douane pour qui veut tenter d'entrer dans l'immeuble !!! Double confrontation puisque sa "femme" factice devient, elle, femme de ménage chez l'un de ces caïds. Si l'on avait oublié sa filmographie, c'est avec beaucoup de plaisir que nous retrouvons le prometteur Vincent Rottiers. Dans une interprétation extrêmement juste, nous comprenons son histoire par le port de son bracelet électronique et par un tempérament tendu, à couteaux tirés et en implosion permanente.
A quand Audiard dans une réalisation comique ?
On trouve toujours dans le cinéma d'Audiard ce réalisme social, ces exclus du système qui essaient de retrouver une place (pas toujours comme il faudrait ni de la bonne manière) et qui reflètent finalement sans trop d'exagération ce que sont les prisons, ce que sont ces vies d'immigrés arrachés à leur pays et qui vivent "une double peine" dans des quartiers bétonnés vieillissant mal et avec leurs propres lois ! Ce qui agace un peu mais qui est aussi une réalité, c'est l'opposition d'une France sur le déclin à l'ultralibéralisme anglais ! la chute presque trop pastel pour du Audiard dans une banlieue résidentielle de Londres, et Dheepan en chemise blanche, en conducteur de Black Cab résonne comme une critique de la politique d'accueil française ! Néanmoins, ce nouvel opus de Jacques Audiard n'a jamais été aussi en phase avec le contexte actuel et pose, sans parti pris, le double problème de ces cités au bord de l'explosion et de l'accueil des réfugiés en France. Enfin voir Audiard dans un autre registre ne me déplairait car son talent de scénariste dialoguiste (vénus beauté institut c'est lui) et ses idées de génie dans la réalisation nous donnent envie de le voir prendre d'autres chemins, pourquoi pas plus légers et où l'esthétique aurait raison du réalisme social !
Dheepan, film de Jacques Audiard, a reçu la Palme d'Or au dernier Festival de Cannes.
Ses précédents films m'ont particulièrement touchée : Sur mes lèvres (avec le duo Emmanuelle Devos et Vincent Cassel), Un prophète avec la révélation Tahar Rahim, Un héros très dicret avec Mathieu Kassovitz magistral qui enchaîne les mensonges, De battre mon cœur s'est arrêté qui m'a réconciliée avec Romain Duris... Ce sont des films chocs, qui prennent aux tripes, où la violence est souvent présente pour servir l'histoire.
Ce film raconte l'arrivée en France de Dheepan, un ex soldat, une femme prénommée Yalini et une fille de 9 ans Illayaal. Ils viennent du Sri Lanka où la guerre civile fait rage. Ils se font passer pour une famille afin de s'intégrer plus facilement, alors qu'ils ne se connaissent pas. Dheepan devient gardien de la cité des Prés, en région parisienne, où la violence est omniprésente et où certains clans font la loi. Brahim (incarné par Vincent Rottiers), sorti de prison et chef de bande du quartier, règne sur les bâtiments. On sent que la poudrière pourrait facilement s'embraser et que la tranquillité apparente n'est illusion. spoiler: La violence monte inexorablement jusqu’aux dernières scènes du film...
Ce qui est touchant dans ce film c'est la relation qui se crée entre cette pseudo famille. Dheepan veut croire à son couple fictif alors que Yalini ne rêve que d’Angleterre où sa vraie famille se trouve. Ce décalage est poignant. Il y a également des problèmes de langue et de traduction, avec la petite fille qui joue au début les interprètes de fortune.
Il y a des passages drôles, notamment dans la relation qui s'établit entre Yalini et Brahim. Par exemple, spoiler: quand elle lui demande si le bracelet électronique qu'il porte à la cheville sert à mesurer les kilomètres parcourus en jogging ou quand il lui demande pourquoi elle hoche systématiquement la tête même quand elle ne comprend pas et qu'il l'imite.
Dans le contexte actuel où les réfugiés et migrants font la une des journaux télévisés, ce film est bien évidemment d'actualité. C'est toujours bien joué, même si certains ne sont pas des acteurs professionnels. J'ai apprécié le film globalement, mais j'ai été un peu déçue par sa fin. Ce n'est pas mon film préféré de Jacques Audiard, mais cela reste un bon film, qui est présélectionné pour représenter la France aux prochains Oscars.