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Seemleo
80 abonnés
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4,0
Publiée le 15 juin 2015
Des plans fixes, cadrés en général sur Vincent Lindon. Une suite de scènes grisailles de la vie quotidienne, avec tous les temps morts, les redites, les hésitations. On se croirait dans un mauvais documentaire avec caméra cachée. Difficile au départ de se plonger dans ce monde étrange qui est en réalité le monde que le personnage joué par Lindon, a façonné. Ce n'est pas seulement la loi du marché, mais c'est son monde à lui, modelé par les choix, petits et grands de son parcours de vie. Plan par plan malgré la dureté des rapports entre employeurs et employés, on découvre le héros, ses grandeurs, ses limites. Le résultat est prenant, original et laisse un sentiment de réflexion profonde après la projection. Réflexion alimentée par sa propre vision de la vie et de ses Lois.
Bien que la séquence initiale soit remarquable et en annonce d’autres également fortes, j’ai craint que Lindon ne délivre trop de leçons comme il en adresse une à l’employé de pôle emploi. Eh bien pas du tout ! Il encaisse beaucoup et sa résistance à la violence qui accompagne tout son parcours n’en est que plus remarquable, jusqu’à l’issue ouverte. Si tant de commentaires louent l’interprétation retenue, j’ai surtout apprécié les dialogues, et les plans séquences qui laissent de la place au spectateur pour compatir et s’indigner. Une fois encore le vocabulaire a tout son poids : celui employé par un chef d’établissement scolaire tellement policé maquille la vérité. Implacables, sont les mots de la banquière qui essaie de placer ses produits et à l’occasion d’un pot de retraite, dérisoires. Lors d’un entretien simulé, les critiques d’autres demandeurs d’emploi sont impitoyables. Pour un enterrement, la musique suffit. J’ai bien aimé que ce film ne soit pas convaincant : il n’y a pas de vainqueur dans la discussion avec les syndicalistes de son ancienne boite, juste la complexité de la réalité. J’ai bien aimé aussi que certaines scènes prennent leur temps pour une négociation pour le prix du mobil home dont le couple doit se séparer : il faut ça. Ou pour une leçon de danse qui débouchera sur un moment d’émotion avec le fils handicapé. « Et puis la foule s'est mise à marcher Au pas de loi du marché Et c'est la CAC qu'a commandé C'est le CAC qu'a cadencé » Souchon Les vigiles nous rassurent, mais quand tant de voyous se gobergent, l’injustice à punir une caissière pour quelques points fidélité indument grappillés nous révolte. Et parmi tant d’arrogance des filous, cette brève qui n’est pas du cinéma: un ouvrier de Peugeot vient d’être menacé de licenciement pour des gants de travail retrouvés dans son sac.
La banalité de la petite souffrance de le vie quotidienne, on ne peut que peu à peu s'insérer dans la peau du héros mais le monde à l'entour est tellement vrai, tellement juste. J'ai eu deux fois envie de partir au milieu du film mais à la fin ne pouvais plus m'extirper de mon fauteuils, Complètement abattu mais heureux d'avoir vu un film magnifique d'une simplicité qui nous pénètre j'au plus profond de notre âme.
La loi du marché. Que dire?!. Ce film nous propose donc la vie d'un homme (les politiques disent "Les Français"), ayant perdu son travail. D’emblée, le spectateur n'a pas le droit de savoir dans quel branche ce monsieur évolué t'il? Son secteur d'activité est-il touché par la crise? Bref, en somme, "mais il fait quoi ce monsieur dans la vie?".
Ce film, est d'une longueur sans nom, et il ne dure seulement qu'1h30, belle perf du réalisateur. Passons a la véritable critique. La loi du marché, ce veut comme étant un film "humaniste" en tout cas, c'est tel qu'il est vendu au public. Soit on joue sur ma corde sensible, j'apprécie particulièrement Mr Lindon, il n'en fallait guère plus pour m'attirer dans une salle de cinéma. C'est peut être l'unique pari du réal. Attiré les gens avec un nom, en marketing c'est le "naming". Ce film, en fait c'est votre vie, la votre, la mienne, celle des 66 millions de Français qui peuple ce pays. On assiste a un enchaînement de situation, sans contexte explicatif, si ce n'est "Lindon c'est fais licencié". Mention spéciale a la scène du mobil-home, je ne pensais pas qu'une négoce d'un mobil-home miteux, puisse mettre autant d'émoi a Cannes. On comprends la fascination de ces bobos blindés de parisianisme, pour les petites mains de ce monde, "les simples serveurs", "la simple caissière" et j'en passe. Discount, m'a bien plus touché, que ce faux film d'auteur.
Alors, certes, tous les goûts sont dans la nature. Si vous voulez voir, un enchaînement de (longue) situation avec très peu de dialogue, une caméra qui tremble, des focus mal exécuté, un contexte inexistant, allez-y. Ce film vous rappellera peut-être les films moche de l'atelier cinéma d'un lycée de seconde zone
Vincent Lindon mérite son prix d'interprétation à Cannes mais la construction du film est trop lente . les séquences sont trop longues , très réalistes mais ça manque de rythme.
Film plat, lent, sans relief, avec Vincent Lindon qui a rôle de salarié résigné et fuyant. Le film "Discount" sur le même thême, du licenciement de caissières est beaucoup plus positif avec une réaction des salariés licenciés qui creent une coopérative avec les invendus récupérés des supermarchés.
J'ai été très déçu par ce film. Lindon est certes plutôt bon en chômeur dépressif.
En revanche, je pense que les scénaristes, comme les journalistes qui encensent ce film, ne connaissent pas le sujet qu'ils traitent.
N'en déplaisent à ces pseudo bien pensants, les conseillers pole emploi ne sont pas tous incompétents, les patrons ne sont pas tous des salauds envoyant au suicide leurs employés, et les employés de la grande distribution ne ressemblent pas tous à ces montons dépressifs que le film nous dépeint... Il est même permis de penser que quelques chanceux ont pu un jour esquisser un sourire au travail, ou même y prendre du plaisir? (hypothèse non envisagée dans le film
Que penser de la scène de la "formation" à l'entretien d'embauche ou toute l'assistance (collègues comme formateur) s'évertuent à "descendre" notre chômeur... Heureusement dans la vraie vie, vos collègues peuvent faire preuve de bienveillance et les formateurs, essayer de vous faire progresser plutôt que de vous enfoncer... que cherche t'on à démontrer ici???
Bien d'autres scènes ressemblent à celle là, de la caricature misérabiliste, le trait est tellement forcé qu'on en vient au grotesque...
Au delà du temps perdu, pour moi ce genre de film entretien une dépression ambiante façon no future... A quoi bon? Dans la vraie vie la "loi du marché" est heureusement plus complexe, désolé!
excellent film, qui parle au plus juste de la situation actuelle des chômeurs face a Pôle Emploi, organisme bancaire... Vincent Lindon a bien mérité son prix à Cannes. Seul petit bémol, film tourné de façon un trop lente à mon gôut.
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4,0
Publiée le 30 mars 2019
Regarder ce film superbe de Stèphane Brizè revient à prendre le pouls du monde du travail du moment! Pour un C.D.I ou pour un emploi, est-ce qu'il faut tout accepter ? En fait, c'est un film qui place un individu et qui le suit sans le lâcher, à l'intèrieur d'un système qui veut le mettre à genou! Sur un sujet social (un quinquagènaire perd son boulot à cause d'une dèlocalisation), Brizè et son scènariste Olivier Gorce ont rèussi bien plus qu'un long-mètrage! ils ont èvitè et le clichè et la simple description! Sans pour autant typer leur hèros et encore moins l'èlever au rang de symbole, ils ont su lui donner une vèritè! Aucun sentimentalisme, mais beaucoup de vraie sensibilitè! Dans les meilleurs moments, on retiendra la sèquence d'ouverture à Pôle-emploi ou celle du mobil-home! Le rèalisateur s'attarde longtemps, presque la moitiè du film, sur l'humiliation lièe au chômage! En fait, Brizè montre la rèalitè de l'homme qui attend le travail en subissant un certain nombre de situations vexantes pour qu'au moment où il trouve le boulot en question, on sait qu'il est absolument prisonnier de cette situation! Et quand ce travail le met face à un dilemme moral, on sait qu'il n'a absolument pas le choix parce qu'on a ètè au contact de la vraie difficultè qu'il avait à trouver un boulot! Filmè au plus près et souvent en plan-sèquence, Vincent Lindon est vraiment exceptionnel et le spectateur finit progressivement et rèellement par s'attacher à son personnage! Un personnage loyal et rassurant, mais aussi courageux et diablement sexy dans sa posture, dans sa façon d'encaisser, de prendre sur lui et de montrer en même temps que ça va pèter à un moment ou un autre! Rarement Prix d'interprètation masculine au Festival de Canes aura ètè aussi beau et aussi justifiè! Longtemps, on se souviendra de son discours formidable lorsque Michelle Rodriguez lui a remis le prix lors de la clôture de la 68e èdition du Festival de Cannes! En une poignèe de minutes, Lindon nous assaille d'èmotions! Tout simplement parce qu'il a dèdiè son Prix à tous ces gens qui ne sont pas toujours considèrès à la hauteur de ce qu'ils mèritent et qui sont les citoyens, un peu laissès-pour-compte! A signaler ègalement une interprètation solide dans les seconds rôles, d'où èmergent plusieurs acteurs non-professionnels! Pour le reste que dire de plus, si ce n'est que "La loi du marchè" est un très grand film proche du documentaire, qu'on ressent physiquement, comme son hèros Thierry, ècoeurè par sa fonction d'agent de sècuritè dans un supermarchè! Quant à l' unique scène apaisante d'un Lindon qui apprend à danser sur du Goldman, elle est remarquable de simplicitè...
Œuvre cinématographique bizarre. Ce film est une succession de scènes de 5-10 minutes chacune qui reflètent le dur quotidien du personnage campé par V. Lindon. Il n'y a pas véritablement de scénario, ni de BO. On a l'impression de regarder un documentaire à la télé. Vincent Lindon joue correctement mais je ne comprend pas l'hommage unanime rendu à Cannes. Peut-être suis-je passé à côté de quelque chose...
Je ne comprends pas l'engouement pour ce film. Dans le genre j'ai préféré "Discount", ou "Qui vive". La palme du meilleur acteur pour Lindon, acteur que j'aime bien, me surprend aussi. Il passe la moitié du film spoiler: debout dans un bureau devant une caissière qui se fait gronder par son chef , ca ne me semble pas un grand jeu d'acteur.