"Qu'a-t-elle vu ?..." "Elle", c'est Rachel Watson (alias l'Anglaise Emily Blunt), "The Girl on the train". De ce train, qu'elle continue d'emprunter par routine (toujours dans le même wagon, à la même place) pour aller des faubourgs de New-York au coeur de la métropole, longeant ainsi le quartier résidentiel où se trouve son ancienne maison (habitée maintenant par son ex, la nouvelle épouse de ce dernier, et leur bébé), rien - ou si peu... Juste de quoi stimuler sa sensibilité de femme abandonnée. En revanche, hors du train, de nuit et près de cette maison, sous un tunnel.... Tout est une question de perspective, en fait.... Voilà qui pourrait s'appliquer de manière prometteuse, cinématographiquement parlant, dans le cas de cette pauvre fille, alcoolique et névrosée, mais aussi dessinatrice fort douée. Oui, mais... c'est un best-seller de gare qui est ici adapté pour le grand écran. Ce qui donne, mis en scène par le peu de mérite Tate Taylor, un film fort peu convaincant (ligne scénaristique générale, psychologie des personnages, « rebondissements »...), gérant à trop gros traits l'essentiel « timing » et préférant les « effets » (y compris sanguinolents) à toute subtilité. Lourdaud, avec un « suspense » de pacotille, vouant toute tentative de « twist» au pétard mouillé... Une petite étoile pour souligner la prestation de l'actrice principale – qui a le mérite de ne pas en faire des caisses, dans une partie pourtant écrite dans la surcharge permanente.