El Club
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "El Club" et de son tournage !

Après Pinochet, l'Eglise

El Club semble bien éloigné de la trilogie de films que Pablo Larrain a consacré au Chili sous le régime d’Augusto Pinochet et qui s’est terminé par le triomphe de No en 2011. Pourtant, c’est à partir d’une image réelle que le réalisateur trouva l’idée de son film. On y voyait un prêtre chilien accusé de pédophilie se reposer à l’abri de la justice dans une charmante maison en Allemagne. Une matière sulfureuse qui poussa le cinéaste à en faire son nouveau projet.

Croyant pas pratiquant

Pablo Larrain n’est pas pratiquant mais a été élevé dans des églises catholiques : "J’aime le Christ, pas les chrétiens", précise-t-il.

Une production express

El Club a été tourné à grande vitesse, alors que le cinéaste attendait qu’un de ses projets se concrétise. Plutôt que de rester les bras croisés, celui-ci écrivit une partie du film et attaqua en parallèle la pré-production, parvenant à commencer le tournage trois semaines après son premier trait de crayon. Deux semaines et demie plus tard, le tournage, à son tour, fut fini. Le financement a été trouvé en utilisant les fonds de Fabula, société de production qu’il fonda avec son frère et son père.

En quête d'exactitude fictionelle

Pour les besoins de son histoire, Pablo Larrain est allé à la rencontre de prêtres tenus à l’écart en raison de suspicions d'abus et est parvenu, après de multiples refus, à tirer quelques témoignages. Il mêla à cela le témoignage qu’il reçut de personnes abusées sexuellement et tira de ce mélange le personnage de Sandokan. Il faut noter que le cinéaste et Roberto Farias, l’acteur qui incarne le prêtre violé dans son enfance, ont porté il y a quelques années une pièce de théâtre dans laquelle un homme confessait face au public les abus qu’il avait subi enfant.

Une direction d'acteurs très particulière

Pablo Larrain choisit de ne pas révéler à ses acteurs le scénario d'El Club afin qu’ils soient "présents de façon intense, au moment de la prise", comme il l’explique lui-même. Ils obtinrent la page de scénario de la journée juste avant le début du clap. Aucun maquillage ne fut utilisé, les acteurs devant juste se lever et enfiler leur tenue de la journée. S'appuyant sur les explications du cinéaste pour incarner la scène, ils durent parfois produire jusqu’à quinze prises pour trouver le ton juste. Après le tournage, ils ne connurent l’issue de leurs personnages qu’au cours du montage, étape au cours de laquelle le cinéaste trouva l’issue qu’il souhaitait donner à ses personnages.

Faire du neuf avec du vieux

Pablo Larrain est très critique à l’égard du numérique, qu’il qualifie de "virus" uniformisant les films. A l’instar de son précédent long-métrage (No), entièrement tourné avec des caméras des années 80, le cinéaste a ici mis la main sur des objectifs et des filtres utilisés par le cinéaste russe Andreï Tarkovski au début des années 60. Un éclairage en lumières naturelles apporta une plus-value au naturalisme recherché par le cinéaste.

Une astuce pour payer moins

Si le tournage ne se fit pas avec deux caméras, l’équipe avait préparé le terrain pour pouvoir bouger très vite d’une position à une autre. C'est par cette astuce que le tournage se vit raccourci et les coûts diminués.

La récompense suprême à Berlin

El Club remporta l'Ours d'Argent du festival de Berlin 2015.

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