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AHEPBURN
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3,5
Publiée le 19 mai 2015
Drame social sur le monde du travail filmé à la manière d'un documentaire. Il n'y a pas beaucoup d'éléments positifs dans la vie des protagonistes. Lindon est excellent, la réalisation reflète la détresse ... Je recommande ce film sur le difficile quotidien.
Thierry, 51 ans, au chômage, râle. Pourquoi le pôle emploi lui a fait faire une formation de grutier alors que le créneau est bouché et que le matériel sur lequel il a officié est obsolète ? Thierry continue de râler face à ses anciens de collègues licenciés, il vaut tourner la page, un point c'est tout ! Thierry courbe le dos, souvent, de plus en plus, lors d'un entretien d'embauche via Skype où l'on fait la fine bouche devant son CV trouvé peu vendeur, lors d'une critique d'un entretien filmé par Pôle emploi où d'autres exclus du monde du travail comme lui le jugent sans complexes. Le peu de dignité qui lui reste est brisé lorsque une banquière sans scrupule lui propose des projets qui vont l'emmener tout doucement vers la précarisation. Mais Thierry lutte encore un peu pour vendre à un prix raisonnable le seul bien qu'il possède, un mobil-home vieillissant. La vente lui permettrait de financer les études de son fils handicapé. Seulement, face à lui, des gens aisés tentent de profiter de sa situation pour l'acheter à très bas prix. Et puis, Thierry trouve un emploi, dans un supermarché, comme vigile. Thierry alors courbe l'échine, se tait, encaisse. Son emploi, c'est sa bouée de survie dans un monde sans pitié pour les affaiblis... "La loi du marché" est fondamentalement un film irréprochable. Il pointe les mécanismes vicieux d'un système ultra libéral où tout le monde est prêt à écraser tout le monde, comme des naufragés trop nombreux pour grimper dans le même et unique canot. Jamais démonstratif et grâce à des dialogues souvent hallucinants de vérité et une mise en scène proche du documentaire, il plonge le spectateur au coeur de cette violence insidieuse qui anéantit le travailleur contemporain. Composé d'une succession de scènes montrant rarement des moments de bonheur, le film touche intimement sans être didactique. Vincent Lindon se fond totalement dans le personnage de Thierry et ne jure jamais au milieu d'acteurs non professionnels. Il renfile encore une fois sa veste de taiseux bouillonnant intérieurement mais ne surprend pas pour autant. Il est bien évidemment un atout supplémentaire pour le film qui, par ailleurs, pêche un petit peu côté rythme. Quelques scènes auraient mérité d'être raccourcies, s'enferrant quelquefois dans une redite lassante, comme si le réalisateur n'avait pas une totale confiance en ses images et en la compréhension du spectateur. C'est filmé à l'os mais monté plus lâche et du coup le film patine par moment, annihilant un peu la tension du dispositif mis en place. La fin sur le blog
Le thème m’intéresse mais je craignais que l’on tombe encore une fois dans les clichés et dans du déjà-vu. J’ai été agréablement surpris par la manière dont le film fait le tour de « la loi du marché », avec doigté et messages « implicites ». Car ce n’est pas tellement un film sur le chômage et les difficultés qui y sont inhérentes, mais bien un film sur la « loi du marché », qui règne : pour les embauches, il y a les gagnants, qui rentrent dans les clous, et les perdants. La loi du marché, c’est la loi qui consiste à se vendre, coûte que coûte… et ça ne suffit pas. Mais la loi du marché existe également au sein de l’entreprise ; il est nécessaire de s’y conformer pour garder son emploi, quitte à devoir indirectement écraser les autres, avec les conséquences dramatiques que cela implique. La loi du marché, bien qu’ayant ses règles spécifiques, c’est donc bien une « loi de la jungle »… Le tout est joué avec une exceptionnelle interprétation de Vincent Lindon, qui mérite son prix à Cannes, c’est certain. De nombreuses scènes sont filmées de manière fixe, sur un visage, ce qui ne suscite aucunement l’ennui ; au contraire, c’est totalement prenant et intrigant.
Stéphane Brizé invoque dans La Loi du Marché les problématiques de la crise et ses conséquences humaines avec une justesse aussi glaçante que touchante. D'une austérité clinique, la mise en scène fait se succéder les scénettes dans un courant sec, presque inhospitalier, assumant les frustrations du récit, quelques coups de scalpel dans l'âme de son protagoniste omniprésent qui se noie dans l'enfermement social. Certes proche du documentaire avec ses plans serrés et sa caméra portée, le cadre se révèle aussi viscéralement figurative pour nous plonger dans la subjectivité du personnage, le rythme épousant sa détresse, les jeux de profondeur de champ touchant du doigt son éloignement. Au sein de cette chronique aussi modeste qu'étouffante, la présence considérable de Vincent Lindon amène une bulle d'air, à travers lequel tout passe par les yeux et la posture, pion des tortures insaisissables d'une société qui dépose une cible sur chaque dos.
La Loi Du Marché montre la vie d’un homme arrivant en fin de droit d’allocation chômage et la manière dont la précarité de cette situation l'influence. Le film paraît très réaliste, avec une mise en scène presque austère. J’ai parfois eu l’impression de voir un documentaire. Nous assistons à des séquences en lien avec l’insertion professionnelle et à des instants plus intimes, avec le quotidien tel qu’il peut être dans sa globalité. Il est intéressant de constater l’ironie de certaines situationsspoiler: , notamment les scènes se déroulant avec la conseillère bancaire . J’estime que Vincent Lindon a été récompensé à Cannes à juste titre pour son rôle car il est particulièrement crédible, tant pour ses scènes de dialogue que pour les moments reposant sur ses silences et sur les postures qu’il adopte.
"La loi du marché" conte l'itinéraire chaotique de Thierry (Vincent Lindon, exceptionnel) la cinquantaine, ex-ouvrier sacrifié au bénéfice des délocalisations, et qui a du mal à se recaser, entre formations bidons proposées par Pôle Emploi et sales boulots. On suit son parcours difficile : discussions avec un conseiller de Pôle Emploi, ou avec ses ex-compagnons d'atelier qui veulent faire un procès à l'entreprise (Thierry, lui, ne veut plus en entendre parler, il veut tourner la page), entretien inhumain et scandaleux par skype avec un embaucheur potentiel, jeu de rôle sur « comment bien se vendre à un futur employeur », humiliation avec la conseillère bancaire. Il finit par dénicher un emploi de vigile dans un hypermarché : là, il va s'agir de fliquer les clients les plus pauvres, aussi bien que les caissières indélicates (car, à défaut de délocaliser, l'entreprise cherche à virer du personnel en surplus). Voilà un film qui brasse les questions de société, avec finesse, intelligence et qui pointe du doigt « l'horreur économique » que stigmatisait il y a déjà bientôt vingt ans la grande Viviane Forrester dans un livre admirable. Parallèlement, le film montre, au travers du héros, la dignité des humbles, contraints de conserver leur bon sens, leur humanité pour ne pas péter un câble. Le film est construit en longues séquences qui donnent une durée singulière et affinent, parfois jusqu'au malaise, les nuances que Stéphane Brizé a voulu apporter. Après "Mademoiselle Chambon" et "Quelques heures de printemps", voici de nouveau un très bon film de ce réalisateur. Je crains pourtant que le thème refroidisse les gens d'aller le voir : difficile de lutter contre les mad maxeries et autres avengeries débilitantes !
Jamais, jamais je ne me suis autant ennuyé au cinéma !!! Et pourtant, j'adore Vincent Lindon. Qu'est-il allé faire dans ce film-là ? Mais un grand acteur ne peut pas rattraper un mauvais film. On attend toujours qu'il se passe quelque chose, mais il ne se passe rien. Certes, le sujet est important, et mérite largement d'être traité. Le chômage est la plaie sociale n°1. Mais ici, pas de scénario, pas de suivi, pas de dialogue, rien. On dirait un documentaire sur pôle emploi et les supermarchés, mais un bien mauvais documentaire. Comment la télé et la radio peuvent dire que c'est un film extraordinaire ? Aucun intérêt. Très déçu. Bref, à fuir !
Bien sûr, ce n'est pas du cinéma qui fait rêver, ni même plaisir. C'est du cinéma-vérité, une fiction de tranches de vie saisies façon documentaire, un miroir qui reflète la réalité du chômage et du monde du travail aujourd'hui, une radioscopie des mécanismes sociaux qui se nourrissent de la précarité ambiante pour déprécier voire humilier les individus. Tout est très juste dans ce tableau impitoyable et déshumanisant. Très justes également sont les questions qui jaillissent du récit, en matière de dignité et de morale. Très juste enfin est le jeu des acteurs, Vincent Lindon en tête, massif et subtil, tout en regards éloquents, seul professionnel au milieu d'amateurs. L'ambition de réalisme social est ainsi parfaitement atteinte. On peut toutefois tiquer sur quelques choix de fond et de forme. Sur le fond : le personnage de l'enfant handicapé est probablement "too much". Sur la forme : les plans-séquences donnent un rythme étiré en longueur. On peut surtout regretter que cette perfection réaliste soit sans surprise, notamment sur le plan dramatique. On voit le film que l'on pensait voir. Minimaliste, intelligent, mais sans grande singularité artistique.
superbe film dans lequel Vincent Lindon nous fait vivre le combat d'un homme au chômage. les silences, les regards nous parlent et nous transpercent d'émotions. Son combat, sa vie, c'est un peu celle de chacun de nous...
Un acteur qui ne triche pas, qui joue et aussi anime son personnage. Il crève l'écran, celui de la sincérité, de la vraie popularité sans ironie d'aucune sorte. V.Lindon mérite notre respect de spectateur mais bien au-delà de l'acteur. Un être humain tout simplement. ses forces,faiblesses et défauts est le prisme naturel de notre moi réel et profond. Non pas une surexposition de notre ego , mais la représentation la plus basique de l'Homme avec un grand H. Certains penseront que les personnages joués sont toujours tirés d'un même et unique répertoire que l'acteur affectionne, je dirais oui et non. Peu d'autre acteur ne peuvent se targuer de réussir à émouvoir autant avec toute cette sensibilité et spontanéité...car Vincent est l'arché...type même de tous ces rôles. Un film, un acteur,un réalisateur...un trio gagnant (sans oublier bien entendu les autres comédien(nes ) et toute l'équipe. La Jungle est ouverte....Vincent vient de s'engager !! Un film quasi-documentaire d'un réalisme confondant.
Après "Mademoiselle Chambon" et "Quelques heures de printemps", "La loi du marché" est le troisième film de Stephane Brizé dans lequel Vincent Lindon tient le rôle principal. Si Sandrine Kimberlain et Hélène Vincent lui donnait formidablement la replique, ici, à ses cotés, que des seconds rôles d'acteurs inconnus. Stéphane Brizé scanne au coeur de Mr et Mme tout le monde, formidablement, sans fioritures, les difficultés de la société actuelle, puissamment, dès le début du film, mais ne tient pas le rythme, avec une partie dans le supermarché trop longue, répétitive et une fin un peu abrupte, comme inachevée. Dommage, car le sujet, très intéressant, dont il a compris les rouages ont force de sensibilisation. On ne peut s'empêcher de faire la comparaison avec le film "Discount", beaucoup plus égal...
Un film poignant qui illustre parfaitement la cruauté de la société dans laquelle nous vivons pour tous ceux qui, d'une façon ou une autre, sont rejetés par le système. La nécessité d'être toujours compétitif, de faire bonne figure en toutes circonstances pour avoir une toute petite chance de se recaser atteint un niveau absurde. En chômeur digne, qui refuse de s'abaisser à se faire le complice d'ignominies, Lindon est parfait et a bien mérité son prix d'interprétation. En revanche, ce film souffre tout de même d'une certain nombre de faiblesses. Il est conçu comme une série de séquences de durées variables et manque d'un véritable scénario. A l'exception du personnages principal, les individus qu'on voit défiler n'apparaissent que comme des silhouettes. Enfin, on ignore la profession de l'épouse, alors qu'on voudrait en savoir un peu plus sur cette famille. En dépit de ces défauts, La loi du marché sonne juste, ne force jamais le trait et apparait comme un témoignage coup de poing sur le monde contemporain en crise et ses victimes.
Après avoir traversé toutes les difficultés que rencontre un demandeur d'emploi de longue durée, après s'être vu obligé de suivre une formation, qui comme la plupart des formations imposées par Pôle emploi, s'est retrouvée être complètement inutile et qui n'aura au final aboutit ni à une reconversion ni à une reprise d'emploi, Thierry trouve un petit boulot de surveillant dans une grande surface. Il va alors assister à des scènes de misère humaine et sociale.Si son regard dévoile sa tristesse et son envie de rébellion, il continue de travailler sans prendre parti. Prendre parti c'est risquer de se retrouver une fois encore dans cette spirale infernale du chômage qui va lui faire perdre pied, tant financièrement que familialement et socialement.Très belle interprétation de Vincent Lindon (qui a choisit d'être payé en participation pour ce film par, dit-il cohérence sociale) Il réussit, avec Stéphane Brizé le réalisateur, à ne pas faire de cette histoire un documentaire. C'est un film citoyen donc forcement politisé mais c'est filmé avec justesse, intelligence et sobriété qui font qu'à aucun moment ce film ne devient moralisateur. Un seul petit bémol tout de même : la scène du discours de l'employé du groupe qui vient s'exprimer suite au drame arrivé dans l'entreprise. C'est une scène ratée, surfaite et mal jouée qui n’était vraiment pas nécessaire et qui désert quelque peu la crédibilité du récit. Cela reste tout de même un beau film qui raconte très justement la triste réalité de ce qu'est la loi du marché. C'est un film à voir.
J'attendais beaucoup de ce film, et mon opinion est en demi-teinte. Vincent Lindon est tel qu'on le connait, magistral, torturé, dans son rôle jusqu'au bout des ongles.
Points positifs : film réaliste, ancré dans le monde du travail, ses difficultés, ses doutes, ses peurs et ses injustices.
Points négatifs : certaines scènes qui ne servent pas à grand chose ou qui sont trop longues, à tel point qu'on finit à un moment par se dire "Bon d'accord, allez on passe à autre chose quand ?" (spoiler: exemple de la scène où Vincent Lindon danse avec sa femme, au bout d'un moment le "1, 2, 3, 4" du prof de danse te donne vraiment envie de lui flanquer une gifle ). L'usage du plan rapproché quasi-permanent a ses avantages et ses inconvénients : il créé un sentiment de proximité avec le personnage principal qui permet de se mettre aisément à sa place, l'inconvénient étant une gêne à la fois visuelle et un sentiment d'oppression qui, à mon sens, est voulu par le réalisateur.
Est-ce que je vous conseillerais d'aller le voir ? Honnêtement non, parce qu'au-delà de l'acteur principal pour qui j'ai une profonde admiration, le film aborde des sujets et des situations que vous pourrez aussi bien voir dans une émission du style "Capital", "Enquête exclusive" ou "66 minutes". Vous en sortirez silencieux, ennuyé, vous demandant quelle était la véritable intrigue (car il n'y en a pas vraiment), le seule avantage pourra être le suivant : vous vous direz au fond de vous-même "Ma vie n'est pas si nulle".
Le meilleur film de Vincent Lindon à mon sens ? Incontestablement : Pour elle.