The Witch
Note moyenne
2,9
4733 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

468 critiques spectateurs

5
44 critiques
4
108 critiques
3
109 critiques
2
64 critiques
1
65 critiques
0
78 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Dourvac'h
Dourvac'h

15 abonnés 5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 novembre 2021
Sans doute faut-il être né dans le New-Hampshire (New-England) pour devenir un artiste tel Robert EGGERS, auteur émérite de "The Witch" et bâtir ainsi de toutes pièces (ou plutôt à partir de celles des Procès de Salem en 1692) cette histoire impressionnante de présumée sorcellerie ? Voici donc son tout premier long métrage présenté (avec succès critique à l'appui) au festival de Sundance en 2015. La réalisation en est exemplaire, les physionomies des personnages totalement originales, les sept principaux acteurs (y compris Samuel, le nourrisson) tous excellents... Les plans suffisamment lents (ce qui déconcertera sans doute quelques microcéphales conditionnés à la mitraillette à images, avec des plans successifs ne devant pas dépasser 1,5 sec.) et leur composition patiente donne cette impression de constante inventivité et de magnificence picturale (Vermeer, Le Nain). Les séquences s'enchainent sans heurts ni tâtonnements : harmonieuses, emplies de poésie et de mystère. Le clair obscur règne, les éclairages évoquent les séquences inoubliables de "Barry Lyndon" (1975) de Stanley KUBRICK, les plans d'ensemble sur la lisière de forêt ont la force des meilleures séquences du "Midsommar" (2019) de Ari ASTER, les teintes bleues-grisées de la photographie comme ces silhouettes au liseré orange, évoquent celles du mémorable "The Duellists" (1977) de Ridley SCOTT. La force du récit tient du fait que l'on n'est de moins en moins sûr de rien... Réelle existence du diable ? Psychopathologie liée à l'isolement d'une famille dans la nature "sauvage", aux lourdes carences affectives dont souffrira chacun de ses membres ? Drame d'une folie collective pouvant monter comme une sorte de marée inexorable en chacun de nous ? "Simple" histoire d''instinct de survie d'une adolescente bien mal entourée ? Drame de la sous-alimentation ? Résultat calamiteux de la bigoterie de ces Puritains, dépeints avec tant de talent par Nathaniel HAWTHORNE dans ses 3 célèbres romans ? Duplicité trouble d'un mystérieux bouc noir ? Emprise effective d'une vielle femme nue hantant le sous-bois ? Chacune de ces interprétations n'exclue absolument pas la validité des autres... Les cinq enfants et leurs deux parents seront peu à peu confrontés au mal, cette entité qui peut venir de l'intérieur mais nous cerne aussi de l'extérieur : nous retrouvons ici les thèmes chers à John CARPENTER pour "The Thing" (1982) et "Prince of Darkness" (1987) avec leurs incessantes métamorphoses ; la maîtrise de la mise-en-scène y est ici du même ordre... Nous repensons également à "Cat People" / La Féline" (1942) et à " Vaudou"/"I walked with a zombie" (1943) de Jacques TOURNEUR, films considérés alors comme "série B" ou "films de genre" et devenus aujourd'hui mythiques... Robert EGGERS n'est pas un paresseux : tout comme David Robert MITCHELL pour "lt follows" (2014) ou Jordan PEELE pour "Get Out" (2017), il est un artisan extrêmement inventif, un perfectionniste qui se documente avant de créer... Quelques andouilles parisiennes blasées (pléonasme) ont déjà déprécié son travail (ils s'acharneront quelques années plus tard sur son flamboyant "The Lighthouse"), ce qui est bien logique de leur part ! La simple exigence professionnelle n'est plus la valeur de référence de certains... Il semble que ce tout petit milieu étriqué qu'est devenue "notre" cinématographie nationale-cocorico ronronne paisiblement en son (très reposant) manque d'exigence depuis déjà une ou deux décennies ; la critique (un rien parisienne) reste bien souvent "curieusement" indulgente ou aveugle face à ce fait - ce qui signale l'existence de probables et très solides "petits conflits d'intérêt" - dont ladite critique n'a probablement pas même conscience... On se dit tout de même que si seulement 5 % des réalisateurs de notre cinéma franchouille-contemporain-feignasse-amateuriste-mais-se-pensant-"pro" (où l'image qui tremblote, le cadre approximatif, le scénario improbable, les psychologies creuses de personnages bâclés et la direction d'acteurs erratique sont vus comme les normes de la "spontanéité" à la française : syndrome de la comédie irréaliste "hors-sol" interchangeable ou de la branchouillitude lassante post J.-L. Godard) possédaient le tiers de pareille exigence artistique ! Certes, il y a le travail de Jacques AUDIARD, Xavier BEAUVOIS, Eric VALLI et de quelques autres (se comptant sur les doigts de "maximum deux mains" !). Allons, allons, passons sur ce triste constat, mais soyons nombreux désormais à suivre la carrière de cet inventeur qui souhaite s'attaquer à un remake du "Nosferatu" (1922) de Friedrich-Wilhelm MURNAU bien que le cher et talentueux Werner HERZOG s'y soit déjà artistiquement cassé les dents en 1979 : et ceci, franchement, dénote à nouveau un sacré tempérament et un beau "culot" d'artiste ! :-)
Vincent V
Vincent V

7 abonnés 35 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 mai 2016
Assez spécial,ne plaira pas à tous le monde ,même les fans de film de genre risquent d'être surpris.Alors agréablement ou le contraire,ceux qui seront restés jusqu'à la fin seront certainement ceux qui auront ressenti le film.
Flaw 70
Flaw 70

276 abonnés 422 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 juin 2016
Avant, les films d'horreurs étaient de véritables paraboles sur notre monde, se servent des peurs les plus primales pour symboliser le changement chez l'individu parlant souvent de la fin de l'adolescence, de l'éveil de la sexualité ou encore de la maternité. Le film d'horreur, à toujours été intéressé par ce changement des corps, plus précisément celui des femmes qui connait les plus grands bouleversements, en l'étudiant toujours sous l'angle de la religion pour en faire quelque chose de surnaturel et démoniaque. Avec le temps, les films d'horreurs sont devenus plus simples et moins complexes, presque banal et terre à terre lorsqu'il s'agit de s'attaquer à ces choses là. Leurs enlevant toute significations symboliques et tombant dans les jumpscares faciles pour faire frémir les âmes sensibles et leurs donner une fausse sensation d'horreur. Le cinéma d'épouvante se divisant alors en deux tranches, celui grand public avec généralement des budgets conséquents, qui n'est que jumpscares et s'inspire "d'histoires vraies" pour essayer de faire encore plus peur, et celui plus arty qui avec ses petits budgets tente d'être l'héritier des grands films d'horreurs des années 70/80. Un cinéma plus exigeant, moins putassier et plus profond qui commence à trouver son public depuis les succès du remarquable It Follows et de ce The Witch, qui en sont à l'heure actuelle les représentants les plus forts.
Robert Eggers, qui signe son premier film à la fois au scénario et à la réalisation, décide d'encrer son film dans un passé régit par les traditions et les croyances. Voulant totalement faire un film d'horreur qui fait sens, il se sert des vieilles légendes, ici la sorcellerie, pour parler de quelque chose de très récurrents dans le cinéma d'horreur, l'éveil de la féminité et de ce qu'elle implique. Ici le sexe est partout mais toujours de manière dissimulé, même l'héroïne, qui atteint le sommet de son adolescence et qui devient femme, n'en prend pas conscience, sa sexualité étant perçu par son frère. Elle ne comprends d'ailleurs pas ce qu'il regarde lorsqu'elle le surprend à mater allègrement sa poitrine. Et c'est là que faire la parallèle entre le sorcellerie et assez habile, la beauté et le sexe sont une chose ensorcelante et pleines de promesses qui finissent par corrompre et touche tout le cercle familial. La mère commençant même à percevoir sa fille comme une menace. Tout ce qui entourera la sorcière restera au final secondaire pour se focaliser sur cette hystérie familial qui se voit plus corrompue par leurs propres visions du monde que par les péchés qu'il peut offrir. Encré cela au sein d'une famille religieuse se montre aussi bien pensé, même si tout les familles le sont à l'époque, celle-ci s'impose même en paria au sein de leur propre religion, étant plus extrémiste que les autres (ils sont puritains) et donc poussé à l'exil. La religion est un symbole d'obscurantisme, opposant la croyance au savoir, et c'est ce qui posera problème à cette famille qui ne chercheront jamais à savoir, s'enfermant dans la folie, la paranoïa et s'isolant non seulement de la civilisation mais aussi d'eux-mêmes. Ici, on nous montre que le meilleur moyen de céder aux péchés c'est de ne pas le connaitre et qu'a trop préserver l’innocence, on fini par la corrompre.
Le propos du film est bien pensé et surtout bien géré même si il se montre foncièrement classique, que ce soit dans le traitement ou l'angle d'approche. De plus, Eggers tombe dans beaucoup de facilités dans l'abattage de ses symboliques, étant souvent poussif et prévisible dans les choix qu'il opère et où il emmène son récit. Même si la science du détail qu'il déploie est ébouriffante, que ce soit dans les dialogues issue du langage d'époque ou dans le folklore qu'il respecte scrupuleusement, il reste dans les sentiers battus du genre. Lui qui voulait faire un film sur la peur de l'inconnu échoue à nous imposer cet inconnu car il utilise des choses que nous connaissons en tant que spectateur depuis des années. L'inconnu et la peur ne frappant donc que les personnages, pas les spectateurs. Surtout que l'ensemble souffre de quelques longueurs lors du deuxième acte et que le troisième acte, malgré sa force indéniable, aurait mérité une approche plus trouble. Eggers se montre trop frontal dans abattage de ses cartes qu'il démystifie son oeuvre. Le traitement de l'héroïne aurait aussi mérité d'avoir plus de place, même si ça fait sens car elle est soumise aux regards et à l'exploitation des autres, mais lorsqu'elle prend les devants certains de ses choix semblent obscurs car certains aspects de sa personnalité on trop été esquivés pendant le film. Le développement de ses parents et de son petit frère sont déjà plus intéressants et plus cohérent avec ce que Eggers laissait entrevoir d'eux.
Le casting est absolument impeccable. Les acteurs font un travail assez impressionnant pour s'approprier le parlé d'époque et développé un accent guttural très caractéristique. En ça, Ralph Ineson est celui qui impressionne le plus, avec sa voix très charismatique et son jeu tout en finesse malgré le côté bourru de son personnage. Kate Dickie est elle aussi excellente dans le rôle de la mère qui plonge de plus en plus dans la folie et l'hystérie, étant totalement habitée par son personnage. Anya Taylor-Joy est convaincante mais manque quand même de présence pour véritablement s'imposer en tant que rôle principal du film, même si le fait qu'elle s'efface face aux autres correspond au message de l'oeuvre, lorsqu'elle est censé prendre les devants elle ne parvient quand même pas à briller. Tombant même dans le caricatural lors de sa dernière scène.
La réalisation est superbe. Le travail sur la photographie impressionne, jouant habilement sur les effets de lumières donnant un aspect assez froid aux couleurs mais aussi assez envoûtant. Le film est très emprunts de cri mais parfois les couleurs chaudes éclatent notamment au sein des scènes les plus dur accentuant l'aspect malsain et dérangeant de certaines situations. Le montage est assez classique dans son aspect arty, faisant parfois durer les plans jusqu'à l'extrême, faisant un peu trop poseur. Un peu d'audace à ce niveau aurait pu être bien venu. C'est néanmoins compensé par un score musical ténébreux et ensorcelant qui accompagne l'atmosphère anxiogène du film à merveille. La mise en scène de Robert Eggers est habile et d'une maîtrise assez affolante lorsque l'on constate qu'il arrive à palier le manque de budget grâce à une ingéniosité de tout les instants. Préférant les plans serrés pour enfermer ses personnages, filmant la forêt comme un personnage à part, composant ses plans avec intelligence pour distiller l'effroi sans tomber dans le jumpscare, il fait généralement les bons choix et ça paye souvent. Même si il se perd un peu dans un deuxième acte attendu qui se résume à un huit clos moins inventif et moins marquant. Il retrouve la fascination du premier tiers dans un dernier magistral qui assume pleinement son folklore et qui offre des visions marquantes. Les dix dernières minutes sont d'une puissance visuelle assez rare et le dernier plan et de ceux que l'on oublie pas, nous faisant parfois regretté que le film ait attendu si longtemps avant d'embrasser totalement son aspect fantastique.
En conclusion, The Witch est un bon film. Mais il est aussi une déception étant bien trop classique dans sa forme et son fond, n'arrivant pas à retranscrire le vertige de l'inconnu car s'inscrivant dans un folklore et un message désormais connu de tous, faisant parti de la culture populaire. Créer sa propre mythologie aurait pu être un plus, mais Eggers préfère jouer la facilité même si il fait preuve d'un sens du détail assez remarquable. Au final, malgré une réalisation de haute volée et un casting exemplaire, l'oeuvre n'est pas assez trouble ni assez terrifiante pour marquer malgré le fait qu'elle propose quelque chose de tout à fait honorable. Le film s'inscrit en plus dans la lignée d'un It Follows dans son propos, mais n'arrive pas à en retranscrire le choc ni l'inventivité, ce qui malheureusement le desserre malgré une force visuelle lors des 10 dernières minutes rarement atteinte dans le genre.
Mathieu Cordier
Mathieu Cordier

7 abonnés 15 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 juin 2016
ambitieux pour un film d'épouvante, peut être trop, au point que la forme prend finalement le pas sur les ficelles habituelles du genre.
seule la musique semble au final apporter un brin d'angoisse
Steven Merlier
Steven Merlier

52 abonnés 178 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 juin 2016
attention il y a erreur sur la maechandise si vous pensez allez voir un znieme film d horreur a jumpscare pourri et qui ne fais pas peur.
La on est clairemenrt dans un film qui pose une ambiance qui prend le temps de developper ses personnages et son univers ! Alors certes ca peut paraitre lent et vide mais loin de la !
A part une fin trop classique et attendue a mon gout ! On a un film qui angoisse qui prend au tripes on connait la menace le film met en 5 min en places le malefices du film
Des acteurs et des decors sublime pourbune realisation sobre mais efficace ! On ne sursaute paq par contre on se pose enormement de question ! ET c est cool
dianalys76
dianalys76

26 abonnés 46 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 mai 2016
Bon film à voir une fois, hyper documenté sur cette époque, avec parfois de vrais dialogues tirés d'archives du 18ème siècle ....Je me demande pourquoi le synopsis ne précise pas que cette famille sont des témoins de Jéhova et qu'ils ont été exclus de la plantation, la communauté (de mormons, il me semble ) parce que le père prêchait, d'où la difficulté pour eux de s'en sortir seuls, dans une nature sauvage, avec une créature malfaisante qui va les harceler ...Je ne spoile rien, on le voit dès le début , l'exclusion et vu le titre lol à moins d'être une brêle en anglais , ou une "blair" XD
Jean-Patrick Lerendu
Jean-Patrick Lerendu

16 abonnés 152 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 juin 2016
Un film peut-être un peu lent, ou on voit la sorcellerie prendre pied dans cette modeste famille qui a été exclue de la colonie dans laquelle elle vivait modestement. Tout cela va les emmener dans un cauchemar ou la mort est la seule délivrance.
dominique P.

904 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 juin 2016
C'est un film surnaturel très bien réalisé et très prenant.
Il est particulièrement stressant c'est sûr.
Ce qu'est amené à vivre cette petite famille est vraiment terrifiant
Thibault F.
Thibault F.

83 abonnés 823 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 juin 2016
De bonnes choses côtoient de mauvaises choses dans la première oeuvre de Robert Eggers, "The Witch" qui semble afficher une réputation solide de film d'horreur de la décennie. Ne nous emballons pas puisque chaque année, on reçoit toujours ces mêmes titres accrocheurs (en 2015, si mes souvenirs sont bons, ce fut le cas avec It Follows). Ici, le film prend pied dans un XVIe siècle où légendes et mythes sur la religion sont légions. Une famille décide de quitter une colonie pour s'installer, seuls face à une forêt (objet de peur et de désir) terrifiante. Franchement, si je rejoins l'ensemble des critiques, c'est sur l'ambiance qui est réussite et qui me glace encore le dos à l'heure où j'écris ces lignes. La BO joue particulièrement sur les cordes, les voix mélancoliques qui se combinent parfaitement avec une lumière éblouissante. Les couleurs et l'atmosphère sont ici des éléments principaux qui parviennent à vraiment rendre mal à l'aise. Si l'ambiance est en tout point réussi (notamment les 2 jumeaux angoissants, le bouc inquiétant...), le scénario semble vraiment faible pour véritablement se plonger dans la détresse de cette famille qui vit soit avec Satan, soit dans une folie collective. Plusieurs pistes de réflexion peuvent induire une lecture paranormal ou scientifique des événements. Cette volonté de ne prendre à aucun moment (sauf à la fin) une position est plutôt satisfaisant et souhaitable dans ce genre de film. En bref, un film qui ne révolutionnera pas le genre horrifique mais qui parvient grâce à son ambiance à être totalement efficace, et dans le genre horrifique, c'est prioritairement ce qu'on recherche !
Samuel B.
Samuel B.

17 abonnés 204 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 juillet 2016
En voilà une belle surprise que ce film là ! Petit film, méga ambiance ! Très énigmatique même avec une histoire qui ne prend pas de raccourci, ça commence fort pour aller crescendo ! L'histoire est en plus bien trouvée : dans une Nouvelle-Angleterre profonde, en pleine époque de croyance farfelue (1630) et fanatique, une famille de colons anglais, bannie par ses paires, s'installe aux abords d'une forêt pour y cultiver et vivre en harmonie. Seulement la disparition du nouveau né va entrainer une suite d'évènements qui déchirera la famille. Et si tout cela était du à une sorcière vivant dans le bois ? Bon j'avoue, j'amène mal le suspense mais même si ce film ne vaut pas un "Conjuring" (il n'en a pas la prétention d'ailleurs !), l'ambiance et (surtout) la performance des acteurs réhausse l'intérêt du film. Parlons en du casting. Tous excellent ! Avec en tête 2 révélations : Anya Taylor-Joy, parfaite et sublime (actrice à suivre ! elle promet) et Harvey Scrimshaw. Sans oublier les acteurs jouant les parents : Ralph Ineson, incroyable en père stricte mais faible, et Kate Dickie, en mère ultra-croyante mais meurtrie par la disparition de son fils. (actrice déjà incroyable dans Game of thrones) Le film a une narration plutôt lente mais plus on avance et plus on a envi de savoir ce qu'il va se passer, jusqu'à un final qui en laissera beaucoup bouche-bé car différente. A voir absolument.
Baron Jack - Le Scarifié - L'Explorateur
Baron Jack - Le Scarifié - L'Explorateur

65 abonnés 31 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 juin 2016
Un film présentant l’ambiguïté, le bien, le mal, la foi, la folie, le Diable et le malentendu, que demandons-nous de plus, pauvres mortels que nous sommes?

Enfin, "pauvres mortels", façon de parler pour dire que je me met à votre place. Evidemment. Tous le monde sait que je suis un être venu tout droit de l'Enfer, plus besoin de le répéter, d'ailleurs, je me demande pourquoi je le répète.

Le film a de quoi dérouter, pouvant être amené à créer le même trouble dans nos esprits que dans ceux des personnages. Que suis-je censé cerner des intentions du film? L'oeuvre se limite t-elle dans une avancée apparemment sans but ou laisse-telle une place à ce qui se trouve hors de notre portée et qui que ce soit sur la forme ou le fond aurait un poids à faire valoir de par une intervention que lui conférerait Robert Eggers?

Je pense que c'est le point sur lequel j'ai le plus réfléchi concernant le film. Et au final je dirai que selon moi la deuxième proposition est bonne, car en accord et en harmonie avec tout ce que le réalisateur tente dans son approche.

Peu de choses sont en effet sûres dans The Witch. Qu'est-ce qui est l'effet du Malin et qu'est-ce qui ne l'est pas? Qu'est-ce qui résulte de la folie? Qu'est-ce qui consume tout ces êtres? La religion? L'hystérie collective? La bêtise? La volonté de Dieu? Du Diable? La confusion? Le pêché? La crainte? Le doute?

Si on peut se poser toute ces questions, c'est que le film tente. Il ose. Mais il crée un chemin subtile dans lequel on ne peut entrevoir exactement ce que tout cela signifie. Certes, on peut y voir une critique d'une forme de pratique de la religion, enfermant ses serviteurs dans un doute et une crainte constante qui, en les menant à interpréter tout malheur comme punition ou manœuvre diabolique, finit par tout détruire. On pourrait même croire que l'héroïne s'imagine ce qui se passe à la fin sous le coup de la folie. Cependant, on a la rédemption aussi qui se révèle, ces personnes dans la croyance n'étant ainsi pas montré que sous leur mauvais jour. Cependant, on a bien cette voix du Diable, on a bien ces sorcières s'envolant au-dessus de leur feu lors d'un rituel incantatoire. On peut bien s'imaginer que c'est le résultat de la folie, mais on pourrait aussi y voir un Diable s'étant servie de sa meilleur arme: le doute, aboutissant à la confusion.

D'ailleurs, la personne la plus confuse et qui est la plus prise par la folie est la mère, la plus en proie aux doutes, et celle qui a le moins conservé la foi. La critique que peut se faire le film de la religion n'est en finalité pas lourde, car ne tombant pas dans une vision la montrant comme purement maléfique, sans "recul".

Les discussions autour de la religion donnent de la puissance à ce film, d'autant plus qu'elles posent des questions qui maintiendront encore plus le doute (le fils a t-il connu la rédemption ou est-ce le Diable qui utilisa les même termes que ceux utilisés par Dieu?), pour la famille mais aussi pour le spectateur, qui lui regardant ça avec plus d'écart y verra une branche ajoutée à l'un des deux arbres d'interprétation du film qui sont "folie" ou "résultat d'une oeuvre aux sources maléfiques".

L'hystérie monte, tout comme la folie, et tout ça est sublimé par des acteurs vraiment exceptionnels dans leurs rôles. On pourra simplement reprocher une touche d'excès certaines fois, mais globalement c'est d'autant plus réussi de ce côté là que le charisme se fait ressentir.

Le film peut se vanter de son aspect visuel et esthétique qui, si on excepte 2-3 plans peu harmonieux, se révèle très joli et participe beaucoup à l'ambiance.

Le style de Robert Eggers a de quoi diviser, mais je trouve qu'il fait du bon travail dans son approche, et pour la tentative il mérite son prix au festival de Sundance.
Le montage est d'ailleurs à peu près pareil, bien, mais sa pertinence dans son aboutissement peut-être remis en question.

Finalement, je pourrais aussi dire The Witch a certaines scènes qui se révèlent être vraiment puissantes, thématiquement et formellement. Le film marque, et j'ai un certain goût pour ce qui marque.

Quelque-chose me dit que Robert Eggers a pas mal à dire, et j'espère qu'il continuera à faire des films. Et si c'est le cas, je porterai sûrement un intérêt à ceux-ci, car quelque-chose me dit que ce n'est pas la dernière fois qu'il réussira à livrer une oeuvre se démarquant. A voir...
Pierre M
Pierre M

38 abonnés 5 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 23 juin 2016
Si le négatif dans l’évaluation était possible, je mettrais le maximum. Un ennui intégral. Entre une histoire vide qui n'a d'égal que des dialogues insipides, je ne saurais que trop le déconseiller
Bulles de Culture
Bulles de Culture

147 abonnés 634 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 février 2016
Prix du Jury Syfy au Festival International du Film Fantastique de Gérardmer, The Witch est un film esthétique et austère qui séduira les passionné(e)s de sorcellerie et d’histoires occultes, même si la lenteur de son récit et son approche du genre pourraient en dérouter d’autres.
Sally Ecran et toile
Sally Ecran et toile

71 abonnés 304 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 juin 2016
On nous l’annonçait comme LE film qui allait révolutionner le genre. « The witch » est sorti dans les salles françaises la semaine dernière et depuis, les avis divergent entre « coup de génie » et « coup de mou ».

Pour notre part, nous optons plutôt pour le deuxième point de vue. Si la photographie du film et la reconstitution historique sont particulièrement réussies, l’intrigue elle, tourne en rond et ne nous cueille pas au plus profond. Présenté comme un film d’horreur, « The witch » est davantage un film d’ambiance ou à suspense qu’un film d’horreur à proprement parler. Bien sûr, le premier métrage de Robert Eggers apporte son lot de scènes impressionnantes voire choquantes mais on ne peut pas dire que le stress soit permanent, que du contraire. Là où le jeune réalisateur (de 34 ans) fait fort, c’est qu’il joue avec ses suggestions, nos interprétations pour nous immerger dans son histoire somme toute ordinaire.

L’atmosphère angoissante des lieux était pourtant bien retranscrite. Durant une bonne heure trente, on évolue dans un environnement hostile, presque à l’abandon, entouré d’une brume persistante où les couleurs perdent de leur éclat. Des couleurs, il n’y en a d’ailleurs quasiment pas. Si le film n’est pas tourné en noir et blanc, le choix de luminosité et de contraste accentue la désolation de la nouvelle ferme de la famille où rien ne semble pousser ou grandir si ce n’est le drame qui se joue petit à petit.

Le décor excessivement bien planté n’avait besoin que d’une chose pour étinceler : un scénario costaud et c’est là où le bât blesse. Très (trop ?) suggéré, le fil conducteur ne décolle pas vraiment et ne finit pas de nous faire attendre une scène finale improbable et presque incompréhensible. Le temps nous semble long et malgré quelques bonnes intentions, nous aurons bien du mal à garder notre concentration.

Mais quelles sont grandes lignes de l’histoire après tout ? spoiler: Installée depuis quelques temps dans une clairière, une famille de paysans se retrouve la proie d’un malheur sans visage. Le nouveau-né disparaît, le fils aîné revient des bois probablement possédé. Plutôt que de lutter contre le drame qui les assaille, les uns et les autres préfèrent mettre le doigt sur le dysfonctionnement de la famille, la responsabilité de chacun allant jusqu’à accuser l’aînée de sorcellerie. Foncièrement catholiques, les parents ne peuvent envisager une seule seconde que Dieu les punit et préfère accuser le diable, entré dans leur maison par mégarde. Ce que l’on constate de notre côté, c’est la dépression de la mère (Kate Dickie), suite à la perte de son bébé, sa peur puis sa folie, sa démission de rôle de mère au profit de sa fille Thomasin (l’excellente Anya Taylor-Joy). C’est aussi l’inactivité du père (Ralph Ineson – Amycus Carrow dans la saga « Harry Potter ») qui se fait moucher par ses enfants, sa dévotion aveuglante et son inaction face aux tragédies qui s’enchaînent. Et enfin, c’est la relation étrange qu’entretiennent les jeunes jumeaux, Mercy et Jonas, avec les animaux (et plus particulièrement avec Black Philipp, le bouc de la ferme), les mensonges et l’amplification qu’ils font des mythes de la région
.

Les dialogues, très travaillés, correspondent bien au contexte de l’époque. C’est très souvent le point faible des films dits « d’horreur » mais ici, on constate que la recherche a été totale et offre une écriture intelligente et sensée. Nous avons d’ailleurs appris, grâce au générique final, que le film était basé sur les procès des sorcières de la Nouvelle-Angleterre et que les idées de dialogues étaient puisées dans les documents d’époque, afin qu’ils soient les plus réalistes possibles. Une époque où les femmes étaient souvent jugées pour sorcellerie et sujettes à toutes les suspicions possibles et imaginables. Ici, rien de tout çà cependant: aucun procès n’est visible sur l’écran. Seules les accusations de la famille reflètent la crainte qu’ils ont de ces pratiques douteuses au point d’en devenir l’excuse toute trouvée des malheurs qui les accablent.

Artistiquement, il n’y a rien à redire : l’atmosphère et l’époque sont admirablement retranscrites, à l’instar du film « Les autres » d’Amenábar. Pour le reste, « The witch » n’est qu’une déconvenue et ne mérite pas que l’on s’y attarde plus longuement. Récompensé par le Festival de Sundance l’hiver dernier, Robert Eggers a encore pas quelques ajustements à faire avant de nous impressionner.
jojaude
jojaude

2 abonnés 30 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 avril 2022
L’atmosphère est immersive, on nous dépeint toute une époque avec une réflexion sur la superstition et l'obscurantisme religieux.
Le film évite tous les clichés du genre, avec une réelle histoire, des acteurs charismatiques, et surtout pas de jumpscare !
L'effroi repose sur la peur de l'inconnu, ce que la forêt, très présente, dissimule et qu'on ne voit pas, sans débauche d'effets spéciaux, et sans gore...
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse