Un esthétique stylé toujours aussi travaillé et une BO signé Cliff Martinez nous plonge irrémédiablement dans son monde à la fois psychédélique et terrifant. Malheureusement dès le début on a un bloquage alors même que la patronne d'agence déclare que la jeune Elle Fanning a le corps bien fait et insiste sur sa beauté presque surnaturelle. Elle Fanning un canon de beauté ?! Néanmoins le trio Jena Malone, Bella Heathcote et Abbey Lee vole la vedette à la jeune pucelle arriviste autant dans la présence à l'écran que dans l'évolution du récit.
N'y allons pas par quatre chemins, Nicolas Winding Refn est un plasticien de génie et ce film est un immense choc pour nos yeux et nos oreilles. La lumière, les cadrages, les travellings, les costumes, le sang, la musique électrisante de Cliff Martinez... Tout est beau dans The Neon Demon et lorsque la mise en scène tend vers l'abstraction pour nous offrir de véritables trips expérimentaux, c'est l'extase ! Le réalisateur parvient à créer des images étonnantes, sans doute les plus dingues qu'on aura vu cette année. Les mauvaises langues dénoncerons la vacuité d'une œuvre privilégiant la forme au fond et dont la trame scénaristique est réduite au minimum (ils n'ont pas complètement tord sur ce point), mais n'est-ce pas là une manière tout à fait correcte de dépeindre une industrie de la beauté où, justement, tout n'est qu'apparence et faux-semblants ? Car en effet, The Neon Demon développe, non sans ironie, une réflexion inquiétante sur le monde de la mode et ses dérives, notamment par le biais d'omniprésentes métaphores toutes plus gonflées les unes que les autres (on pense notamment à la question du cannibalisme). C'est donc dans cette ambiance à la fois cauchemardesque et envoûtante que nous suivons le parcours d'une héroïne virginale, évidemment très enviée, semblant incarner la beauté dans ce qu'elle a de plus pure, mais qui sera ensuite progressivement pervertie par la décadence du milieu qu'elle fréquente. Malheureusement, cette prometteuse montée en tension débouche sur un climax, très sanglant certes, mais assez peu satisfaisant par rapport à ce qui semblait s'annoncer. Bien sûr, on ne boudera pas notre plaisir devant la folie décomplexée de certaines scènes (mention spéciale au vomis final), mais on aurait préféré que Refn exploite davantage potentiel horrifique de son histoire. On regrette également que le film, avare de péripéties, se traîne autant en longueurs et en silences gênants, le montage aurait probablement gagné à être un peu plus découpé, plus rythmé... Car si vous ne vous laissez pas immédiatement emporter par l'atmosphère lancinante du Neon Demon, il est fort probable que vous trouviez l'expérience assez rebutante (la fameuse impression « c'est beau, mais c'est long, mais c'est beau, mais c'est long... »). Ces quelques lacunes sont cependant pleinement comblées par les qualités plastiques et sensorielles du film, nous en avons bien assez parlé, mais aussi par la présence d'actrices de talent comme Jena Malone et évidemment Elle Fanning, d'une blancheur angélique, tenant ici parfaitement le rôle titre en faisant preuve d'une ambiguïté fascisante. Alors au final, faut-il aller voir The Neon Demon ? J'aurais plutôt tendance à répondre oui, car même s'il ne fait pas l’unanimité, c'est un film qui ne laisse pas indifférent, qui vous hante plusieurs jours après sa projection. Voilà une œuvre qui assume ses parti pris jusqu'au bout et qui, au même titre que Mulholland Drive de David Lynch (dont l'influence se ressent clairement chez Refn), fait débat et peut cacher mille interprétations passionnantes. De telles propositions de cinéma, on en croise finalement assez peu et c'est pour cette raison que je vous encourage sincèrement à vous faire votre propre avis en salles.
Moyennement sensible à l’ambiance horrifique, je suis allé voir The Neon Demon, partagé entre appréhension et excitation. Sage décision. Mon inquiétude s’est rapidement dissipée sous le choc de visuels inventifs doublés d’esthète. Drapée dans cette robe voluptueuse, l’horreur n’a pas vocation à dissimuler un scénario aussi épais qu’un mannequin rachitique, mais à réveiller les démons de notre imaginaire. Servie avec son coulis rouge sang, elle se pourlèche, mais reste sur le cœur. Subtilement et sans prévenir, Nicolas Winding Refn fait tanguer l’équipage, dans la lumière et les ténèbres, au rythme d’une bande son envoutante. L’art de lui faire sonner le tocsin à tort et à travers, pour mieux le surprendre et le glacer d’effroi. Trop souvent abordée, la vacuité du monde très fermé de la mode n’est ici employée pour les clichés qu’on lui connaît, mais pour la terreur muette campée derrière les visages clos.
Ce film confirme mes peurs au sujet de Nicolas Winding, à savoir qu'il est dépassé par sa prétention, oui les images sont belles, oui l’esthétique est sublime comme dans la majorité de ses réalisations, mais cela ne suffit pas à en faire un bon film, bien au contraire sa réalisation dessert complètement le film, exactement comme Only god forgives. Allez Nico arrête la coco, tu deviens mégalo.
Film à voir absolument pour tous les amateurs de cinéma ! Peu de dialogues, des personnages décalés, une atmosphère angoissante du début à la fin, on est bien dans un film de Nicolas Winding Refn ! Personnellement je craque complètement pour l'ambiance sonore du film ! Elle accentue énormément le suspense et l'ambiance pesante du film ! Merci Nicolas !
The Neon Demon, oscille entre conte horrifique et satire de l’univers de la mode. Ce véritable poème cinématographique à la mise en scène exceptionnelle est une claque visuelle.
Formellement, rien à dire, c'est assez impressionnant, que ce soit le travail sur la photographie ou le son. Et le casting est réussi. Reste que le réalisateur, un rien mégalo à caser son nom partout, en oublie de soigner son scénario malheureusement bien léger : on a l'impression que Winding Refn n'a pas grand chose à raconter. Et si les images sont dans un premier temps totalement envoutantes, sur la durée l'ennui pointe sérieusement son nez... Surtout, après la claque "Only God Forgives", "The Neon Demon" parait bien sage, à l'exception d'une ou deux séquences vaguement dérangeantes.
Expérience aussi intense que déroutante, « The Neon Demon » est à l’image de l’intégralité de la filmographie de Nicolas Winding Refn : totalement barrée. Avec un soupçon de Gaspard Noé en prime pour donner du piquant supplémentaire. Vous êtes prévenu.
En gros tout le monde s’accorde à dire que c’est beau, et donc c’est bien. En résumé : la forme surpasse tout, surtout le fond. Bien, bien, tout est dans les apparences alors, ça résume complètement la société actuelle… Ben désolé mais pas pour moi, si un film ne raconte pas un tant soit peu quelque chose autant voir une photo, ou mieux un tableau, mais pour ça faut de la culture, et là encore ça coince. On le compare beaucoup à un clip, mais là il y a 1h55 de trop donc erreur de casting de réalisateur. Au moins faut avouer que les producteurs se sont donné les moyens. En effet, pas d’histoire, un montage foireux, des dialogues insipides mais une jolie musique et des mannequins en actrice. Du coup ça joue mal mais c’est pas grave, ça fait plaisir de voir des squelettes et de « dénoncer » le méchant milieu de la mode qui mange littéralement les jeunes filles innocentes. Si on sort ça en 1950 c’est un four, mais désormais c’est un plébiscite, comme quoi les mentalités évoluent vite parfois, juste pas dans le bon sens.
Avec The Neon Demon, Nicolas Winding Refn explore un genre qu’il n’avait jusqu’ici jamais abordé: l’horreur. En suivant une jeune ingénue qui entame une carrière de mannequin à Los Angeles, le cinéaste danois dresse un portrait cinglant du monde de la mode tout en y intégrant ses obsessions personnelles. Le récit va alors progressivement glisser vers le macabre jusqu’à une conclusion inéluctablement sanglante. ♥½
C’est à la suite de diverses expériences comme réalisateur de publicités de mode que commence à émerger dans la tête du cinéaste l’idée de prendre ce cadre bien particulier comme point d’ancrage de son prochain film. Nicolas Winding Refn déclare également avoir été motivé à l’idée de prendre des femmes comme personnages principaux, puisque jusqu’ici ses films étaient uniquement menés par des hommes. L’obsession de la beauté est ici le thème central du récit. En effet, dans The Neon Demon, la beauté est plus qu’un atout, elle est une arme. Jesse, le personnage interprété par Elle Fanning, va alors rapidement faire de l’ombre à ses concurrentes grâce à son physique aussi angélique que dévastateur. L’évolution de son personnage au départ ingénu et innocent à celui d’une prédatrice est le point de basculement du récit vers l’horreur pure.
Toujours référentiel, le cinéma de Nicolas Winding Refn dépasse également souvent le cadre qu’il s’est imposé. En détournant les codes, le cinéaste danois parvient souvent à bouleverser les genres qu’il investit. Révolutionnant aussi bien le film de gangsters avec sa trilogie Pusher que dépoussiérant le film carcéral avec Bronson, Winding Refn sait digérer ses influences et proposer une vision personnelle des genres filmiques. Mais depuis le succès de Drive, son cinéma semble laisser penser qu’il se croit aujourd’hui plus malin que ses influences et le détournement des codes commence à ressembler fortement à de la parodie. Avec The Neon Demon, le cinéaste lorgne aussi bien du côté du cinéma d’horreur italien des années 60-70 que de David Lynch ou encore vers le cinéma plus expérimental de Kenneth Anger. Mais au-delà de ces influences prestigieuses qui donnent au film un parti-pris esthétique sublime, The Neon Demon souffre d’une écriture foncièrement maladroite qui donne lieu à un intrigue prévisible et à des personnages caricaturaux. Le film sonne aussi creux que ses protagonistes et son propos sur l’importance de la beauté dans un monde aussi artificiel que celui de la mode est d’une banalité confondante.
Quant à la dimension horrifique du long-métrage, elle tombe comme un cheveu sur la soupe dans le dernier tiers du film. Ne préparant pas son spectateur aux scènes chocs de la fin, Winding Refn cherche la subversion et ne trouve que la parodie. Le troisième acte est ainsi foncièrement embarrassant et anéantit le peu de crédibilité qu’avait le film jusque là. C’est à se demander si le succès qu’a connu le cinéaste avec Drive n’est finalement pas la pire chose qui lui soit arrivée. A force d’être tiraillé entre le besoin de reconnaissance et le refus d’être un réalisateur commercial, Nicolas Winding Refn nous livre aujourd’hui les oeuvres les plus bancales de sa carrière. Il est à espérer que le réalisateur revienne à un cinéma plus brut et moins esthétisant, un cinéma regorgeant d’émotions loin du vide et de l’artificialité des personnages de The Neon Demon.
L'horreur de la mode; le handicap de la beauté. Je suis épuisé, l'ambiance est encore tres reussie ; pour les amateurs de Drive. Esthetiquement sublime et subtilement flippant. De plus la musique est omniprésente. Lent et reussi.
Avant tout un film artistique, une ode à la beauté. Mais pas dans sa version harmonieuse, ici Nicolas Winding Refn cherche plutôt à imager le sublime, dans ses infinis contrastes : on oscille en permanence entres scènes pas saines et perles, entre morbide et merveille, toujours dans l’intensité. La fascination côtoie le malaise, l’horreur et le dégout sont au rendez-vous, on n’en tire rien de bon, rien d’encourageant, rien d’agréable. Et pourtant on ne peut en détacher les yeux un seul instant. Ce ne sont pas pas les acteurs, pas le scénario, c’est l’atmosphère. Et le rythme. Les plans, les musiques, les surprises. Ce n’est pas un film sur la mode, c’est un film sur l’immonde. Sur la saleté en chacun, et ce besoin mortel de la cacher sous une peau parfaite. C’est de l’art, mais des plus difficiles d’accès. Ce n’est certainement pas pour les enfants. Et c’est révolutionnaire.
Je retrouve souvent dans la presse ces mots pour décrire ce truc : thriller (alors que de suspens il n'y a pas, si vous n'avez pas vu venir la fin c'est grave), univers concurrentiel des mannequins (comme partout en somme maintenant, puis que ça en arrive là m'étonnerait beaucoup), propos vaporeux (ou sous ecstasy en gros), réalisateur surdoué parce qu'il a fait un film adulé par tous juste par la présence du bogoss de service, et enfin bijou visuel, c'est vrai que filmer de belles nanas suffit à en venir à ça. En gros préférez le défilé Victoria Secret, c'est plus beau, mieux fait, pareil, avec des meilleures images, et l'histoire n'est pas plus tarte, ah et c'est mieux joué.
Mes réserves sur son cinéma sont plus ou moins les mêmes que j'avais après Only God Forgives, mais on s'en fout. J'ai trouvé mon Showgirls du XXI Siècle. Le film sur lequel on peut dire que c'est de la merde, et ça colle, ou que c'est un chef d'oeuvre, et ça colle aussi. Personnellement, j'ai adoré. Si l'idée de Nicholas Winding Refn était de faire un film qui plus est répulsif plus il est fascinant, alors c'est une réussite totale. Et dans ce sens, son habituel esthétisme poussé jusqu'au paroxysme pour une fois n'est semble pas gratuit (surtout considéré le sujet du film). Et l'ironie subtile est bien là et bien cachée pour qu'elle ne gâche pas le plaisir. Du cinéma d'auteur ? Je dirais que non, mais si on le prend comme du cinéma commercial qui cherche des nouveaux (façon de parler, le réalisateur danois est toujours assez "postmoderne", comme on dit aujourd'hui, sinon les mauvaises langues peuvent utiliser "dérivatif") territoires expressifs avec beaucoup de liberté, alors on peut bien s'amuser. Mais attention ! Ce n'est vraiment pas un spectacle pour tous les goûts.