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Un visiteur
2,5
Publiée le 4 juillet 2015
Certes il y a Vincent Lindon et l'on ne peut qu'applaudir son don d'acteur (parler de jeu serait un euphémisme regrettable) qui lui valait bien un prix prestigieux et tant mieux si ce fut à Cannes mais à part Vincent/Thierry ? Bien sûr il y a du pur Stéphane Brizé avec des moments très émouvants, en particulier les séquences avec le fils et puis bien sûr la trame dramatique de ce film tellement (hélas) réaliste mais sinon c'est un film bien médiocre dans sa construction (Thierry/Vincent galère de stages en entretiens et puis pouf, sans transition, il se retrouve dans une galerie marchande... heureusement qu'on avait vu la bande annonce avant...) et fatiguant (ah cette caméra à l'épaule qui va de la nuque de Thierry/Vincent au visage - flou - d'une caissière...) et vient à vous donner l'impression d'être enfermé dans une cabine sur un bateau dans la tempête... Ah oui c'est sans sans doute çà l'intention ! Bon ben alors il faut distribuer des sacs à vomis à l'entrée de salle... Stéphane Brizé pouvait bien mieux faire et il l'a prouvé avec Vincent Lindon. Je pense bien sûr à Mademoiselle Chambon...
Il est des films qui — comble de la situation pour un métrage primé à Cannes — refusent le cinéma. La loi du marché en est : il préfère la politique. Si certains chefs-d'œuvre du cinéma ont choisi cette voie, ils se différencient du film de Brizé en ce qu'ils ont politisé l'image — on pense, évidemment, à Godard — plus qu'imagé le politique.
C'est donc un film classique du genre qui s'offre à nous,sans aucune prétention de révolution et qui, partant, prend logiquement sa position idéologique vis-à-vis du fait considéré sans que cela ne pose, en soi, aucun souci. Le problème survient en fait dans l'argumentaire mis en place pour défendre le propos, car il est tout à fait bancal, biaisé et c'est d'ailleurs là l'écueil habituel du film social — on reste donc dans le classique jusqu'au bout. Cette gêne se fait sentir non du fait que l'on veuille nous persuader mais bien parce que l'on s'en rend trop évidemment compte. Ce qui choque le plus, dans un premier temps, est cette réalisation faite de lumière blanche et de cadrage a main levée qui ne jette qu'un vent de grisaille sur des vies pourtant pas si miséreuses que ça. Ensuite, averti par ce premier point, on se rend compte qu'il n'y a aucun véritable moment de joie, un peu comme si là-bas, on ne faisait que souffrir. Quelques scènes — celles de danse ou de chorale — auraient pu apporter un sourire ou au moins un peu de beauté mais elles sont sans cesse grevées par une absence d'élan émotionnel. Néanmoins, il reste dans le scénario quelques idées intéressantes, notamment quant à une réflexion sur un dilemme moral — vaut-il mieux nourrir sa famille ou respecter son éthique personnelle ? — qui hélas, de nouveau, sont annulées par une absence d'exaltation qui eut été salutaire aussi bien a l'objet politique que filmique. [...]
Suite de la critique sur le blog de Pours Cinéphilie.
Vincent Lindon habite magnifiquement le rôle de ce chômeur qui va de Charybde en Scylla. Film social louable mais trop misérabiliste façon Zola. Etait-il vraiment indispensable de faire du fils un handicapé ? Trop, c'est trop, cela dessert le film, c'est regrettable...
J'ai beaucoup de mal à noter ce film car il est très inégale. Le début commence tambour battant critique assassine de pôle emploi et du système de formation, cela m'a fait penser à ma situation actuel. La scène sur skype est horrible pour le personnage. Le film est trop réelle, il a un côté trop amateur à mon goût, on est plus vraiment dans le cinéma. Le film est d'une lenteur extrême dans ça deuxième partie (supermarché), on est pas loin de s'endormir, les images floues de videos surveillance donne mal à la tête, les scènes répétitives de vol sont lassantes. On voit bien que le réalisateur critique le système mais sans vraiment convaincre. Vincent Lindon est trop seul dans ce film pour pouvoir réaliser une performance extraordinaire, c'est bien dommage. Je suis content qu'il ait été récompensé à Cannes mais c'est loin d'être son meilleur film.
Une merveille de film, un acteur excellent, comment ne pas être touché par ce film ? Toutes les scènes sont subtiles et émouvantes, pas de pétage de plomb, pas de hurlement, ni d'insulte, simplement la dignité humaine mise à mal et un homme qui tente vaillamment de ne pas ployer sous la répétition des blessures, petites entailles répétées, usantes ; ici un stage inutile, là une proposition d'assurance ridicule, plus loin des mises en cause difficiles de ce qu'on est, de ce qu'on projette. Il faut voir ce film. sauf que je ne sais pas si je vais retourner faire mes courses dans un supermarché !
Trois éléments constituent le côté positif du film : le choix de Vincent Lindon, la prise de risque payante de ne faire jouer que des amateurs sur leur lieu de travail, qui engendre donc le troisième, à savoir un réalisme digne d'un vrai documentaire. "La loi du marché" est au final une oeuvre en phase avec son temps mais qui souffre d'un manque de rythme dommageable.
Un film fade avec des images et des dialogues laissant à désirer et frisant l'amateurisme. Le jeu de l'acteur principal (V.Lindon habituellement bon) se limite à des regards de chien battu, et des silences la plupart du temps.On comprend difficilement les louanges pour précisément cette oeuvre là.
Il s'agit ici d'un film qui exhale l'authenticité. Cela est dû notamment à certaines options de mise en scène, comme par exemple les plans très rapprochés qui filment les personnages de très près, plus particulièrement leur visage. Par ce biais, on voit leurs expressions, leurs émotions. Ce film nous montre la société telle qu'elle est sans toutefois la regarder de haut, en étant au contraire au plus près d'elle, en regardant dans les yeux les femmes et les hommes qui la composent. Ces personnages subissent presque tous des humiliations, que ce soit le personnage principal incarné par un immense Vincent Lindon, qui est constamment humilié pendant une bonne partie du film, tant qu'il n'est qu'un sans emploi. Ces humiliations prennent plusieurs formes, que ce soit à la banque, lors d'un entretien d'embauche, pour la vente d'un mobile home... Mais une fois qu'il trouve cet emploi de vigile dans un supermarché il devient le spectateur impuissant de l'humiliation des autres, que ce soit pour des,larcins, des fautes professionnelles. On sent que cette situation est aussi difficile à vivre que la première pour le héros car il s'identifie sans trop de difficultés à toutes ces personnes humiliées. Et pourtant, la vie est ainsi faite et pour s'en sortir il faut endurer. Pour cela, il convient sans doute d'avoir un bon entourage et pourquoi pas s'accorder des moments de légèreté autour d'une simple danse, car le ballet de la loi du marché est malheureusement beaucoup moins léger.
Des choix cornéliens portés à l'écran d'une façon fidèle, voire même plutôt réaliste. Des scènes pesantes, d'une lenteur voulue et accentuée façonnent ce film d'un manière tout à fait convenable. Vincent Lindon est remarquable et performe ici dans un rôle particulièrement délicat à jouer.
Pourtant, le film s’essouffle rapidement et le dénouement est assez surprenant, voire même décevant.
Un bon documentaire ne méritant peut-être pas d'être vu au cinéma, mais qui vaut le détour pour bien saisir toute la gravité de la situation dans laquelle notre société est plongée depuis quelques années.
On se fout du monde c'est ça un film sur le quotidien difficile? Alors on met 1 chômeur et 1 handicapé et ça suffit... Des plans longs qui ne servent à rien, on ne va jamais dans la profondeur des choses. J'ai failli quitter la salle. Je suis déçue. Après tout le blabla sur ce film. A ne pas voir ça n'apporte rien. Vincent Lindon très crédible mais tout est creux
Lorsqu’on évoque le film « La loi du marché », on se doit de rappeler que Vincent Lindon a reçu le prix d’interprétation masculine à Cannes cette année et à raison ! Avec une telle carrière fructueuse derrière lui, on ne pouvait que reconnaître que ce prix était fait pour lui. L’émotion dont il a fait preuve lors de la cérémonie prouve que le jury ne s’est pas trompé sur le personnage et la fragilité de l’acteur qui, malgré des années de carrière, n’avait jamais été récompensé à sa juste valeur. La question que l’on peut se poser est : « Le rôle tenu par Vincent Lindon dans le long métrage de Stéphane Brizé est-il si remarquable ? » La réponse est sans conteste un grand « oui ! ». En effet, le jeu du comédien français est à souligner tant il est réaliste et troublant de vérité. Le quinquagénaire habite le personnage au point qu’on en oublie qui interprète le rôle. Ce n’est pas Vincent qui évolue sur notre écran, mais Thierry, ex-chômeur et père de famille modeste. Si le reste du casting, presque composé d’anonymes, est finalement secondaire, c’est sans doute pour mettre en exergue l’Homme à la moustache et sa (juste) vision de la vie.
Coté réalisation, on doit admettre que le film peut paraître lent... mais pas long pour autant. Contradictoire ? Pas tant que cela. Si les scènes de vie quotidiennes peuvent donner une sensation de longueur, on se rappellera que notre vie de tous les jours peut être perçue de cette façon. On s’immerge réellement dans les problèmes de la société, de survie dans un quotidien de consommation et nous permet d'observer ce que l’on refuse peut-être de voir.
Ce qui peut paraître dérangeant, c’est l'axe des prises de vue du réalisateur. En effet, nombreuses sont les scènes filmées de profil : un choix sans doute délibéré pour mieux inclure le spectateur dans les dialogues et échanges auquel assiste le personnage principal. Bien cela fonctionne les premières fois, la technique est peut-être un peu trop redondante pour être concluante.
Si le film à tendance à humaniser les voleurs à l’étalage, il montre aussi combien les gardes des supermarchés sont finalement pris dans un engrenage de valeurs d’entreprise plus que de valeurs personnelles propres. Ils sont robotisés face au misérabilisme d’une partie de leur clientèle alors que leur situation familiale est parfois presqu’aussi difficile que celles des faiseurs de petits larcins. L’empathie a-t-elle sa place dans un travail aussi rigoureux ? Comment peut-on faire face à la réalité avec une certaine distance ? A travers ce film social bien réalisé, « La loi du marché » nous interroge et nous apporte quelques réponses, vraisemblables ou non. Un film d'actualité qui interpelle et qui offre un jeu sans fausse note et de qualité!
Bien mais pas particulièrement ému... Un film vrai, qui fait malgré tout penser, qui ne laisse pas indifférent ! Un film utile et qui montre l'inhumanité de notre société libérale sans chichi...
Indéniablement "La Loi du Marché" porte un sujet intéressant, servi par la performance très juste de Vincent Lindon. Toutefois, à trop s'accrocher au réel et à un aspect documentaire un peu plat, Brizé en oublie presque de faire du cinéma et limite la portée de son film. "La Tête Haute" qui traite également d'un passionnant sujet de société est pour le coup nettement plus percutant.