Je pensais que les juifs avaient plus d’humour ! A moins qu’Yvan Attal ne soit pas juif ! Ca va, je rigole ! De nos jours on ne peut plus rire comme au temps des années 70-80. Ah Coluche ! Desproges ! Le Luron ! Oury ! vous avez bien fait de mourir, votre humour ne passerait plus de nos jours. On se moque des noirs : La Licra intervient ! On se moque des homos : on parle de discrimination. On ne dit plus dans une pâtisserie : « Je veux une tête de nègre, svp » - je ne sais même plus si ça se vend -, c’est raciste. On ne dit plus balayeur : on dit « technicien de surface ». Attal a eu raison de citer Camus : «Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde.» Mais Attal a dit ça aussi : « Les sketches sont là pour démonter de façon comique ces clichés antisémites.» Il fait allusion à son film : « Ils sont partout ». « Comique » ???!!! Mais je n’ai pas ri une seule fois. Même pas souri. Soit Yvan Attal ne doute de rien, soit il est imbu de sa personne, soit il a raté son film, soit je ne comprends pas son humour ou sa définition du mot comique. Je me suis littéralement ennuyé. Certes, je reconnais quelques bonnes idées comme « Les roux », La France qui vote « oui » au référendum pour être un autre Israël et entendre six mois plus tard les sirènes qui avertissent des attentats ou autres déclarations de guerre. Pour Norbert/Jésus, Attal s’attaque à un cliché qu’il aurait pu éviter, car depuis les années 2000, des chercheurs ont pu prouver que bar abbas signifie « Fils du père » et que jamais le peuple juif a choisi entre Barabas et Jésus. Jésus dit barabas ou Jésus bar abbas, soit Jésus fils du Père. Les évangélistes ont mal traduit, car peu instruits en araméen, et ont voulu surtout rejeter sur les juifs la responsabilité de la condamnation de Jésus. S’il s’était bien renseigné, Attal aurait pu éviter ce cliché ou alors tenter une explication sur cette confusion. Quant à nous présenter un juif pauvre pour nous détourner d’un autre clichés, tous les juifs ont de l’argent, avec une Charlotte Gainsbourg qui sonne faux, c’est très artificiel. Si c’est pour nous dire : « Y a aussi des juifs pauvres, je vous le prouve », je réponds : « sans blague ! » Oui, ce film n’est pas du tout drôle, pardon, « comique ». Ca ne vaut pas Oury et son Rabbi Jacob ; Oury démontait avec plus de conviction les clichés antisémites. En vérité, je m’attendais à un autre film. Le film à sketch est par évidence inégal, il y a toujours des segments plus réussis que d’autres et encore, c’est affaire de subjectivité. Mais là, quel ennui et frustration tant les ébauches de bonnes idées avortaient très rapidement. Je ne mets pas en doute ce besoin d’en parler pour Attal. Il était mal à ce moment donné de sa vie ; certains juifs de France songeaient à s’installer en Israël quand d’autres s’installaient vraiment. Le psy était la bonne idée, en soi Attal se confiait à nous, spectateurs. Attal et ses états d’âme ! Le film à sketch n’était sans doute pas la bonne idée. Oury et Allen n’ont pas besoin de film à sketch pour démonter les juifs ou les antisémites. Je suis certain qu’un Claude Lelouch aurait pu embrasser tous ces thèmes avec une histoire chorale. Ici, toutes les histoires ont des dialogues poussifs, scolaires, didactiques, lourds. Passons sur cette scène d’un jeune « musulman, flic et Charlie ». Gentillet et con con ! Attal ne voyait que le sketch pour illustrer son malaise. Il a manqué tout simplement d’inventivité. Tant qu’à faire d’égrener les clichés et autres préjugés, Attal aurait pu dire que les juifs ne commettent pas d’attentats au nom de leur religion. Ah ben non ! Cela aurait signifié explicitement que les musulmans en commettent. C’était rajouter de l’huile sur le feu. Pourtant, c’est un gros cliché ! S’il avait eu le courage de l’évoquer, il aurait pu, en retour pour équilibrer la balance des clichés et par sincérité, dénoncer les religieux ultra orthodoxes, des extrémistes juifs, qui comme certains pays musulmans, veulent rayer Israël de la carte ! Oui, des juifs !!! C’est pas un préjugé, c’est une réalité ! Attal aurait dû prendre son tromblon avec plus d’assurance et être plus audacieux pour tirer dans le tas ; oui, Attal a manqué de courage, d’inventivité, d’originalité de talent pour illustrer ses états d’âme. De politiquement incorrect comme « OSS 117 : Rio ne répond plus » Un film raté ou plutôt un film à l’usage des moins de 8 ans. Attal m’a pris pour un demeuré. Il serait bien inspiré d’aller voir un vrai psy !