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Hastur64
268 abonnés
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3,5
Publiée le 2 juillet 2016
J’avais vu le précédent long-métrage d’Alice Winocour, “Augustine”, qui ne m’avait vraiment pas convaincu (pour ne pas dire que je l’avais trouvé plat et franchement ennuyeux) du coup, bien que la bande-annonce de “Maryland” m’ait beaucoup plu, j’y allais quand même avec une certaine réserve. Ce changement total de sujet et d’époque pour son nouveau film permet à la réalisatrice de fournir une copie un peu plus enthousiasmante. Dans ce drame/thriller saupoudré d’une romance qui se refuse, on suit un soldat que le syndrome post-traumatique handicape dans sa perception des choses alors même qu’il doit protéger la femme et le fils d’un homme aux activités troubles. On passe donc le film comme Vincent à ne pas savoir si ce qu’il perçoit de cette menace et réel ou s’il est victime d’hallucinations. Cette mise en scène subjective, qui nous met dans les chaussures de cet homme, donne au film une ambiance de constante menace qui sans jamais se dévoiler totalement semble planer au-dessus de cette luxueuse propriété. Encore une fois Matthias Schoenaerts joue un homme aussi physiquement impressionnant que psychologiquement blessé et avec une prestation tout en subtilité, malgré un jeu très physique (il parle finalement peu) il parvient à rendre palpables les peurs, les désirs, bref les sentiments de son personnage. L’ambiance du film n’est pas à l’action, même si la dernière demi-heure consacre de beaux moments de lutte, mais son ambiance obsidionale nous tient en haleine, tant entre les moments banals d’une vie de famille (telle que la mène cette mère de famille et son fils) qui se heurtent aux angoisses de cet homme, nous laissent en permanence dans l'expectative d’un événement tragique en provenance de l’extérieur ou provoqué par ce dernier. Un drame en quasi-huis clos qui nous plonge dans l’angoisse d’un homme qui doute de ses propres perceptions et qui essaie malgré tout de prouver qu’il est encore capable de mener à bien sa mission. Un long-métrage prenant à défaut d’être complètement passionnant. À voir.
Là ou Alice Winocour est forte, c'est qu'avec une histoire sensée être simple, elle arrive à nous mettre le doute avec le personnage principal. Hallucinations ou réalité, telle est la question. Même si on pense que tout au long ça se passe comme ça, la fin laisse planer le doute et j'aime ce genre de chose. On ne présente même plus Matthias Schonaerts qui ébloui l'écran à chacune de ses apparitions dans des rôles divers et variés. Le duo est complété par une belle et talentueuse Diane Kruger. C'est un peu long à se lancer mais lorsque l'on rentre dans le vif du sujet, on ne fait pas semblant. J'ai aussi adoré ces effets de styles tant par les plans, les sons et musiques, l'ambiance ainsi que la profondeur du rôle du protagoniste. Il est à la fois brut mais également très protecteur, un sacré homme. Je regrette l'apparition d'acteurs "bateaux", certaines longueurs, le côté amateur qui pourrait nous faire passer dans le téléfilm, ce qui est dommageable. Hormis ça, c'est une belle découverte qui n'a pas du tout fait parler d'elle comme beaucoup de longs métrages indépendants. Bravo à la réalisatrice qui s'est attaqué à un thème assez délicat et qui l'a - presque - maîtrisé de bout en bout. Je conseille. 12/20.
PANIC ROOM. Matthias Schoenaerts revient au parc d'attraction traqué les orques. Ambiance contre trouble, efficacité contre sécurité et maîtrise contre stress. Au pays d'Alice Winocourt tout est en équilibre. A Maryland il pleut quelque part dans un café et entremêler mes rêves au vent.
Il y a comme une inspiration Audiaresque dans ce huit clos étouffant dans la mise en scèn e et dans la gestion des acteurs. Il faut dire que M.Schoenarts est parfait dans son rôle de militaire perdu, une prestation hors du commun. Toutefois la fin du film n'est ps à la hauteur du reste et nous laisse pantois.
Malgré un duo d'acteurs intéressant, le film n'a rien de fantastique. Manque de rythme, mise en scène assez faible... difficile de rester en alerte devant sa télévision.
Schoenaerts qui devient de plus en plus impressionnant au fur et à mesure de ces rôles. Par contre, je m'attendais à beaucoup plus d'échange avec sa cliente (Diane Kruger pas excellente mais convaincante malgré tout)... mais ce n'est pas cela qui gâchera ma bonne impression sur le film en général... Vaut le coup d'oeil!
Un film assez curieux, je ne m'attendais pas à ce que le film bascule dans une sorte de huis clos trop gentil malgré des scènes assez stressantes par moment. Au final on ressort mitigé car ni vraiment bon mais ni vraiment mauvais.
Un film un peu mou que Matthias Schoenaerts porte parfaitement sur ses épaules. Et heureusement car c'est long par moments... Au final peu suspens et peu d'action. Place à la réflexion. ----Janvier 2017----
Sous l’apparence d’un thriller paranoïaque, Maryland de Winocour ne raconte pas la guerre mais sa persistance, déplacée dans un corps incapable de quitter l’état d’alerte. Vincent, ancien soldat devenu garde du corps, incarne un monde où la violence n’a plus de front ni de fin, mais continue d'imprégner chaque pensée.
Winocour filme un conflit sans champ de bataille, et transforme le stress post-traumatique en forme même du récit. Montage heurté, sons agressifs, menace diffuse jamais confirmée. Le spectateur est enfermé dans une perception saturée, où la vigilance permanente produit la paranoïa qu’elle prétend conjurer. Le corps masculin, formé pour protéger, devient dysfonctionnel dans le civil. La masculinité guerrière n’est plus un fantasme héroïque mais une impasse, où protection et domination se confondent.
En somme, Maryland observe ce que devient un individu lorsque la violence devient exceptionnelle. Une œuvre tendue qui regarde les ruines laissées par les mythes contemporains d’héroïsme.
Une tranche de la vie d'un commando en mission privée. Le film repose essentiellement sur l'atmosphère pesante qui règne dans le lieu clos, sans être un huis-clos cependant. Le scénario s'avère ultra mince, mais on ne le découvre qu'à la fin ; ce qui n'empêche pas son exploitation au millimètre par le metteur en scène, concernant le suspense et la conduite des acteurs. Et il fallait ça, car tout est là.
Malgré une bonne idée de départ portée par deux acteurs irréprochables et un décor photogénique, le film tourne à vide, multiplie les incohérences et abouti à une fin totalement irréaliste. Raté.
A vrai dire je m'attendais à mieux en voyant la Bande annonce. Oui le film nous plonge dès les premières minutes dans la paranoïa et l'angoisse. Mais à part cela le film est lent. Bravo à Matthias Schoenaerts qui nous démontre encore son talent avec sa présence virile et animale. Peut être l'intérêt de ce film est que l'on se trouve sans cesse entre le doute de la réalité des situations. Est ce que tout ce passe dans la tête de vincent ce militaire torturé, abîmé et atteint du syndrome post traumatique de la guerre.
Angoissant, captivant, impeccablement interprété... un très bon Thriller pour ce metteur en scène Alice Winocour dont je n'ai toujours pas vu le premier essai ("Augustine") . J'appréhendais que le scénario sente le réchauffé après avoir lu ici et là quelques avis mais personnellement, j'ai trouvé le scénario assez original. Suffisament en tout cas pour que j'accroche dès les premières minutes et ce, grâce au mystère autour du personnage de Mathias Schoenarts (Excellent encore une fois!) et de sa mission. On sent de suite, comme ce garde du corps que quelque chose ne va pas mais au fur et à mesure que l'on découvre le personnage et ses soucis psycho-traumatiques, c'est le doute qui s'installe: est ce de la paranoïa? Grâce à la mise en scène de Winocour , on se sent un peu déstabilisé comme lui jusqu'à ce que.... J'ai vraiment adoré cette ambiance qui joue sur le doute, sur la tension, le stress .... Vraiment le point fort du film avec l'interprétation de Schoenaerts qui devient de plus en plus impressionnant au fur et à mesure de ces rôles. Par contre, je m'attendais à beaucoup plus d'échange avec sa cliente (Diane Kruger pas excellente mais convaincante malgré tout)... mais ce n'est pas cela qui gâchera ma bonne impression sur le film en général... Vaut le coup d'oeil!
Au début du film, on râle beaucoup; on pense voir venir le truc lourd, lent, glauque, silencieux... enfin le cinéma français dans son mauvais côté. Je précise que j'aime beaucoup le cinéma français, qui laisse rarement indifférent : soit il atteint des sommets de tension, de poésie, d'originalité, soit il se plante complètement. Or ici on pense au début avoir affaire à la seconde catégorie, mais tout en rouspétant et soupirant, on se surprend à rester, puis à ne plus râler, et enfin à être complètement scotché. La mise en scène, bien qu'ayant des effets parfois trop appuyé dans le premier quart du film, devient littéralement excellente (wahou la scène de l'agression en voiture !). Comme Haneke, la réalisatrice sait distiller forte tension et angoisse sourde avec trois fois rien en apparence, beaucoup de travail en réalité sur les cadrages et le montage : l'essence même du cinéma donc. Ajoutons un très bon Schoenaerts faussement monolithique, une Diane Kruger toujours aussi belle et magnétique, un accompagnement musical qui se défend et un dernier plan absolument génial ! Du très bon boulot.
Le meilleur atout du film et de Aline Winocour c'est le choix de Mathias Schoenaerts et sa relation avec la caméra de la réalisatrice. Le charme, le charisme et le regard de ce mec font tout. Je n'avais pas du tout aimé Augustine et encore moins Lindon dans ce film et ici, je me pose la question par ce qu'aucun scénario ou presque, une mise en scène ni bien ni mal mais une musique parfaitement bien utilisée qui fait presque l'essentiel de l'ambiance et encore une fois la prestation de Schoenarts.