4063 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
341 critiques spectateurs
5
51 critiques
4
154 critiques
3
82 critiques
2
37 critiques
1
9 critiques
0
8 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Un visiteur
3,0
Publiée le 30 juin 2016
Pedro Almodovar renoue avec ses histoires de femmes et parvient à susciter, par moments, de l'émotion en décrivant les états d'âme de cette femme mure qui a perdu tout lien avec sa fille depuis 12 ans. S'apprêtant à partir vivre sa retraite au Portugal, elle décide au dernier moment de rester à Madrid car elle vient d'apprendre que sa fille Atia habite en Suisse et a 3 enfants. Elle s'installe alors dans un nouvel appartement et commence à rédiger un journal personnel où elle explique ce qui l'a amené là. Au travers de flash-back, on revisite le parcours de jeunesse et la passion amoureuse qui a conduit cette femme a avoir cet enfant qui, une fois majeur, l'a quitté. Utilisant une musique propice à l'évocation d'un drame, on se surprend à attendre la découverte d'un mystère qui ne viendra pas. Car le propos d'Almodovar est d'évoquer ces rencontres inattendues qui parsèment l'existence, auxquelles on ne s'attend pas, comme la scène du cerf et du train, et qui seront des étapes importantes dans le parcours d'une vie. Les êtres sont attirés les uns vers les autres jusqu'à ce que des évènements imprévus les séparent. Cette fatalité de la vie est inexorable et peut s'apparenter à une tragédie grecque dont la triste fin est le sort réservé aux héros. Cette perte de l'être aimé cause la plus grande des douleurs, et les raisons possibles de cette disparition restent sans réponse lorsque le(la) disparu(e) n'est plus là pour y répondre. L'histoire est triste, le poids des ans reste supportable à condition de pouvoir continuer à vire avec ceux que l'on aime malgré une progression de la vie qui emporte tout et face à laquelle on doit s'adapter même si on voudrait que rien ne change. On retrouve les thèmes habituels de l'auteur : sa marque picturale par l'utilisation récurrente des couleurs primaires (vêtements, décor), cela tourne parfois à l'obsession car les raccords se font souvent sur la couleur, sa volonté de monter les lieux de vie (maisons, appartements), et surtout son amour des personnages (donc de ses acteurs) et du temps qui passe. Pedro signe un mélodrame sentimental abouti où le temps passé et présent se rejoignent pour évoquer la condition féminine de Julieta, d'abord amante puis mère, transmission immuable de l'humanité.
Je sors de la séance et j’ai trouvé ce film sublime. La musique est magnifique et l’interprète principale très juste et émouvante. Je trouve simplement que bien que jouant divinement, Emma Suárez n’est pas à son avantage teinte en blonde, on voit nettement ses sourcils bruns très fournis et cela ne lui va pas du tout. Je ne comprends pas pourquoi certaines femmes brunes se teignent en blonde alors qu’elles ont beaucoup plus de personnalité avec leur couleur naturelle. Ceci dit, excellent film que j’ai beaucoup apprécié et que je vous conseille.
Une atmosphère de mystère autour d'une histoire d'amour du passé, le sentiment de culpabilité, du mal-être et des clivages, mère/fille/compagnon on n'est pas dans une comédie. Il y a peut-être une exagération du drama à mon goût après, on part en flashback, et on attend d'avoir toutes les pièces du puzzle, c'est haletant, c'est bien fait, bien écrit et réalisé. Bon film à vous !
Ravie de retrouver Pedro Almodovar comme je l'aime car le film précédent m'avait terriblement déçue. Dans Julieta il faut saluer la performance des deux actrices. On retrouve les thèmes qui obsèdent le cinéaste : la vie, la mort, les relations mère/fille, l'homosexualité, la passion amoureuse. J'ai vraiment beaucoup aimé.
Un Almodovar bien sage : loin des débordements qui ont fait sa réputation, Almodovar nous offre ici un mélodrame parfaitement maîtrisé. Trop même, laissant du coup difficilement filtrer les sentiments à travers la mise en scène. On notera néanmoins encore une fois un formidable portrait de femme et quelques temps forts, notamment le passage du train, en plus de la mise en scène grandiose.
Comment on fait pour vivre dans l'attente ? Une mère tente de vivre sans sa fille. Comment en est-on arrivé là ? C'est ce que le film raconte dans une suite de flash-back. C'est l'intimité d'une relation qui est montrée ici. Comme souvent chez Almodovar, tout est pudeur et suggestion. A l'image de ce que l'on voit à l’écran : des plans précis, des décors fins et des couleurs confortables. Une interprétation au top. On pourra reprocher à Almodovar d'être un brin mono-thématique mais quand on aime …
Un retour de Pedro Almodovar et la passion pour ces portraits de femmes simplement et purement stupéfiantes ... Entre passion, interdit, non-dit et amour ...
J'aime beaucoup Almodóvar et Julieta est sans doute son meilleur film, la réalisation est très belle et les cadres, la lumière tout ça est très bien géré, les acteurs sont parfaits et le scénario est vraiment bon et accroche,et franchement c'est ultra frais et aux petits oignons et ça ne se refuse pas un plat comme celui-là.
Film très réussi. Les 2 actrices interprétant Julieta (jeune et plus âgée) sont sensationnelles. On est pris dans le filet tendu par un Pedro Almodovar retrouvé.
La sortie d’un Pedro Almodóvar est toujours attendue par un cinéphile mais j’avoue que « Juliéta » m’a laissé sur ma faim ! C’est la souffrance d’une femme longtemps séparée de sa fille … mais le scénario laisse perplexe tant l’histoire s’écoule sur de nombreuses années avec des zones d’ombres – chères à cet auteur – mais un peu tirées « par les cheveux » : quid de la femme de ménage/gouvernante de Xoan (le grand amour de l’héroïne) d’allure Hitchcockienne qui laisse évoquer une certaine malédiction ? Quid de la fille Antia dont on ne sait si elle a préféré une autre vie orientée par une homosexualité latente liée à la mort tragique de son père ou elle a été manipulée par une secte suite au décès ? Quid de la nature de la maladie de la mère de Juliéta et de la relation de Juliéta avec son père qui résume en une engueulade suite à une des rares questions d’ailleurs inappropriées posées par Juliéta ? Quid de Lorenzo – le dernier vieil ami Portugais (donc « étranger » à l’histoire familiale) - qui aurait pu faire crever les abcès mais ne le fait pour une raison qui nous échappe ? Bref de grandes zones d’ombres expliquant probablement le pourquoi de ce drame mais pour ma part le primum novens de tout cela est le mutisme de Juliéta qui relève du pathologique. Cette femme a une formation de lettres classiques et donc de multiples références culturelles en tête, elle a été une très bonne enseignante et donc a priori une bonne « communicante » … mais elle ne cherche à aucun moment à avoir quelque explication verbale avec son entourage et tout ce qui se passe autour d’elle ? Elle semble vivre dans une bulle et sa souffrance n’est que le résultat de ce mutisme a qui engendré tant de fausses culpabilités. La statuette au sexe coupé est d’ailleurs peut-être une clef pour mieux comprendre ce film ? C’est très bien fait, très bien filmé (lumière et cadres) … mais il m’a manqué une étincelle pour « entrer » dans l’histoire !
On a dit que "Julieta" avait été la grande oubliée du Festival de Cannes. C'est plus que vrai. C'est presque un scandale qu'un film de cette qualité n'ait pas été primé. Ah non, on ne rencontrera pas cette faune survoltée à laquelle nous avait habitués le génial Pedro. Cette fois le maître espagnol donne dans la sobriété. Une sobriété toute relative : on n'évolue tout de même pas chez Bresson ni chez Rohmer. L'intrigue est, dit-on, un condensé de trois nouvelles d'Alice Munro, la remarquable nouvelliste canadienne couronnée par le Prix Nobel en 2013 et dont on a appris à admirer la savante complexité des intrigues qui vaut autant par ce qui est dit que par ce qui se trame entre les lignes, voire d'une nouvelle à l'autre sans crier gare. Almodovar aime la complexité lui aussi et il profite de sa lecture d'Alice Munro pour mettre au point un scénario à rebondissements mais qui n'offre aucune résistance à la compréhension. Le résumer serait assez vain et priverait le spectateur en devenir d'un grand bonheur. Contentons-nous d'aligner quelques thèmes chers au cinéaste espagnol : la figure de la mère et bien sûr le lien entre la mère et l'enfant ; le questionnement d'un passé qui devient matière à obsession avec pour corollaire la culpabilité liée à un événement traumatisant ; le temps qui passe et vous afflige de blessures aussi inattendues que difficiles à refermer ; et puis bien sûr l'amour, l'amour coup de foudre qui est d'abord amour torride avant de gagner en maturité et de déboucher sur la grande ennemie, la mort, qui surgit parfois comme un châtiment. Le film d'Almodovar témoigne d'une extraordinaire maîtrise tant par le scénario que par la mise en scène. Il doit beaucoup au film noir et plus d'une fois on pense au maître du genre, Alfred Hitchcock. Les jeux de lumières y sont pour beaucoup, mais aussi l'impeccable recours à des lieux chargés de sens. Et n'oublions pas la musique signée une fois de plus Alberto Iglesias, le musicien indissociable des films d'Almodovar : une musique sans éclat mais qui installe le spectateur dans l'attente et le malaise. Enfin "Julieta" ne serait pas ce qu'elle est sans ces deux remarquables actrices que sont Emma Suarez (Julieta à l'âge mûr) et Adriana Ugarte (Julieta dans la trentaine). Mais ce serait faire injure aux autres acteurs que de ne pas les mentionner : contentons-nous d'observer qu'ils sont tous excellents et dirigés de main de maître par l'inimitable Pedro Almodovar. Et cerise sur le gâteau : le bonheur de revoir dans un rôle secondaire Rossy de Palma...
Malgré l’emballage visuellement coloré typique et l’atmosphère hitchcockienne de ce portrait de femmes, le manque d’enjeux dramatiques de cette histoire pour le moins banale n’a d’égal que le piètre jeu de l’actrice principale Emma Suarez qui, par ailleurs, ne ressemble pas du tout physiquement à son personnage plus jeune interprété par Adriana Ugarte... Almodovar prend son temps pour mettre en place le décor surréaliste et des personnages tel que Xoan, le soi-disant pêcheur qui ressemble plus à une gravure de mode qu’à un pêcheur, ou encore la talentueuse Rossy De Palma, sous exploitée et dont le rôle n’a que peu d’intérêt ici. Même si l’on se doute qu’elle a contribué à l’éducation d’Antía… L’ennui est donc ce que l’on retient de ce film dont l’objet était la transmission maternelle de la culpabilité. On pourrait même croire qu’il s’agit d’un téléfilm sud-américain des années 90 tellement les textes sonnent faux et les acteurs sont insipides. Mais où sont donc passées la fougue et l’inventivité du grand Pedro Almodovar ? Peut-être n’a t’il plus grand-chose à raconter finalement…
De nos jours, à Madrid, Julieta n'a pas de nouvelles de sa fille, Antia, depuis de nombreuses années. Quand, elle croise Béa qui lui dit l'avoir vu quelques jours auparavant en Italie, sa vie bascule. Dans Julieta, on ne quitte jamais les rails d'un drame trop bien huilé, dans un train-train sans surprise. Il est difficile de se laisser prendre par l'émotion tant cette histoire est contée sans finesse au point de perdre tout intérêt. Le style graphique du maître espagnol n'aide pas. Si sa patte esthétique séduit dans ses films où la folie et le décalage dominent, elle devient encombrante lorsque le premier degré règne. Trop de plans, nous renvoient à une publicité des années 80/90. L'obsession d'Almodovar pour les couleurs vives, plus particulièrement le rouge, et si possible associé au bleu, devient un jeu pour le spectateur qui s'ennuie. Retrouver ces deux couleurs dans chaque plan. Il n'a pas à chercher longtemps.
Un univers coloré à la Almodovar qui raconte simplement l'histoire d'une mère qui a fait comme elle pouvait pour éduquer sa fille et tente de se rattraper mais cette fois l'aide d'un homme bienveillant et présent est la bienvenue.
Un film très fort dont on ne peut sortir indemne, et qui questionne sur nous-même , les rapports avec nos êtres proches, le manque de communication et le temps qui passe face à tout cela. Une interprétation magistrale, une mise en scène sobre mais très agréable, une certaine retenue face à la réalité des événements que vit le personnage principal, le tout sur une musique certes bien présente, mais en totale adéquation avec l'actualité vécue. On retrouve avec grande satisfaction le réalisateur espagnol de l'époque de Parle avec elle ou Tout sur ma mère, voire de Volver, son plus grand succès en France. Difficile donc de rester insensible à cette belle et touchante histoire, ce qui me fait penser d'ailleurs qu'il manque cruellement de film français récents qui nous porte une telle émotion...