Une petite comédie, pas désagréable à regarder, plutôt sympa même, car on aime bien Jean Dujardin et la belle, intelligente et talentueuse Virgnie Efira
Une comédie qui souffre, malgré tout, d'un terrible handicap, bien plus grave que le fait de mesurer 1 mètre 40. Il s'agit d'une comédie outrageusement parisienne (bien que ça se passe à Marseille, ça n'en fait pas moins une comédie parisienne). D'abord, cette comédie nous appâte avec une idée apparemment originale qui, au final, ne parvient pas à en faire quoi que ce soit, puisque l'idée s'avère être totalement nulle et, tout compte fait, inutile. Un film sur la peur de l'abandon, pas besoin d'être petit pour ça.
Pourquoi se donner tant de peine à rapetisser artificiellement Jean Dujardin ? N'y a t-il pas d'acteurs petits en France ? Sont-ils trop nuls ? Etre petit semble donc être une raison valable pour ne pas être retenu comme acteur. Cela ne contredit-il pas le propos de ce film, qui invite à dépasser différences et apparences ? Donc pas d'acteur petit, trop la honte ou pas assez bankébeule ? Un acteur connu, n'est-ce pas simplement un appât de plus ? Au cachet de Jean Dujardin, s'ajoute le coût des effets spéciaux.
Ensuite, d'où sort le milieu social que l'on nous dépeint ? Des gens qui gagnent beaucoup d'argent, visiblement sans trop rien faire, puisqu'ils passent leur temps à voyager, font de l'avion ou sautent en parachute avec une facilité déconcertante, un quotidien fait uniquement de vernissages, de sorties en boite et de soirées mondaines. Qui vit comme ça ? Personne ! Nous savons tous que l'argent se gagne et que le parachute, les apéros, les restos ou les allers-retours à l'autre bout de l'Europe, on fait pas ça plusieurs fois dans la journée ! Un film outrancier où les billets de 100 sortent des poches comme par miracle. J'échange immédiatement mes centimètres en trop contre leurs fortunes !
La question du handicap, elle s'avère traitée avec la même déconnexion des réalités sociales ! Dans les milieux normaux, il y a des gens petits, des avec des bras pas finis, des mains en moins, des très gros, des très très moches et aussi des mentalement un peu faibles. Il y en a toujours, autour de nous, partout, et alors ? On les connais, on vit avec, on les fréquente, ce sont des amis, ça nous viendrait jamais à l'idée de mettre au cœur d'un scénario de film un détail aussi dérisoire !
Cette focalisation excessive sur la petite taille devient très vite, un non événement, puis le signe dérangeant que ceux qui ont fait le film, considèrent que ça puisse en être un !
Voici un film qui suscite pas mal de questions. Chez les riches, visiblement tout pose problème, nous c'est plus simple, on s'occupe juste de pouvoir finir le mois et on regarde pas si notre voisin est obèse, nain, ou coloré. Cet esprit parisien rend ce film presque puant.
Il aurait mieux valu faire le remake de "L'homme qui rétrécit", là le personnage est dans une situation un peu plus délicate et menace de se faire bouffer par des araignées, au lieu de boire des cocktails avec la haute finance au bras de la plus belle fille du monde.