Quel film ! Difficile de savoir par quoi commencer, tant il y a à dire. Par la musique, peut-être ? Pour une grande fan de musique classique comme moi, ce fut un grand régal, bien que ce ne soit pas l'opéra que je préfère. Un vrai plaisir d'entendre les chanteurs, de vrais rires à l'écoute des prestations vocales de Marguerite ! Les décors quant à eux sont irréprochables, on plonge vraiment au coeur des années 20, avec voitures, costumes, phonographes et appareils photos, développement des photos à la lumière rouge, chasse à courre ... tout y est ! La société française de cette époque et de ses différents milieux est présente : les aristocrates, les nobles et les notables, les petites gens de l'autre (qualifiés d'anarchistes ou de révolutionnaires ou je ne sais plus quoi haha) avec les artistes, et puis le monde du spectacle, le monde de la scène, et les gens payer pour applaudir ou pour siffler une représentation. Cet ensemble combiné à une histoire plutôt gentillette, celle de Marguerite qui ne vit que pour la musique et qui chante faux, sans que qui que ce soit n'ose le lui dire, méritait la moyenne. "Toute vérité est-elle bonne à entendre?" Pendant plus de la moitié du film, je me suis demandé pourquoi il avait reçu d'aussi bonnes critiques. Et puis le film avance. En 5 chapitres, le tragi-comique des thématiques larges que sont le regard des autres, l'hypocrisie, l'argent et les titres devient plus personnel. Le dernier chapitre m'a fait attribuer une étoile supplémentaire à la note et vaut ma critique. Car il change tout et bouleverse l'intention du film qui ne se limite plus à l'observation de la société et de ses non-dits, mais bascule dans le besoin si intense d'Amour et d'attention dont une femme a besoin, femme qui est capable de se mentir à elle-même toute sa vie pour ne pas voir la réalité en face et l'affronter. "Faire semblant de ne pas faire semblant". Une réalité du mariage de raison, un rêve d'une histoire d'amour, celle proposée dans les opéras. Sauf que les histoires d'amour finissent souvent (toujours?) mal ... Les rôles du mari, celui du majordome, et celui du journaliste (jeune et particulièrement mignon, cela dit) sont joués à la perfection (heureusement car ils sont cruciaux pour l'histoire). On se demande comment le film pourrait se terminer ? Qui va lui avouer ? La fin n'aurait pas pu être meilleure. Une photo, la dernière, la vraie. La seule image d'amour pur qui aura été vécue et pas jouée. Parfois, les rêves deviennent réalité.