Miss Hokusai
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QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 septembre 2015
Ce film d'animation, adapté d'un manga très documenté de Hinako Sugiura, a le premier mérite de nous faire découvrir une figure méconnue, O-Ei, fille et assistante du peintre japonais Hokusai, qui a largement contribué à la production artistique de son père, en répondant à sa place à des commandes, en réalisant des portraits de courtisanes et des estampes érotiques. Le réalisateur Keiichi Hara (Un été avec Coo, Colorful) lui consacre un film sensible et poétique, sans excès de lyrisme. Au contraire, le ton d'ensemble épouse le caractère revêche du personnage central, à l'exception des séquences entre O-Ei et sa petite soeur, plus sentimentales et joliment émouvantes. Le choix des scènes de vie représentées dessine progressivement et subtilement une personnalité complexe : celle d'une femme libre, car affranchie du mode de vie des femmes du XIXe siècle, mais enchaînée volontairement à un père, ours génial et négligent, qu'elle admire et critique à la fois. Une chaîne ontologique plus forte que tout, qui confère à O-Ei une dimension peu commune tout en la privant d'émancipation affective et de reconnaissance artistique... De ce beau portrait jaillissent toutes sortes de questions et de réflexions, rarement posées dans le domaine de l'animation, sur l'art et la filiation, l'art et la liberté, l'art et la sexualité. Voilà qui fait l'originalité de ce film qui célèbre aussi à sa manière le pouvoir magique des créations artistiques, via quelques visions fantastiques qui s'inscrivent dans le cadre réaliste d'une bonne reconstitution d'époque : Tokyo (Edo) avec ses marchands, ses courtisanes, ses artistes... Tout cela trouve place dans un biopic aux allures de chronique, qui avance par saynètes, par petites touches. Le résultat est un peu décousu, certes, mais toujours intéressant. Plus discutable est le choix de certains morceaux de la BO, très rock et détonants. Mais cela n'enlève rien à l'impression générale qui se dégage du film, mélange de beauté et d'amertume face à un art discret, une féminité retenue, une vie jamais tout à fait éclose.
Gfa Cro
Gfa Cro

59 abonnés 576 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 septembre 2015
Très bien.
La seule chose, c'est que je ne pense pas être capable de voir et revoir ce film avec plaisir et intérêt.

La grande qualité de ce fil; est qu'il n'est pas utile de connaitre l'oeuvre d'Hokusai pour apprécier ce film.
Pour ma part, je ne connaissais pas le nom mais j'ai reconnu 3 oeuvres durant le film (la vague bien sur, le dragon et la femme avec son fantôme) et j'avais déjà vu des estampes érotiques d'Hokusai mais je ne les ai pas reconnues durant le film -c'est après coup que je m'en suis souvenu. Toujours est-il que si j'avais déjà vu ces oeuvres, je ne savais pas du tout qu'elles venaient du même artiste (ou des mêmes deux artistes puisqu'il semblerait que sa fille signait parfois ses oeuvres du nom de son père et qu'on ne sait pas les attribuer à coup sur).

Donc pas besoin de connaitre son oeuvre ou de connaitre la culture japonaise pour apprécier le film, mais ça aide, ça donne une dimension supérieure.
Le film a une vraie histoire en plus de traverser et présenter l'oeuvre et la vie d'Hokusai.
Vraiment très bien, et accessible à tous, y compris des enfants assez jeune je pense.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 7 septembre 2015
Un film emprunt d'une grande poésie, à voir et à revoir !
Mapofparis
Mapofparis

32 abonnés 351 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 septembre 2015
Un artiste japonais du XIXe siècle raconté par sa fille dans un film d'animation, voila de quoi me cultiver un peu plus sur l'histoire culturelle de ce joli pays. Oui mais voila, Miss Hokusai est lent, très lent et sans la moindre action, finalement ennuyeux. Ce que j'en retiens n'est plus qu'une lutte contre le sommeil durant la séance. Un film qui plaira aux amateurs "art et essai", ce qui n'est pas mon cas.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 14 septembre 2015
Très beau film d'animation qui reprend des moments de vie de la famille Hokusai. Il n'y a pas de fil rouge, juste des moments marquants, poétiques, forts de leur vie.
La réalisation est superbe. On se laisser porter par cette magie. Par ces êtres au tempérament singulier.
De très belles images qui resteront dans ma mémoire.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 2 septembre 2015
Film magnifique emprunt d'une grande sensibilité..Keichii Hara nous fait une nouvelle fois voyager dans son monde..Une grande réussite et une (re)découverte de l'art de Hokusai et de sa fille.
Le Blog Du Cinéma
Le Blog Du Cinéma

121 abonnés 300 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 août 2015
Hokusai (1760 – 1849) était un peintre connu et respecté au Japon qui vécu à Edo (l’ancienne Tokyo) et qui créa de très nombreux dessins, allant de « moineaux sur des grains de riz » aux peintures de 30 mètres de long en passant par la fameuse « Grande Vague de Kanagawa« .
Un artiste réputé qui n’est toutefois pas le centre d’intérêt de ce long-métrage; comme son nom l’indique, MISS HOKUSAI nous parle de la fille du peintre (O-Ei de son prénom/surnom) vivant forcément dans l’ombre de son père mais en fin de compte, tout aussi talentueuse.

Il y a dans MISS HOKUSAI une volonté de « dépeindre » une époque singulière et lointaine comme celle de l’ère d’Edo, en retranscrivant au mieux ce qui y était la vie quotidienne. Pour cela, Keiichi Hara compose chaque photogramme avec un souci maniaque du détail, rendant le quartier et ses divers lieux – marché, bordel, ou encore le fameux pont communautaire, tous très vivants.
Paradoxalement, il y a une opposition entre la précision de cet environnement et la caractérisation des personnages – hormis O-Ei. Celle-ci est, très étrangement, éloignée de l’aseptisation générale de l’animation japonaise, d’ailleurs observable chez la plupart des autres protagonistes du film (le lover, l’obsédé, la jeune ingénue, le mentor, etc. clichés de mangas)
O-Ei possède quant à elle ce physique distinctif qui la rend immédiatement unique: sourcils épais, traits durs, soucieux, et angoissés… Ces traits lui donnent un caractère très marqué, mais avant tout visuel, peu émotionnel; la personnalité d’O-Ei n’est jamais présentée par le dialogue ou les situations contextuelles mais plutôt, très progressivement, par les interactions qu’elle entretient avec les autres.
Ces « autres » sont bien sur les différents protagonistes (son père Tetsuzo, ses « amis », sa jeune sœur aveugle…), mais également l’aura de son père – qui est très distincte du personnage, et enfin l’art du dessin.
Si les interactions avec les deux premiers restent fonctionnels dans un premiers temps, la compréhension et la maîtrise du processus créatif est ce qui sort véritablement MISS HOKUSAI de son manque d’empathie. Peindre est ainsi représenté comme un combat mené contre des forces surnaturelles, divines, obscures, psychologiques, intérieures ou même élémentales; comprendre ces forces, c’est maîtriser cet art. Hors, cela demande un certain abandon dans l’immatériel et l’inconnu, une certaine confiance en soi… Et une certaine expérience du réel ! Keiichi Hara illustre ces véritables épreuves avec maestria, en mélangeant plusieurs styles d’animation (un peu comme dans le dernier Takahata) pour un résultat impressionnant, à la fois onirique et visuellement puissant.

C’est donc dans ces moments ou O-Ei cherche à maîtriser un dessin particulier que l’on apprend véritablement à la connaître.
Par extension, ce gain d’expérience très progressif donne plus de consistance à ses interactions avec les autres protagonistes; O-Ei apprend à découvrir ces subtilités qui façonnent l’être humain sous les apparences. Parallèlement, les personnages que nous pensions très caractérisés deviennent de plus en plus profonds; enfin, la maîtrise de l’art pictural permettra à O-Ei de prétendre à une légère rivalité avec son illustre papa, via un dialogue artistique d’égal à égal.
Ces interactions prennent donc de l’ampleur, jusqu’à fusionner complètement et ainsi façonner le propos du film: ce qui construit une personnalité relève autant de sa propre perception du monde que de ce que les autres nous apportent. MISS HOKUSAI milite ainsi pour un certain lien social à travers l’acharnement au travail, discours sans doute un peu naïf mais toujours d’actualité. Utiliser l’image comme O-Ei (et Tetsuzo) est un moyen d’y parvenir, de même que pour Keiichi Hara, réaliser un film sur ce sujet est un moyen de faire passer un message. Intelligemment, sujet, medium et mise en scène se rejoignent et transforment un film aux prétentions moindres en geste humaniste et fédérateur. Jolie morale malgré tout.

Critique par Georgeslechameau pour Le Blog du Cinéma
cocolapinfr
cocolapinfr

85 abonnés 634 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 février 2016
Après le chef d'oeuvre "Un Eté avec Coo", puis l'excellent "Colorful", Keiichi Hara revient avec "Miss Hokusai". Si ses précédents films avaient pour but de faire réfléchir sur des phénomènes de société (médias, suicide), ici, il s'agira d'un hommage consistant à dresser le portrait du "fou de peinture" à qui l'on doit la fameuse Vague recouvrant le Fujiyama. Si l'histoire en elle-même est inévitablement simple (avec son lot de niaiserie), la complexité des personnages (père indifférent, fille peu reconnue) et les représentations de la peinture (visions, rêves) donnent une impression plus que positive et offrent de très beaux passages tire-larmes.
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