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Yohan Marques
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3,5
Publiée le 21 décembre 2011
Même si je n'en suis pas un fan transi et que je lui préfère -de trés loin- "Le cabinet du dr Caligari", force est de reconnaître que "Nosferatu" constitue à plus d'un titre le film le plus enblematique du mouvement expressionniste, de par ...les contrastes permanents entre la lumière et l'obscurité, mais aussi par sa radicalité qui l'installe comme une oeuvre hors-normes, un OVNI dans le paysage cinématographique de l'époque : accélération de l'image, négatif saturé, surimpressions et autres techniques d'avant-garde qui permettent à Murnau de graver sur pellicule quelques-unes des images les plus persistantes et les plus obsédantes de l'histoire du cinéma. Si l'on rajoute à cela la sale gueule de Max Schreck dans le rôle-titre, on comprend donc sans peine le statut quasi-mythique d'une oeuvre-repère dont l'aura se trouve perpétuée depuis plusieurs décennies par la culture alternative dans son ensemble, du théatre experimental au "Black métal" en passant par la danse contemporaine.
Nosferatu (1922), œuvre emblématique du cinéma Allemand au début des années 20, réalisée en noir & blanc et muet, le film est aujourd’hui aussi disponible en version restaurée, teintée et sous le format 18 i/s (vitesse de projection originale). Avec ce film d’épouvante, Friedrich-Wilhelm Murnau adapte (à sa façon) le célèbre roman de Bram Stoker : Dracula et en restitue un film passionnant et d’une beauté sidérante pour l’époque. Les moyens mis en œuvre sont conséquents, le tournage en extérieur, les jeux d’ombres et de lumières, la performance des acteurs, c’est tout un ensemble de choses qui font de ce film, une œuvre remarquable et inoubliable !
Quand lui est proposé par Albin Grau, l'adaptation du célèbre roman de Bram Stoker, Murnau compte huit films à son actif, essentiellement des drames sentimentaux inspirés du romantisme allemand, mais l'ancien étudiant en histoire de l'art n'est en réalité passé derrière la caméra que depuis seulement trois ans. Albin Grau passionné d'occultisme vient de fonder avec Enrico Dieckmann une société de production cinématographique (Prana Film) pour transposer sur l'écran des romans fantastiques. Son projet d'adapter "Dracula" séduit très vite Murnau en dépit du peu de moyens dont il disposera et de l'illégalité du projet liée au non-paiement des droits d'auteur à la veuve de Bram Stoker. Illégalité qui a failli nous priver à jamais de ce premier chef d'œuvre de Murnau, un jugement ordonnant après la sortie du film la destruction de toutes les copies. Le scénario avait pourtant été quelque peu remanié, l'action délocalisée et les noms des personnages changés par Henrik Galeen qui avait travaillé avec Paul Wegener sur les différentes versions du Golem. Le tournage se déroula principalement en extérieur dans les villes de Wismar et de Lübeck, ce qui émancipe l'esthétique du film de celle typiquement expressionniste proposée un an plus tôt par Robert Wiene dans "Le cabinet du docteur Caligari" (1920) qui en qualité de précurseur imposa une partie des codes de la transposition du mouvement pictural à l'écran. Murnau assisté d'Albin Grau qui officie à la décoration impose avec "Nosferatu" le questionnement métaphysique qui hantera désormais chacun de ses films. L'univers trouve son équilibre à travers des contraires qui normalement se neutralisent. Ainsi la vie et la mort, le jour et la nuit, la haine et l'amour. L'homme est souvent le jouet de ces antagonismes. Le comte Orlok (Max Schrek) n'est plus un vivant mais un non-mort évoluant en cycle inversé et condamné à se nourrir la nuit en aspirant les forces de vie de ceux qui furent ses semblables. Privé de la mort, Orlock doit donner la mort pour préserver l'équilibre de l'univers.Être maléfique sans aucun doute, porteur de la peste mais aussi pathétique, souffrant de sa marginalité (certains feront le rapprochement hasardeux avec l'homosexualité du réalisateur) et de son extrême solitude. Le jeune Hutter (Gustav von Wangenheim) fera le voyage jusque dans les Carpates pour passer derrière le miroir au-delà du pont derrière lequel les villageois locaux ne s'aventurent jamais. "Passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre », nous dit Murnau. Pour la première fois la longue silhouette décharnée de Nosferatu s'offre au regard médusé du spectateur. L'homme rêve de ne jamais mourir, la souffrance incarnée par Max Schrek abîme cette quête contre nature qui est peut-être la vraie malédiction de l'homme. Par la suite, l'image du vampire sera fortement sexualisée contribuant à restaurer ce rêve impossible pour s'attirer les faveurs du public peut enclin à se frotter à sa triste condition d'être mortel. Le Nosferatu de Murnau en choisissant de s'abandonner au charme diaphane d'Ellen (Greta Schröder) la jeune femme de Hutter, réinscrit définitivement son destin dans l'ordre naturel des choses : après la nuit le jour, après la vie la mort. Le cinéma expressionniste allemand est avant tout un cinéma de studio et Murnau en usera pour ses deux autres chefs d'œuvre à suivre ("Le dernier des hommes" en 1924 et "Faust" en 1926), mais il démontre avec "Nosferatu" que les décors naturels judicieusement choisis et photographiés (les filtres colorisés et les jeux d'ombres en particulier) peuvent aboutir aux mêmes effets. Près de cent ans après sa sortie, ce film désormais parfaitement restauré qui a inauguré un genre encore bien vivace conserve toute sa force hypnotique et la dimension poétique que lui confère son rythme lent et la composition inoubliable de Max Schrek.
Parcequ il est précurseur ce film est intéressant, mais même en noir et blanc il diffuse une capacité d épouvante grâce à une esthétique malgré l époque poussée et efficace
Malgré son grand âge, le film reste exceptionnel par une réalisation minimaliste mais ultra-innovante et l'atmosphère créée. Plagiat de Dracula, le scénario en reprend tous les grands éléments et les transpose en prusse orientale. Avec ce film, Murnau entre dans la coure des plus grands. Max Schreck à une si grande présence photogénique qu'il fusionne avec son personnage. Un des plus grands films de l'histoire du cinéma. Un must!
Considéré par beaucoup comme la première adaptation au cinéma, non-officielle, du Dracula de Bram Stocker (ce qui semble toutefois ne pas être exactement le cas), et constituant également l'un des tout premiers grands films d'horreur avec Le Cabinet Du Docteur Caligari (Robert Wiene, 1919), La Sorcellerie À Travers Les Âges (Benjamin Christensen, 1922) ou bien encore Le Fantôme De L'Opéra (Rupert Julian, 1925), Nosferatu a tous les éléments d'un film culte. Il est également considéré comme l'un des chefs d'oeuvre de l'expressionnisme allemand notamment dans le jeu d'ombre et de lumière et dans les différentes teintes de la photographie. De même, la musique qui accompagne la version restaurée apporte beaucoup à l'atmosphère avec des motifs atonals. Malgré tout, le film ne parvient pas encore à vraiment créer un climat de peur et comporte même un caractère burlesque par instants. On retiendra donc surtout la naissance du mythe du vampire au cinéma.
Un véritable chef d'oeuvre ! C'est un très grand film, prémonitoire sans le vouloir, avec une mise en scène et un jeu de contraste extraordinaires. Un des Grands Classiques du Cinéma. Le film a beau être vieux, il a conservé depuis sa force d'impact. Visuellement on est en plein expressionnisme allemand avec ces faciès hallucinés et ces ombres portées sur des murs décrépis. Le film arrive a créer un sentiment de malaise si puissant, terrifiant. C'est un très grand film, un monument pour tous les cinéphiles adorant le fantastique. Merci Murnau pour ce chef d'oeuvre absolu !
Chaque plans du film est lugubre, les décors et la musique sont parfaits pour l'épouvante. Evidemment il y a des défauts du à l'âge de cette oeuvre, les effets spéciaux et des détails semblent un peu vieillot mais cela est logique. J'ai vu une version qui ne dure que un peu plus d'une heure et sincèrement c'est bien mieux que la plupart des films d'horreurs d'une époque plus proche de nous.
Pour commencer, je dois dire qu'il a des qualités ce Nosferatu, d'où la note : le jeu de lumières et d'ombres est particulièrement réussi, la mise end scène parvient à le sublimer, l'ambiance est poisseuse à souhait, je ne me suis pas ennuyé au visionnage (version 1h30) et surtout il y a le personnage de Nosferatu, flippant et ultra iconique, formidablement interprété par Max Schreck. Derrière ça je n'ai pas aimé ce film. Je veux bien essayer de recontextualiser, mais comprenez-moi, regarder le film en essayant de m'imaginer être quelqu'un en 1920 ne fera pas de moi quelqu'un de 1920, ayant vu beaucoup de films récents. J'ai donc suivi ce film sans jamais y prendre un vrai plaisir. Je ne pensais jamais dire ça un jour, mais c'est un bon film, que je n'ai pas beaucoup aimé.
Voici donc le légendaire Nosferatu, film muet des années 20, le premier à mettre en scène à l'écran l'histoire du roman Dracula de Bram Stoker, et c'est franchement réussi dans mon oppinion. Tout d'abord, j'ai été séduit par l'ambiance, assez sombre, voire un peu mystérieuse, elle est en tout cas bien mise en avant grâce à une musique plutôt bonne et surtout grâce aux superbes jeux d'ombre et de lumière habilement utilisés par Murnau. Un autre aspect intéressant du film est l'image du Comte Dracula, ici appelé Orloff, par manque des droits d'auteur. Le fameux vampire est ici présenté comme une espèce d'ombre, un fantôme en quelque sorte, et non pas un être de chair et de sang. Avec cela, il perd également le côté plus séducteur qu'il possède dans de nombreuses autres adaptations cinématographiques. Pour en faire donc ce personnage "ténébreux", Murnau a très bien choisi le comédien Max Schreck, qui campe le vampire de manière vraiment convaincate, aidé, il faut le dire, par son physique qui est parfait pour un tel personnage. Finalement, j'évoquerai encore quelques plans, que j'ai trouvés non seulement beaux ésthetiquement, mais également intéressants de par leur sens. Comme exemple, je pourrais citer le plan ou ils observent des parasites sous un microscope. Pour le reste, je dirai donc que Nosferatu est un bon et beau film, à découvrir sans aucun doute. On peut dire que l'histoire avance parfois un peu trop vite, mais c'est tout à fait pardonnable quant on considère l'oeuvre en son tout, qui reste quand même bien plus que sympathique. Pour être bref, Nosferatu est un morceau de l'histoire du cinéma, à voir.
Voilà certainement un des premier long métrage les plus connus d'avant 1930 ( avec les films de Chaplin et de D.W. Griffith ), très réussi esthétiquement pour l'époque, car le film date tout de même de 1922 ( !! ). "Nosferatu" est surtout réputé pour être un des premier film Fantastique de l'histoire du cinéma. Oui, car l'histoire, tirée du roman culte de Bram Stoker, raconte le voyage d'un clerc de notaire envoyé dans les Carpates à la rencontre d'un Comte qui souhaite acheter une maison en Angleterre. Mais, bien sur, ce très cher Comte se révèle être un vampire! La musique est envoutante, bien que souvent répétitive, mais c'est normal dans un film muet de plus de 90 minutes, avoir toujours une musique différente serait presque un exploit. Les acteurs sont excellents, la preuve, des rumeurs racontaient même que Max Shreck ( Nom utilisé également par Tim Burton dans Batman, le défi : le personnage incarné par Christopher Walken s'appelle Max Schreck. Clin d'oeil ou hommage? ) serait réellement un suceur de sang, tant son jeu et son maquillage étaient réalistes. Un très bon film, envoutant, intéressant, à voir.
Chez Murnau le vampire n’est pas tant un corps qui souffre – là se tient l’approche de Werner Herzog – qu’une ombre surnaturelle tout droit sortie des profondeurs souterraines. Nosferatu premier du nom narre une lutte entre l’obscurité et la lumière, cette dernière triomphant d’ailleurs lors du sacrifice final de la femme pure. Entre ces deux tonalités se heurtent deux figures : la blondeur rayonnante du jeune homme romantique, la pâleur mortifère du démon assoiffé de sang. L’expressionnisme partout présent enveloppe le film d’un drap de rêverie magnifique dans lequel le spectateur erre et se perd au gré de la partition symphonique tout simplement sublime de Hans Erdmann. Indémodable Nosferatu qui ne perd guère, avec le temps, de son caractère horrifique ; au contraire, on pourrait dire qu’il constitue le réservoir infini de nos peurs et de celles qui, par instants, trouvent leur place sur un écran de cinéma contemporain.