Après des années sans nouvel opus de la série au Japon, "Shin Godzilla" débarque en 2016. Même s'il a mis beaucoup plus de temps à arriver sur notre territoire, le long-métrage s'amorçait comme une nouvelle version de la licence. Là où le tout premier film prenait place après la Seconde Guerre mondiale, celui-ci se déroule dans un contexte actuel. L'objectif était donc de moderniser tout cela, mais d'un point de vue qui reste quand même assez particulier. Hideaki Anno, le réalisateur, a choisi une approche très spécifique pour immerger son spectateur au sein de l'apparition de Godzilla. Pour cela, il adopte un style assez froid, au montage dynamique, où les longues discussions politiques prennent le pas sur tout le reste. Cette envie, bien qu'imparfaite, donne une identité très affirmée à ce volet. Dès l'introduction, nous sommes vraiment au cœur de l'apparition du monstre et des réactions que cela va susciter. Un certain rythme se développe donc, entre ces séquences assez mystérieuses sur le terrain, et celles se déroulant en coulisses. Et une fois que le monstre fait son apparition, on retrouve ce qui fait la force de la saga. Celui-ci est gigantesque, il est présenté comme tel et les séquences de destruction sont donc très présentes, il offre de très bons moments de tensions. Par ailleurs, ce volet amène une nouveauté dans la saga, avec un Godzilla totalement en image de synthèse. Ce n'est plus un acteur dans un costume, et l'initiative est donc à saluer. Malheureusement, le résultat est très imparfait, la fluidité de ce dernier dépendant vraiment des plans. Cela dit, cette intervention ne reste qu'un outil, histoire de développer la véritable thématique du projet. À ce moment-là, nous comprenons rapidement que le but est de revenir à ce qu'avait été le premier épisode, avec cette réflexion politique qui parcourt l'histoire. Ici, le film se sert de cela pour développer autour de la relation entre le Japon et les États-Unis. Globalement, le propos est plutôt intéressant et il amène une vraie réflexion quant à leurs liens. Certes, pour arriver à cela, le long-métrage multiplie les scènes de dialogues et d'échanges, ce qui peut rapidement devenir redondant. Malgré tout, je ne pense pas que cette approche desserve le récit pour autant. Les scènes gardent une approche très dynamique dans le montage, et chaque échange s'avère intéressant. On sent que les dialogues ont été écrits avec soin, et c'est donc très jouissif de se sentir au cœur des décisions prises. Dans l'ensemble, ce renouveau de la série était donc une bonne chose. Il amène une véritable prise de risque en comparaison des précédents, et c'est exactement ce qu'il fallait pour relancer la machine. Pour conclure, un Godzilla toujours réussi.