Je regarde tous les Anderson et j’ai jamais été franchement déçu par ses films qui sont généralement de bons métrages divertissants. Là en revanche, In the Lost Lands n’est pas au niveau. La faute d’abord à une histoire brouillonne qui mêle énormément de choses mais ne prend jamais le temps de les creuser et de les développer. Le film dure 1 heure 30 (dix minutes de générique) et c’est beaucoup trop peu pour exposer un univers post-apo et pour brasser toute la diversité des protagonistes. Il en résulte un rythme bizarre, profondément elliptique, des choses difficilement compréhensibles et des personnages à peine creuser. Cela, et c’est pire encore, déteint sur les scènes d’action qui semblent là aussi montrer en accéléré. Le montage est plein de faux raccords comme si le film n’avait pas le temps de soigner les transitions, et les séquences durent très peu de temps comme s’il fallait les expédier. Là où Anderson réussit généralement l’action, ici à peine on commence à être dedans et aussitôt on est déjà passé à autre chose. C’est très frustrant car en définitive il reste pas grand-chose dans la tête après visionnage du film, alors même qu’il avait aussi des atouts. Certes, visuellement le film est un peu en-deçà de mes espérances à cause d’un tout numérique audacieux pour un budget de 50 millions. La photographie n’est pas très belle, trop exposée jusqu’au cramée par moment, et gâche des décors plutôt beaux mais pas assez employés globalement. Quant à la réalisation d’Anderson, elle est un peu molle et plate, il ne s’est pas trop forcé et c’est dommage. Dommage, car le film dispose quand même d’un bestiaire intéressant avec des créatures qui ont plutôt belle allure. Il y avait de quoi faire un métrage très sombre, très violent voire horrifique, mais In the Lost Lands n’assume pas du tout cet aspect que j’attendais pourtant. Très sobre en sang, pas assez sombre, cette dystopie post-apo reste sur des clous étonnamment grand public, erreur évidente.
Le casting est bon, avec Jovovich qui s’investit dans un rôle musclé comme elle les aime et un Bautista dans son élément. Le reste du casting fait le job, notamment Arly Jover, mais comme je disais, le souci c’est que les acteurs défendent des personnages peu développés et pas très entraînants de fait, malgré une volonté de dramatiser leur histoire.
Enfin la bande son trop neutre est regrettable. J’attendais quelque chose de plus enveloppant, bande son qui n’oublions pas été l’un des atouts majeurs de la saga Resident Evil.
En conclusion In the Lost Lands ressemble beaucoup dans son genre à La Tour sombre. Même durée étriquée pour un projet qui exigeait plus de temps, même rythme chaotique, même impression d’emballer dans un emballage trop petit un produit avec du potentiel. Dommage mais là Anderson s’est loupé. 1.5