L’Attaque de la pom pom girl géante est une production Corman, et c’est une sorte de pseudo-remake d’une autre production, L’Attaque de la pin up géante. Cela dit, il y a également eu d’autres films sur des femmes géantes, il y a un côté fantasmatique derrière ça dont use d’ailleurs le scénariste de ce film pour un humour assez beauf ! En vrai, le métrage est franchement moyen. L’actrice principale est plutôt cool, sympa, sexy, c’est le mannequin Jena Sims, et elle tient assez bien son personnage. En face d’elle, Olivia Alexander (la brune donc la méchante !) en fait des caisses, mais c’est pas malvenu dans un film de cet acabit ! Treat Williams d’ailleurs, complètement égaré dans sa carrière, en fait d’ailleurs également des caisses en méchant, mais vraiment des triples caisses ! Faut aimer ! On notera aussi la présence relativement anecdotique de Sean Young, elle aussi vraiment au fond du gouffre. Dommage car elle est encore radieuse, mais étonnamment elle n’aura jamais réussi à capitaliser vraiment après Blade Runner et la voir dans ce film, dans un rôle qui l’amuse visiblement mais à l’ambition très limité c’est dommage. Dans l’ensemble le casting est sympathique et apporte le plus gros intérêt à ce métrage qui, par ailleurs, patine pas mal. Eh oui, car en vrai le film n’exploite que très peu le gigantisme de son personnage. Ce dernier passe la moitié de son temps avec une taille à peine supérieure à la moyenne, et lorsqu’elle est géante, elle passe la moitié de son temps caché ! Il reste une quinzaine de minutes où elle ne fait pas grand-chose, en duo avec Olivia Alexander. En somme, le concept est racoleur mais il n’y a rien, même pas une petite voiture malencontreusement écrasée ! Le concept sert principalement à quelques blagues douteuses (par exemple sur les organes sexuels proportionnés à la taille de l’héroïne !), mais pas beaucoup plus. D’ailleurs l’histoire qui baigne dans une ambiance teenage movie peinera à passionner le spectateur français. On y parle beaucoup de fraternité étudiante, de pom pom girl, de bizutage ricain, de base-ball, franchement c’est long, c’est régressif, l’humour est parfois faiblard. Heureusement, le temps passe grâce aux acteurs et, il faut l’avouer, à la recette Corman qui parvient encore à sauver les meubles. Il amène des créatures improbables, il dope son film de nudité et de sexualité soft, et même si la plupart des blagues sont bas de gamme, certaines sont franchement amusantes dans le contexte d’un nanar certain. Il n’y a pas de prises de tête, c’est assez bêta, mais ça n’a aucune prétention et c’est la force des productions Corman qui savent aussi faire court, et ça c’est appréciable !
Formellement, le film est fauché. Les effets spéciaux sont réduits au minimum, il n’y a, comme je l’ai dit, aucune destruction, aucune scène d’action, la réalisation fait le minimum syndical. Par exemple elle ne cherche même pas à rendre le poids des femmes géantes en faisant trembler la caméra lorsqu’elles sautent ! C’est la base ! Si l’ambiance campus est assez bien rendu en faisant appel à tous les clichés de l’esthétique teenage movie, en revanche la photo est impersonnelle et la musique très oubliable.
Honnêtement, il faut voir ce film comme un nanar roublard de Corman, mais pas plus. Parfois drôle mais parfois drôle malgré lui, radin sur l’action et l’utilisation de la femme géante qui n’est en fait qu’un prétexte à faire voir le corps de Jena Sims en petite tenue, assez moche formellement, le film est sauvé de justesse par ses acteurs très engagés et amusants, par quelques blagues potaches efficaces, et deux ou trois délires typiquement cormaniens qui apporte un peu de punch à un film qui a également la bonne idée de ne pas s’étendre trop longuement et d’avoir un timing correct. Bref, c’est pas génial, mais regardable dans le genre. 2