Des américains et un allemand sont sur un bateau, qui tombe à l'eau ? Alfred Hitchcock n'a pas démérité son statut de "maître du suspense" ! En effet, même avec un survival comme ce "Lifeboat", le metteur en scène crée une véritable atmosphère angoissante sous le texte accrocheur de l'écrivain John Steinbeck (à qui l'on doit de grands récits comme "Les raisins de la colère" ou encore "A l'est d'Eden"). Un film à l'écriture captivante donc, où les comportements et intentions de ces différents personnages seront plus qu'entraînants. Tout en mettant en avant cette confrontation Amérique/Allemagne en pleine seconde guerre mondiale sur cette embarcation de l'absurde, et au-delà de la polémique qu'il a engendré lors de sa sortie en salles, "Lifeboat" propose un véritable survival passionnant, et ce sans le moindre décor (sans pour autant épargner la règle du fameux caméo d'Hitchcock, présent en toute circonstance).
Échec commercial à sa sortie - 1943 - ( la Fox ne renouvellera pas l'expérience avec Hitchcock), " lifeboat" reçu en France des commentaires critiques divergents. Truffaut aimait le film, Sadoul pas du tout.
Sur un scénario de John Steinbeck, Hitchcock réalisa " lifeboat" alors que l'issue de la seconde guerre mondiale était incertaine.
Les passagers du canot de naufragés qui n'arrivent pas à s'unir, représentent une métaphore des divergences de stratégie entre les futurs alliés, union pourtant indispensable à leur victoire.
Certains ont relevé que le personnage de l'officier allemand était par trop sympathique. Le contexte de l'époque explique sans doute ce ressenti, dont la pertinence me semble discutable aujourd'hui.
Si l'on s'en tient à ce qu'il fait sur le canot, il n'est en rien empathique, mais est surtout manipulateur. La séduction feinte est un artifice utilisé par ce type de personnalité pour mieux contrôler ses futures victimes.
Il faut relever le tour de force de Hitchcock qui parvient à maintenir une tension tout au long de " lifeboat ", malgré un scénario qui peut à priori laisser dubitatif.
Il n'en est pourtant rien, même si les dialogues presque ininterrompus connaissent parfois des passages à vide.
Les amateurs de la filmographie du cinéaste ne manqueront pas ce titre, le troisième et dernier des opus de soutien psychologique à l'effort de guerre.
On notera enfin la présence au sein de la distribution, de Tallulah Bankhead, actrice issue d'une famille fortunée du sud des usa et dont la légende prête des aventures avec notamment H.Mac Daniels ( première actrice noire à avoir obtenu un Oscar -cf " autant en emporte le vent" de Victor Fleming 1949) et avec la célébrissime chanteuse de jazz Billie Holiday.
Selon la documentation Tallulah Bankhead aurait aussi servi de modèle au personnage de Cruella dans " les 101 dalmatiens" de W.Disney.
En pleine 2e guerre mondiale, Hitchcock sort de son style habituel pour s'essayer au huit clos. Suite aux torpillage d'un bateau par un sous-marin nazi, les rescapés vont se retrouver sur un canot de sauvetage et vont tenter de survivre. Comme tout huit-clos, l’intérêt repose sur les relations entre les personnages. Si ceux-ci sont bien caractérisés et bien joués, Hitchcock ne réussi pas à insuffler une tension dans les situations ou les dialogues pour obtenir une efficacité dans sa narration comme il y arrive avec ses thrillers. Le film manque donc un peu d'efficacité et s'il se suit sans déplaisir ou ennui, il n'est pas particulièrement captivant. Un Hitchcock correct mais pas aussi marquant que d'autres de ces films.
J'aime bien voir ce film excellent, allez va pour 4 et demie d'étoile noté, un 19/20 proche de la perfection pour cette réalisation méconnue qui ne laisse pas indifférent face à la démagogie d'Alfred. Soyons recevable l'invitation d'indulgence à suivre ce scénario unique en son genre dans un décor de mise en scène, l'horizon maritime est en plein vaste étendu océanique, c'est la mer à boire et ce ne sera pas fini malgré les secours militaires déboussolés.
Ho hisse le moussaillon marins officiels embarquant dans ce bateau mesdames en détresse refuge du navire touché coulé par le missile d'un sous-marin pendant la guerre mondiale propagande. Que ferait-on si l'ennemi juré éminent est à bord parmi eux-mêmes ? Telle est la question qui se pose et répondra dans cette intrigue, conclusion hâtive satisfaisante, les ordres agités sont exécutés en bonne et due forme.
Vu en v.o. en juin 2008. Le tournage fut réalisé en studio, il en a fallu des astuces pour donner l'illusion de mal de mer, bien présente... Une oeuvre décriée à sa sortie (pas de quoi !), réhabilitée ensuite puis injustement tombée dans l'oubli. La "patte" du maître est bien là : quelques nappes de brouillard, des signes brefs de naufrage et focus sur une lady fumant cigarette, son bas a juste filé (fascinante Tallulah Bankhead), elle accueille un premier rescapé (très beau et intemporel John Hodiak). C'est parti pour 1h36 de chaloupe avec neuf fantômes de l'océan à la dérive, dépouillement progressif, drames mais aussi quelques cocasseries... Vous auriez tort de vous priver de cette confrontation de caractères, surtout que les dialogues de Steinbeck renforcent encore la malice hitchcockienne !
Le concept de filmer un huis-clos à ciel ouvert et en pleine mer, directement adaptée d’une nouvelle de John Steinbeck, pouvait sembler, en 1943, être un défi difficilement relevable, tant sur un plan technique que scénaristique. Et pourtant, cette œuvre injustement méconnue d’Alfred Hitchcock réussit son double pari notamment grâce un travail ingénieux sur les décors maritimes et la justesse des dialogues et les opinions très divergentes des survivants concernant le fait de garder à bord un ennemi nazi -une thématique toutefois mieux abordée dans Un taxi pour Tobruck-, une intrigue que l’actualité de la sortie du film a rendu d’autant plus pertinente. Le talent du réalisateur britannique pour maintenir un suspense efficace du début à la fin de ces films contribue encore une fois à rendre celui-ci palpitant.
Un assez bon Hitchcock, peut être le plus original de sa filmographie. En pleine seconde guerre mondiale, un groupe de resapés de différentes origines vont devoir cohabiter sur un même radeau. Malgré un début un peu lent, la sauce finit par prendre et la tension devient vite efficace. Si on reconnaît la patte d'Hitchcock dans l'habileté des péripéties successives, le Maître semble quelque peu avoir perdu son génie pour faire vibrer le spectateur pour un personnage et lui faire vivre l'intrigue; l'intérêt majeur de ce film est sans doute à chercher ailleurs. Dans une ambiance très psychologique, certaines questions éthiques se posent aux personnages, en particulier à propos de la peine de mort et de la valeur de la vie humaine. Mettre des personnages dans une situation dramatique et les confronter à des dilemnes cornéliens: voilà la plus grande réussite du film. La dernière réplique conclut le film sur une morale qui n'est pas sans rappeler celle d'M le Maudit. Il convient de louer Hitchcock pour quelques scènes qui font une apologie discrète du mouvement pour les droits civils, position politique assez précoce au vu de la date du film (1945). Associé à l'intensité du film, ce côté moral fait donc, en grande partie, la réussite de l'oeuvre. Une ambiance sombre, mais non dénuée d'humour, avec un personnage particulièrement amusant. Quelques scènes assez réalistes rapellent au spectateur la cruauté de cette guerre, tandis que ce huis clos qui mêle classes, nationalités et personnalités aussi diverses que possibles, se révèle dense et intéressant. Malgré tout, jamais le suspens ne devient insupportable ou la tension oppressante; le potentiel de cette intrigue ne semble pas être exploité jusqu'à son paroxysme; on regrettera aussi une musique très peu mémorable, ou bien tonitruante au possible, ou bien trop peu présente. Un Hitchcock original, pas parmi les plus passionnants mais à voir pous sa dimension psychologique et son côté philosophique.
Dans la catégorie "bizarrerie technique d'Hitchcock", "La Corde" est une réussite indéniable. C'est moins le cas pour "Lifeboat". S'il est admirable que le film puisse se dérouler pendant 1h30 sur ce canot, on peut regretter les nombreuses lenteurs rencontrées, et la présence de certaines scènes qui ne rajoutent pas grand chose au récit. Il n'y a pas vraiment de tension, ni de suspense. Et la morale... est ambiguë : en fin de compte, où voulait en venir Hitchcock ? On ne sait pas trop. A noter cependant un des meilleurs caméos du maître. Et surtout une mise en scène et des effets spéciaux toujours en avance sur leur temps.
Réaliser au début des années 40, alors que la Seconde Guerre Mondiale est encore d’actualité, Alfred Hitchcock réalise un film aux antipodes de ce qu’il avait pu réaliser auparavant. Avec Lifeboat (1956), il nous livre un film de propagande, en noir et blanc et entièrement tourné en studio, il réalise un huit clos passionnant et trépidant. On se retrouve plongé en plein cœur de la guerre 39/45, où un navire américain est coulé par un sous-marin allemand. Un canot de sauvetage arrive à s’extraire des décombres et au fil de l’intrigue, des rescapés refont surface. Parmi eux, un marin allemand, naufragé lui aussi, essaye de ce faire une place au sein du groupe. Entre haine et méfiance, Hitchcock, comme à son habitude, laisse planer le mystère, les entourloupes et autres manigances. Un huit clos en pleine mer qui mérite le coup d’œil, ne serait-ce que pour la distribution et la richesse des trucages présents dans le film ! Une réalisation qui a tout de même décroché trois nominations aux Oscars en 1944, dans les catégories Meilleur réalisateur, Meilleur scénario et Meilleure photographie noir et blanc.
« Lifeboat » dAlfred Hitchcock est certes un film mineur du maître, mais est très intéressant sous de nombreux aspects. Nous sommes en pleine seconde Guerre Mondiale, un navire anglais est coulé par un sous-marin allemand lorsque le film souvre. Huit survivants parviennent à grimper sur un canot, et cest la vie de ces huit personnes, dont un officier nazi, coincées en pleine mer, quHitchcock va prendre un malin plaisir à nous décortiquer avec une malice exceptionnelle : celle de faire un huis clos sur un espace aussi vaste que locéan. Et cest sans doute là quest le point crucial de ce film mineur : lexploit technique, en somme. A linstar de « La Corde », « Lifeboat » est un film magnifié par sa technicité, par le défi quHitchcock simpose à lui-même pour se renouveler sans cesse, pour ne pas sombrer dans la routine denchaîner film après film. Dautant plus quavec lui, la forme sassocie toujours au fond, et nest donc pas que démonstration. Lautre grand événement « Lifeboat » est quil sagit dun film traitant de la seconde Guerre Mondiale et ayant été tourné en 1944, donc en plein dedans ! Voici qui nous permet aujourdhui de voir comment un cinéaste, et non des moindres, pouvait se représenter le conflit au moment où il se déroulait, ainsi que tout ce quil ne savait pas encore ou ne voulait pas savoir (le naufragé nazi est en effet montré sous un aspect non dénué de sympathie).
Selon Hitchcock le sabotage est pire qu'un meurtre et c'est ce qu'on peut vérifier dans ce polar de guerre ayant peu vieilli, avec aussi tout le long une propagande unilatérale allemande plus qu'évocatrice.
Même dans les films les moins connus d'Alfred Hitchcock on trouve quelques petits bijoux ! "Lifeboat" fait partie de ces trésors que l'on ne cessera jamais de redécouvrir avec le temps. Il s'agit à nouveau d'un défi de mise en scène pour le maitre du suspens, qui a souvent expérimenté la technique du "huis clos". Avec "La corde" par exemple, et bien évidemment le sommet indétronable du genre : "Fenêtre sur court". Ici il parvient à raconter une histoire se déroulant intégralement sur un canot de sauvetage, et à nouveau le pari est réussit ! Quelques plans ingénieux se succèdent d'une façon si grandiose que cela en devient difficile à croire. Hitch parvient à éviter tous les problèmes du genre : ennui, bavardage, plan large de l'océan, musique omniprésente, ... la caméra reste dans le canot du début à la fin. Mais "Lifeboat" est surtout pour Hitchcock l'occasion d'évoquer la deuxième guerre mondiale et en particulier le nazisme, thème auquel il a consacré plusieurs films. Originellement prévu comme ""effort de guerre", le film ira bien plus loin et posera des questions plus qu'intéressantes sur la guerre et la façon dont il faut y réagir (parvenir à s'unir contre l'ennemi). Peut être peut-on juste reprocher des prestations d'acteur pas assez transcendantes, mais cela est bien vite oublié. "Lifeboat" prouve une fois de plus qu'il ne faut pas de gros moyens pour faire de gros films !
Hitchcock multiplia les innovations. Lifeboat ou ce pari fou de réaliser un suspens dramatique psychologique dont l'unique lieu d'action se constitue d'un canot de sauvetage, huit-clos à ciel ouvert. Apparemment commande propagandiste à l'origine, cet Hitchcock ne peut rivaliser avec d'autres métrages plus consistant mais il n'en demeure pas moins dense, ou pour autant, nud de thèmes chers au cinéaste. Surtout, il parvient à s'éloigner du but originel en complexifiant et en questionnant les rapports dans la responsabilité de la guerre, n'hésitant pas à renverser les préjugés. Mais, c'est finalement pour mieux y revenir ensuite, scellant la propagande, et oblitérant toute intellectualisation supplémentaire. Regrettable donc, car le film en lui-même regorge de répliques assassines (excellente Tallulah Bankhead) autant qu'il démontre une impressionnante capacité à mobiliser l'intérêt du spectateur pour un petit canot rivalisant de tumultes avec la mer qui le transporte.
« Lifeboat » est assez originale dans l’ensemble car toute l’action se passe au milieu de l’océan où des naufragés essaient de survivre sur un canot de sauvetage. L’intrigue est assez tendue et combine la psychologie et l’action de manière efficace. Certaines scènes sont très réussies spoiler: (l’allemand qui trahit tout le monde) et émouvantes (spoiler: la mère qui découvre son bébé mort ). Les personnages prennent vie et ont leur propre caractère, ce qui provoque une certaine tension et un suspense bien présent. Malheureusement, le film peut sembler long car certain dialogues sont interminables et pas toujours très intéressant, ce qui finit par provoquer un certain ennui. Ce n'est pas mon film préféré d’Hitchcock, mais il vaut quand même la peine d’être regardé.
3 fois nominé aux Oscars, exploit technique, film de propagande, Lifeboat est pourtant considéré comme un film mineure d'Alfred Hitchock! Ca montre à quel point le maitre c'est construit une filmographie qui a trés peu d'égales au jour d'aujourdhui. Huis clos sur un radeau avec pour protagonistes des personnages aux caractéristiques différentes et appronfondis. Ils s'affrontent avec la plume de Steinbeck (a qui l'on doit les scénarios "des raisins de la colère" ou "A l'Est d'Eden") donc c'est trés bien écrit, avec beaucoup d'humour et les interprétations sont à l'hauteurs du niveau d'écriture. Le maitre comme à son habitude monte habilement sa trame, délaissant le suspense (une scène toutefois géniale) à la tension dramatique. On pourra critiquer les idées plutôt extrêmes envers les nazis mais il faut le prendre comme un film réalisé pour la naiveté de "l'effort de guerre" et non comme un brûlot antinazi. La réalisation est impeccable, efficace, ne s'emcombrant pas d'effets pour compenser la petitesse du lieu et le traitement des protagonistes sont tout aussi intéréssants que l'intrigue si ce n'est plus. Un Hitchock à ne pas manquer !