Trois souvenirs de ma jeunesse
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vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mai 2015
Desplechin nous rappelle la célèbre phrase de Paul Nizan qui disait ne vouloir laisser personne dire qu'avoir vingt ans était le plus bel âge de la vie. Tous ceux qui sont passés par là confirmeront. Combien de souvenirs cruels et amers nous laissent ces années d'apprentissage! Et comme on peut avoir pourtant la nostalgie de ces années-là, souvent...A travers une histoire pleine d'intelligence et d'humour, le réalisateur nous promène dans les amours tourmentées du jeune Dedalus. L'interprétation remarquable des jeunes amoureux, leur diction distanciée apportent un brouillard poétique et bienvenu à ce drame que l'auteur aime se remémorer à cet âge d'homme qu'il a maintenant atteint sous les traits du toujours génial Amalric. On retrouve ici la touche originale de Desplechin qui peut mettre de la distance avec le " grand public", qui nous énerve parfois par sa candeur ou sa naïveté, qui nous navre de temps encore par ses longueurs et ses répétitions, mais qui finit par construire une œuvre singulière et tellement forte. A marquer d'une pierre blanche!
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 juin 2015
"Trois souvenirs de ma jeunesse" constitue le grand retour d'Arnaud Despléchin, après le décevant "Jimmy P." pourtant plein de promesses , et dans le sujet et dans la forme. Ici, le réalisateur renoue avec le lyrisme qui lui est cher du "Conte de Noël" , "Esther Kahn" et le non moins important "Comment je me suis disputé ... (ou ma vie sexuelle)". Ce dernier, d'ailleurs, mettait déjà en scène l'énigmatique dandy, Paul Dédalus, qui revient ici, cette fois, non plus en philosophe, mais en ethnologue engagé dans les contrées lointaines du monde. A partir d'une usurpation d'identité, que très vite nous comprendrons qu'elle a été consentie par le jeune Paul, le film raconte 3 souvenirs de sa jeunesse, souvenirs qu'on pourrait imaginer sans lien les uns avec les autres, et pourtant qui se relient magiquement au cours du film, comme le ferait un romancier ou un biographe. Tout le génie du film réside dans les détails. Arnaud Despléchin raffole des accessoires qui apportent à la narration une intensité supplémentaire aux émois amoureux des personnages. On pense par exemple à un article de journal qui relate la mort de Lacan, à deux femmes voilées sur un quais de gare des années 90, au bureau de la professeure d'ethnologie chargé de babioles africaines. Car plus qu'un réalisateur, Despléchin est un écrivain. Il filme le monde et les sentiments à la manière d'un brillant dramaturge, et la voix qui accompagne les scènes rajoute cette impression de parcourir un livre de Proust ou de Flaubert. Tout est beau, tout est subtil, les dialogues sont puissants, Despléchin va au cœur des émotions et des torpeurs de l'âme à la manière d'un psychanalyste, c'est-à-dire au plus près des vacillements et des détails de nos humanités. Et pourtant, si le réalisateur sait sa fougue littéraire à filmer des histoires, il n'en demeure pas moins un cinéaste intéressé par l'image, les mouvements de caméra, dans ce que cet art complète et rajoute à la littérature. Naturellement, Almaric est exceptionnel. Mais pas autant que ne le sont les jeunes acteurs, notamment Quentin Dolmaire à la voix si particulière et Lou Roy Lecollinet, toute en fragilité et en espièglerie. Voilà donc un film qui raconte l'universalité de l'amour, mais surtout celle des déchirements de la mémoire et de l'identité, quand les évènements de nos vies, apparemment si différents, si hétéroclites, se rassemblent pour dire si magnifiquement les défaillances de nos âmes.
brunocinoche
brunocinoche

137 abonnés 1 226 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 octobre 2015
Un film superbe et émouvant de bout en bout. Les souvenirs d'enfance et d'adolescence, parfois drôles, parfois douloureux, s'entrechoquent dans une mise en scène subtile et un découpage intelligent. L'influence de Truffaut sur Desplechin n'a jamais été aussi patente, notamment avec le recours aux lettres que s'envoient les jeunes amoureux. Les 2 jeunes comédiens sont magnifiques, Desplechin nous livre avec ce film l'un de ses plus beaux.
papalou
papalou

18 abonnés 225 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 mai 2015
Il est trop fort Desplechin..... Il écrit du rhomer et fait du Truffaut !
Il écrit trop et trop bien! Et au final c'est le cinema qui ce met en abîme .... Jou que cela devient compliqué!
Même si a force de se regarder le nombril il finit par nous perdre dans le sens qu'il veut donner à tout cela ....moi j'ai bien aimé, cette douceur de se souvenir ! Une vrai mélancolie douce et amer ! Yes je me souviens de ....a la manière de Perec et avec cette intensité créatrice de Samy Fray qui pédaler sur scène en récitant toute la pièces, prouesse physique....
Et bien Desplechin c'est une sorte de prouesse et d'énergie absurde de nous raconter les relations et premiers contaçt amoureux qui nous marque tous a un moment donnée dans notre parcours perso!
Amalric extra ..... Et son double ado et jeune adulte devient comme un Antoine Doinel qui parcours tous les volet de sa saga!
Ah mélancolie quand tu nous tiens!
Bon finalement vous m'avez compris????
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 mai 2015
Après la petite déception "Jimmy P." (2013) Arnaud Depleschin revient avec un prequel de son film "Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle)" (1996) pour lequel il retrouve son acteur fétiche Mathieu Amalric (6ème film ensemble). Le film est malheureusement bancal car rien ne semble en adéquation, que ce soit entre les différents actes ou que ce soit enter les deux films.Quand arrive la fin une chose s'impose d'elle-même, pourquoi ne pas avoir fait un film juste sur Esther et Paul ?! Un film intéressant et qui aurait pu être plus fidèle au film originel, le résultat est au final trop bancal et finit par créer des longueurs.
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 mai 2015
« Que sais-tu de la longue attente
Et ne vivre qu'à te nommer
Dieu toujours même et différente
Et de toi moi seul à blâmer
Que sais-tu du malheur d'aimer »

« Le malheur d'aimer » : c'est ce poème de Louis Aragon, qu'avait si bien mis en musique et chanté Jean Ferrat, qui me trottait dans la tête tandis que je m'en revenais de la salle où venait d'être projeté ce film beau et émouvant d'Arnaud Desplechin. Un film en trois volets, comme l'indique le titre, mais de longueurs très inégales. C'est le troisième des souvenirs ici évoqués qui occupe la majeure partie du film et c'est tant mieux car le plus beau, le plus touchant, le plus passionnant de cette œuvre se trouve là.
En 1996, dans « Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) », Arnaud Desplechin racontait, de manière assez tortueuse, la vie et les amours d'un certain Paul Dedalus, incarné à l'écran par Mathieu Amalric. On y découvrait, en particulier, la crise qui mettait à mal le couple qu'il formait avec Esther (Emmanuelle Devos), son amour de jeunesse. C'est ce même Paul Dedalus que nous retrouvons ici, mais rajeuni, puisqu'après avoir passé huit années en Russie, un problème d'identité le conduit à se remémorer son enfance et son adolescence. Son enfance dans un premier volet qui évoque la mort tragique d'une mère mal-aimée. Sa prime adolescence dans un deuxième volet où l'on découvre précisément comment, à la faveur d'un voyage en Biélorussie, l'identité de Paul Dedalus a été usurpée par quelqu'un d'autre. Et enfin et surtout sa jeunesse, dans un troisième volet qui, couvrant à lui seul les trois quarts du film, raconte l'histoire d'amour naissante entre Paul et Esther.
C'est ce troisième volet qui emporte ce film vers des sommets, rappelant, il est vrai, certaines grandes œuvres de François Truffaut, mais sans nullement les imiter d'une manière scolaire. Incarnés par de jeunes acteurs très convaincants, Paul (Quentin Dolmaire) et Esther (Lou Roy-Lecollinet) apprennent la douceur, mais aussi la douleur, d'aimer. Le bonheur et le malheur, pour reprendre le mot d'Aragon. Paul voudrait conduire son amour pour Esther jusqu'à des sommets, jusqu'à une sorte d'absolu (on notera, d'ailleurs, que son frère Yvan, lui, se donne tout aussi passionnèment à Dieu dans la prière), mais c'est trop difficile et il n'y arrive pas. Ils ont beau s'aimer d'une manière exceptionnelle, ils sont également rattrapés par des contingences et par des obligations qui séparent. Paul est contraint de quitter Roubaix (où vit Esther) afin de poursuivre ses études d'anthropologie à Paris auprès d'une professeure d'origine béninoise. Ils échangent des lettres, se parlent au téléphone, mais cela suffit-il à préserver la force de leur amour ?
C'est avec infiniment de subtilité et de justesse de ton, c'est en dirigeant formidablement ses jeunes acteurs et en usant de pleins de belles idées de mise en scène qu'Arnaud Desplechin fait sentir en même temps la joie d'aimer et la sorte de détresse qui en découle. Ce que voudrait Paul n'a pas de place sur terre et, même si son idéal d'amour pouvait réellement être atteint, ni Esther ni lui-même ne sont assez vertueux pour y prétendre. Tout en faisant parfois semblant de l'ignorer, ils le savent bien d'ailleurs et c'est ce qui les plonge à la fois dans la stupeur et dans une forme de solitude. L'amour est doux et l'amour est souffrance. Et, d'une certaine façon, cela fait peur.
spoiler: Lors d'une des premières scènes du film, lorsque Paul est un enfant, le curé auquel il a affaire le surprend en train de prier. Il s'en réjouit, mais sa joie risquerait de se changer en peine s'il savait que l'enfant, dans sa prière, a demandé à Dieu la grâce, si l'on peut dire, de ne plus croire en lui !
Paul n'était-il pas, en vérité, à la fois attiré et effrayé par l'absolu de l'amour de Dieu comme il le sera quand il rêvera d'atteindre des sommets d'amour avec Esther ? Sans jamais en faire trop, sans s'appesantir, Arnaud Desplechin, avec la complicité de ses acteurs, parvient à dévoiler, autant que faire se peut, la complexité du cœur qui aime, ses espérances, ses atermoiements, ses doutes et ses peines.
Ce film enivrant, triste et magnifique en même temps, assez simple dans son déroulement, se doit d'être salué, me semble-t-il, comme le sommet, à ce jour, de la carrière de Desplechin. Une merveille d'intelligence de la mise en scène et de finesse dans l'approche et la perception des personnages. 9/10
SebLefr3nch
SebLefr3nch

220 abonnés 691 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 mai 2015
Arnaud Desplechin est inconditionnel de la nouvelle vague, ça on le sait. Là où d'autres essaient d'imiter ce style bien défini et se plantent lamentablement, Desplechin arrive toujours à nous faire apprécier ce style bien français devenu désuet. Les trois souvenirs du personnage principal pourraient très bien être trois films distincts : le drame familiale, le film d'espionnage et l'histoire d'amour. Pour chacun d'entre eux, le cinéaste utilise une manière de filmer différente pour coller au sujet et ça marche. on passe d'un souvenir grâce à un titre mais même s'il n'était pas présent, ça passerait sans problème. Même les acteurs changent leurs jeux et le jeune Quentin Dolmaire va faire parler de lui suite à cette prestation. Ensuite, il faut savoir apprécier le style de la nouvelle vague à la Eric Rohmer car cela peut en décontenancer plus d'un. Desplechin surprend encore et tant mieux.
tupper
tupper

190 abonnés 1 568 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 mai 2015
Alléché par les critiques dithyrambiques je suis allé voir ce film en en ignorant tout. J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans dérangé par la structure décousue et surpris par l'interprétation très théâtrale. Une fois familiarisé avec celle-ci j'ai fini par accrocher sur le 3ème souvenir (qui constitue heureusement la majorité du film) qui nous délivre une histoire d'amour dont la futilité adolescente laisse place à la passion tragique. Au final ça valait le coup de persister mais cela m'a demandé un véritable effort que tout le monde ne sera pas prêt à consentir.
jean l.
jean l.

177 abonnés 254 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 mai 2015
Trois souvenirs de ma jeunesse est émouvant, drôle, magnifiquement interprété et mis en scène
c'est le film le plus accessible d'Arnaud Desplechin, le plus abouti, et aussi le plus romantique
annereporter94
annereporter94

57 abonnés 1 006 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 mai 2015
Très partagée à propos de ce film... En fait, je ne sais pas trop où Desplechin nous emmène. On le suit, on apprécie les dialogues, on attend un évènement qui n'arrive jamais. En fait, je n'ai sans doute rien compris!
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 mars 2016
Il y a une tendresse et une facilité chez Desplechin qui est assez confondante. Trois souvenirs, c'est trois moments clés de la vie de ce jeune homme, tantôt dépité, tantôt exalté, malheureux ou amoureux. D'ailleurs, cette dernière partie, la rencontre, est vraiment émouvante. On parle de Truffaut mais on a la musique de Delerue en hommage quand il colle les photos sur le mur. C'est assez émouvant.
Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 août 2022
Souvenirs de jeunesse d’une relation passionnelle et épistolaire. Une chronique romanesque et nostalgique, brillamment écrite et interprétée. 3,75
defleppard

483 abonnés 3 675 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 octobre 2015
Une première partie bien plus intéressante que la 2eme, dû au fait des monologues de la petite amie qui verse trop dans le "pathos". 2 étoiles et demie.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 834 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 janvier 2020
Malgré un postulat de départ intéressant - l'exploitation de trois souvenirs déterminants dans l'affirmation de la personnalité du héros - et une réflexion sur les difficultés à construire un être équilibré à travers le développement des névroses de l’héroïne, le film pâtit de dialogues affectés, peu répandus parmi les lycéens qu'un professeur fréquente régulièrement, et d'une posture bourgeoise dédaigneuse qui nous éloigne de l'émotion et de l'intrigue. Trop nombriliste dans sa forme pour convaincre.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 895 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 février 2025
Desplechin aime Truffaut, cela se voit au jeu de ses jeunes acteurs et sa mise en scène, non conformiste et pas toujours dépourvu d’intérêt. Ceux-ci n’oublient pas de regarder de temps à autre la caméra, comme on leur a dit de faire; je ne suis pas sur que les spectateurs soient complètement subjugués par leur façon de réciter leur texte manquant de naturel et de crédibilité.

Almaric est épatant, c’est pas étonnant. Le film démarre fort, avec ce dialogue avec Dussolier type interrogatoire façon police secrète d’un pays totalitaire et l’idée d’un personnage à double vie qui s’installe dans le panorama. L’autre souvenir, une escapade en Russie des ados en mal d’aventures, prêts à jouer aux apprentis espions est plaisante et bien enlevé.

Ca se gâte par la suite, et si le récit par le menu de ces amours d’adolescents séparés par la distance et les études, spoiler: et des rapports difficiles à l’intérieur d’une fratrie- quant le couple de parents est lui vacillant-
présente une bonne base de départ, le film perd ensuite rapidement son rythme de départ, et on commence à s’ennuyer ferme.

On se demande ou est la sauce pour lier des éléments disparates d’un film moyen. Ou bien s’il ne fallait pas connaitre le film Comment je me suis disputé… ( ma vie sexuelle) dont celui-ci est l’épisode antérieur, pour peut-être mieux apprécier les facettes du personnage de Paul Dedalus et de Esther. En tout cas vu indépendamment, nous restâmes sur notre faim, malgré une amélioration sur la fin.
cinema - mai 2015
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