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Un visiteur
3,5
Publiée le 9 septembre 2016
Naomi Kawase signe avec Les délices de Tokyo un film qui paraît au premier abord extrêmement simple, notamment dans sa structure narrative, et assez neutre, même s’il est traversé de quelques passages magnifiques cinématographiquement. Mais, avec son approche presque documentaire sur la fin, elle s’intéresse à sa manière à une question relativement taboue dans son pays, ce qui donne bien plus de poids à l’ensemble.
Un de ces films dont seuls les Japonais ont le secret : on ne sera plus jamais le même après l'avoir vu. J'ai une tendresse particulière pour le "patron" qui porte bien des défauts mais est vraiment un type bien. Et la grand mère ... quelle chance de rencontrer une personne comme elle !
Un délice en effet! Comme un haïku lu sous les cerisiers en fleur en sirotant du saké.. Très mélo par moment, comme souvent dans les films japonais dans les films ou la tradition du Bunraku, mais toujours délicat . Grand moment de fraîcheur et de dépaysement
Les délices de Tokyo est la rencontre entre un homme mélancolique, presque triste de vendre ses dorayakis sans ambition, et Tokue, une très vieille dame aux mains déformées qui souhaite se faire embaucher pour préparer avec lui ces gâteaux fourrés aux haricots rouges confis. Alors que le duo fait recette, une rumeur commence à circuler au sujet de la lèpre de Tokue. Mais le commerçant voit en cette dernière, l’opportunité d’un succès qui va au-delà de la vente de pâtisseries. La vieille dame lui redonne le sourire, lui redonne goût à la vie. Dans la délicatesse digne d’un conte, les échanges entre les deux protagonistes ainsi qu’avec la jeune collégienne sont bouleversants. La pudeur et la retenue font de cette œuvre une réflexion particulière sur l’acceptation de la différence et la médisance des autres. Malgré la difficulté de faire face à ce poids, la vieille dame reste toujours optimiste et c’est ce qui rend le film intensément touchant. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Agée de 47 ans, la réalisatrice japonaise Naomi Kawase écume les festivals avec des films de très grande qualité et, année après année, elle accumule les nominations et les récompenses. Rien qu’à Cannes, où ses films ont très régulièrement droit de cité, elle a obtenu la Caméra d’Or en 1997 avec "Suzaku" et le grand Prix du Jury en 2007 avec "La Forêt de Mogari". Par contre, force est de reconnaître que, concernant le public, elle n’est suivie que par une frange assez réduite de cinéphiles qui apprécient son cinéma exigeant, son style contemplatif et sa façon de combiner les forces de l’esprit à l’amour de la nature. "Les Délices de Tokyo", son dernier long métrage, film d’ouverture de la section Un Certain Regard du Festival de Cannes 2015, est, de toute évidence, beaucoup plus accessible que ses œuvres précédentes : cette adaptation du roman homonyme de son ami Durian Sukegawa lui permet de greffer l’émotion que procure un mélodrame à ses thèmes de prédilection. Sans avoir l’air d’y toucher et en faisant saliver les spectateurs, Naomi Kawase aborde de nombreux sujets dans "Les Délices de Tokyo" : les phénomènes de rejet et d’exclusion, la regrettable main-mise des préparations industrielles dans la restauration, la richesse que peuvent apporter les rencontres entre différentes générations, en particulier pour la transmission du savoir, l’amour de la vie et de l’action qu’on peut rencontrer chez des personnes âgées malgré les souffrances générées par une maladie. Elle profite aussi de ce film pour affirmer qu’il y a une vie après la mort : le souvenir qu’on laisse à toutes celles et à tous ceux qu’on a aimés et qui vous ont aimé. Bien que ce film délicat et très poétique ait été tourné en pleine ville, à Tokyo, Kawase n’oublie pas, également, de montrer l’importance que revêt pour elle la nature, au travers de la passion que montre le personnage principal pour les sakuras, ces magnifiques cerisiers japonais dont on suit l’évolution de la floraison.
Les délices de Tokyo a reçu globalement un accueil positif de la critique. Parmis l'ensemble des critiques, y compris les quelques critiques négatives on trouve les termes de "conte", "bluette", ou autre terme qui viennent minorer l'appréciation, d'une certaine manière. Pourtant, le film évoque des sujets d'une profonde gravité : la maladie, la discrimination, l'isolement, des faits sociaux avérés dans l'histoire du Japon qui trouvent leur équivalence dans tous les pays sous d'autres prétextes. Si vous avez trouvé ce film léger, êtes vous certain d'avoir bien compris le sujet? Connaissez vous un tout petit peu la culture nippone et la sensibilité dans ses modes d'expression? Avez vous honte d'avoir pleuré en voyant le film? Faut-il du sang, du voyeurisme, et des effets spéciaux pour considérer qu'un film à une réelle densité? N'est on pas conditionné par les dérives formelles du cinéma de masse? Ce film est beau et puissant mais il ne touche que la profondeur vécue en conscience et assumée Sinon c'est normal de passer à côté
La réalisatrice japonaise Naomi Kawase ("still water") signe avec "les délices de Tokyo un film subtil entre sucré et salé. Sucré comme les Dorayakis, ces petits gâteaux populaires du Japon et salé comme la politique répressive que le pays a exercé à l'égard des lépreux jusqu'en 1996. 3 générations se croisent dans ce film aux dialogues poétiques portés par l’extraordinaire et charismatique actrice Kirin KikiSentaro. Tokue, une femme âgée de 70 ans vivant dans un sanatorium, Sentaro, le gérant de la boutique, et Wakana, une jeune adolescente cliente de l'établissement. Tous se croiseront dans cette exigüe boutique pour y trouver chacun à leur manière liberté et re0édemption. Un joli film attachant même si parfois le sucre prend un peu le dessus...
Le film est touchant mais on s'ennuie un peu tellement l'intrigue met du temps à s'installer, on sent biz qu'on n'est pas dans' la chronique mais en' même temps on a du mal à voir cette histoire décoller...
Une pure merveille, ce petit Tokyo, où travaillent des petites mains comme ce fabricants spécialiste en gâteau japonais. Et cette vieille femme qui arrive avec le printemps et croise sur son chemin les délices de Tokyo. Seule la pâte de haricots rouges n'est pas au top ! Qu'importe, la vieille femme va transmettre son savoir-faire. Tout pourrait aller pour le mieux sauf qu'en qualité d'ancienne lépreuse, elle porte encore les marques de la maladie. On apprend à cette occasion que les lépreux étaient relégués jusqu'en 1996 dans un quartier loin de la ville. C'est donc un film sur la solitude de trois êtres, la passion de la vie, le secret intime, etc. Et ça donne faim !
La bonne surprise de ces Délices de Tokyo, c'est qu'il ne s'agit pas simplement d'un feel-good movie à la japonaise comme le laisse penser la bande-annonce : un sujet plus grave et assez inattendu (que je ne vais pas dévoiler pour laisser la surprise aux futurs spectateurs) est abordé en toile de fond. Alors bien sûr on a un peu l'impression que Naomi Kawase ne fait qu'effleurer l'histoire de ces trois âmes en peine, mais c'est néanmoins un beau film, à la fois histoire d'amitié intergénérationnelle et déclaration d'amour pour la nature et les êtres, animés ou non (les haricots au même titre que les cerisiers ou les canaris méritent le respect !). À voir sans hésitation si vous aimez ce type de cinéma !
Toutes les contemplations en fait! La première, visuelle, puis suivent: l’auditive, l’olfactive, l’humaine… De tout ce qui nous fait comme nous sommes.
Un homme dans un petit caboulot travaille, il prépare des Dorayakis, sorte de pancakes nippons aux haricots rouges sucrés et confits. Des collégiennes viennent manger et papoter, et pourquoi pas, gentiment se moquer. Un jour, une petite vieille vient, attirée par l’annonce d’un petit job; mais elle est vieille et Sentaro ne préfère pas l’embaucher. Et puis il y a Wakana, autre collégienne, mal dans sa maison, qui se dit que elle pourrait peut-être… Le film, dès lors, s’attache à ses trois et nous à leur suite, avec bonheur, douceur et un rien de langueur.
Naomi Kawase, très tôt remarquée puisque Caméra d’or pour « Suzaku » à Cannes 97, après une dizaine! de court-métrages, avait depuis lors confirmé un talent et une sensibilité, rarement démenti, passant de la fiction au documentaire: « Hotaru » « la danse des souvenirs » « La forêt de Nogari » « Genpin » « Hanezu » ou le précédent « Still the water ». Elle fait partie de la relève sûre du cinéma japonais (Avec K.Kurosawa, H.Koereda, Aoyama) à la suite des maîtres défricheurs que furent A.Kurosawa, Y.Ozu ou encore K.Mizoguchi, avec un Takeshi Kitano pour faire le joint. Ce cinéma-là est moins mode que son compère coréen, même si je ne mets pas tout dans le même panier.
Ici, Naomi Kawase nous tend douceur et pureté. Elle nous conte cette histoire des sens et de transmission aussi. De l’importance du temps, de l’indispensable Ecoute. Jamais, ce film ne nous force, puisqu’il ne pratique que la douceur, même malgré une propriétaire un rien stupide.
Kirin Kiki compose une Tokue -vieille dame farfelue aux mains abîmées- pleine de bon sens et de finesse. A peine 2h d’une caméra fluide et tendre qui filme le vent dans les branches des cerisiers en fleurs, ou chantent des oiseaux qu’on écoute. »
Synopsis Télérama Les Délices de Tokyo : Installé dans une petite cahute, en plein coeur de Tokyo, Sentaro vend des dorayakis, des pâtisseries traditionnelles japonaises, constituées de deux pancakes fourrés d’une pâte confite de haricots rouges. Parmi ses clients réguliers, la jeune Wakana, lycéenne, égaie ses journées solitaires. Mais tout bascule quand un jour, Tokue, une dame de 70 ans, propose à Sentaro ses services de cuisinière. D’abord réticent, l’homme finit par accepter de l’embaucher. Bien lui en prend, la recette de la sympathique vieille dame, aussi simple qu’inimitable, connaît très rapidement un vif succès et fait de l’échoppe un rendez-vous incontournable…