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Un visiteur
4,5
Publiée le 5 mars 2016
Superbe ! Tendre, délicat, subtil, ... Merveilleux moment de cinéma. Dans un décors minimaliste, avec peu d'acteurs, le film arrive pourtant à nous emmener dans la complexité des relations interpersonnellex au Japon.
C'est long. Très long. En soi le film n'est pas mal, mais ce qu'on retiendra surtout c'est l'interprétation, le reste étant un peu vide. On assiste à la rencontre entre trois êtres qui ont été blessés par la vie de différentes manières, une rencontre entre les générations également. Sans être original, le thème est toujours intéressant, mais pourquoi tout avait tant besoin de traîner en longueur? La finesse dont fait preuve le réalisateur, à force d'être rabâchée, se transforme en lourdeur, et finalement, on se prend à attendre le moment où on pourra sortir de la salle. Quel dommage.
C'est l'histoire de trois solitudes qui entrent en familiarité, dans un quartier de la capitale nippone : celle du tenancier quadra d'une échoppe (en location-gérance) où l'on vend "Les Délices de Tokyo" (faits de pâte "An" - le titre original du film), celle d'une vieille dame experte en haricots rouges confits (ceux dont on fourre les "Délices"), qui offre ses services au premier, celle aussi d'une collégienne, qui hésite à continuer ses études, au lycée, et offre également d'aider le commerçant. La vieille dame a l'âge d'être la mère de ce dernier, l'ado pourrait être sa petite-fille. Le seul ami de la jeune fille est un canari, menacé par l'interdiction d'avoir le moindre animal de compagnie en appartement, l'homme a un passé de violence l'ayant conduit en prison, et l'aïeule porte sur ses mains déformées les stigmates d'une cruelle affection, l'ayant frappée très jeune.... On saisit ces trois destins entre deux floraisons des cerisiers, très nombreux près de la petite boutique. Voilà un matériau scénaristique plutôt lourd à manipuler (nonobstant le vent dans les branches, et la pâte qui lève..) ! Mais nous sommes au Japon, et l'affaire se traite à l'écran, tout en n'excluant nullement la plus grande précision et le plus total réalisme, avec une grande délicatesse dans la manière - par petites touches (et beaucoup de sous-entendus, et ellipses) - l'art de l'estampe.... En (net) bémol : une gestion du temps (début interminable ; fin précipitée ; séquences pas toujours bien découpées) assez maladroite.
Cerisiers en fleurs , le rythme des saisons , la passion du savoir faire , les sens en éveil. Goût , odorat , vue ouie et toucher .Secret de l'intériorité et de la relation de soi au monde .Comment filmer l'amour et l'indicible ? On comprend que la vrai richesse est dans ce que donne la nature :arbres ,fleurs, nourritures et dans ce que l'homme en fait pour le mettre en valeur et le faire fructifier et non dans ce que représente le neveu de la patronne avec son iPhone et son air suffisant.On découvre aussi cette histoire sur les lépreux au japon , et tout d'un coup c'est l'envers de la médaille , cette nature monstrueuse qui atteint l'homme dans son apparence extérieure .Paradoxe car les sens passent par le corps . Jolie histoire presque conte mais on s'interroge un peu sur la métaphore ?
Magnifique ! J'ai envie de voir Tokyo de manger des Doryakys et d'embrasser ces acteurs splendides. Une beauté, un bijou... très émouvant... parfait ! A voir...
Malgré ses longueurs,il faut reconnaître à ce film quelques fulgurances poétiques,un appel d'une tendresse infinie à la tolérance,et surtout une nostalgie pour un Japon rural et animiste qui n'est plus.
Les Délices de Tokyo se regarde, se savoure même plutôt, comme un tableau de trois personnages rejetés par la société nippone mais qui trouvent ensemble leur plénitude. Les images, très belles, le jeu, très juste, et l'histoire, poignante, font de ce film un véritable chef d'oeuvre. Certes, les amateurs de films d'action n'y trouveront pas leur compte et la lenteur assumée, au rythme de la préparation des haricots rouges confits, peut irriter. Mais ceux qui se laisseront bercer par les fleurs de cerisier passeront un moment inoubliable.
Sensible et délicat. Voici un film à part, de par son histoire, son interprétation et sa délicatesse. Un voyage initiatique au sein de l'Empire du Soleil Levant. Malgré des rites et usages fort éloignés des nôtres, le spectateur est touché et l'émotion gagne. Un moment de douceur et de fragilité dans une production de films brutaux.
J'ai le sentiment que le cinéma japonais n'est pas à la portée de tout le monde. Ici, le sujet est modeste : l'histoire d'un homme esseulé, travaillant dans une échoppe de dorayakis, dont la vie prend du sens en rencontrant une vieille femme aux talents culinaires insoupçonnés. Je m'attendais à une histoire joyeuse et gourmande sur le thème de la gastronomie japonaise. "Les délices de Tokyo" s'avère en réalité être un film beaucoup plus touchant et profond que ce à quoi l'on pourrait penser à la vue du titre. Les personnages sont tout en simplicité et pourtant si riches sur le plan humain. On ne peut s'empêcher d'avoir la larme à l'oeil en écoutant la voix de la vieille dame, qui parle à la nature comme à une entité humaine et compréhensive des malheurs de ce bas monde. Comme de nombreux films japonais, pas de happy end mais une fin ouverte qui laisse au spectateur le privilège de s'imaginer l'avenir des personnages. C'est un film d'une grande délicatesse, que je recommande aux cinéastes curieux ou sensibles au cinéma et à la littérature japonais (le scénario est tiré d'un livre).
Bien sûr quand une vieille dame est embauchée par le tenancier d’une échoppe qui vend des macarons au coin de la rue et que celle-ci va être appréciée d’une clientèle grandissante, la situation ne peut pas durer. C’était trop beau, trop tendre, mais cela reste délicieux : sous les masques souvent imperturbables, les résiliences se mettent en route. Les cerisiers en fleurs sont magnifiques, même dans un environnement banal. Au rythme des saisons sans flonflons, nous partageons volontiers ces tranches de vies. Bien plus que la recette des dorayakis fourrés aux haricots confits se transmettent des façons d’apprécier le temps, et gagner en liberté quand on a apprivoisé ses faiblesses.
Très joli film japonais qui nous ballade en commençant par une histoire autour de la gastronomie comme le cinéma en propose régulièrement et qui révèle un vrai sujet tabou dans la société japonaise en abordant le thème de l'intégration des lépreux d'après guerre, véritables parias dans leur pays. C'est un film bouleversant, plein d'élégance et de sensibilité sur un sujet dur et méconnu.
Un beau film de la réalisatrice Naomi Kawase, plus standardisé et moins auteuriste que ses précédents, et qui livre une histoire touchante. Ici les scènes contemplatives ne souffrent d'aucune longueur et le rythme du film berce vraiment le spectateur dans une lenteur très appréciable à l'heure de la perpétuelle instantanéité. Les acteurs sont bons et incarnent des personnages qui émeuvent le spectateur chacun à leur façon. Sous des abords simples, l'histoire se révèle plus riche et n'hésite pas à égratigner la mémoire sociale du Japon. Un film vrai et beau.
Entre exclusion et transmission, le film navigue dans un univers où les failles de chacun sont visibles et omniprésentes, jusqu'à révéler les siennes propres. Je me suis vu près de ma grand-mère en train de cuisiner ses recettes secrètes accroché à son tablier.
Les personnages sont crédibles et plein de sensibilité là où on attend la dureté des japonais, on trouve un monde fait de doutes et de tendresse. Ces personnages sont portés par des acteurs vraiment magnifiques. Le personnage de la jeune Wakana aurait pu être un peu plus développé à mon goût.
Je vous conseille ce film qui aurait selon moi mérité de concourir pour la Palme.
Vu le 22/02/2015 Notes : Réalisation 15 Acteurs 18 Images 16 Scénario 17 Musique 16 Note finale : 16/20