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LeFilCine
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3,0
Publiée le 21 avril 2015
Le réalisateur iranien Jafar Panahi a obtenu l'Ours d'or à Berlin pour Taxi Téhéran alors qu'il ne peut plus quitter le territoire de la république islamique depuis plusieurs années. Dans ce film, qu'il a pu faire sortir clandestinement du pays, il se met en scène en chauffeur de taxi déambulant dans la capitale iranienne. La parole se libérant plus aisément dans un taxi, ses clients s'expriment librement sur la société iranienne. Mais très vite on se rend bien compte que ces derniers sont complices du réalisateur. Par conséquent, son nouveau film est donc à classer du côté des docufictions. Pourtant, au début, on peut se laisser convaincre d'assister à un documentaire, mais il n'en est rien. En réalité les différents personnages ne sont pas des acteurs professionnels mais ce sont tous des proches du réalisateur qui interprètent des rôles plus ou moins imaginaires. Le fond du film, et c'est sa force, tient surtout dans ses dialogues à la connotation politique évidente. La forme, où tout est filmé en caméras embarquées, est intéressante au début puisque l'on est plongé de manière très concrète dans un Téhéran qui nous est méconnu. Mais on se lasse assez vite malheureusement de ce choix de mise en scène, qui est certes discret pour le réalisateur interdit de tourner, mais qui est bien peu cinématographique. Jafar Panahi est plutôt inexpressif dans le rôle-titre. Il laisse à sa jolie galerie de personnages le soin de divulguer tous les messages qu'il souhaite offrir au monde extérieur. C'est donc un vendeur de DvD, une petite fille (sa nièce) ou encore une célèbre avocate qui dissertent sur les règles anti-démocratiques qui régissent la vie politique et culturelle de millions d'iraniens. Intéressant.
Très agréable, on circule dans Téhéran , on y aperçoit une vie bien semblable aux nôtres. Les passagers sont bien. La petite nièce est extra, un sacré caractère. L'avocate très humaine et très déterminée dans ses convictions que l'on ne peut que partager. Un film qui donne de l'espoir et de l'optimisme .
Interdit d'exercer son métier, Jafar Panahi défie les autorités en réalisant "Taxi Téhéran", film qui raconte comment les passagers successifs d'un taxi reflètent les différents facettes de la société iranienne contemporaine. Malgré l'intérêt inégal que présentent les diverses situations (la séquence de la femme hystérique assez agaçante), le film parvient à gagner notre sympathie grâce à sa drôlerie et à son dynamisme. En effet, il s'agit ici de combattre l'obscurantisme principalement par l'humour, lequel est inscrit dans un montage élaboré et dans une mise en scène précise qui évite tout nombrilisme sans pour autant exclure le cinéaste-personnage. Les dernières minutes, qui sont les plus sérieuses et aussi les plus émouvantes, disent bien la position dans laquelle se trouve Panahi: quels que ce soient les contraintes oppressantes et le gouvernement en place, le cinéaste iranien continuera de lutter et de proposer ses images au monde entier. Captivant bien qu'imparfait d'un point de vue artistique; nécessaire en tant que geste pour la liberté d'expression.
Film ou manifeste politique ? Jafar Panahi ne se considère pas comme un réalisateur politique, mais comme un cinéaste voulant témoigner des maux de la société. C’est en tout cas un pied de nez à la censure des ayatollahs !! Jafar Panahi n’a plus le droit de tourner et de sortir d’Iran depuis 2010. Il transforme son (vrai-faux ?) taxi en studio ambulant. Se succèdent sur la banquette arrière des personnages qui témoignent de la vie quotidienne…et c’est tellement bien fait que j’ai cru qu’ils s’agissaient pour la plupart de rencontres fortuites…or il parait que ce sont des familiers du réalisateur sauf le dealer de DVD piratés qui joue son propre rôle…mais dont le business a fait de lui un cinéphile qui reconnait Panahi dans le chauffeur. Mention spéciale à la petite nièce à la langue acérée qui elle aussi filme dans le cadre de ses études, nantie des préceptes de ses enseignants sur le caractère diffusable d’une œuvre…s’en suit une liste de doxas islamiques, et notamment montrer la réalité sans en montrer la noirceur, prétexte à débat entre l’oncle et la nièce mais qui va bien au-delà de l’espace fermé du taxi…parmi les passagers de ce taxi, la dame aux fleurs, Nasrim Sotoudeh, avocate militante sous le coup d’un interdiction depuis 2011…Panahi réalise ici un petit film réjouissant plein d’autodérision et ultime pied de nez aux ayatollahs, il a réussi à sortir son film hors d’Iran et a obtenu l’Ours d’Or à Berlin…
Un film dont la force tient en l'histoire de son réalisateur, aux circonstances de sa réalisation, mais qui reste selon moi un peu surcoté par la critique. Le film montre la société iranienne et les conséquences de sa politique sur les citoyens avec justesse et questionnement. Ce n'est pas dénué d'humour, au contraire c'est souvent drôle et tendre, mais il y a tout de même beaucoup de longueurs (ce qui en 1h22 est assez pénalisant) et j'avoue avoir eu beaucoup de mal avec certaines images un peu trop instables.
Bien sûr il y a censure , bien il y a interdiction de réaliser mais on s'ennuie ferme dans ce taxi , on y prend presque le mal des transports ! on apprend pas grand'chode que l'on ne sache déjà !
Évidemment comparé à un casting "la guerre des étoiles" ou "Fast and furious" ..on est aux antipodes ::::!!!! Jafar Panahi a tout fait lui même, caméra au tableau de bord ....personnage principal s'il en est ....il n'y en a qu'un.... C'est incroyable ce qu'il a réalisé - sans jeu de mot !!! Le film ou documentaire ou ...reportage est certes par moments .....soporifique (voix monocorde) alors que celle de sa nièce est nasillarde et énervante... Dans le contexte de son interdiction de tourner dans son pays... c'est plus qu'une superproduction à lui seul !!!! J'ai été étonné par la tranquillité régnante dans la ville, par le nombre de 405 ( véhicule le plus présent - si vous avez des vues sur ce véhicule, c'est là bas qu'il faut aller !!! ) et la circulation ayant des points communs avec l'Italie, le klaxon en moins ... !! **
Je suis allée voir Taxi Téhéran parce qu'il se joue au Balzac et que l'affiche est jolie. En plus, au Balzac, le samedi soir ils donnent un intermède musical et hier soir c'était vraiment très réussi. Et bien ce film, c'est un véritable petit bijou. Avec une économie de moyens sans nom, le réalisateur nous propose une série de saynètes très drôles et de portraits tous plus truculents les uns que les autres. Il y a du burlesque, de l'absurde, du politique, des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, des petits, des minces, des gros, c'est un portrait très tendre de la société iranienne. C'est tellement bien joué qu'on se demande si les personnages sont réels ou si ce sont des acteurs mais vu l'enchaînement des scènes qui est assez rapide, j'ai fini par me dire que ce devait être des acteurs. J'ai lu après le contexte politique du film. Tout ce que ça m'a inspiré, je dois dire dans ma grande candeur, c'est que si les libertés en Iran sont cadenassées, c'est aussi un pays qui donne aux enfants de 10-12 ans comme devoir de classe de tourner des court-métrages, même si les contraintes de tournage sont extrêmes. Ca, c'est tout de même une sacrée ambition pédagogique. Et puis ce petit film prouve, une fois de plus, que ce n'est pas la débauche de moyens et d'argent qui fait l'artiste. Thumbs up !!!
On connait bien la situation de Jafar Panahi. Censuré dans son propre pays, il tourne des films comme il peut, sans équipe technique, et les transmet en Occident comme des lettres volées.
Pour celui-ci, Panahi développe une idée limpide : mettre ses petites caméras DV dans un taxi et prendre les passagers qui se présentent.
Il donne à son aventure un faux air de documentaire, mais il est évident que tout est parfaitement scénarisé : il s'agit bien d'une fiction, qui simule un documentaire.
Il semble que la contrainte galvanise Panahi. Toute la première partie du film est un chef d'oeuvre d'invention entre rire et larmes, dans lequel chaque réplique semble calculée pour susciter une émotion différente : émotion, étonnement, rire étouffé, stupéfaction, intérêt. A ce titre la scène du blessé est un morceau d'anthologie qui figurera dans les meilleurs moments de cinéma de l'année.
On pourrait croire que Panahi est limité par son installation. C'est tout le contraire qui se passe. Il donne une formidable leçon de scénario par son script millimétrique (beaucoup d'évènements semblent inutiles et ne prennent sens que dans la suite de l'histoire), par son montage admirable (à l'image des deux longs plans qui ouvrent et ferment le film) et ses choix de placements de caméra (et même de choix d'appareils : téléphone, appareil photo de la petite fille).
Même si la fin du film est un peu moins percutant que le début, Taxi Téhéran laisse derrière lui une trace indéfinissable et puissante, dans laquelle se mêle le plaisir d'avoir rencontré simultanément un être dont on voudrait être l'ami, et une cohorte de personnages ébouriffants qui nous ont plongé dans la réalité iranienne contemporaine.
Je n'ai pas compris où est le génie dans ce film, encensé par la critique. Il n'y a ni propos, ni émotion, ni mise en scène vraiment travaillée. D'accord pour faire un film comme un documentaire, mais alors il faut du contenu. Là, il n'y en a pas ou très peu. On n'apprend rien de particulier sur la société iranienne (à moins d'être ignare au point de ne pas savoir où est l'Iran) ni sur la vie dans le pays. Très déçu, donc.
J'ai tellement aimé Abbas Kiarostami (Le goût de la cerise...) et Ashghar Farhadi ( À propos d'Elly"...) que malgré les mauvaises critiques, je me suis forcé à aller voir "Taxi Téhéran" .... Mais quelle horreur ce film ! Quelle honte de vouloir gagner de l'argent en profitant d'une clientèle captive, celle des fans de cinéma iranien ! Quand on est un cinéaste reconnu, comment peut-on se moquer à ce point du spectateur ! Il faut détester les gens pour commercialiser un "film" de ce genre, tourné "avec les pieds" en utilisant un smartphone ! Et en choisissant d'insulter le genre humain en faisant tourner des rôles aussi nuls à des acteurs ; se moquer du spectateur en lui faisant croire qu'il s'agit de scènes tournées en caméra cachée... ; et en exploitant un handicapé ! Le procédé est abject. Et comme si ça ne suffisait pas, avoir l'audace de remercier à la fin ! Si j'étais iranien, je me sentirais insulté. À boycotter absolument, sans retenue... Mais le pire de la honte revient au jury du festival de Berlin qui a attribué l'Ours d'Or à ce film. En fait, il faudrait que tous les cinéphiles de bonne volonté se décident à boycotter tous les films primés dans les festivals...!
Syndrome viral d'un film qui guète le bon sens. On n'est qu'enjoué par les faits. Et c'est justement çà la force de Jafar Panahi. Pas de démonstration narrative social. Sans antennes politiques non plus. Ce huit clos, imbibé de générosité, a voulu faire très grand dans trop petit. Pour tout ce que cela insuffle, oui bien sur que c'est à voir. La forme, à l'économie regrettable seulement parce que Téhéran nous semble trop vite perçu, aurait pu être plus démonstrative. Je ne remet pas en cause ici le format, mais ce taxi ne réserve plus de surprises au bout de 20 minutes. S'en suit une succession d'actions cocasses alléchantes, mais sans goût particulier. On comprend bien que le cinéaste symbolise l'enfermement de ce décor comme le cloisonnement de son pays. Mais à trop envoyer des signaux tout de suite, je me lasse de ce regard insipide.
Je me sens obligé de réagir pour baisser cette note incompréhensible de 4/5 !!! Aucun intérêt , obligé de se protéger les oreilles , une caméra qui se veut être cachée sans vraiment l'être , bref ne perdez pas votre temps et votre argent . Seule l'affiche a été travaillée pour attirer les clients et les bobos parisiens.