Lambert Wilson incarne un patron. Agathe Bonitzer interprète son employée . Vincent Lacoste tient le rôle de son petit ami. Une bonne comédie dramatique sur une trentenaire .
Tout de suite maintenant cherche la vivacité de son titre — et la perd en route. Dès les premières images, la caméra s’installe dans un univers d’entreprise froid, saturé de reflets et de gris métalliques. Les bureaux — trop nets, trop propres — avalent la présence humaine. On entend le bourdonnement du néon, le cliquetis des claviers, les portes vitrées qui se referment sans écho. Le film respire à peine ; il flotte dans une lumière blafarde, figée, où tout semble calculé, verrouillé, aseptisé. Pascal Bonitzer orchestre son drame comme un exercice de style : précis, mais distant. La mise-en-scène — volontairement statique — installe un théâtre de mots plus qu’un monde vivant. On sent l’intelligence du scénario, son goût pour le dialogue sec, pour la ruse sociale, mais la matière humaine se dissout sous la logique. Le montage, régulier, sans heurt, gomme toute pulsation. Ce qui devait être tension devient politesse. Agathe Bonitzer, diaphane, joue Nora comme une équation : elle calcule, avance, s’éteint. Vincent Lacoste tente l’ironie, mais son énergie se heurte à la raideur ambiante. Isabelle Huppert, magnétique un instant, disparaît trop tôt — et Jean-Pierre Bacri, usé, semble jouer une variation fatiguée de lui-même. Le son, pourtant finement mixé, n’évoque que le vide : souffle de climatisation, bruissement des papiers, murmures sans relief. On devine le propos — critique du cynisme, des héritages et du pouvoir —, mais tout paraît théorique, intellectuel, sans chair. Le film pense au lieu de vibrer. Les émotions restent suspendues, comme gelées dans un espace de verre. Oui, c’est élégant. Oui, c’est construit. Mais cette élégance devient distance, ce contrôle devient inertie. Rien ne brûle, rien ne tremble. Le cinéma, ici, s’observe lui-même — sans se risquer à sentir. Ma note : 7 / 20
Nora Sator (Agathe Bonitzer) commence sa carrière dans la finance mais elle apprend que son père (JP Bacri) et son patron (Lambert Wilson) ont fréquenté la même école dans leur jeunesse. Ce film est avant tout un regard sur les relations humaines et la finance ne sert de prétexte qu'à cela. L'intrigue est assez complexe et on passe parfois par des moments d'ennui malgré un casting 4 étoiles. L'apparition d'un chien à plusieurs reprises peut laisser perplexe. Heureusement, le dénouement est plutôt réussi ce qui sauve ce film qui ne me laissera pas une grande impression.
Un film incroyablement ennuyant notamment à cause de la prestation ou plutôt l'absence de prestation de l'actrice principale qui semble avoir pris le triple de son poids en morphine avant chaque scène. Les autres acteurs sont assez bons mais ne font pas oublier la pauvreté du scénario. La fin est profondément décevante. Finalement on a envie de dire : tout ça pour ça ?
Un cas curieux ce film vue d'ensemble j'ai bien aimé l'ambiance mais si on commence à creuser, le film ne laisse que des regrets. Le réalisateur construit dès le départ une ambiance tendue ou l'on sent des lourds secrets entourant les personnages mais au fil du film rien ne sort de tout ça. Au final on a droit à une petite magouille financière et une histoire d'amour improbable. Apparemment le personnage de Vincent Lacoste à truc qui fait crac boum hue car malgré son air apathique d'ado boudeur 'il emballe toutes les filles, bon d'accord avec un peu d'imagination on pourrait parler de transfert oedipien. Mais après une relecture complète des oeuvres la Pleiades de Jung, Freud et Lacan je n'ai toujours rien trouvé sur les apparitions du chien.
Rien ne va, ni l'ambiance, ni le jeu d'acteur en général, ni le scénario, ni le fond de l'histoire. Que c'est plat, que c'est lent, que c'est ennuyeux.
Acceptez de rentrer dans l'univers froid des affaires et l'écriture chirurgicale de Bonitzer et vous passerez un bon moment, devant un film bien mené, aux personnages intéressants.
J'ai détesté ce film .. l'ambiance est pesante et horrible ! les personnages sont tous hyper malsain . le ressenti est vraiment désagréable . très étrange pour moi en tout cas .
Est-ce vraiment la finance le sujet du film ou bien l'incroyable ambivalence des personnages? Que sait-on vraiment des motivations des uns et des autres et surtout de Nora. A la fin s'agit-il d'une revanche ou d'un coup de poker bien joué qui lui garantit une place au top ?
On ne peut pas dire que le scénario soit bien folichon, mais les acteurs jouent très bien, et le tout est bien rythmé. Et puis bon, Bacri et Huppert réunis, qui plus est dans un rôle tragique, c'est à voir.
Honnête thriller psychologique où outre Lambert Wilson, Isabelle Huppert et Jean-Pierre Bacri on relèvera l'excellemte prestation de Vincent Lacoste. L'intrigue en milieu professionnel a des touches de vérité mais ne convainc pas totalement. Un film se laissant voir mais sans plus.
Deux générations d’acteurs s’entrecroisent dans ce film bien mis en scène et particulièrement fouillé en ce qui concerne les personnages, les caractères s’entrechoquent au fil des rencontres : une jeune femme (Agathe Bonitzer, fille du cinéaste) vient d’être embauchée dans le milieu froid et aseptisé de la finance. Ses deux patrons ( excellent et glaciaux Lambert Wilson et Pascal Greggory) semblent connaître son père (toujours excellent Jean-Pierre Bacri, encore de mauvaise humeur), un mathématicien qu’ils auraient humilié par le passé, et qui s’est reconverti dans la recherche. Le physique d’ascète et l’air austère de celui-ci suffisent à illustrer son amertume. A cette galerie de personnages viennent enfin s’ajouter un jeune homme (Vincent Lacoste) qui fait lui aussi son entrée chez les requins, en aidant Agathe Bonitzer à conclure un contrat, sans oublier la femme du personnage joué par Lambert Wilson, incarnée par… Isabelle Huppert (que l'ont voit partout cette année), et qui semble bien s’emmerder dans son couple. Le titre du film prend vite tout son sens avec cette histoire, dans laquelle la rapacité de quelques-uns finit par ériger le cynisme comme seul moyen de s’élever socialement, les autres n’ayant plus qu’à se conformer au mouvement ou à se morfondre dans leurs ambitions déçues. Bref, un des meilleurs films de 2016, comme vous pouvez le voir dans mon classement des meilleurs films de l'année sur mon blog, où se trouvent également des critiques (illustrées et avec quelques extraits) sur quelques uns des films de l'année : 7emeart.wordpress
Pour faire un film Pascal Bonitzer semble croire fermement en deux choses : ses dialogues, ses comédiens. Le reste, il le confie élégamment à une équipe très compétente (on a remarqué le très beau travail de Julien Hirsch à la direction de la photo et au cadre), ne s'occupant que de ce qui l'intéresse : la cruauté de la comédie humaine et ses trêves. Cela donne une mise en scène assez télévisuelle (la ronde des champs-contrechamps), mais qui offre aux acteurs un espace extraordinaire qui fait beaucoup pour notre plaisir. Même Isabelle Hupert et Jean-Pierre Bacri arrivent à nous émouvoir - jouant d'abord sur des registres qu'ils connaissent bien (et nous aussi du coup - la tension psychologique à fleur de sourire pour l'une, la colère bougonne pour l'autre), mais finissant finalement par nous livrer des moments authentiques avec ces sexagénaires désabusés, fatigués de la guerre des sexes. Oui, Bonitzer semble nous parler de choses qu'il connaît : la paternité, la trahison, les amis perdus et parfois retrouvés. Ce qui rend le film terriblement attachant.