Derniers Avis : Trois souvenirs de ma jeunesse - Page 13
Trois souvenirs de ma jeunesse
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Septième Sens
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4,0
Publiée le 20 mai 2015
Paul Dédalus est maître-assistant à l'université de Nanterre. Il n'arrive pas à finir sa thèse et ne sait plus où sa relation avec Esther va le mener. Oui, mais ça, c'était avant, ou après, en fonction du point de vue que vous prenez. Vingt ans avant Comment je me suis disputé..., Paul a une enfance, qu'Arnaud Desplechin va nous raconter.
Formellement impeccable, Trois souvenirs de ma jeunesse défie tout ce qui se fait de mieux dans le cinéma français. Cette œuvre ressemble à une balade nostalgique, où lyrisme et sentiments s'entremêlent pour former un tout complexe, romantique et intellectuel. La littérature élitiste du réalisateur accompagne ces personnages perdus, qui constituent aujourd'hui des figures classiques du cinéma hexagonal. Leur amour singulier invite à la réflexion, leur charme ravageur nous fait oublier leurs minauderies, leur innocence infinie les classe dans la cour des grands.
Grand, comme Arnaud Desplechin, cinéaste surdoué, hors-normes, qui propose aujourd'hui quelque chose de bien plus ambitieux et réussi que son précédent film, Jimmy P.. Ici, la mise en scène n'omet aucun détail stylistique (méticulosité constante du cadre, précision sonore, soucis de l'interprétation et de son originalité) et rend honneur à cette narration flamboyante. Car ce scénario démesuré va au bout de chaque voie qu'il entreprend. L'enfance, déterminante pour Paul, lui fait perdre ses véritables repères que sont ses parents. L'adolescence devient alors l'étape cruciale, où le jeune homme peut se construire et choisir qui il va devenir. Il décide alors de se faire usurper son identité volontairement. Signe de son irrémédiable décalage avec la société, qui se répercutera dans Comment je me suis disputé...
Trois souvenirs de ma jeunesse a, en effet, un rôle double. Celui de source, et de prolongement au film de 1996. Il explique les racines d'une psychologie troublée tout en créant un nouvel arc narratif. Mais tout cela n'est pas une surprise, tant l'artiste nous a habitués à l'excellence avec ses créations complexes et grandiloquentes. Les techniques employées sont les mêmes, et vont de cette voix off qui répètent tout ce que font les protagonistes, jusqu'à la fermeture partielle de l'iris, permettant au réalisateur de jouer une nouvelle fois avec le cadre et d'imposer au récit un certain voyeurisme. Alors le nouveau long-métrage de Desplechin est-il le chef- d'œuvre de l'année ? Non, mais une nouvelle pierre à l'édifice qu'a bâtie ce réalisateur, tout sauf comme les autres.
Tout simplement le plus beau film d'Arnaud Desplechin. Drôle, passionné, surprenant, émouvant, séduisant... Les deux comédiens principaux sont foudroyants de grâce.
Une fois encore, Arnaud Desplechin nous propose un long métrage singulier et original. Pour le spectateur, l’histoire débute réellement lorsque Paul se remémore les différents épisodes de sa jeunesse. Commence une longue « recherche de soi ». Il est souvent dit que pour se définir et se comprendre, il faut remonter aux éléments marquants de son enfance et de son adolescence. C’est là, la stratégie du personnage.
Mais cette quête d'identité n’est pas le seul enjeu du film. Celui-ci montre aussi une période d’insouciance, rythmée par des soirées arrosées, de bonheur et d’amitiés… Bref, la jeunesse. L’auteur ne tombe cependant pas dans la naïveté. Ce long métrage est profondément réaliste.
Touchant et entraînant, le film fera vraisemblablement écho chez beaucoup de spectateurs. Il permettra aussi de découvrir de nouveaux et jeunes acteurs français.
Il y'a cinq ans maintenant qui me sépare de cette première fortement enthousiasmante à ce second visionnage un poil plus timoré. J'étais tombé raide dingue de ce film, de son phrasé tout comme de sa fièvre. Pendant un peu plus d'une heure j'ai retrouvé tout çà, avant que tout s'effondre ...
Comme pour les précédentes retrouvailles avec la filmographie de ce cinéaste avec lequel j'avais réellement accroché cette redécouverte ne se passe pas comme prévu. Si la base composante du film prend et magnifie ces spécificité elle se vautre dans une uniformité de langage, une vision que je ne comprend définitivement pas. Une certitude béate de sa condition, une écrasante et pesante conscience d'Alpha sur les autres, à différents échelons ...
La narration joliment capté par la caméra absolument divine de l'équipe technique relève d'un immense savoir faire qu'il faut reconnaitre à sa juste valeur. La mention ne suffit pas, il faut considérablement appuyer sur cet aspect. De film en film Arnaud Despleshin innove ou ressort de vieux tours encore plus accomplis et à ce jeu Trois souvenirs de ma Jeunesse est sans aucun doute sa plus jolie composition. La narration dans son originalité et sans aucune entrave possède aussi dans sa besace des ressources exploités à la perfection, avec orfèvrerie.
Coté acteurs et actrices, il y'a de la manœuvre. J'en reviens à ses errements qui plombent le jeu de cette petite troupe qui s'emploient pour autant à faire corps. Lou Roy-Lecollinet à par exemple des scènes étincelantes et termine sur de multiples fausses notes dont elle n'est absolument pas responsable. La conception et le regard posé sur Esther n'a de cesse de la diminué pour grandir l'Aura des hommes qui l'entoure. Quentin Dolmaire s'octroie les louanges les plus éminentes mais est aussi contraint de s'affilié avec les exigences gênantes lié à Paul Dedalus. Mathieu Amalric sans tenir compte de ses reproches est quand à lui bouillant, sa prestance est incroyable.
Je quitte ce film en partie déçu, cela doit se voir. Les prochains longs-métrages de ce réalisateur me sont encore à ce jour inédit, je compte en découvrir au moins deux dans les semaines à venir. Je ne pars pas résigné ...
De jeunes acteurs très justes dans leurs rôles (le garçon a une voix qu'on risque de ne pas oublier). Une éducation sentimentale très proche du style de Truffaut (c'est un compliment pour moi).