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Les Chansons que mes frères m’ont apprises
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Cyril J.
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3,5
Publiée le 15 mars 2018
Un lycéen ayant toujours « vécu en captivité » dans la réserve attribuée à son ethnie par le pouvoir en 1889, se débrouille pour occuper sa vie, entre boxe, lycée, communion avec la nature et les animaux, trafics d’alcool, rivalités de gangs, rodéo, sa copine et sa toxicomanie. Mais sa soif d’accomplissent le pousse à plaquer ce mortifère monde semi-carcéral qui en dit pas son nom pour suivre sa copine à Los Angeles, même si rien de raisonnable ne l’y encourage, d’autant qu’il abandonnerait sa mère alcoolique et sa petite sœur qui n’a plus que lui. Par un enjeu relativement banal, Chloé Zhao, nous plonge dans l’intimité bouleversante, familiale, économique, sociale et hallucinante de la vie des Oglalas dans leur réserve de Pine Ridge dans le Sud-Dakota de nos jours, dans un respect intégral de leurs coutumes et valeurs, paradoxalement très américanisés dans les circonstances de leurs activités. Elle dresse un portrait touchant et pathétique, réaliste en sachant rester poétique, de la 6ème génération de survivants amérindiens, parqués et abrutis par l’assistanat d’Etat, induisant une épuisante oisiveté, une drogue dévoilée sans concession, une absence de cap, un monde artificiel, démotivé, et donc vide, lent et démoli, surtout pour une culture où l’essentiel s’obtient dans la maturité personnelle. L’intimité des personnages permet une investigation sobre, pudique, tout en déductions, et dévoilent leurs vies et leurs talents, amputés dès le départ, en ayant l’intelligence de ne pas sombrer dans l’apitoiement larmoyant. L’étonnante pierre blanche du film nous immerge dans une vie où l’« indiennitude » se veut totale à l’intérieur d’un vernis évidemment américain, le tout conduit par la seule recherche viable et sereine possible quand on sait la trouver en soi.
Zzzzzzzzzzzz ! ZZZZzzzzzzz !! Ce film est un somnifère pas croyable !! Le thème m'intéressait pourtant plus que tout !! Voir la vie quotidienne d'une réserve nord américaine m'attirait énormément et bien j'attends toujours...le scénario est inexistant, les acteurs sont mollasses et les scènes sont répétitives et inintéressantes !! Une succession de dialogues et de situations sans intérêt !! Bref un film vaporeux qui m'a profondément ennuyé !
Un sujet intéressant, à savoir le peu d’avenir qu’ont les amérindiens Lakotas vivant dans la réserve de Pine Ridge (Dakota du sud). Les Lakotas sont constitués de 7 tribus et font partie du peuple Sioux. Leurs leaders sont connus à travers les westerns : Crazy Horse (1840/45 -1877) et Sitting Bull (1834-1890) qui battit avec ses hommes le général Custer à Little-Big-Horn (Montana) le 25 juin 1876. Sans oublier le massacre de Wounded Knee (Dakota du sud) le 29 décembre 1890. Ce passé dramatique est tout juste évoqué dans le film. Cela aurait pu être un documentaire comme « Le peuple de la rivière Kattawapiskak » (« The people of the Kattawapiskak river ») (2011) de la réalisatrice québécoise Alanis OBOMSAWIN qui décrit les conditions misérables d’une communauté Cri dans la réserve d’Attawapiskak, au nord de l’Ontario, sur la rive ouest de la baie James mais la réalisatrice a choisi une fiction fort ennuyeuse : après la mort de son père dans l’incendie de sa maison, un jeune indien (qui vivote de trafic d’alcool), attaché à sa sœur de 13 ans, hésite à partir. Les belles images de crépuscule ou d’aube ne suffisent pas à sauver le film.
Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, ce film au plus proche des Indiens d’Amérique vivant dans les réserves se veut hyper documenté, contemplatif et social. Chloe Zhao a vécu 4 ans auprès d’eux ; et au travers de l’histoire d’un jeune indien bien décidé à tenter sa chance en dehors de la communauté, elle traite de la condition indienne aux States et de la place qui leur est laissée dans la société. Alcool, drogue, chômage, poids des traditions et de la communauté pèsent sur le dos du jeune homme ; partir ou rester, c’est la question qui se pose à lui. Un récit initiatique en quelque sorte. Sensible et doux, ce film est le reflet de la tendre relation entre le jeune homme et sa jeune sœur ; émouvant. Et on espère, comme Sitting Bull, que la 7ème génération lui succédant (celle de John et Jashaun, les deux frères et sœurs) sera celle par laquelle tout recommence pour les indiens. Cependant, Chloe Zhao manque de matière pour nous tenir en haleine 90 minutes. Le rythme est très inégal et le scénario bien maigre. Et puis au fond, heureusement qu’au centre il y a la relation fraternelle ; car on n’apprend pas grand-chose sur les Indiens d’Amérique parqués dans des réserves et subventionnés à coup de dollar pour foutre la paix à l’Oncle Sam. Beau film tout en sensation… mais trop léger.
Ce film s'est fait remarqué aux Festival de Sundance (festival du cinéma indépendant), et c'est bien mérité. Plus proche du documentaire que de la fiction, il nous décrit une jeunesse qui grandit dans une réserve indienne du Dakota du Sud, une génération à cheval entre le lourd héritage culturel de leur ancêtres (chants indiens, père de famille polygame, ravage de la consommation d'alcool) et le rêve américain (chanson "I need a dollar", passion pour le rodéo, rêve de quitter la réserve pour aller en Californie).
Le personnage principal est un jeune adulte qui ne veut pas se laisser marcher dessus. Il n'a peur de personne et il est prêt à se battre, comme il le prouve sur un ring lors d'un match de boxe
Il sait ce qu'il veut : amasser suffisamment d'argent pour quitter la réserve avec sa petit copine. Mais celà impliquerai de laisser sa petite soeur, auquel il tient beaucoup, ici, seule avec sa mère..
La vie à la réserve, c'est la seule vie que nous connaissons et le monde extérieur nous est complètement étranger. Et quand on voit ces paysages désertiques avec ces immenses montagnes où la nature a encore ses droits, on comprend bien qu'il soit difficile de quitter cet endroit intemporel pour rejoindre un monde urbain où tout va si vite..
Lent, décousu avec un abus des caméras portées. Ce documentaire sur la triste vie dans les réserves indiennes doit être vu pour ce qu'il est. Sans plus.
Les indiens au cinéma, ça se résumait pour moi aux westerns et aux films sur la découverte du Nouveau Monde ; voici enfin l'heure où je découvre un film qui parle d'eux aujourd'hui. Et l'aspect documentaire est ici très important ; ça fait toujours plaisir d'apprendre sur des communautés dont on ne parle pas habituellement (à ma connaissance) dans le cinéma américain.
Au-delà de cette plongée dans le quotidien d'une réserve du Dakota du sud, on pourra trouver quelques questionnements universels, notamment le thème du départ, dépeint de manière particulièrement touchante, même si ça ne révolutionne pas la thématique : Los Angeles ou les badlands, ma copine ou ma petite soeur, la modernité ou les traditions, l'inconnu ou la sécurité? Bref, Should I stay or should I go? Il n'y aura pas de réponses, mais des incarnations de ces questions dans des personnages touchants, chacun apportant sa note à la partition.
La cinéaste choisit une structure fragmentée, construisant son atmosphère avec un ensemble d'échantillons, d'instantanés de vies familiales, amoureuses, de nature (sous influence malickienne), de violence, de musique. L'émotion est bien là, grâce à l'écriture des personnages et à l'interprétation (mention spéciale à la petite soeur pleine de vie), mais la forme prend parfois le pas sur la narration, et on perd un peu certains personnages en cours de route.
Au final, la chanson est très plaisante, et j'espère que Chloé Zaho m'en apprendra bien d'autres.
De louables intentions, mais un film décousu, au montage très approximatif. Si la descrip-tion des réserves indiennes est réaliste, le destin des principaux protagonistes ne captive vraiment pas.
Un film porté à bout de bras par Chloé Zao, à la fois réalisatrice, scénariste et co-productrice. Un financement difficile, quasi inexistant. "Si je tournais avec les acteurs de Twilight, je trouverais peut-être un producteur" a-t-elle révélé.
L'ensemble est d'une grande pudeur, d'une extrême simplicité, d'un profond réalisme et magnifié de bout en bout par les deux jeunes principaux protagonistes.
Cette région des États-Unis, tout aussi angoissante que belle, est particulièrement mise en valeur par une très belle photographie. Ces "badlands" font penser à La balade sauvage de T. Malick.
Pendant toute la durée du film nous suivons, dans un certain désordre, des destinées d'enfants, femmes et hommes, vivant tels des exclus. Entre misère totale, drogue et alcool, leur espérance de vie tourne autour de 45 ans. "Il y a de bons parents parmi les adultes, mais il y a aussi beaucoup d'orphelins et les jeunes prennent donc soin les uns des autres. Le suicide parmi eux est malheureusement dévastateur" indique Chloé Zao.
Avant de reconnaitre :"Il n'y a de toute façon pas de solution à court terme. Michelle Obama elle-même l'a dit récemment : il ne s'agit plus seulement de donner des aides financières et alimentaires aux Indiens, mais de reconstruire leur nation. Et cela prendra du temps."
Un brin d'espoir avec ce qui reste une prédiction. Celle de Crazy Horse, leader à son époque des Lakotas. "Le renouveau viendra avec la septième génération". Les regards magnifiques des deux jeunes acteurs poussent à y croire.
Ce film a le grand mérite de mettre en lumière ces être humains, qui semblent oubliés par l'ensemble de leurs concitoyens. À souhaiter aussi qu'il bouscule les consciences.
Pour ma part, un moment de cinéma, fort, rare et qui restera mémorable.
l’alcool a tué plus d’indiens que le général Custer!
Voici un film fait de presque rien, plein de petits riens. Par touches drôles, tendres ou graves, la réalisatrice Chloé Zhao nous donne à voir, beaucoup à voir; c’est un film à voir parce qu’il montre sans démontrer.
La vie d’une famille indienne dans une réserve à Pine Ridge; la mère fait ce qu’elle peut, l’aîné est en prison, le cadet -entre deux trafics- a son rêve de partir à L.A. en compagnie de son amoureuse qui ira à la Fac. La benjamine (11 ans) elle, est encore épargnée.
Et tout cela accompagné de bière ou de Vodka puisque l’alcool est la béquille de la misère. Et il est même difficile de quitter son malheur.
Avec une volonté de ne pas en faire trop, la réalisatrice guide son film d’une baguette pudique, nous baladant à travers les paysages rugueux de ce coin du Dakota du sud,où ces âmes abîmées survivent, parquées, dans ce qu’on a depuis des décennies, coutume de nommer: des réserves. Les réserves sont ces endroits où la culture indienne s’est dénaturée, où les indiens se sont vidés de tout ou presque.
Il existe des films qui, en quelques images, me saisissent à la gorge et ne me lâchent plus jusqu'au dernier plan, me laissant pantois sur un petit nuage de plaisir extatique.
Le modeste premier film de Chloe Zao fait partie de ceux-ci.
Nous sommes dans une réserve d'indiens Lakotas. Un jeune garçon veut partir en Californie, mais bien des liens le rattachent à sa terre : sa petite soeur, des amoureuses, son peuple, sa mère. Partira-t-il ?
Plus que son scénario, écrit au jour le jour, c'est la façon de filmer de Chloe Zao qui illumine le film. C'est comme ci un(e) Terrence Malick naissait sous nos yeux. La nature y est sublime, les visages et les corps irradient le film.
Les chansons que mes frères m'ont apprises propose une équation renversante rarement vue au cinéma : des images superbes au service de la description précise d'une terrible réalité. Le film expose avec une rigueur toute documentaire les affres vécues par les indiens, en particulier les ravages de l'alcoolisme, montrés également récemment - chez les aborigènes d'Australie cette fois-ci - dans le très beau Charlie's country (**).
Chloe Zao n'hésite pas à piocher sa matière dans la vraie vie des acteurs (la maison qui a brûlé est ainsi la vraie maison de Jashaun), ce qui confère au film une aura extrêmement puissante.