C'est un film plus noir et grinçant que drôle, même s'il recèle des moments très comiques (notamment avec Michel Fau, excellentissime en chanteur finissant devenant professeur de chant - d'ailleurs si Catherine Frot, éblouissante, mérite très largement les éloges qui lui ont été adressés, les seconds rôles font également la réussite de ce film, avec une palme particulière à André Marcon en mari veule et pourtant surprenant, Denis Mpunga qui campe un majordome tout en subtilité et en ambiguité, Sylvain Deuaide en journaliste indécis, qui hésite entre cynisme et émotion).
C'est le tableau d'un rêve, d'une passion sincère, dans un monde où règnent l'hypocrisie, l'envie, la compromission, le cynisme. Marguerite traverse cette époque de médiocres avec presque autant d'inconscience qu'elle est inconsciente de sa voix de casserole grandiose.
Malheureusement, l'époque d'alors, comme la notre, comme probablement toutes les époques, est dure aux tendres, aux rêveurs... on est saisi par le suspense tout au long du film,comme tous ces second rôles qui observent avec une fascination mêlée de crainte, sans oser interrompre le mensonge de tous, d'autant plus difficile à briser qu'il a duré: comment va s'arrêter cette course?
La réponse est réaliste: elle est amère, il n'y a pas de happy end hollywoodien, même si Marguerite touche un moment de grâce soudaine sur scène, avant de se briser définitivement la voix