Un petit film sympathique , qui a le mérite d'avoir été crée clandestinement avec des bouts de chandelle. De l'humour, des personnages bien campés, surtout la petite fille qui joue très bien et dont la parabole sur l'exercice scolaire de tournage d'un documentaire est très réussi, On comprend que toutes les restrictions imposées correspondent à ce que vit le réalisateur . La démonstration est faite par l'absurde que tout ceci n'a pas de sens. La réalité est ce qu'elle est , et on ne peut l'améliorer sans la travestir, ou alors c'est du mensonge. Le final de la caméra volée par les censeurs est aussi très astucieux. Cependant cela reste un petit film gentillet, et si on sort le contexte politique, il est vrai énorme , on peut quand même s'étonner des louanges et des prix glannés par le film. Ce n'est pas un chef d'oeuvre.
Une manière amusante de traiter de la culture et du manque de liberté d'un pays, le réalisateur n'a pas le choix, l'humour est quand même présent à travers ces tranches de vie. Prix mérite á Berlin.
Si on ne tient pas compte de l'histoire personnelle du réalisateur et du régime iranien, ce film, cinématographiquement parlant, n'a que peu d'intérêts; les différentes anecdotes amorcées ne nous apprennent pas grand chose qu'on ne sache déjà, les différentes scènes sont plus irritantes que drôles, c'est vite répétitif, le jeu des caméras agaçant et le côté faux-documentaire atteint vite ses limites.
Nul... Pas d'autre mot pour qualifier ce "film". Documentaire ou film? Acteur ou anonyme dans ce taxi? On ne sait plus... Mais mal joué de toute manière. Quel est le but de "film"? Si c'est pour dénoncer la censure dans ce pays, bof, je ne l'ai pas ressenti comme ça. Franchement, tout ce buzz pour ça?? Il y a eu d'autres "documentaires" bien plus réussis et bien plus prenant que celui-là. 1h20 de ma vie de perdu durant cette projection :(
Un lieu (le taxi), un homme (le chauffeur), un endroit (Téhéran). Des saynètes qui, sur un ton badin, jamais agressif, plutôt humoristique cisèlent des arabesques persanes sur de multiples facettes, pour raconter la vie ordinaire sous les mollahs. La richesse côtoie la pauvreté ; l'intelligence vs la bêtise ; la vie vs la mort ; la croyance hors la religion ; le pardon vs la violence ; la liberté vs la prison. Sans prise de tête et jamais lourd.
J'ai un peu hésité avant de me rendre dans une salle obscure pour voir "Taxi Téhéran". Les critiques sont certes dithyrambiques, mais un film iranien tourné intégralement dans un taxi pendant une heure et vingt-deux minutes ne risque t-il pas d'ennuyer au bout du compte? Eh bien non, pas du tout. Ce film est un petit bijou. Jafar Panahi maitrise son film de bout en bout, à la frontière entre le réel et la fiction, ce qui ajoute de l'intensité au récit. Il sait parfaitement quels sont les messages qu'il souhaite véhiculer sur la société iranienne et chaque conversation et chaque plan l'attestent. Quelle galerie de personnages plus extraordinaires (ou formidablement ordinaires?) les uns que les autres. J'ai beaucoup aimé la (supposée) nièce du réalisateur, une petite fille au caractère bien trempé, confrontée dès son plus jeune âge à la conception très particulière que l'Iran a du cinéma. Ce film nous montre aussi que la vie continue malgré tout pour toutes ces personnes qui mènent leur petit train-train du mieux qu'ils le peuvent. Elles rient, elles débattent, elles pleurent parfois, bref elles vivent. Jafar Panahi contourne la censure avec toute l'ingéniosité qui est la sienne, et nous délivre un véritable petit chef d'oeuvre d'humanité.
En 2011, sous le coup d'une condamnation d'interdiction de tourner (toujours en vigueur), Jafar Panahi avait réalisé Ceci n'est pas un film clandestinement chez lui. C'était à la fois terrible et magnifique. De ces films qui marquent pour très longtemps. Taxi Téhéran a été tourné tout aussi secrètement. Mais à l'air libre cette fois-ci, ou plutôt dans un taxi, aménagé spécialement pour ne pas être repéré. L'effet est saisissant, mais c'est très drôle ce coup-ci. Même si le constat sur la société iranienne qui en ressort est toujours aussi alarmant. Chaque personnage est une preuve vivante de l'intolérable injustice subie par le peuple iranien. Mais elle est surtout cristallisée dans les propos de la petite fille (et de l'avocate). Cette dernière joue son propre rôle, comme d'autres personnages. Les autres sont aussi tous des comédiens non-professionnels qui jouent anonymement. La force et l’intérêt de l'ensemble, outre l'émotion suscitée, est qu'on a vraiment l’impression d'être devant un documentaire et que les passagers du taxi sont de vrais clients. Visuellement, ce n'est donc pas très beau à voir. Et pour cause, la technique est réduite au minimum, sans budget, et dans la plus totale illégalité. Mais on s'en fiche complètement. Le film ne dure que 1h22 mais on souhaiterait qu'il en fasse deux ou trois de plus. Avec rien, Jafar Panahi réussit encore un tour de force et nous offre un des plus drôles, des plus beaux et des plus forts film de l'année. Et qui, pour couronner le tout, fait la nique au pouvoir iranien, en ayant raflé l'Ours d'or au Festival de Berlin en février dernier...
Au vu des critiques je ne dirais pas que ce film n'est pas bien , je n'ai tout simplement pas accroché et je l'ai trouvé trop bavard et énervant par moments comme quoi , Il n'en reste pas moins que Jafar Panahi est un cinéaste très courageux
Le projet et les propos du film sont vraiment intéressent; en effet la démarche de suivre le réalisateur dans son propres rôle dans un taxi, dans le contexte de la dictature est géniale. On y voit donc le quotidien des habitant sous le régime de la loi islamique, comment celle-ci investie tout les domaine y compris la culture. Cela dit je vois plus ce film comme une œuvre militante/politique que comme un vrai film, le cinéma à pour premier but de divertir le spectateur, non pas qu'il doit ce contenté de montrer des choses plaisantes (au contraire) mais il doit y avoir une histoire captive l'attention. Ici il n'y a finalement aucune histoire; j'ai lu que le réalisateur parlai de docufiction, en effet on est plus dans ce registre.
Quand fiction et réalité se mêlent au point de ne plus pouvoir être distingués! Jafar Panahi réalise ici un petit bijou de cinéma qui a la forme d'un documentaire, montrant l'état du cinéma aujourd'hui en Iran, du point de vue des réalisateurs, des spectateurs, et des enfants, à travers un joli voyage en taxi au coeur de la société iranienne. Ce réalisateur est un héros ordinaire, qui continue envers et contre tout son chemin, sans haine et sans cris, avec humour et constance, il démontre que les prisons sont avant tout dans nos têtes, et que la pensée a des ailes! L'ours d'or lui a été décerné à Berlin, et vraiment, c'est un film à voir!
Le réalisateur a beaucoup d'amour pour son pays et de la compassion pour ses personnages. Le film déborde d'humanité. À voir de toute urgence ! Le meilleur film de 2015 jusqu'à présent pour moi !
Avec trois bouts de ficelle et beaucoup de talent, une pincée d'humour, et l'immense courage de défier une dictature sournoise, Jafar Panahi nous promène dans les rues de Téhéran. Le pays qui possède de tels personnages - on pense notamment à la belle avocate aux roses rouges Nasrin Sotoudeh - est un beau et grand pays, même si les circonstances actuelles apparaissent lugubres pour la liberté d'expression et la manifestation du libre-arbitre. A ras du bitume, nous prenons une leçon de cinéma justement récompensée à Berlin. Du grand art!
Jafar Panahi, le réalisateur, nombre fois primés (Le ballon blanc : Caméra d'or à Cannes en 1995, Le miroir : Léopard d'or au Festival de Locarno en 1997, Le cercles : Lion d'or à Venise pour Le Cercle en 2000) qui a fait de la prison dans son pays pour avoir trop montrer, trop parlé, trop décrié contre la République Islamique, continue son chemin pour dénoncer la censure. Taxi Téhéran, Ours d'or de la Berlinale 2015, attire d'emblée l'attention par son concept "fausse-réalité", qui, au passage, délivre clairement le message personnel du réalisateur. Drôle et puissant, ce film laissera une trace importante dans le paysage cinématographique et sans doute bien au-delà...
On connait bien la situation de Jafar Panahi. Censuré dans son propre pays, il tourne des films comme il peut, sans équipe technique, et les transmet en Occident comme des lettres volées.
Pour celui-ci, Panahi développe une idée limpide : mettre ses petites caméras DV dans un taxi et prendre les passagers qui se présentent.
Il donne à son aventure un faux air de documentaire, mais il est évident que tout est parfaitement scénarisé : il s'agit bien d'une fiction, qui simule un documentaire.
Il semble que la contrainte galvanise Panahi. Toute la première partie du film est un chef d'oeuvre d'invention entre rire et larmes, dans lequel chaque réplique semble calculée pour susciter une émotion différente : émotion, étonnement, rire étouffé, stupéfaction, intérêt. A ce titre la scène du blessé est un morceau d'anthologie qui figurera dans les meilleurs moments de cinéma de l'année.
On pourrait croire que Panahi est limité par son installation. C'est tout le contraire qui se passe. Il donne une formidable leçon de scénario par son script millimétrique (beaucoup d'évènements semblent inutiles et ne prennent sens que dans la suite de l'histoire), par son montage admirable (à l'image des deux longs plans qui ouvrent et ferment le film) et ses choix de placements de caméra (et même de choix d'appareils : téléphone, appareil photo de la petite fille).
Même si la fin du film est un peu moins percutant que le début, Taxi Téhéran laisse derrière lui une trace indéfinissable et puissante, dans laquelle se mêle le plaisir d'avoir rencontré simultanément un être dont on voudrait être l'ami, et une cohorte de personnages ébouriffants qui nous ont plongé dans la réalité iranienne contemporaine.
Un taxi est un réceptacle magique pour recueillir les états d’âme passagers. Et quand le chauffeur est le réalisateur, c’est tout le pouls de la société qui bat sur la banquette arrière. Une institutrice qui débat de la peine de mort ; un cinéphile qui vend sous le manteau des DVD à la gloire du cinéma d’auteur ; deux dames qui ramènent leurs poissons rouges à la source pour exorciser leurs peurs ; une avocate « empêchée » qui va porter des roses à une militante emprisonnée ; et une fillette qui tourne un film pour son école en restant très ferme sur les principes moraux… Il y a deux façons de voir Taxi Téhéran. Et d’interpréter ces scènes de la vie quotidienne. Soit on ignore tout de l’état de la société iranienne, de la République islamique qui la gouverne et du réalisateur. On est alors embarqué dans une sorte de docu-fiction, doux, amer et ironique. Ces bavardages sont vivants, parfois drôles, mais ça reste des « brèves de taxi »... Et puis, on peut savoir que le chauffeur est aussi un réalisateur de renom, interdit d’exercer par le régime d’Ahmadinejad depuis 2010. Le film qu’on voit est donc clandestin. Militant. Sans acteurs professionnels. Jafar Panahi a installé trois caméras dans son « confessionnal » et faute de place, il est à lui seul l’équipe technique qui gère le son, le cadre, dirige les acteurs… et conduit le taxi. On peut ajouter qu’il est aussi producteur et scénariste de ce film sans générique pour protéger les acteurs… Sous cet angle, Taxi Téhéran prend évidemment une toute autre dimension. Celle du courage. Dès lors, peu importe son côté minimaliste et bricolé. On est dans un réquisitoire mordant contre la censure, pour la liberté d’expression et surtout pour cinéma. Et c’est cette parole maintenue coute que coute qu’il convient alors de saluer.